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Le blog de andika

American Sniper: Un tireur (pas si) fou

25 Février 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Eastwood, #Clint

On le sait tous que Clint Eastwood n'est pas dans le camp des progressistes, surtout depuis sa performance pathétique face à une chaise vide lors de la convention nationale du parti républicain en 2012. Il semblait un peu gâteux d'ailleurs. Souvenez-vous...

Tu devrais éviter la politique mec

En effet, depuis quelques années, le bon Clint nous a pondu de belles bouses, j'ai en tête son horrible J.Edgard qui n'aurait jamais permis à DiCaprio de choper un Oscar.

Je n'ai pas forcément envie d'être impitoyable avec Clint mais ce film était vraiment unforgiven. Toutefois, l'espoir n'est pas perdu pour notre ami Clint, non, ce n'est pas que la brute de l'inspecteur Harry, il est capable d'humanité. On l'a vu notamment dans Hereafter mais également dans ses classiques genre Sur la route de Madison. Mais dis-le nous Clint que t'es de gauche bon sang ! Arrête de nous faire croire que t'es un vieux cow boy du Texas. Tu nous as donné trop d'indices. Faire un film sur Bird voyons, et même ton vieux facho raciste de Gran Torino est quelqu'un d'humain et au final se comporte en héros. Tes lettres d'Iwo Jima, les mémoires de nos pères, ce sont des preuves. Et je ne te parle même pas de tous tes westerns avec tes héros humanistes... Ton Pale Rider putain, il est de gauche !

Alors American Sniper c'est quoi ? On arrive à une époque en Amérique où on n'a plus envie de raconter Amerina Pie, American Beauty ou que sais-je encore, maintenant on nous vend le sniper américain, ça ne plaisante plus. Deux guerres sont passées par là aussi, ainsi que de nombreux drames.

Ce film est adapté de l'autobiographie de Chris Kyle, sniper de légende des Navy Seals qui a fait dans le plus grand des calmes plus de 160 victimes au cours de sa carrière en Irak. Quand on lit les propos du mec, on a l'impression d'avoir à faire à un gros beauf mais c'est plus subtile que ça. Ce mec est humain, c'est ce que Bradley Cooper, qui interprète brillamment le rôle, nous montre tout au long du film.Ce n'est pas qu'un cow boy du Texas, non. Il ne veut pas buter les enfants, il est affecté par chaque tête qu'il explose contrairement à ce qu'il peut dire mais surtout, il est affecté par la perte de ses camarades et par le sort des vétérans de guerre.Son syndrome post traumatique est bien traité. Non il n'est pas fou, ses réactions et son inadaptation au retour à la vie civile sont tout à fait normales. C'est aussi un mari aimant et un père présent qui parvient lentement à se réadapter à la vie civile. Il a juste envie de sauver le plus de monde possible et il se montre très humains malgré tous ses meurtres de sang froid. C'était pas gagné avec un tel personnage. On a reproché à Clint d'en faire un héros. Je pense que ce reproche est infondé, ce mec est un héros des temps modernes, le genre de héros qu'on cherche quand on va voir les Batman de Nolan, un héros sombre, un chevalier noir. Il est torturé mais tellement humain. Et d'ailleurs son destin tragique suscite de l'empathie.

Clint parvient instaurer une tension folle, que ce soit dans les scènes qui se déroulent en Irak mais également dans les moments qui se passent aux USA lors des permissions. La photographie de l'Irak est excellente, le jeu d'acteur est solide, il s'agit d'un excellent divertissement. Ca fait plaisir de retrouver Clint Eastwood en forme, qui assume totalement qui il est, qui s'affranchit de toutes ses contradictions.

