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Le blog de andika

Dialogues insolites à Sceaux entre Freire, Labadie et le Philhar' de Radio France

16 Octobre 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Philar, #PhilharRF, #Philhar, #Nelson Freire, #Labadie, #Concerto, #Piano, #Mozart, #Haydn

Dimanche 15 octobre 2017, je retrouvai l'Orchestre Philharmonique de Radio France pour la deuxième fois du week-end après une soirée américaine la veille. Mais cette fois-ci, ce n'était pas à l'auditorium de la maison de la radio, mais aux Gémeaux, à Sceaux, en banlieue (chic), près de chez moi !

L'orchestre était pour l'occasion dirigé par Bernard Labadie dans un programme entre éclectisme et classicisme. Il y a tout d'abord eu le Chaos de Rebel, puis le concerto pour piano n°20 en ré mineur de Mozart interprété par le légendaire Nelson Freire, Moz’Art  de Alfred Schnittke et enfin la symphonie n°45 de Haydn intitulée Les Adieux.

Comme la veille, c'est au bar que ça se passait avant le concert mais cette fois-ci de façon beaucoup plus informelle. Puis il était temps d'entrer en salle, au tout premier rang, un peu sous la scène. C'est ainsi que le flûte solo a commencé à dialoguer avec les cordes et le clavecin dans le Chaos de Rebel. Un trémolo aux cordes apportant de la tension, un picolo venant amener un touche de dissonance, une écoute mutuelle des musiciens, des bois stridents, pas de doute, le chaos portait bien son nom.

Le temps d'installer le piano et d'accueillir Nelson Freire que le concerto commençait déjà avec ce thème en ré mineur énoncé aux cordes. Tout cela était très pianissimo au début, le tempo était assez lent puis gagnait en intensité. Mais lorsque le piano est entré en jeu, le temps s'est arrêté, Nelson Freire a une précision et une clarté presque jamais vues. L'orchestre le suivait tranquillement et la musique coulait de source. Nous étions quant à nous replongé dans les souvenir du film Amadeus lorsque nous avions découverts cette œuvre, ou encore, nous avons pensé à Gulda. Les cordes basses étaient vraiment excellentes mais toutefois, la salle présentait quelques problèmes d'acoustique, notamment pour le son des instruments à vent qui ne parvenait pas bien au premier rang situé sous la scène. Cela change de la maison de la radio ! La cadence jouée par Freire était expressionniste, celle de Carl Reinecke que nous ne connaissions pas. Puis vint la fameuse Romanza... Un équilibre parfait, la timidité de l'orchestre perçue dans le I était ici une qualité, la passage en mineur était très phrasé, séquencé, clinique, scientifique, les bois était discrets mais nous étions tellement près du piano. Nous avons entendu ensuite toute la vivacité du monde dans le Rondo final. Le chef imprimant une très grande tension dans les cordes. Le jeu de questions réponses était vigoureux et la cadence du soliste vraiment exceptionnelle et le basson se faisait enfin entendre. Quel merveilleux moment. Le bis était de nouveau un instant de féérie, il s'agissait de La Plainte d'Orphée de Gluck arrangée pour piano par Sgambati selon Alain Lompech.

Puis succéda le grand moment d'humour avec Moz'Art et le lancer de Canard (enchaîné) sur les spectateurs du premiers rang. Les deux violonistes en plus de la performance instrumentale devaient assurer une performance scénique assez physique qui mettait à l'épreuve leurs talents de comédien. Un grand bravo aux violonistes Rachel Givelet et David Haroutunian.

Et enfin, le moment des adieux avec cette symphonie assez poignante de Haydn. Les cordes étaient très dynamiques dans le I puis se calmaient dans le deuxième thème. Un ami disait que Haydn était toujours sympathique au début mais avait tendance à devenir ennuyeux, cela ne se confirme pas dans cette partition. L'orchestre était très réactif et flexible dans l'Adante, et cela évoquait même la 40ème de Mozart. Et enfin, dans le Presto final, voir les musiciens partir un à un était encore un moment très insolite. Cela a commencé par le Cor, puis les clarinettes, basson, hautbois, intermède avec un solo de contrebasse suivi par la fuite de nombreuses cordes. Cela évoquait une Battle Royale et nous nous demandions qui allait rester en dernier. Pas le chef, qui a fui après les cordes pour laisser un drôle de quintette. Les heureuses élues étaient le premier violon solo et la cheffe d'attaque. Un très beau moment, un très beau concert.

Je pourrai dire que j'ai vu et entendu Nelson Freire au moins une fois dans ma vie. Ca fait plaisir sachant que c'est un peu mon homonyme et que je lui ai fait gagner la tribune en juin !

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