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Le blog de andika

Articles avec #mozart tag

Mozart au festival de Saint-Denis

19 Juin 2016 , Rédigé par andika Publié dans #93, #Saint Denis, #Festival, #Concert, #Mozart, #Concerto, #Autre, #Classique

Cela faisait quelque temps que je souhaitais me rendre au Festival de Saint Denis. C'est maintenant chose faite avec ce fantastique concert auquel j'ai assisté ce samedi 18 juin 2016 à la maison de la légion d'honneur à Saint Denis. Faudra peut-être que j'y retourne afin de me faire une petit concert dans la basilique la prochaine fois.

En tout cas, le salle était assez sympa, sauf que comme la scène était surélevée, je ne voyais pas du tout le pupitre des instruments à vent et j'avais du mal à les discerner à l'oreille. Autre chose assez cocasse, le portrait de Napoléon Bonaparte qui trônait, alors que le 18 juin n'est autre que l'anniversaire de Waterloo, son ultime défaite. Quelle belle ironie !

Il y avait quatre œuvres au programme, jouées par l'orchestre de Chambre de Lausanne, dirigé par Joshua Wailerstein qui était ma foi bien jeune ! Tout d'abord la symphonie n°98 en si bémol majeur de Joseph Haydn, puis le concerto pour piano n°23 de Mozart, The Messenger de Valentin Silvertrov et enfin, la symphonie n°38 de Mozart "Prague".

Symphonie n°98 en si bémol majeur, Hob. I: 98 de Joseph Haydn

Comme le dit mon pote RTT, Haydn au début, c'est sympa puis on s'ennuie. C'était presque vrai dans cette symphonie qui se tient de bout en bout. J'ai juste été un peu dérouté par l'orchestration qui est encore plus réduite que chez Mozart. Haydn était un grand ami de Mozart d'ailleurs, et il a écrit cette symphonie en son hommage, lorsqu'il a appris sa mort en 1792. Il imite un peu le style de Mozart. J'avais d'ailleurs entendu une histoire sur ces deux-là, Haydn en manque d'inspiration, devait livrer deux quatuors à cordes à son éditeur, Mozart, voyant cela, lui envoya immédiatement deux quators afin qu'il les signe à sa place ! Si c'est pas beau ça !

De cette symphonie, je retiens le mouvement lent, Adagio cantabile, qui était très beau même si j'émets quelques réserves. Le Menuetto était également très sympathique, la mesure en trois temps bien reconnaissable, très dansant. Je réécouterai ça un jour éventuellement.

Concerto pour piano n°23, en la majeur, K 488 de Mozart

Vous connaissez tous ce concerto. Et à défaut de le connaitre, vous avez déjà vu cette pub d'Air France avec Benjamin Millepied qui danse sur ce concerto.

Mozart est éternel

J'ai l'impression de connaitre ce concerto depuis toujours. Ce deuxième mouvement est d'une beauté à couper le souffle. Je me souviens d'avoir vu sur Youtube le Grand Christoph Eschenbach le jouer et j'avais été subjugué. Et bien, dans la salle, c'est encore mieux. Et je dois dire que Adam Laloum au piano était vraiment excellent. Alors bien entendu, l'Adagio est le pilier de ce concerto et pourtant, les deux mouvements rapides ne sont pas en reste. J'ai d'ailleurs personnellement une préférence pour la troisième mouvement qui me touche énormément. Point trop d'effets du pianiste, juste de l'émotion communiquée à travers les notes, sans trop en faire sur les nuances. Il nous a d'ailleurs gratifié de deux bis. J'en ai été très heureux vu que la semaine dernière, j'avais eu droit à zéro bis !

Au final, les mots sont bien peu de choses devant une telle musique. Mais que c'est bon de ressentir physiquement l'orchestre dans la salle, on entend tellement davantage, on ressent tellement plus, fallait voir ma tronche pendant...

Photo souvenir du concert

Photo souvenir du concert

The Messenger

Faudra vraiment que je réécoute ce truc. C'était sympa mais ça ne m'a pas plus marqué que cela. Par contre, le compositeur, Valentyn Sylvestrov est toujours vivant. C'est sympa de jouer des compositeurs contemporains.

Symphonie n°38, "Prague" en ré majeur, K 504

Celle-ci, je l'écoute pour la énième fois sans toutefois parvenir à la chanter, pourtant que l'aime cette symphonie ! Elle a été écrite par Mozart suite au merveilleux accueil de la ville de Prague de ses opéras Don Giovanni et Les noces de Figaro. De plus, Prague est une ville qui me fait rêver. Et pourtant, j'ai du mal à l'imprimer dans ma tête cette satanée symphonie alors que je l'ai écoutée à de nombreuses reprises. Je pense que le concert va m'aider à la retenir à l'avenir !