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Deadpool: Un héros comme les autres

25 Février 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #comic, #Marvel

Ca, c'est un film qui s'est fait attendre ! Et je suis tenté de dire tout ça pour ça... Mais tout va bien pour Deadpool, il cartonne au box office américain même s'il est classé R. La bonne nouvelle, c'est qu'on aura peut-être droit à l'avenir à des productions moins frileuses. au ton plus adulte et qui n'ont pas peur de la violence. Deadpool ne correspond pas à ces trois critères. Oui bien entendu, le film est violent, les dialogues sont vulgaires mais le propos est loin d'être subversif. Cette histoire est d'une banalité affligeante. C'est du vu et revu, il s'agit d'une simple variation. En gros, le gentil pas si gentil va se retrouver doté de super pouvoirs et à un moment sa copine sera en danger et il va aller la sauver. Alors oui, la violence est omniprésente, l'humour est bien lourd et bien gras mais il n'y a rien de novateur, aucune profondeur. Au contraire, il y a sans cesse des apartés où le personnage principal s'adresse directement à l'audience, ce procédé peut parfois être judicieux mais à trop l'utiliser, il peut être lourd. Le ton est trop premier degré et c'est bien dommage. Il y avait d'autres manières de se moquer des films de Comics.

Il y a quand même des points forts, enfin un point fort qui s'appelle Morena Baccarin. Je l'ai validée depuis que je l'ai vue dans Homeland, il s'agit du personnage le plus intéressant du film et elle vaut bien qu'on se défonce pour la sauver ou encore qu'on paye une place de cinéma pour la voir. Deadpool n'est qu'un héros comme les autres.

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Spotlight: Le journalisme contre l'omerta

23 Février 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Journalisme

Spotlight est un film passionnant. Il s'agit d'une lente progression, implacable vers un dénouement attendu, connu du spectateur, nullement surprenant mais pourtant libérateur. Il est également servi par un casting en or, Keaton, Rufalo, McAdams (qu'on a validé depuis des années).

Ce long métrage raconte l'histoire d'une équipe d'enquête d'un journal régional de Boston qui a un fonctionnement particulier, à savoir qu'ils travaillent un sujet sur le long terme avant de sortir leur article, et que ce sujet est traité par la suite sur la longueur. Ce qui tombe dans le bec de ces journalistes dans cette histoire, ce sont les affaires de prêtres pédophiles au sein de l’Église catholique à Boston.

On se rend compte rapidement que tout le monde savait et que personne ne disait rien. Mais qui est le plus responsable au final ? La hiérarchie ecclésiastique qui couvre ses brebis galeuses ? Les notables de Boston en bon catholiques qui ne veulent pas nuire à l’Église ou encore ces incapables de journalistes qui ont mis tant de temps à élucider ces horreurs ? Le film ne se prononce pas tellement et c'est là qu'il est intéressant, il n'est pas manichéen et relate bien la complexité des choses.

Spotlight a été également encensé par la critique journalistique qui a cru y voir une célébration du métier de journaliste. Si c'est le cas, les journalistes ne seraient pas réellement objectif pour apprécier ce film. Il s'agit en effet un peu de ça mais pas seulement. Bien entendu, les journalistes ont le beau rôle mais ce film s'attarde aussi sur leur échecs. Alors, amis critiques de cinéma, un peu de modestie quant à votre métier de journaliste !

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Glory: La guerre nécessaire

18 Février 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #USA, #Denzel

Je n'avais jamais entendu parler de ce film jusqu'à une date très récente. C'est incroyable, il s'agit vraiment d'une pépite. C'est l'histoire du premier régiment de soldats noirs de l'armée des Etats de l'union lors de la guerre de Sécession, en 1862. L'histoire rapportée nous provient des lettres du colonel Robert Gould Shaw qui sera leur officier, interprété par un formidable Matthew Broderick

C'est un film très sérieux, triste aussi des fois mais qui montre également de la bravoure et de la grandeur. Le titre Glory n'est pas galvaudé, les hommes qu'on y voit font preuve d'un courage dont la plupart d'entre nous sommes étrangers.

