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Le blog de andika

Articles avec #cinema tag

120 batements par minute: Radical

25 Août 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Act up, #SIDA, #VIH

120 BPM est un film assez radical. Il est dans la lignée d'autres films au sujet de l'épidémie de VIH qui touche le monde depuis les années 1980. On pense spontanément à Philadelphia ou plus récemment à Dallas Buyers Club.

Dans ce genre de film, la particularité est que le virus est un personnage à part entière. Les choses tournent autour de lui et il vient prendre son tribut à la fin en règle générale. Tout est de savoir comment gérer cet aspect, notamment émotionnellement. Dans la gestion de la mort qui plane, personnifiée par le VIH, 120 BPM n'est pas aussi bon qu'il aurait pu ou du l'être. On ne prend pas le personnage de Sean suffisamment en empathie car, même s'il trône sur l'affiche, il n'est pas le sujet du film.

En revanche, le traitement de l'action d'Act up est assez passionnant, vif. Que ce soient les réunions hebdomadaires qui sont très animées, ou encore leurs missions radicales pour faire parler. Car oui, la radicalité est une nécessité lorsqu'on est malade et qu'il n'existe pas de traitement. On ressent une urgence de vivre, d'aimer, de baiser. Une urgence de secouer les pouvoirs publics, les laboratoires afin qu'ils trouvent une solution. Une urgence d'agir pour se sentir vivant. Une urgence de bouger avant que le SIDA n'apparaisse et qu'il emporte tout sur son passage.

Ainsi, le rythme du film et les choix de mise en scène retranscrivent de manière satisfaisante cette sensation d'urgence, ce besoin de vie. Des scènes d'amour à la lumière tamisée à l'explosion de couleurs de la Gay Pride, d'une sombre chambre d'hôpital à un plan sur le Seine rouge de sang, toutes ces images démontrent ce qui se passe, ce qu'il y a de beau, ce qu'il y a de laid, de bien, de difficile.

Dans une situation aussi précaire, on ne sait pas forcément comment agir au mieux, ainsi, les dissension au sein d'Act up sont des événements inévitables qui donnent lieu à de véritables joutes assez jubilatoires. Les dialogues sont prenant et il est parfois impossible de prendre parti. Comment pouvoir garder son calme dans une situation où la mort rôde ?

Néanmoins, rien de cela n'empêche nos personnages de vivre, de s'amuser, de jouir, et même si le virus rôde les soirs de fête, le combat continue, et ne s'arrêtera pas. Pour preuve, les progrès considérables réalisés depuis cette époque.

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Egon Schiele: Le miroir de l'art

19 Août 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Allemand, #Peinture

Egon Schiele est un film tourné en langue allemande et c'est l'unique raison pour laquelle je suis allé le voir. En effet, peu de films allemands sortent en France de sorte que je ne suis pas regardant. Mais comme je l'ai toujours dit, le filtre est tellement fort qu'en règle générale, les films qui nous parviennent sont vraiment bons. Schiele ne déroge pas à cette règle.

Je trouvais d'ailleurs cela excitant de ne rien savoir du film avant de le voir. J'ai juste vu l'affiche en sortant du boulot, je me suis contenté de vérifier que c'était bien joué en allemand en regardant quelques secondes de la bande annonce et basta. Je savais juste qu'il s'agissait d'un peintre autrichien du début du 20ème siècle. Spontanément, j'ai pensé à Klimt, à la sécession viennoise et il est vrai qu'on en entend parler. On voit même Klimt dans le film et certaines scènes se déroulent pendant des expositions de la fameuse sécession que j'avais découverte lors d'une exposition sur le mythe Beethoven à la philharmonie ! Étonnant n'est-ce pas ?