Conclusion

Encore un concert fantastique. Sur ce coup, vois un orchestre en tournée était quelque chose de sympa dont je n'ai pas l'habitude. Effet, j'étais très étonné de voir nos amis de Lausanne nous gratifier d'un bis à la fin du concert. Je retiens également l'intensité du violoncelle solo que je ne quittais presque pas des yeux et qui a pu s'illustrer chez Haydn.

Je garderai un bon souvenir de ce concert à Saint Denis. Une bonne raison pour moi de m'aventurer dans le 93. Les suisses nous ont bien traités, nous les avons bien accuillis mais j'espère qu'on les battra quand même ce soir à l'Euro ! Et oui, fallait bien que je parle de foot à un moment donné !

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Orgie de cordes à la maison de la radio

13 Juin 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Concerto, #Maison de la radio, #Mozart

Samedi 11 juin 2016, j'étais de nouveau à la maison de la radio pour le dernier concert inclus dans mon abonnement en cette saison 2015/2016.

Mes autres choix de concerts avaient été très simples. Il fallait choisir cinq dates, les quatre premières ne m'ont causé aucun souci. La première était une soirée 100% Mozart, le soir où la France s'est fait sortir par la Nouvelle-Zelande à la coupe du monde de rugby.

Les trois dates suivantes ne m'ont pas posé davantage de difficultés. Il s'agissait des trois concerts du cycle Beethovent/Bartok qui devaient se tenir en l'espace d'une semaine, malheureusement, le premier avait été annulé suite aux attentats de novembre 2015.

Je me souviens bien que pour le cinquième concert, mon choix n'a pas du tout été aisé à faire ! Rien ne me plaisait vraiment. Et il fallait pourtant clôturer cette commande ! Et là, Eureka, je lis ces trois noms, Mendelssohn, Mozart, Tchaïkovski !

Le seul souci, c'est que ça tombait en même temps que l'Euro mais bon, je peux bien sacrifier un match de temps en temps, encore que...

Cette fois-ci, il s'agissait de l'orchestre philharmonique de radio France. Il était dirigé par Amaury Coeytaux qui est l'un des premiers violons solo ! Expérience très étonnante que de voir l'orchestre dirigé par le premier violon, c'était une première pour moi. Je l'observais énormément et j'ai remarqué que ses coups d'archet étaient très prononcés, il transmettait sa pensée et impulsait le mouvement de l'orchestre par le geste, et arrivait sans aucun mal à être suivi. On voyait bien à quel point il était engagé dans la musique. Quelques fois il bougeait son bras, en revanche, il ne pouvait pas tellement regarder les autres musiciens.

Pour la petite histoire, j'avais failli oublier d'aller à ce concert, puis j'en ai vu la publicité sur la page Facebook de la maison de la radio, qui mettait en avant que l'orchestre serait dirigé par son premier violon, en effectif réduit, dans une ambiance intimiste. Pub intrigante et qui s'est révélée tout à fait exacte. C'est ce que j'aime chez le philharmonique de Radio France, c'est qu'il n'hésite pas à jouer en effectif réduit et ainsi, il peut beaucoup plus facilement proposer du Mozart qui requiert beaucoup moins de musiciens qu'un Mahler ou encore un Brukner. Mais il faut comprendre ces orchestres, ils sont parfois composés de plus de cent musiciens et il faut bien faire jouer tout le monde le plus souvent possible...

Trois oeuvre étaient au programme de cette soirée, tout d'abord la symphonie n°10 en si mineur de Mendelssohn, puis le concerto pour piano n°25 de Mozart et enfin, Souvenir de Florence, sextuor pour deux violons, deux altos et deux violoncelles en ré mineur de Tchaïkovski.

Symphonie n°10 de Mendelssohn

Il s'agit d'une symphonie écrite pour un orchestre composé uniquement de cordes. C'était une oeuvre du jeune Mendelssohn destiné à son professeur, comme nous lorsqu'on fait nos devoirs au collège. Elle est en deux mouvements très courts, l'exécution n'excède pas les dix minutes. On voit tout l'intérêt que l'orchestre soit dirigé par le premier violon. Je retiens surtout un passage où l'alto est mis en valeur. On entend bien que c'est un bel et noble instrument, trop injustement décrié au sein des orchestres...