Durant les nombreuses scènes de batailles, je me disais que la guerre était une idiote. Toutefois, il s'agit d'une idiotie malheureusement nécessaire dans certains cas de figures. Et pour celle-ci, l'émancipation des esclaves aux Etats-Unis semble être un motif légitime. Toute au long du cheminement du film, on s'aperçoit que l'incorporation des soldats noirs au sein de l'armée des Etats Unis est non seulement une nécessité mais répond également à une logique implacable. Le personnage de Morgan Freeman fait d'ailleurs remarquer au début du film, lorsqu'il n'est encore que fossoyeur sur les champs de batailles, que tous ces américains blancs s'entretuent pour eux, les noirs...

Et cela fait nécessairement écho à l'actualité des Etats-Unis qui ne sont malheureusement pas encore totalement sortis de cela. Des blancs ont versé leur sang pour la liberté des noirs, c'est bon à savoir et il faut le savoir, il est inconcevable qu'une réconciliation pleine et entière ne se soit toujours pas produite près de 150 années après cela.

Enfin, il faut saluer l'immense performance de Denzel Washington qui a un charisme fou et aussi celle de Andre Braugher comédien que j'adore et que les fans de Dr House reconnaitront aisément. (Jouer le psy de house, ce n'est pas rien !)

Glory est un grand film, un peu méconnu aujourd'hui mais qui se trouve tout de même. Je valide !

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Crimson Peak: Une fable macabre

18 Février 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Bof

Je ne suis pas pour ainsi dire un gros fan de Guillermo Del Toro. J'ai beaucoup de mal à entrer dans son univers. Ainsi, ses délires genre Hellboy ou encore Le Labyrinthe de Pan m'ont laissé plutôt indifférent. Je n'ai même pas vu le Labyrinthe en fait et Hellboy, je n'en garde pas un bon souvenir En revanche, j'avais totalement adhéré à Pacific Rim en 2013, c'était une folie.

Ce Crimson Peak avait attisé ma curiosité. Encore un univers décalé, une sorte de monde féérique mais qui cache des choses bien moins sympathiques que de la gentille magie. Alors oui, la photographie est intéressante, novatrice, on est transporté. Mais l'endroit où il nous amène n'est pas franchement agréable et au final, pourquoi toute cette beauté, toute cette lumière pour nous dépeindre ce qu'il y a de plus sombre. Le parti pris de la direction artistique est étonnant vu la tournure de l'histoire.

De plus, le scénario est excessivement prévisible. En effet, ce frère et cette sœur qui se promènent en essayant de vendre un projet novateur, on a l'impression que c'est écrit sur leur front qu'ils son louches. L'acteur Tom Hiddleston est louche par nature de toute manière quand on voit sa tronche. Jessica Chastain fait carrément flipper est on n'est absolument pas étonné de la voir péter les plombs au fur et à mesure du film et puis c'est quoi cette couleur de cheveux, ne pas la voir rousse est très troublant. Finalement, j'ai beaucoup plus aimé le personnage de Mia Wasikowska car c'est le seul personnage principal à peu près normal. Elle est les yeux du spectateur, on s'identifie à elle et on lui veut du bien.

Donc je retiens quoi de ce film ? Que Del Toro peut faire beaucoup mieux que ça si on la cadre un peu, à savoir, ne pas aller dans un monde trop lointain. Et aussi, assez bizarrement, j'ai développé un fantasme assez malsain sur le personnage de Chastin, allez savoir pourquoi !

En conclusion, Crimson Peak, c'est bof.

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Jour de colère à la Philharmonie

15 Février 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Philharmonie, #Verdi, #Requiem, #Orchestre de Paris, #Musique, #Classique, #Concert, #Autre

Jour de colère ou Dies Irae en latin dans le texte ! C'est bien entendu un pasage assez emblématique de la Messe de Requiem destinée aux morts.

Pour le deuxième concert de mon abonnement à la Philharmonie de Paris, j'ai une fois de plus eu la chance d'écouter l'orchestre de Paris, cette fois-ci dans le requiem de Verdi. C'était la seule oeuvre au programme en ce dimanche 14 février 2016, jour des amoureux. (Billet réservé très longtemps à l'avance d'ailleurs...)