Il ne s'agit pas d'un biopic à proprement parler qui revient sur toute la vie de cet artiste. C'est l'adaptation d'un livre paru sur sa vie. Ainsi, ce long métrage use de flashbacks qui permettent de reconstituer les fragments et de comprendre au fur et à mesure où en est cet homme lorsqu'on le trouve alité, En 1918, en pleine première guerre mondiale, rongé par la grippe espagnole. On nous dépeint un redoutable séducteur. Il séduit naturellement les femmes qui posent pour lui mais à mesure que le film avance, la séduction de Schile s'opère aussi sur le spectateur. Sa manière de vivre son art sans concession. La nature de sa peinture, son style. Et bien entendu, le petit parfum sulfurux de subversion et de scandale dans le fait de faire poser de très jeunes femmes, voire des enfants. Tout cela crée une sorte de magnétisme et il faut dire que le comédien qui joue Egon Schiele est très charismatique et très, très séduisant. Noah Saavedra signe une composition vraiment mémorable. Car on s'intéresse ici davantage à l'homme qu'à l'art ou à ses œuvres. En effet, on se rend rapidement compte que pour appréhender sa peinture, il faut l'appréhender lui. Les innombrables scènes où on le voit peindre, dessiner ont pour conséquence que à la fin, lorsqu'on voit ses dessins, on comprend tout, on n'a besoin d'aucune explication. Ce film nous fait connaître intimement ce peintre et c'est un tour de force.

Les moyens employés par le metteur en scène Dieter Berner sont très efficaces. Je suis encore tout boulversé par la maîtrise montrée ici. La fluidité des mouvements de la caméra, qui n'hésite jamais à prendre de la hauteur, à suivre ses personnages, à s'en rapprocher. Les cuts savamment distillés, le montage intelligent. Une merveilleuse photographie. Des plans qui renvoient directement à la peinture et enfin, ces jeux incessants avec les reflets, les miroirs. Un des premiers plans du film montre le reflet de Gerti Schiele sur la vitre d'un train. Puis tout au long du film, on aura droit aux différents modèles filmés dans le reflet d'un miroir, je ne compte plus ces plans tellement ils sont nombreux. Que révèle ce jeu ? Que révèlent ces reflets ? L'art ? L'homme ? La beauté ? Toutes ces choses à la fois.

La caméra parviendra toujours à montrer quelque chose de beau, que ce soit un plan sur la nature, la forêt, sur des femmes, sur des toiles. Une poésie irrésistible se dégage de l'ensemble grâce aussi notamment à une bande originale intelligemment utilisée. Une vraie pépite. En conclusion, Egon Schiele le peintre gagne à être découvert, et l'œuvre cinématographique gagne à être vue car elle a été faite par des gens qui sont définitivement des artistes au sujet peut être de l'artiste ultime qui a vraiment peu à envier à un Picasso.

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Baby Driver: Une romance contrariée

4 Août 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

Je n'avais aucune intention d'aller voir Baby Driver au cinéma. Juste à cause du titre. Baby driver était pour moi un oxymore, un non sens qui me faisait penser à de la parodie. De plus, cette histoire me semblait bien trop similaire à celle du film Drive de Nicolas Winding Refn avec Rayan Gosling dans le rôle titre. A savoir un chauffeur taiseux qui assure la fuite avec efficacité à des braqueurs après que ces derniers aient commis leur forfait, et avec bien entendu une femme qu'il aime à un moment dans l'histoire.

Heureusement, un excellent bouche à oreille m'a conduit à reconsidérer ma position et je ne le regrette pas. Il s'agit ici sans doute d'un des meilleurs divertissements de cet été.

J'ai très rapidement été rassuré car ce film se distingue très nettement de Drive tout d'abord. Le pitch est simple. Baby est un chauffeur hyper efficace et il a la particularité de conduire en musique, avec une playlist très variée. Il souhaite néanmoins se ranger après être tombé amoureux de la sublime Déborah jouée par une excellente Lily James. Bien entendu, rien ne va se passer comme prévu et c'est là que le scénario du film, bien que parfois éculé, recèle tout de même de nombreuses surprises.

Le point fort de ce film, c'est son casting. Kevin Spacey excelle en gangster paternaliste mais impitoyable. Don Drapper aka Jon Hamm est très efficace en braqueur du dimanche, Eliza Gonzalez n'est pas qu'une plante dans le rôle de Darling, on ne présente plus Jamie Foxx qui sait toujours aussi bien jouer la folie et enfin, Shane (de Walking Dead), aka Jon Bernthal ne démérite pas dans son petit rôle. Mais la palme revient au héros, le fameux Baby incarné par un Ansel Elgort que je découvre et qui a une sacrée présence à l'écran. Son jeu passe beaucoup par le corps et il occupe bien l'espace, captive bien la caméra.