Concerto pour piano n°25 de Mozart

C'est surtout pour ce concerto que j'ai opté pour ce concert. Il ne fait pas partie e mes préférés et je ne le connaissais pas avant de prendre mes places. Chez Mozart j'adore le 9; 15; 20; 21; 22; 23; 24, mais jamais écouté le 25 avant de mettre le nez dedans dans la perspective de ce concert. Et pourtant, qu'il est beau. Sa joyeuse tonalité de do majeur nous enchante et on a l'opportunité d'entendre dans le premier mouvement un thème qui ressemble étrangement à notre Marseillaise.

Le pianiste était Paul Lewis et je l'ai trouvé excellent mais il n'a pas donné de bis, j'en était très déçu. Toutefois, je pense que le public a mérité un tel comportement, à toujours applaudir entre les mouvements et surtout, en ne le rappelant pas suffisamment longuement pour le bis justement !

Souvenir de Florence

Il s'agit donc d'un sextuor à cordes, mais il y a beaucoup plus de six instrumentistes, il s'agit en réalité de six pupitres. Deux violons, deux altos et enfin deux violoncelles, mais l'un des deux pupitres de violoncelle était assuré par des contrebasses.

Oeuvre très belle en 4 mouvements, je retiens la fugue finale qui est juste merveilleuse, ce contrepoint et ces multiples voix m'ont captivé.

Encore une fois, l'orchestre était composé uniquement par des cordes, d'où le titre de l'article !

Donc oui, il n'y a pas que l'euro dans la vie !

Edit: Le concert est dans le lien en dessous, on peut l'écouter jusqu'à fin juillet !

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Mozart au dessus du Rugby

18 Octobre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Mozart, #Autre, #Concerto, #Concert, #Maison de la radio

J'ai eu un gros dilemme pour ma soirée du samedi 17 octobre. Je devais choisir entre aller écouter du Mozart à la maison de la radio ou me mettre devant la télé afin de soutenir le XV de France qui devait jouer contre les blacks. J'ai choisi Mozart et je ne regrette pas.

Je fais mon retour à la maison de la radio après avoir assisté à l'enregistrement de l'émission La tribune des critiques de disques le mois dernier. J'adore cet endroit, c'était ma première fois dans l'auditorium. C'est une très belle salle avec un bois magnifique.

Trois œuvres étaient au programme et c'était du 100% Mozart. Ceux qui me connaissent un peu et depuis un certain temps savent que j'aime beaucoup ce compositeur. Parmi les trois œuvres, j'en connaissais déjà deux, à savoir le concerto pour piano n°9 Jeunehomme (morceau qui m'a le plus décidé à assister à ce concert). Je connaissais déjà également le quatuor avec piano en sol mineur K 478 (découvert dans la boite à musique !). En revanche, je découvrais totalement le quintette pour piano, hautbois, clarinette, cor et basson en mi bémol majeur K 452.

Donc finalement beaucoup de musique de chambre pour finir avec un concerto. Et encore, l'orchestre mozartien est tellement réduit qu'il tiendrait dans ma chambre justement, c'est assez marrant mais comme ont dit, ce n'est pas la taille qui compte et Mozart ne l'a jamais démenti !

Un truc pas cool lors de ce concert. C'est premièrement, la voix féminine au début qui nous intime l'ordre de ne pas prendre de photos et d'éteindre nos téléphones, jusque là rien de grave mais après cela, elle nous demande d'éviter de tousser... Non mais WTF ? On est humain merde ! Bientôt on ne devra plus respirer, j'ai pas choisi de tomber malade, ça fait trois semaine que j'ai la crève, et c'est vraiment pas cool. Ce message m'a outré et bien entendu j'ai toussé pendant le concert en essayant d'être le moins bruyant possible...

Le quintette était très sympa, on ne s'ennuie pas pendant une seconde mais à l'heure qu'il est, je ne me souviens plus d'une seule note, c'est bateau ! Faudra que je le réécoute mais en tout cas, le piano fait bon ménage avec tous ces instruments à vent. Parlons-en du piano d'ailleurs. Pendant les deux premiers morceaux, un projecteur était braqué sur le Stenway qui brillait comme il se doit mais cela a occasionné un reflet dirigé vers mon coin et qui m'a ébloui ainsi que tous mes proches voisins, on a connu mieux. Heureusement, le piano a été déplacé pour le concerto Jeunehomme !

