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Le blog de andika

Sicario : Muy bien !

28 Octobre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Del Toro, #Cartel, #Drogue

Sicario est un film assez couillu ! Dès le début, on est dans l’ambiance avec une musique faite de basses assourdissantes qui nous mettent directement dans le bain dans une mission d’infiltration où on suit le FBI qui souhaite libérer des otages. Et c’est là que ça dégénère !

C’est un film au sujet du narco trafic à proximité de la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Il m’a beaucoup rappelé le Traffic de Soderbegh et à raison. Hormis le thème et le lieu de l’action, ces deux films partagent Benicio Del Toro qui possède totalement l'écran. Il avait déjà chopé l’Oscar du meilleur acteur pour Traffic mais là, je le trouve encore plus énorme car son personnage est beaucoup moins naïf. On est dans le monde des loups et il en est définitivement un. Sicario signifie tueur et Del Toro est définitivement notre Sicario.

Le thème du trafic de drogue est très porteur au cinéma ou à la télé, on l’a vu comme je l’ai déjà dit dans Traffic mais également dans les séries comme Breaking Bad et plus récemment Narco. Entendre tous ces dialogues en espagnols, ces personnages latinos, ça fait authentique mine de rien et ça nous met bien dans le délire. C’est fou à quel point cette langue est associée à cette activité. Donc on a notre lot de corps mutilés, d’explosions et tout le folklore propre à ce trafic mais pour le coup, ceux qui sont censés être les gentils sont beaucoup moins désabusés que dans d’autres œuvres. Ce film n’est absolument pas manichéen et finalement, les « gentils » ont tendance à faire plus flipper que les méchants !

Et c’est ce que constate le personnage d’Emily Blunt. Elle, je l’ai validée depuis très longtemps, en général, rien que ses beaux yeux me suffisent à aller voir un film. On voit bien entendu ses beaux yeux dans ce film mais ce rôle ne met absolument pas l’accent sur sa féminité et son charme. Et d’ailleurs, les personnages ne manquent pas de le lui faire remarquer, ce qui est assez marrant. Alors, elle tient le rôle de l’idéaliste dans ce film, celle qui veut suivre la procédure selon les règles de l’art et qui se retrouve dans un merdier au milieu duquel elle ne maitrise rien. Elle est un peu les yeux du spectateur dans cette histoire et son parcours est très intéressant. De plus, je tiens à souligner son excellent accent américain pour elle qui est britannique.

La tension est omniprésente, que ce soit autour d'une table pendant un repas, à l'arrière d'une voiture, dans un face à face et j'en passe. Au final, Sicario a un scénario plaisant, de la violence,une réalisation soignée sauf si on peut déplorer les longues séquences en lunettes thermiques et lunettes de vision nocturne qui font perdre de la fluidité, mais ça ne gâche pas le film. En effet, comme d’habitude, on fait le constat que le trafic de drogue ne s’arrêtera pas demain la veille mais tout de même, il y a quand même une sacrée besogne à faire et quand on a un Sicario dans sa besace, ça décoiffe !

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Elser, Un héros tombeur !

28 Octobre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #allemand

Mes amis, je suis joué, trahi, perdu ; je suis au désespoir : Un film allemand est sorti, il est sorti au cinéma et je ne l’ai pas su !

Enfin si, je l’ai su, contrairement à Valmont qui n’avait pas su anticiper le départ de la présidente Tourvel.

Comme je le dis souvent, dès qu’un film allemand arrive sur nos écrans de cinéma, je m’efforce d’aller le voir mais quand je ne suis pas au courant qu’il en sort… Heureusement, j’ai vu l’affiche en allant voir un autre film la veille !

Elser est un film excellent qui retrace la vie de Georg Elser qui s’est fait connaitre notamment pour avoir tenté de faire sauter Hitler en Novembre 1939. C’est fou ce que les gens qui essayent de buter Hitler font de bons héros de film, que ce soit dans Walkirie ou même dans Inglourious Basterd.

Elser est un mec vraiment intéressant et malheureusement assez méconnu. Je ne le connaissais pas avant de voir ce film et pourtant, certains éléments de sa vie en font indéniablement un héros de cinéma. C’est un mec qui est plus ou moins proche du parti communiste sans toutefois militer, qui tombe les nanas comme des mouches, qui est très chrétien et qui a résolu de buter Hitler car il voyait en lui la ruine de l’Allemagne. (La suite des événements est allée dans son sens).

Le film commence par son attentat foiré puis alterne entre les flashbacks et les interrogatoires. Et c’est là que le film est génial car il nous offre un contraste saisissant. Alors oui, le mec se fait torturer méchamment par la Gestapo, jusqu’à en gerber mais dès lors qu’il commence à coopérer, on sent chez les nazis une certaines humanité (surtout la sténo) et presque aucune cruauté (encore que). Au contraire, ce qui a le plus d’impact, c’est la lente montée en puissance du nazisme dans le petit village reculé d’Elser. Là c’est fort, comment le national socialisme s’immisce partout, en ne laissant rien passer et se développe tel un cancer qui ne cesse de se métastaser. Ainsi, lors des fêtes de la ville, je me suis amusé à dénombrer le nombre de croix gammées, elles étaient partout, sur tout, notamment des potirons et des toasts !