Dès son entrée en matière pendant le premier braquage, j'ai été séduit. Pendant qu'il attendait ses collègues, il écoutait sa musique tout en mimant les instruments et les paroles, une attitude qui est totalement concevable en plein braquage. Après cette séquence d'action introductive où l'on a droit à une course poursuite très tendue est admirablement bien réalisée, le réalisateur Edgar Wright nous offre un plan séquence de toute beauté afin de suivre Baby dans son quotidien en dehors du crime, tout en musique naturellement.

La musique est également un point fort de ce film et nourrit d'ailleurs de nombreux dialogues, notamment entre Baby et Deborah. De manière limpide, leur histoire d'amour transcende l'écran. Tout sonne tellement vrai qu'on tombe immédiatement amoureux de ces personnages comme dans toute comédie romantique qui se respecte. Mais cet amour est constamment contrarié par les événements et les autres personnages, ce qui ne le rend que plus beau. Malgré la légèreté de ce couple lorsqu'il est ensemble, on sent poindre tout de même une certaine profondeur et de la gravité dans quelques séquences. La complicité de ces deux comédiens était vraiment très agréable à suivre, et je décerne une mention très spéciale à Lily James. Je ne sais pas si c'est son air ingénu, mais je dois dire qu'elle ne m'a absolument pas laissé indifférent. Elle irradiait l'écran et donnait toute une gamme d'émotions dans plusieurs registres, avec une belle intensité.

La liste des sons utilisés dans ce film est interminable, cela va de Barry White à Queen. Et en effet, le mot Baby est souvent utilisé dans la chanson, de quoi donner plus de sens au titre de ce film qui peut faire fuir. Foncez voir Baby Driver, vous ne le regretterez pas.

Ps: En revanche, Sony s'est mangé un procès pour avoir utilisé la chanson T-Rex sans autorisation. C'est bien dommage, cette chanson était au centre d'un dialogue assez fun.

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Song To Song: Une symphonie sensorielle

30 Juillet 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Mahler, #Malick

Avant de parler du film à proprement parler, il est indispensable d'introduire cette critique par une petite présentation de la Deuxième Symphonie de Gustav Mahler intitulée Résurrection. On en entend le scherzo à deux reprises pendant Song To Song et cela a un sens.

Ce scherzo, noté sur la partition In Ruhig fliessender Bewegung (dans un mouvement tranquille et coulant) s'inspire d'un Lied dans lequel Saint Antoine fait un prêche aux poissons qui ne comprennent rien et qui le regardent avec des yeux stupides. Mahler indique lui même que ce mouvement évoque un "monde déformé." Personnellement, j'y vois une sorte de bal avec des convives qui ne savent pas danser.

Lorsqu'on connait cette musique et qu'on l'entend à deux reprises dans ce film, on ne peut que mieux comprendre ce qui se passe à l'écran. Terrence Malick est au cinéma ce que Gustav Mahler est à la musique. Mahler voulait créer tout un monde à chaque fois qu'il composait une nouvelle symphonie. L'ambition de Malick est similaire lorsqu'il réalise un nouveau film. Mais cela a parfois pour résultat l'incompréhension du public. Song To Song, soit on déteste, soit on adore. Il ne peut pas y avoir de demi mesure. Ne venez pas chercher ici un scénario, une histoire cousue de fil blanc, vous ne les trouverez pas. En revanche, vous éveillerez vos sens, presque tous hormis l'odorat qui est encore la limite du cinéma. L'ouïe bien entendu avec cette musique enivrante qui ne se limite pas à Mahler. La vue avec des images sublimes que Malick fait défiler devant nous, en filmant souvent caméra à l'épaule, parfois en cadrant en biais, en laissant ses comédiens hors champ pour mieux nous laisser contempler la nature, souvent de l'eau d'ailleurs pour en revenir au prêche aux poissons. Le toucher également est à l'honneur, cela passe par les acteurs qui se touchent constamment, avec douceur, lenteur, sensualité. Enfin le goût, ce sont encore les acteurs qui se goûtent, qui goûtent la musique, la vie, l'amour.