Le quatuor avec piano, je le connaissais bien. Et j'ai adoré, c'est vraiment une pièce intense. Un premier mouvement avec un thème assez brutal où on entend bien la tonalité de sol mineur. Un piano très virtuose qui dialogue merveilleusement bien avec les trois autres instruments. Le deuxième mouvement, un Andante est d'une beauté à couper le souffle. Un mouvement lent plein d'émotions avec un thème qui circule comme une sorte de jeu de question réponse. Enfin, le troisième mouvement est un rondo allegro. C'est une forme qu'on a l'habitue d'entendre, c'est comme les chansons de nos jours, couplet, refrain, couplet, refrain.

Et pour terminer, le fameux concerto Jeunhomme qui était à la base une commande pour une certaine mademoiselle Jeunehomme, pianiste virtuose française. Et de la virtuosité, cette pièce n'en manque pas. J'ai entendu dire que ça devait être beau à en faire pleurer et c'est gagné. La pianiste dirigeait également l'orchestre mais elle le faisait sobrement. Par le regard, parfois un signe de tête, mais finalement, il suffisait de suivre le rythme qu'elle insufflait. Je découvrais donc pour la première fois cette excellente pianiste qui répond au nom de Elisabeth Leonskaja. Elle est originaire de Géorgie et réside aujourd’hui à Vienne si j'ai bien compris. C'est encore la capitale de la musique des siècles après, c'est assez marrant. J'ai bien fait d'apprendre l'allemand étant petit.

C'était un chouette concert au final, malgré la remarque sur la toux au début, et aussi en dépit du fait qu'on m'ait forcé à mettre mon sac au vestiaire, heureusement que les hôtesses étaient jolies, j'ai obtempéré facilement. Je divague un peu, il est temps pour moi d'aller dormir !

Ce concert sera diffusé le vendredi 18 décembre à 20h sur France Musique. Il est également disponible à l'écoute sur francemusique.fr

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Don Giovanni à Bastille

24 Septembre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Opéra, #Autre, #Mozart, #Don Giovanni, #Haneke, #Bastille, #Opéra de Paris, #Paris

Par où commencer ? Je suis récemment allé voir le célèbre opéra Don Giovanni de Mozart sur un livret de Da Ponte à l’opéra Bastille et c’était un moment merveilleux. On va occulter le fait d’avoir eu à monter 6 étages pour accéder à son siège, mais d’un autre côté, j’aurais pu prendre l’ascenseur.

Je me suis abonné à l’opéra de Paris pour la saison 2015/2016 depuis au moins 6 mois et l’heure du premier spectacle était enfin arrivée. Et quoi de mieux pour commencer ma saison que Mozart ?

C’est un compositeur que j’adore et l’opéra Don Giovanni ne m’est pas totalement inconnu. On en entend de célèbres extraits dans le fameux film Amadeus (à propos duquel j’ai écrit quelques lignes sur ce blog), mais je suis également familier du personnage de Dom Juan lui-même. Non pas que je sois un séducteur invétéré mais j’ai eu à lire la pièce de Molière au lycée. Mais l’histoire diffère un peu dans ce Don Giovanni même si c’est peu ou prou la même chose et que le personnage principal épouse à peu près les mêmes caractéristiques.

Alors, l’opéra en lui-même est brillant. On sent toute la dimension de la musique de Mozart qui est d’une puissance folle, son génie dans les duos, les trios, dans son ouverture, dans des airs absolument fantastiques. Le livret de Da Ponte n’est pas en reste même si le second acte est un peu une redite mais ce n’est pas trop grave puisque ce n’est pas forcément l’essentiel dans l’opéra. Tant qu’on comprend l’histoire, tout va bien.

Cette histoire est d’ailleurs simple. Don Giovanni est un jouisseur qui ne connait aucune limite, aucune entrave. Il n’a aucune morale, n’hésite pas à tricher, mentir, voler, violer. Il aime toutes les femmes, qu’elles soient belles, laides, jeunes, vieilles, tout ce qui l’intéresse, c’est d’ajouter une ligne à son palmarès (que son valet tient scrupuleusement d’ailleurs). Il me rappelle quelqu’un dont j’ai parlé récemment sur ce blog sur certains aspects…

La mise en scène était osée, on la doit au Michael Haneke. Il ne s’agit plus du 18ème siècle mais d’un cadre contemporain qui rappelle furieusement le quartier de la Défense. Et c’est dans ce sens qu’on remarque que le propos de cet opéra n’a pas tellement vieillit. Il s’agit encore un peu de conflits de classes mais surtout, de la nature des relations hommes/femmes. Du respect de la femme, de leur statut. D’ailleurs, aucune des victimes de Don Giovanni reste sans combattre, elles ont beau être séduites quelques fois, elles ne sont jamais bien dupes et sont animés d’une colère légitime contre lui. On pourra même souligner la fin un peu moralisatrice, mais d’un autre côté, vu la date de l’œuvre !