Cette pièce est assez conséquente pour constituer un programme à elle seule. C'était monstrueux, la dimension de ce truc, l'orchestre et le choeur tous ensemble, ça faisiat un paquet de personnes. Je n'avais jamais vu la scène aussi remplie. D'ailleurs, les quelques twittos présents dans la salle ont semblé apprécier le spectacle ! Voyez plutôt !

Oui, le dernier tweet est de moi, c'est quand même mon blog personnel !

Ah le Requiem, cette messe me fascine depuis que j'ai vu le film Amadeus au cinéma lorsque j'étais adolescent. Bien entendu, pour moi, la référence reste celui de Mozart. Mais de nature assez curieuse, il y a bien longtemps que j'étais parti chercher autre chose chez différents compositeurs, ainsi, j'aime beaucoup le requiem de Fauré et bien entendu celui de Verdi. D'ailleurs, je pense que le requiem de Verdi est mon préféré après celui de Mozart qui est indépassable à mon avis.

J'ai tellement aimé et écouté le requiem de Mozart que j'en connais le texte en latin de plusieurs passages par cœur. C'est très pratique pour suivre mais cela a un petit désavantage. En effet, ce n'est plus du tout le même rythme et encore moins la même musique chez Verdi, donc même si on conserve les paroles, il faut rééduquer l'oreille afin que le texte cadre avec le nouveau contexte. Mais d'un autre côté, c'est passionnant. On voit ce que les différents compositeurs font du même matériau de base. C'est comme si plusieurs compositeurs partaient du même livret pour faire chacun leur opéra.

D'ailleurs, en parlant d'opéra, ce requiem y ressemble terriblement. La manière dont sont traités les solistes y ressemble fortement. Chacun a un rôle très fort, chacun a son solo, son moment de gloire.

Il est tellement impressionnant d'assister à ce requiem dans la salle de concert, on ne peut pas retrouver ça ailleurs. L'effectif est trop imposant pour retranscrire ce que ça représente. Tellement de musiciens, qu'il y avait même quatre trompettistes dans les gradins !

Les dynamiques sont très variées, on commence avec un pianissimo qui est vraiment prodigieux, vu le monde qui joue en même temps, vu le nombre de personnes qui chantent mais très rapidement, on arrive au fameux Dies Irae. Et là, c'est parti pour presque une heure non stop. Pas de pause entre les parties, ce Dies Irae est un tout. Ce n'est pas comme chez Mozart où on sépare Dies Irae, Tuba Mirum, Rex, Recordade, Confutatis, lacrymosa. Tous ces passages sont inclus dans le Dies Irae. Et le thème du Dies est une sorte de refrain, on l'entend au moins cinq fois il me semble tout au long du Requiem. Un tutti fortissimo avec un max de percussion et le choeur qui chante à fond, c'est impressionnant. Cette musique est souvent utilisée au cinéma ou dans la publicité d'ailleurs. Du coup, le titre de mon article était tout trouvé !

Ce requiem est épique, mais il a également des passages plus doux, certains solos de la soprano sont très émouvants, les larmes ne sont jamais loin. J'ai retenu également un solo de basson dans le Quid sum miser.

On passe vraiment par toutes les émotions. D'un autre côté, il y a des passages tellement grandioses, limite héroïques (ce Tuba mirum putain de merde !), de telle sorte que j'ai du mal à les imaginer joués dans une église.

Toutefois, je crains qu'il n'y ait pas de meilleur hommage à un mort que ce requiem et d'ailleurs, cette musique semble être à même de les réveiller les morts !

En conclusion, c'était un concert sublime, salué par une ovation d'une bonne dizaine de minutes qui a suivi un long silence de cathédrale après le dernier accord du Libera me. Puis j'ai vu le chef, Gianandrea Noseda embrasser la partition, j'ai trouvé ça génial. Ce requiem, l'écouter en entier chez moi, je trouve ça un peu difficile. Mais en concert, il fait dans les 1h40 et on ne voit pas le temps passer. J'ai vraiment l'impression d'avoir vécu un grand moment.

