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Le blog de andika

Le Pouvoir : Un président paisible au milieu du tumulte

15 Mai 2013 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

Aujourd’hui, 15 mai, jour de sorti du film, cela faitexactement un an que François Hollande est entré à l’Elysée, un an que sonprédécesseur a (enfin) été sorti de ce haut lieu. J’ai aujourd’hui l’occasionde parler de ce sujet grâce au film de Patrick Rotman intitulé Le Pouvoir et qui suit les huit premiers mois de présidence de François Hollande.

Ce documentaire a pour ambition de faire découvrir lesarcanes, les coulisses du pouvoir suprême du président de la république, et sedéroule pour la plus part du temps au palais de l’Elysée. Mais pour qui connaitbien le président, depuis la campagne ou depuis plus longtemps, trouvera dansce film le même homme. Il n’y a de ce côté-là pas de surprise, c'est-à-direquel qu’un de très sympathique, drôle, habile et calme. Bien trop calme pourcertain. De plus, pour ceux qui connaissent un peu les institutions politiquesde notre pays, ceux là ne seront pas surpris non plus.

Alors, quel est l’intérêt de ce film ? C’est quecontrairement à moi, beaucoup de personnes ne connaissent ni François Hollandeet encore moins les institutions politiques de ce pays. Tout n’est pas censé cepasser  à l’Elysée selon notreconstitution et ce film le montre. Une scène saisissante est celle d’undialogue entre le président Hollande et son ministre de l’économie Moscovicipour savoir si le groupe socialiste à lui tout seul allait composer unemajorité pour ratifier le fameux TSCG. Une autre scène ou on observe leprésident et son premier ministre Ayrault parler d’une des réunions de lamajorité, on constate très bien que Hollande n’a que peu de relation avec lesparlementaires. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose de recevoir desparlementaires de la majorité mais pour le président, cela ne doit pas être unehabitude, il n’est pas là pour diriger la majorité mais la France, il doit êtreun arbitre impartial et ne pas se mêler de trop près de la tambouille. Il doitavoir de la hauteur, et ce film le montre bien. C’est un choix délibéré duprésident que j’approuve, car il correspond à ma vision de la constitution etvisiblement à la sienne.

Ce film permet également une belle incursion au palais del’Elysée, avec notamment le bureau du président, la salle des fêtes et surtoutla salle de conseil des ministres. Une des scènes les plus poétiques est le baldes voitures des ministres lors de leur arrivé au conseil. Pour qui ne connaitpas l’Elysée, ce film est inestimable. Pour qui a déjà eu l’occasion de serendre au palais, ce film a également de l’intérêt car on ne peut pas forcémenttout voir, tout connaitre en une seule visite. Mais on remarque quand même queles situations dépeintes sont authentiques. Comme par exemple les conseils desministres dont on perçoit de nombreuses communications, notamment celui avec laloi bancaire à l’ordre du jour.

Sinon d’un point de vue cinématographique, ce film seconstruit autour du président en voix off et des nombreux personnages quitravaillent à l’Elysée. On remarque surtout le secrétaire général. Mais on peutégalement croiser la directrice de cabinet, directrice de la communication, etsur une note plus personnelle j’ai été content de reconnaitre Thomas Melonioque j’avais déjà eu l’occasion de rencontrer, il s’agit d’un des conseillersdiplomatiques du président.

La morale du film, et elle est dite très clairement, c’estque pour réussir, cette présidence doit aller vers les français et ne pas êtrecloisonnée dans le palais de l’Elysée ou le temps semble s’arrêter (et jeconfirme que c’est véridique, on est carrément dans une bulle dans cet endroit,c’est comme si le tumulte du monde extérieur n’existait pas). C’est ainsi que l’unedes scènes les plus marquantes se déroule lors de la signature d’un emploi d’aveniravec un jeune qui semble être une des rares personnes à avoir compris ledispositif. C’est alors qu’on peut observer le président se réjouir vraimentque ses mesures soient concrètes.

On assiste également à un conseil de défense qui est un desmoments les plus graves du film, et c’est là qu’on peut observer le plusclairement le processus de décision. Le reste du temps, la porte a tendance àse refermer devant nous.

Ce film regorge d’anecdotes. Pour certains il est cruelenvers le président, pour moi, il relate simplement la vérité sur cet homme.Mais le défaut majeur de ce film, c’est qu’il arrive bien trop tôt, qui peutaffirmer que ce pouvoir sera toujours exercé de la même manière dans lesprochains jours, mois et années ?

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Hannah Arendt: La raison dans l'émotion

7 Mai 2013 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #allemand

Hannah Arendt est un film très utile pour qui n’a pas fait un peu de philosophie et de sociologie. Il revient globalement sur les thèses qu’elle a développées à la suite du procès d’Eichman à Jérusalem. A l’observation de cet homme lors de sa défense, elle a pu identifier le concept de la banalisation du mal. Combien de fois ai-je entendu cela au cours de mes études ! Cette femme par sa clairvoyance est passée à la postérité, ses observations ont été corroborées par une expérience scientifique à l’université de Yale réalisée par Milgram. Il est vital que tout le monde connaisse cela, car c’est ce qui permet de rester humain en toutes circonstances.

 

D’un point de vuecinématographique, nous avons ici un film honnête. Des plans élégants, despersonnages riches et recherchés servis par des acteurs vraiment très bon. Ons’aperçoit toutefois rapidement que ce qui importe n’est pas forcément ce quise passe à l’écran, non l’important ici c’est d’écouter, de ne pas perdre unemiette de dialogue. Mais toutefois, certaines images marquent, notamment toutescelles se déroulants à Jérusalem.