Enfin la musique mais surtout le chant. C’est impressionnant de voir à quel point le son de l’orchestre et les voix des chanteurs se projettent bien jusqu’au dernier rang. Le seul souci vient de la voix de basse du Commandeur qui semble être un peu lointaine, tel un écho mais cela doit être volontaire. Toutefois, il y a de nombreux moments de bravoure des chanteurs, qui sont mis en valeur et qui parviennent à chanter dans des positions vraiment particulières quelques fois ! Ainsi, on a droit à un très beau trio lorsque Don Giovanni séduit Zerlina (Alfin siam liberati, Duo Là ci darem la mano) , ou aussi un duo magnifique lorsque Zerlina veut se réconcilier avec Masetto mais mon moment préféré, c’est lorsque Laporello fait la liste des conquêtes de Don Giovanni ! (Air « Madamina, il catalogo è questo »)

C’étaient 3h40 de pur bonheur au final, j’ai eu droit à tout le folklore de l’opéra. Le truc le plus récurrent, c’est que les personnages disent les choses au moins à trois reprises, à chaque fois qu’ils prennent la parole. Ensuite, il y a bien entendu les sous titres qui sont au dessus de la scène car c’est un opéra en italien et même lorsque c’est en français, on ne comprend rien.

Le cadre de l’opéra Bastille est magique en plus, même s’il n’y a pas du Chagall au plafond, cette salle se défend pas mal du tout !

Don Giovanni

Dramma giocoso en deux actes (1787)

Musique
Wolfgang Amadeus Mozart
Livret
Lorenzo Da Ponte
 
En langue italienne
Direction musicale
Patrick Lange
Marius Stieghorst
6, 11, 16, 18 oct.
Selon une mise en scene de
Michael Haneke
Don Giovanni
Artur Ruciñski
Il Commandatore
Alexander Tsymbalyuk
Donna Anna
Maria Bengtsson
Don Ottavio
Matthew Polenzani
Donna Elvira
Karine Deshayes
Leporello
Alessio Arduini
Masetto
Fernando Radó
Zerlina
Nadine Sierra
12 > 23 sept.
Gaëlle Arquez
26 sept. > 18 oct.
Décors
Christoph Kanter
Costumes
Annette Beaufaÿs
Lumières
André Diot
Chef des Choeurs
Alessandro Di Stefano
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Amadeus, un film qui change une vie

26 Juillet 2011 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Mozart, #Musique, #Culte

En avant propos de mon article, voici ce qu’écrit Peter Shaffer à propos du film dont il est scénariste et plus généralement de la pièce de théâtre qu’'il a écrite.

Ce n’'est pas une biographie de Wolfgang Amadeus Mozart. En brodant cette histoire autour de Mozart et de son rival Antonio Salieri, je n’'ai pas fait violence à la vérité historique de l’'homme Mozart, et encore moins de celle du musicien. Le film est, plus encore que la pièce, une célébration de la musique de Mozart. J’'ai rencontré Milos Forman à la première d’'Amadeus, au National Theatre de Londres, en novembre 1979. Il déclara sur le champ son désir d’adapter cette pièce, et, pendant deux ans, se tint fidèlement, passionnément à cette résolution. Ce fut une étonnante aventure. Dès le départ, nous étions convenus de ne pas traiter de l’'histoire « objective » de Mozart. Certes, nous avons intégré beaucoup d’éléments réels, méconnus et véridiques de la vie de Mozart. Mais nous nous sommes également octroyé la liberté traditionnelle du conteur d'’histoires d’'embellir notre récit d’'ornements fictifs et, surtout, d’'inventer des dénouements inattendus, propres à captiver le public. J’'avais tenu à symboliser le passage des Lumières au romantisme noir par l'’intervention du Messager Masqué. Dans le film, cette transition me semble plus efficacement suggérée par les interventions récurrentes de personnages masqués (qui soulignent aussi l’'intérêt de Mozart pour le thème de la mascarade, dont il tira d’admirables effets dans Les Noces de Figaro, Don Giovanni et Cosi Fan Tutte). Ce qui me réjouit le plus dans cette résolution est que nous avons réussi une scène très efficace, cinématographiquement parlant, alors qu’'elle traite du sujet le moins photogénique qui soit : la musique. Le tournage en Tchécoslovaquie fut une expérience éprouvante, mais indispensable. Prague offre le décor le plus baroque et rococo d'’Europe. La guerre et les promoteurs ne l’ont pas altérée : on peut pointer la caméra en tous sens et ne cadrer que des maisons construites avant la mort de Mozart et chaque acteur, petit ou grand semblait parfaitement à l’'aise sous sa perruque. A contempler la foule des figurants écoutant Don Giovanni sur les lieux même de sa création, nous avons eu le sentiment miraculeux d’avoir ressuscité une époque.