Ce mec est également un tombeur et c’est également le film de son histoire d’amour avec Elsa, une femme mariée qui l’invite à danser un tango (comme quoi, l’attirance allemande pour l’Argentine ! ), à un moment ça devient un ménage à trois tel la réaction de Mannich et c’est assez bizarre mais ça laisse de bonnes scènes.

Alors au final, on en ressort étonné, je ne vous raconte pas tout car il y a des choses qui se passent différemment de ce qu’on peut imaginer. En tout cas, c’est bon d’entendre de l’allemand au cinéma !

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Belles familles : Avec le temps

28 Octobre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Français, #Rappeneau

Belles familles est un film sur le temps qui passe et qui soigne les blessures le plus souvent. L’histoire d’un homme qui rentre au bercail des années après qui fait la paix avec son défunt père. L’histoire d’un frère jaloux qui fait des manigances, d’une femme humiliée mais qui garde la tête haute, d’un homme amoureux qui s’est engagé dans des chemins tortueux, d’une fille perdue qui se retrouve, une mère, une femme qui vient de loin et qui trouve son chemin.

Rappeneau a un don pour filmer ses personnages qui sont tous plus riches les uns que les autres. La France rurale est magnifique filmée par lui. Le casting est excellent, je ne me lasse jamais de voir Karine Viard à l'écran, Amalric n'a plus rien à rpouver et je trouve Lellouche très bon dans son rôle.

Et pour ne rien gâcher, entendre le concerto pour piano en la mineur de Schumann fait très plaisir, son usage dans le film est brillant !

Pour conclure, Belles familles est une belle rencontre.

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L'Homme irrationnel : Un Woody Allen comme je les aime

23 Octobre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Woody Allen, #Allen, #Emma Stone

J'adhère totalement à ce nouveau film de Woody Allen. Il y a tous les ingrédients que j'apprécie chez ce cinéaste dans ce film. De l'humour, de l'absurde, un questionnement existentiel, des pensées à propos du sens de la vie, de la mort.

Et pourtant, quand j'ai su que le rôle titre était tenu par Joaquin Phoenix, j'étais dubitatif. Je déteste cet acteur, oui il est bon mais justement, il est beaucoup trop bon en salaud dans Gladiator, du coup, je ne peux plus le voir, des années pourtant après avoir vu ce film fantastique. Bon, il est vraiment bon n'empêche et ce film me réconcilie avec lui. Il joue le role de Abe, un prof de philo totalement dépressif qui fait fortement penser à Woody Allen lui même. Il nous sort constamment des punchlines de fou en voix off et passe la moitié du film à fuir Emma Stone, une vraie performance !

Parlons en d'Emma Stone justement. Je suis fou d'elle, et dans ce film, elle nous joue le clavier bien tempéré de Bach putain, le deuxième prélude du livre 1 en do mineur à un moment, le morceau que je suis justement en train de bosser. Et elle nous gratifie même du 18ème prélude du livre 1 en sol # mineur, un de mes préférés. Je vous le dis, je bavais devant l'écran. Donc oui, la BO est cool, il n'y a pas que du Bach, il y a également un peu de jazz.

Alors Emma Stone, elle tient son rôle d'étudiante ingénue et dingue de son prof à merveille, elle est solaire, pétillante, attirante et aussi un peu énervante mais définitivement irrésistible.

Ce film pose la question de savoir comment donner un sens à sa vie. Il donne aussi la réponse, il faut poser des actes, ne pas se limiter aux paroles. Et c'est assez marrant que le protagoniste soit un prof de philosophie qui pense justement un peu trop au lieu d'agir. Enfin, il agit à un moment mais son acte est tellement extrême qu'il en est un peu ridicule mais c'est ça qui rend ce film totalement dingue et jouissif. Oui Woody Allen vieillit mais putain, qu'est ce qu'il reste bon ! Foncez le voir, je l'ai validé !

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Mozart au dessus du Rugby

18 Octobre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Mozart, #Autre, #Concerto, #Concert, #Maison de la radio, #Philar

J'ai eu un gros dilemme pour ma soirée du samedi 17 octobre. Je devais choisir entre aller écouter du Mozart à la maison de la radio ou me mettre devant la télé afin de soutenir le XV de France qui devait jouer contre les blacks. J'ai choisi Mozart et je ne regrette pas.

Je fais mon retour à la maison de la radio après avoir assisté à l'enregistrement de l'émission La tribune des critiques de disques le mois dernier. J'adore cet endroit, c'était ma première fois dans l'auditorium. C'est une très belle salle avec un bois magnifique.