Cette histoire n'est pas compliquée. On a un premier couple Fassbender Mara, puis survient Gosling qui séduit Mara, on entre dans une sorte de triangle amoureux un peu plus complexe. Puis Portman arrive et est séduite par Fassbender qui ne chôme pas. On voit bien comment les couples se font et se défont au milieu d'un songe élégiaque baigné de musique et de nature. Fassbender nous refait un peu le même rôle que dans Shame, il est une sorte d'ombre qui emporte les autres personnages dans le fond, un spectre néfaste. Gosling nous refait du La La Land, toujours aussi lumineux. Mara me rappelle son rôle dans Effets Secondaires. En revanche, Portman est inclassable en blonde bien que sublime dans son jeu. Impossible de douter que Malick ait vu tous ces acteurs dans certains de ces films avant de les recruter.

Dans la dissolution de ces couples, on contemple également la dissolution du cinéma qui devient réduit à sa portion congrue. Malick ne s'intéresse qu'aux sensations, qu'aux émotions. Il cadre souvent ses acteurs de près, ne les lâche pas quand il est sur eux avec des plans très serrés. Mais à contrario, il semble également les négliger, il fait venir Igy Pop pour cinq minutes, nous montre un Val Kilmer totalement fou, une Cate Blanchet distante mais chacun apporte quelque chose sans toutefois être indispensable. Il se passe quelque chose, il est parfois difficile de définir quoi mais il se passe quelque chose. Pendant deux heures, on ne s'ennuie pas, on est emporté par le flot de la poésie de Malick. Malick, Mahler, une syllabe de différence mais tellement en commun dans leur art respectif. Ma dernière expérience de Malick au cinéma était Le Nouveau Monde, titre prophétique pour ce réalisateur qui crée effectivement des mondes dans ses films.

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Buena Vista Social Club Adios: Le chant du cygne

29 Juillet 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Cuba

Buena vista social club est sans doute l'un des albums les plus importants du XXème siècle. Il est issu d'une histoire incroyable et à connu un succès non moins incroyable notamment après la sortie d'un premier documentaire à son sujet en 1998.

 
Pour ma part, j'ai l'impression d'avoir toujours connu cette musique. Dès que j'en entends un extrait, il me semble qu'il s'agit de quelque chose de familier. Mais ce que j'ignorais, c'était les hommes et les femmes qui nous avaient transmis cela. Ce film nous le montre. J'avais pris conscience du caractère hors normes de cette histoire en lisant l'extrait d'un papier des inrocks.
 
À la base, il ne s'agissait pas de faire un album de musique cubaine mais le projet initial des producteurs étant tombé à l'eau, et le studio étant toujours disponible, c'est ainsi qu'est né Buena Vista social club avec des artistes ayant l'âge d'être grands parents. Ce succès mondial tardif de personnes ayant atteint un certain âge est un symbole fort. De nos jours, on veut tout, tout de suite. On veut être célèbre juste pour être célèbre. Cette célébrité n'est souvent accolée à aucun talent. On ne se laisse pas le temps de grandir. De se construire.
 
Buena vista social club est tout l'inverse. C'est le succès qui arrive à la fin de la vie et qui se perpétue même au delà de la mort. Cela nous enseigne que l'espoir n'est jamais perdu et qu'il n'est jamais trop tard pour se réaliser, pour réaliser ses rêves, réussir.
 
Comprendre ce miracle musical c'est aussi revenir sur près de six siècles d'histoire de Cuba. De l'arrivée des espagnols, à celle des esclaves africains. De l'émergence du conga et de la musique cubaine. La révolution Castriste qui a conduit à une isolation de l'île et par conséquent, à la faible diffusion de sa musique.
 
Mais dorénavant, nul Cubain ne sera plus célèbre que Ibrahim Ferrer, Compay Secundo ou encore Ruben Gonzales. Leur succès étant tardif, naturellement la question de la disparition de ces illustres personnages s'est posée dans le film. Elle est traitée avec sobriété et émotion et surtout en musique !
Ceux qui restent, notamment Omara, continuent à perpétuer le son, et à jouer dans le monde entier, notamment à la Maison Blanche devant Barack Obama. Comme quoi, les humains passent mais l'art reste.
 