AMADEUS : Une fantaisie basée sur des faits. Par Peter Shaffer

Après cette belle introduction, c’est donc à mon tour de prendre la parole pour parler de ce film fabuleux. Maintenant que nous avons balayé les réserves qui pourraient être émises sur les erreurs historiques, je voudrais commencer mon propos en disant que c’'est un film qui change une vie. En tous cas il a changé la mienne. Je me souviens bien de la première foi que j’ai vu Amadeus, c’était à l’'automne 2002, à Audierne en Bretagne, au cinéma,sur grand écran (ce qui soit dit en passant est une chance pour un film sorti de puis plus de vingt ans !) et sans ça, je ne me serais pas mis à jouer du piano ou encore à apprécier la musique classique, sans ce film Mozart serait presque un complet inconnu pour moi. Amadeus, même si l’intrigue est basée sur des faits complètements fictifs permet néanmoins d’appréhender la personnalité de Mozart et même de le découvrir, et à défaut de découvrir véritablement qui il est, on découvre la toute puissance de sa musique. En effet dans ce film, on brasse la musique de Mozart de son Requiem, à sa symphonie n°25 en passant par son concerto pour piano n°20. Des pièces maitresses dont les airs sont connus de tous, mais qu’il est bon d’avoir cette musique comme bande originale d’un film. Et d’ailleurs plus que Salieri, plus que Mozart, le vrai personnage principal de ce film n’est autre que la musique. La thèse de Salieri dans ce film est que Mozart ne compose rien d’autre que la musique de Dieu dont il serait l’instrument sur terre. En effet la précocité de Mozart ainsi que sont immense virtuosité peuvent amener à se demander si cette musique n’est pas surnaturelle (pour en avoir le coeœur net je vous invite à écouter le célèbre Andante du concerto pour piano n°21). Je ne sais pas si c’est avéré, mais en tout ce film a eu l’'effet d’'un appel pour moi et a éveillé ma curiosité. Sans Amadeus je serais un autre homme aujourd’hui’'hui j’en suis persuadé. Ce film a changé ma vie car il m'’a permis de voir ce qu’était le génie à l’'état brut. En effet personne ne conteste que Mozart était un génie, c’est aussi un très bon personnage de film, car bien que romancé, ce film permet de découvrir de nombreuses anecdotes sur Mozart comme par exemple le fait qu’aucune de ses partitions n’étaient raturées, ou qu'’il appréciait jouer au billard, ou encore qu ’il avait vu un présage de mort dans la commande de son requiem, la fausse commune, mais surtout, on découvre son goût de la liberté, et les prémices de ce qu'’est un musicien indépendant. En tant que personnage de film, le Mozart qui nous est dépeint est très attachant car victime de l’'histoire, mais qui ne craquerait pas devant cette folie douce et ce rire inimitable ? Malgré cela, il lui reste des moments de sérieux et de pur grâce comme dans la scène culte de la composition du requiem. Mozart est plus qu'’un homme dans ce film et dans notre imaginaire, car on ne compte plus ses exploits, mais surtout parce qu'’il est éternel de par sa musique qui continue à être jouée dans le monde entier. Et s'il fallait bien retenir une chose de ce personnages, c'’est bien sa musique qui n’'est rien d’autre qu’'exquise et qui éveille nos sens. En conclusion Amadeus ça veut dire aimé des Dieux, Mozart s’était surnommé ainsi en étant conscient de son don et à écouter sa musique comment le démentir ? Ce film issu d’'une pièce de théâtre est une célébration de sa musique et une expérience unique. Il fait passer par toutes les émotions en près de trois heures, on en ressort transformé, et si ça n’'est pas le cas, je peux vous affirmer que ce film ne vous laissera pas indifférent. Parfois la fiction est le meilleur moyen d'’honorer un personnage historique, ce film en est la preuve.

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