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Le ballet pour tous

14 Février 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Opéra de Paris, #Bellet, #Millepied, #Bel, #Robins, #Beethoven, #Bach

Samedi 13 février 2016, j'ai assisté à mon deuxième spectacle de la saison à l'Opéra de Paris. Cette fois-ci, c'était à Garnier et il s'agissait d'un ballet, une grande première pour moi. J'ai adoré, bien que de ma place, je ne pouvais pas voir le plafond de Chagall et que les sièges de Garnier soient quelque peu exigus.

Toutefois, j'avais vraiment l'impression d'être in, en effet, l'opéra de paris a énormément fait parler de lui ces derniers temps, notamment à cause de la démission de son célèbre directeur de la danse, Benjamin Millepied. Du coup, l'actualité était un peu chaude, de quoi faire quand même un petit événement.

Le programme comprenait trois ballets, tout d'abord Tombe, une création de Jérôme Bel, puis La nuit s'achève d'après une chorégraphie de Benjamin Millepied et enfin, les Variations Goldberg sur une chorégraphie de Jerome Robins.

Tombe

C'est surtout grâce à cette oeuvre que j'ai intitulé mon article le ballet pour tous. Il n'y a personne sur scène au début, on entend juste des voix. Le danseur nous explique ce qu'est l'opéra de paris, le ballet, comment ça se passe puis il nous détaille de quoi s'agit cette oeuvre. C'est en réalité un projet qui conduit trois danseurs de l'opéra de Paris à prendre une partenaire qui n'a rien à voir avec l'opéra ou le ballet, afin de danser avec elle sur scène. Et c'est prodigieux ! (D'ailleurs, blague à part, le premier danseur avait au départ eu l'idée d'inviter Christiane Taubira)

Le premier danseur est celui qui nous parle, il arrive à un moment accompagné de son invitée qui s'appelle Enda Traoré, c'est la caissière du supermarché où il va faire les courses. On assiste alors à un dialogue, il décrit le décor, comment on peut en changer. Il lui parle également de la régie, des projecteurs qui éclairent les danseurs, il parle également du public, s'adresse à nous, nous salue. Le haut des gradins est surnommé le paradis, la bas le parterre, beaucoup d’anecdotes amusantes. Par exemple, Enda se demande si le bas ne devrait pas s'appeler l'enfer puisque le haut est le paradis... Il explique également quel est ce ballet qu'ils sont sensés danser. Le décors correspond au ballet Gisèle, tout part de là, ou plutôt tout en dérive car on n'en conservera pas l'histoire. A un moment, l'envie de danser prend Enda. A l'aide de son IPhone, elle passe une musique qui lui plait. Un rythme africain, lent mais dansant, et elle danse seule au milieu de la scène avant d'être rejointe par le danseur du ballet. Ils nous livrent par la suite un duo très intéressant, en s'échangeant notamment le foulard de Enda.

Puis le deuxième couple arrive. Cette fois-ci, on a un danseur costumé, tout à fait dans la tradition du ballet et de l'opéra de Paris. Il est rapidement rejoint par une danseuse, également costumée mais elle a la particularité d'être en fauteuil roulant. En effet, cette jeune femme est unijambiste ! Cela ne l'empêchera nullement de danser et de nous faire vivre un moment très intéressant.

Enfin, au lieu d'avoir un troisième couple, on voit arriver un danseur seul sur la scène. Il avait invité Sylviane, 84 ans, passionnée de ballet et qui fréquentait l'opéra de Paris depuis des années et des années. Cela lui avait semblé naturel de l'inviter, lui donner l'opportunité d'apparaître au moins une fois sur scène. Malheureusement, son état de santé s'étant détérioré après les répétition, elle n'était plus en mesure de venir danser. Qu'à cela ne tienne, on nous a diffusé une vidéo des répétitions et finalement, l'effet était tout aussi intéressant. D'ailleurs, dans cette vidéo, on a eu l'occasion de voir le chorégraphe, Jérôme Bel. En gros, cette chorégraphie consistait en ce que le danseur aille chercher Sylviane dans le public puis après quelques pas de danse, prenne sa place au sein des spectateurs. C'était encore un moment très émouvant.