Alors, même si la fameuse bougie que ces artistes chantent est parfois sur le point de s'éteindre, rien n'empêchera jamais de la raviver.

 

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Dunkerque: Un acte manqué

23 Juillet 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Nolan

D'après Jacques André, l'acte manqué en psychanalyse est le faux pas, le lapsus, la maladresse, l'erreur, l'oubli... Les actes manqués ne sont pas manqués pour tout le monde, chacun d'entre eux signe une réussite de l'inconscient.

Christopher Nolan, sous couvert de film de guerre, voulait nous raconter autre chose que l'histoire de ces soldats évacués de Dunkerque et par conséquent, il a réussi son coup dans ce sens. Toutefois, en faisant cela, ce qui aurait pu, et même dû être un grand film, n'est plus qu'un bon film, voire un film banal.

Nolan, je le pratique depuis son Insomnia au cinéma, ensuite, je n'ai manqué aucun de ses films. On l'avait quitté au firmament avec Interstallar. On le retrouve moins en forme avec son Dunkirk.

Mais voilà, prendre le nom de cette ville comme titre de film était déjà en soit un mauvais présage. Même si on avait bon souvenir de Bienvenue chez les Ch'tis qui se passait dans le nord de la France. Blague à part, cette opération Dynamo qui est contée ici, bien qu'il s'agisse d'un succès, a été menée dans un contexte de défaite en 1940. Ainsi, premier acte manqué du film, le soldat anglais qui tente tant bien que mal d'aller faire caca au début du film mais qui n'y parvient pas pour diverses raisons. Cet échec initial est l'illustration de tout ce qui sera manqué par la suite.

Le film dure 1h47 mais Nolan trouve le moyen de nous inventer trois lignes temporelles différentes. Les événements qui se déroulent sur la jetée durent une semaine, ceux qui se déroulent en mer durent un jour, ceux qui se déroulent dans les airs durent une heure. A ce titre, une théorie pour la partie d'aviation avec Tom Hardy dans le rôle du pilote héroïque.

Ces trois temporalités différentes complexifient de manière inutile voire artificielle l'histoire, le scénario, l'intrigue. Tout cela ne semble être au final qu'un gadget mal utilisé. Autant, jouer avec le temps et l'espace faisait sens dans Interstellar, Inception et même Memento, autant ici, on remarque juste que Nolan force avec son jouet habituel. Si au lieu de se perdre dans trois époques différentes, il avait fait des efforts pour caractériser ses personnages, on aurait eu un tout autre film. Car oui, aucun personnage ne se démarque malgré un casting en or avec Mark Rylance (loin, bien loin du pont des espions malgré tout son flegme et son élégance), Kenneth Branagh (très bon en officier d'ailleurs), Cillian Murphy (transparent et presque inutile), il y avait vraiment de quoi faire ! (On remarque aussi l'absence de femme mais bon, un film de guerre, ça se comprend).

Mais non, Nolan préfère créer un climat, une ambiance, une tension liée aux événements extérieurs à ces personnages. Ici, le contexte est beaucoup plus soigné que la narration, que l'écriture. Ainsi, le son de ce film est une vraie merveille. Entendre ces avions, ces torpilles, tous les bruitages sont vraiment excellents et amènent un stress assez vif. La BO de Zimmer, bien que paresseuse, participe aussi de cette ambiance. Mais tout de même, on est en droit d'en attendre davantage. Je ne ferai pas injure à Nolan en comparant Dunkirk à d'autres films de guerre en disant que c'est bien en dessous. Soldat Ryan de Spielberg, les Sentiers de la gloire, La ligne rouge, le pont de la rivière Kwai, et même Glory !

On ne peut pas appliquer une méthode uniforme au film de guerre, on ne peut pas employer les mêmes ingrédients que d'habitude pour une histoire tirée de faits réels ! Et pourtant, il y a des moments où Nolan semble se souvenir de ce qu'est la réalité, entre deux plans magique entre ciel et mer, on voit enfin ces bateaux de plaisance venir secourir les soldats, on voit enfin des humains au lieu de simples survivants, on sent enfin le patriotisme à la place d'une guerre froide et impersonnelle, on sent enfin ce qu'est cette nation qui se défend coute que coute contre ces allemands inquiétants.