 

D’un point de vue philosophique,ce film est infiniment plus riche. Il y a quelques flashbacks de la relation entre Arendt et Heideger, qui sont assez intéressant car on touche du doigt le problème, la conciliation entre la passion et la raison. Ce sont deux choses qui ont l’air clairement antagonistes et qui pourtant se nourrissent l’une de l’autre pour parfois aboutir à des synergies redoutables. Et c’est de cette relation dans le film que sa pensée se nourrit et aboutit à une solution brillante. Ainsi, elle échappe à la passion pour analyser ce que dit Eichman. Elle constate que ce n’est pas un homme foncièrement mauvais, comme dit dans lefilm, « Eichman ist kein Mephisto! ». Cette démarche n’est pas aisée du tout, c’est le seul personnage du film qui écarte toute passion de cette histoire de procès. Mais en écartant, la passion,on peut également devenir très dangereux. Elle explique que Eichman, personne médiocre, qui dit ne pas avoir d’animosité envers les juifs, en a pourtant condamné des millions à mort. Et pourquoi ? Parce qu’il exécutait les ordres. Un raisonnement parfaitement rationnel au niveau kantien, ce raisonnement ne nécessite aucune réflexion, et la passion en est étrangère.Mais pourtant, en réfléchissant, et en ayant accès à certaines émotions, ces ordres n’auraient jamais été exécutés.

 

Pourtant en essayant decomprendre ces mécanismes, Arendt se trouve confronté au mécontentement debeaucoup de personnes, parce qu’elle relate des faits qui ne sont pas forcémentagréable à constater, notamment sur le rôle de certains juifs dans le massacrede la Shoah. Dès lors, la passion reprend le dessus, on ne traite plus du fondde son raisonnement, mais de dix pages sur trois cent. Et cette passion revientà la case intolérance, violence, incompréhension. Alors que la réflexionpermettrait de relativiser.

Ainsi ce film montre que pour êtrehumain, il ne faut jamais perdre sa conscience, mais celle-ci se base autantsur l’émotion que sur la raison et que lorsqu’on néglige l’un des deux, on peutrapidement dévier vers des eaux troubles.

 

Enfin sur une note plus légère ettout aussi personnelle, j’ai été enchanté de voir un film allemand au cinéma,il y en a peu qui sortent chez nous. J’avais manqué Faust l’année dernière qui,si j’en crois certaines critiques, étaient vraiment excellent. Il faudra que jeme procure le DVD. En tout cas je n’ai pas manqué Hannah Arendt et maintenant, il me reste à lire ses nombreux écrits !

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Effets secondaires: Un double film

5 Mai 2013 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

Bonsoir tout le monde, avant de rentrer dans le coeur du sujet je vous dois un exposé des motifs (ça y est, le droit a corrompu ma prose). Je suis en vacances depuis mardi (en fait c'est pas sur car je sais pas si j'ai validé mais franchement ça devrait le faire), et par conséquent j'ai énormément de temps libre. J'ai du temps pour écrire des choses plus intéressantes que des commentaires d'arrêt de responsabilité civile à livrer à Guyader chaque vendredi matin 8h! 
Alors ce qui m'amène ici ce soir, c'est le cinéma. Il m'est en effet bien plus agréable de critiquer un film que de commenter un arrêt de cour de cassation, donc sans plus attendre, allons-y.

Pourquoi suis-je allé voir effets secondaires. Tout d'abord parce que je suis un grand fan de Soderbergh, il a conquis mon coeur en un seul film, Traffic! Mais bien entendu j'en avais vu d'autres, tels Erin Brokovic, Ocean's eleven, ou encore plus récemment contagion. Contagion traitait d'ailleurs d'un sujet similaire de celui d'effets secondaires et je n'avais pas trop aimé. C'est pour cela que j'avais de la crainte mais qui s'est rapidement volatilisée. 
En plus du réalisateur, je dois également bien avouer que Rooney Mara est une des mes actrices fétiches de ces derniers temps, depuis The social network et plus récemment Millénium.
Ce qui est sympa ici, c'est qu'il s'agit de deux films en un. Par contre je ne vous ferai pas l'insulte d'un plan apparent mais vous vous y retrouverez facilement.

La première partie du film est une critique à peine voilée de l'industrie pharmaceutique ainsi qu'une chronique ordinaire de la dépression. Deux sujets qui me tiennent particulièrement à coeur par ce que je les connais à mon niveau. Cette première partie est servie par des plans serrés sur les acteurs, et une héroïne saisissante de vérité et de désespoir dans son interprétation. Et c'es ainsi que ce film devient une chronique de la thérapie et de ses bienfaits. Thérapie souvent associée à des traitements médicaux, qui sont les antidépresseurs qui agissent en général sur les recapteurs de la sérotonine. Le nombre de nom de spécialité qu'on entend dans ce film est saisissant, j'ai même eu à reconnaître mon propre traitement, ça m'a amusé. 

 

La deuxième partie du film est un pur thriller, c'est à cet instant qu'on s'apprçoit que la chronique de la dépression n'était qu'un pur prétexte. Et c'est en cela que le scénario de ce film est très fort. J'ai énormément apprécié Jude Law dans son rôle de psychiatre consciencieux et tenace qui ne lâche rien. Beaucoup aimé Rooney Mara dans toutes ses ambiguïtés et sa psychologie particulière. Enfin, j'ai adoré Catherine Zeta Jones qui était franchement éblouissante, elle n'a pas le plus grand rôle du film mais toutes ses apparitions sont intéressantes.

 

Voici un bon moment de passé au cinéma, qui donnera corps à certaines conversation, j'ai essayé de parler de ce film sans raconter l'histoire et je pense y être parvenu.

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