Avec ce Jérôme Bel, on passe rapidement du rire aux larmes, c'est incroyable, alors qu'il s'agit simplement de danse. J'espère que Sylviane se porte mieux en tout cas.

La nuit s'achève

Celui-ci est déjà un peu plus traditionnel. Il est dansé sur la sonate pour piano n°23 de Beethoven, appelée communément sonate Appasionnata, une de mes préférées. Avant toute chose, j'en veux un peu au pianiste qui a massacré un zeste la sonate de Beethoven mais c'était quand même correct. Moi, je massacre aussi Beethoven mais je ne suis pas payé pour ça. En tout cas, quelle belle idée que de danser sur cette musique. Je ne pouvais qu'y souscrire vu que cette sonate me hante depuis mon adolescence déjà et que je l'écoutais jouée par un de mes amis.

Cette sonates a trois mouvements qui correspondront à trois ambiances différentes. Encore une fois trois couples.

Lors du premier mouvement, les trois couples sont sur scène, se croisent, se recroisent et se mélangent. Mouvement allegro assai, donc assez rapide et les danseurs le retranscrivent bien. chaque couple est habillé d'une couleur, différentes teintes de foncé.

Lors du deuxième mouvement, Adagio con motto (que j'ai un peu horreur d'écouter, oui je commence à aimer les mouvements lent mais celui-ci, au milieu du torrent de lave qu'est l'appasionnata, c'est dur), on n'a plus qu'un couple, tout de blanc vêtu. C'est le passage le plus explicite, à un moment, les danseurs s'embrassent carrément, c'est une sorte de séduction qui fonctionne très bien. Les danseurs sont sublimes dans leur tenue blanche, j'étais hypnotisé.

Enfin, le troisième mouvement, Allegro ma non troppo - Presto, mon préféré à l'écoute et au niveau de la danse ça y allait aussi. C'était tellement bon que j'avais moi-même envie de bouger. De nouveau trois couples, une véritable confrontation entre les hommes et les femmes. Là où cette musique semble un peu brutale, la danse l'adouci quelque peu. Encore une fois des mélanges, et cette fois-ci, on conserve le couple habillé en blanc et les deux autres sont habillés en couleur sombre.

J'ai vraiment beaucoup apprécié La nuit s'achève. J'ai lu beaucoup d'articles sur Millepied, et les différends qu'il a pu avoir avec l'opéra de Paris, mais lorsque je vois son travail, j'ai l'impression que son départ est une vraie perte. En tout cas, je suis bien content d'avoir pu assister à au moins un de ses spectacles.

Les variations Golberg

Après Beethoven, Bach. Du coup, même si je n'avais pas aimé la danse sur scène, mes oreilles auraient quand même été comblées ! Ah les variations Goldberg, quelle merveille. Lorsque j'ai entendu qu'il y avait un ballet sur cette musique, j'ai pris conscience qu'il y aurait de la dans pendant une heure car il s'agit d'une heure de musique. Un aria, trente variations et c'est parti. Une chorégraphie par variation et c'était vraiment génial. La pianiste jouait divinement bien d'ailleurs. Bon, ce n'était pas du Gould non plus mais c'était sympa.

Conclusion

La danse est un moyen d'expression artistique très intéressant. Tout passe par le corps, c'est peut-être difficile à appréhender, faire passer un message, raconter une histoire, tout devient plus compliqué lorsqu'on n'utilise que le corps et pourtant, c'est possible. La musique aide bien. J'ai en tout cas acquis la certitude que le ballet était pour tout le monde et que personne n'était exclu de l'opéra de paris !

Prochain spectacle, le Barbier de Seville, j'ai hâte !

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