Mais j'ai constaté qu'il était aujourd'hui de bon ton d'encenser Nolan, quel que soit ce qu'il fait, c'est ainsi, les gens en perdent toute objectivité comme lobotomisés. Je suis pourtant un grand fan de Nolan mais il y a des choses à redire sur Dunkirk.

En conclusion, l'absence de scénario, d'écriture solide, nous laisse sur notre faim et nous frustre un peu, beaucoup. Il y avait tant de choses à faire. La perfection visuelle n'excuse pas tout, et encore moins venant de quelqu'un dont on sait qu'il est capable de conter des histoires extraordinaires.

Je vous partage enfin mes impressions à la sorties de la salle.

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Spider-Man Homecoming: Un méta Spidey

16 Juillet 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Marvel, #Spiderman, #Comic

Spider-Man Homecoming est déjà le second reboot de la saga Spider-Man au cinéma. En moins de 15 ans. Autant la saga de Raimi avait le monopole de la nouveauté, et la saga de Webb celui de l'inutilité, cette nouvelle saga s'insère plutôt bien dans le MCU. Même si Sony est toujours à la manoeuvre, ils ont su s'allier à Disney pour faire affaire et surtout faire du fric et ça semble fonctionner, je n'ai jamais manqué aucun film Spider-Man en salle...

On avait déjà rencontré ce très jeune spidey incarné avec brio par Tom Holland dans Civil War, et je dois dire que c'est un plaisir de le retrouver ici. Il a vraiment une bonne bouille et joue bien de son air juvénile et innocent. Toutefois, il nous montre toute une palette d'émotions vraiment très intéressantes. De plus, il a un potentiel comique non négligeable. On retrouve également la tante May campée par Marisa Tomei, toujours aussi jeune et toujours aussi étonnamment MILF par rapport à l'idée qu'on s'en fait. Les personnages du film ne manquant jamais une occasion de plaisanter à ce sujet d'ailleurs.

C'est là que ce film devient vraiment méta. Spidey est-il un avanger ? C'est tout le sens du film, et d'ailleurs le petit film perso de son trip dans Capitain America est hilarant. Est-il dans cette histoire ou un personnage extérieur ? Les plans de spidey à côté du drapeau américains sont-ils sérieux où est-ce une dénonciation de cette tendance qu'on peut avoir tendance à prendre au premier degré ? Tony Stark est-il vraiment un exemple à suivre ?

Toutes ces questions posent un peu une satire de tout ce monde, de manière bien plus efficace et subtile que l'exemple de Deadpool  pour ne citer que lui. L'humour de ce spidey est ce qui s'est fait de mieux jusqu'à présent avec ce personnage mais ce film souffre d'un manque de souffle épique. Pourtant, le méchant est très efficace. Ce vautour est assez flippant avec un Michael Keaton en forme qui nous refait du Birdman. Mais on est bien loin de la tension de l'antique Spider-Man 2 de Raimi par exemple, même si le scénario ici est assez bien soigné et basé sur un twist qu'on ne voit vraiment pas venir et qui offre des situations vraiment intéressantes.

Mais on sent ce Spidey pas encore totalement émancipé, le cul entre deux chaises, pas vraiment avenger, pas vraiment héros, encore lycéen mais un peu plus d'un autre côté. Il s'agit toutefois de la présentation du personnage qui ma foi, est tout de même assez satisfaisante. La bande originale est assez sobre, mais un thème particulier me rappelait un peu le quatuor à cordes de Ravel, ce qui n'était pas pour me déplaire.

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The Circle: Le totalitarisme bienveillant

14 Juillet 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

The Circle est un film très, très intéressant qui en dit beaucoup sur notre époque.Il s'illustre bien plus par son fond que par sa forme. De plus, le casting est excellent, Emma Watson qui joue Mae, l'héroïne. Tom Hanks, qui nous fait un mix entre Steeve Jobs et Mark Zuckerberg et enfin John Boyega, justicier de l'ombre mais toujours avec beaucoup d'humour, notamment dans les scènes où Emma Watson tente des approches pour le pêcho.

Ce film raconte l'histoire banale au début d'une jeune femme qui trouve un emploi dans une boite de la sillicon valley, spécialisée dans l'internet, à savoir The Circle. Dans notre monde, c'est une sorte de fusion entre Facebook et Google. Et on voit que ce mélange tend rapidement à se transformer en une sorte d'hybride entre la STASI, le KGB et une once de comité de salut public en matière de surveillance généralisée de la population.

Plus Mae monte, plus sa vie se déroule dans le cercle au lieu de se passer dans la réalité. On voit la quête effrénée de partages, de like, de commentaire et on assiste à une véritable injonction à la transparence totale sur les réseaux sociaux qui en devient presque totalitaire.

Ainsi, l'exemple d'une scène où des collègues de Mae l'interrogent afin de savoir pourquoi elle ne publie pas davantage de choses sur sa vie dans le cercle. Cela faisait véritablement penser à une secte. Cela la conduit au fur et à mesure à partager toute sa vie, en direct vidéo presque 24h sur 24h.

Le pire, c'est que tout cela est à peine caricatural et que cette tendance est déjà enclenchée par notre internet actuel et nos usages. Et c'est cela qui fait froid dans le dos et qui est, n'ayons pas peur des mots, absolument terrifiant. Sachant que tout cela est vendu avec le sourire bien entendu, à ce titre, une tête bienveillante comme celle de Tom Hanks fait merveille. Ce film est touche tellement juste cette question qu'on en sort en ayant envie de définitivement disparaitre de l'internet.

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OJ Simpson Made in America: Histoire d'une folie collective

14 Juillet 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Documentaire, #OJ Simpson

OJ Simpson made in America a remporté l'oscar du meilleur film documentaire en 2017 et ce n'est que justice. Ce film est indispensable, surtout pour nous qui ne sommes pas américains. Et pourtant, que pensons-nous ignorer de cette affaire ? Cette course poursuite incroyable en direct devant près 100 millions de téléspectateurs ? Ce gant qui ne va pas à l'accusé ? Ce fameux enquêteur raciste ? Voilà ce que je savais déjà personnellement de ce procès. Ce sont des éléments importants, certes, mais ce ne sont que des détails car ce procès mettait en mouvement des choses beaucoup plus grandes, beaucoup plus profondes que les simples faits incriminés.

Ce film est indispensable car on en apprend beaucoup. Même près d'un siècle après la présidence d'Abraham Lincoln, les Etats-Unis sont encore un pays divisé sur la question raciale. Malgré la fin de l'esclavage, les Afro-Américains continuent à subir des traitements différents de leurs compatriotes blancs. Même à Los Angeles, en Californie, Etat qui n'était pourtant pas connu pour être confédéré ou ségrégationniste.

Avant d'entrer dans le vif du sujet OJ Simpson, c'est ce contexte qui est relaté. En revenant notamment sur les émeutes de Watts, sur l'agression de Rodney King par des policiers suivi de leurs acquittements, le meurtre de Lakeshia Combs, adolescente de 15 ans, par une épicière qui ne sera pas condamnée à de la prison ferme... Et j'en passe.

Ce contexte étant posé dans les deux premiers épisodes, on comprend beaucoup mieux comment ce procès a pu aller dans ce sens. On comprend mieux aussi pourquoi l'élection d'Obama n'a rien réglé, tellement les antagonismes sont profondément ancrés dans cette société. On comprend mieux certaines réactions, notamment récemment sur les réseaux sociaux suite au décès d'Otto Warimber. Il s'agissait d'un jeune étudiant américain qui a été enfermé en Corée du Nord. Sur Facebook, j'ai lu de nombreux commentaires d'Afro américain dire qu'il était trop habitué à ses privilèges de blanc et qu'à l'étranger, il devait se tenir à carreau. Avant même de penser à l'injustice dont il avait été victime, ils pensaient à ses fameux white privileges... Mais quand on regarde ce film, on s'aperçoit que le système judiciaire américain peut être aussi inique que le système nord coréen, surtout envers les noirs.

Chacun des cinq épisodes amène sa pierre à l'édifice. On retrace tout d'abord le parcours d'OJ et on comprend sa célébrité et sa cote de popularité. On remarque également qu'il ne s'était pas engagé pour les droits civiques dans les années 1960, contrairement à Ali par exemple. Le réalisateur interroge également de nombreux protagonistes. Avec le recul, leur témoignage est précieux et nous éclaire. Toutes les opinions s'expriment dans ce film, que ce soit la police, des militants des droits civiques, des amis d'OJ, des membres du jurys, les avocats de la défense, le ministère public ou les familles des victimes.

Les victimes justement, on constate que ce sont un peu les grandes oubliées de cette histoire. Ce qui n'aurait du être qu'une tristement banale histoire de violences conjugales s'est mué en débat de société sur le racisme, les droits civiques et le climax de tensions raciales exacerbées depuis près de deux siècles dans ce pays. Pourtant, la célébrité d'OJ aurait pu permettre une prise de conscience sur ce fléau des violences conjugales qui est certainement encore plus répandu que le racisme.

Il est d'ailleurs dommage que OJ Simpson soit devenu le symbole de la lutte des droits civiques et contre les violences policières envers les noirs car il ne s'était pas engagé auparavant alors qu'il aurait très bien pu le faire. Sa chute pathétique à la suite de son acquittement montre d'ailleurs à quel point il était indigne du soutien qu'il a reçu.

Plus que l'affaire d'OJ, il s'agit ici de l'affaire des Etats-Unis. Près de 25 ans après, et malgré Obama, il s'agit toujours d'un pays où j'hésiterais toujours à deux fois avant de m'y rendre en tant que noir.

Pour conclure, je vais vous livrer une anecdote personnelle. En 2005, je me suis rendu aux Etats-Unis pour un voyage linguistique d'été. Il s'agit encore pour moi de mon seul voyage dans ce pays à ce jour. Etonamment, l'organisme a eu quelques difficultés à me trouver une famille d'accueil. Une fois arrivé sur place, j'interrogeai mes camarades de voyage afin de savoir si pour eux aussi, l'organisme avait eu du mal à dénicher une famille. Aucun souci pour eux. Ils avaient la particularité d'être tous blancs. Et bien entendu, chacun d'eux avait une famille d'accueil blanche. Pour ma part, j'ai finalement eu une famille d'accueil qui était bien entendu une famille noire. Ca se passait en Virginie, en 2005. La personne chargée de trouver les famille d'accueil ne pouvait pas concevoir qu'un jeune noir passe ses vacances chez des blancs. Toutefois, pour la petite histoire, je suis tombé dans la meilleure famille que j'aurais pu imaginer. Il s'avère qu'il s'agissait de français comme moi, et que le père était blanc et que la mère était noir. Je les considère encore comme ma famille aujourd'hui.

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Pirate des Caraibes 5: La boucle continue

28 Juin 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

Déjà le 5ème film ! C'est impressionnant. Je continue à tous aller les voir au cinéma sans toutefois savoir pourquoi. La force de l'habitude sans doute. Et une fois de plus, j'ai de nouveau l'impression de voir le même film qu'auparavant. Sauf que contrairement au 4, dans le couple Cruz/Bardem, on a le monsieur cette fois-ci qui est d'ailleurs très, très en colère dans ce long métrage.

Jack Sparow est toujours le même, Johnny Depp semble toujours prendre autant de plaisir à jouer ce personnage. Barbosa change peu également et parvient à de nouveau finir le film comme il en avait fini un précédent.

La seule nouveauté, c'est le nouveau couple de petits jeunes qui manquait à l'épisode n°4. Mais c'est pour mieux faire revenir le couple ancien qu'on connait tous. Au niveau du scénario, c'est assez basique, une fois de plus il s'agit de récupérer une sorte de trésor dont on ne comprend pas bien les effets. Toutefois, cette simplicité a le mérite de conférer une certaine clarté aux intentions des personnages. La quête du père pour les uns, la quête de la richesse pour les autre, ou encore la vengeance.

Tant que ça marche, on ne sera pas à l'abri de ce genre de film transparent, dispensable et interchangeable avec les autres. Mais malgré plus de dix années d'existence, cette saga est juste toujours aussi fun. Encore un petit plaisir coupable de l'été qui permet de rester dans l'air du temps, et aussi de constater comment ce temps avance. On prend un petit coup de vieux avec certains peronnages.

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