Trois œuvres étaient au programme et c'était du 100% Mozart. Ceux qui me connaissent un peu et depuis un certain temps savent que j'aime beaucoup ce compositeur. Parmi les trois œuvres, j'en connaissais déjà deux, à savoir le concerto pour piano n°9 Jeunehomme (morceau qui m'a le plus décidé à assister à ce concert). Je connaissais déjà également le quatuor avec piano en sol mineur K 478 (découvert dans la boite à musique !). En revanche, je découvrais totalement le quintette pour piano, hautbois, clarinette, cor et basson en mi bémol majeur K 452.

Donc finalement beaucoup de musique de chambre pour finir avec un concerto. Et encore, l'orchestre mozartien est tellement réduit qu'il tiendrait dans ma chambre justement, c'est assez marrant mais comme ont dit, ce n'est pas la taille qui compte et Mozart ne l'a jamais démenti !

Un truc pas cool lors de ce concert. C'est premièrement, la voix féminine au début qui nous intime l'ordre de ne pas prendre de photos et d'éteindre nos téléphones, jusque là rien de grave mais après cela, elle nous demande d'éviter de tousser... Non mais WTF ? On est humain merde ! Bientôt on ne devra plus respirer, j'ai pas choisi de tomber malade, ça fait trois semaine que j'ai la crève, et c'est vraiment pas cool. Ce message m'a outré et bien entendu j'ai toussé pendant le concert en essayant d'être le moins bruyant possible...

Le quintette était très sympa, on ne s'ennuie pas pendant une seconde mais à l'heure qu'il est, je ne me souviens plus d'une seule note, c'est bateau ! Faudra que je le réécoute mais en tout cas, le piano fait bon ménage avec tous ces instruments à vent. Parlons-en du piano d'ailleurs. Pendant les deux premiers morceaux, un projecteur était braqué sur le Stenway qui brillait comme il se doit mais cela a occasionné un reflet dirigé vers mon coin et qui m'a ébloui ainsi que tous mes proches voisins, on a connu mieux. Heureusement, le piano a été déplacé pour le concerto Jeunehomme !

Le quatuor avec piano, je le connaissais bien. Et j'ai adoré, c'est vraiment une pièce intense. Un premier mouvement avec un thème assez brutal où on entend bien la tonalité de sol mineur. Un piano très virtuose qui dialogue merveilleusement bien avec les trois autres instruments. Le deuxième mouvement, un Andante est d'une beauté à couper le souffle. Un mouvement lent plein d'émotions avec un thème qui circule comme une sorte de jeu de question réponse. Enfin, le troisième mouvement est un rondo allegro. C'est une forme qu'on a l'habitue d'entendre, c'est comme les chansons de nos jours, couplet, refrain, couplet, refrain.

Et pour terminer, le fameux concerto Jeunhomme qui était à la base une commande pour une certaine mademoiselle Jeunehomme, pianiste virtuose française. Et de la virtuosité, cette pièce n'en manque pas. J'ai entendu dire que ça devait être beau à en faire pleurer et c'est gagné. La pianiste dirigeait également l'orchestre mais elle le faisait sobrement. Par le regard, parfois un signe de tête, mais finalement, il suffisait de suivre le rythme qu'elle insufflait. Je découvrais donc pour la première fois cette excellente pianiste qui répond au nom de Elisabeth Leonskaja. Elle est originaire de Géorgie et réside aujourd’hui à Vienne si j'ai bien compris. C'est encore la capitale de la musique des siècles après, c'est assez marrant. J'ai bien fait d'apprendre l'allemand étant petit.

C'était un chouette concert au final, malgré la remarque sur la toux au début, et aussi en dépit du fait qu'on m'ait forcé à mettre mon sac au vestiaire, heureusement que les hôtesses étaient jolies, j'ai obtempéré facilement. Je divague un peu, il est temps pour moi d'aller dormir !

Ce concert sera diffusé le vendredi 18 décembre à 20h sur France Musique. Il est également disponible à l'écoute sur francemusique.fr

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Gone Girl, ne pas se fier aux apparences

14 Octobre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Canalplay, #Canal+

Bon, je reviens un peu au cinéma car c'est quand même l'objet de ce blog. Samedi dernier, chez ma mère, on s'est retrouvé à avoir canal + sans raison. On en a bien profité, j'ai pu voir davantage de coupe du monde de rugby mais cela a surtout été l'occasion pour moi de voir enfin Gone Girl. J'en avais entendu tellement de bien l'année dernière lors de sa sortie mais pour une raison que j'ignore, je n'étais pas allé le voir. La flemme sans doute.

Ce film est très intéressant. Il joue sur les apparences justement et nous montre bien qu'il ne faut pas toujours se fier à ce que l'on voit. C'est fou à quel point la narration, selon le point de vu, nous raconte des choses totalement différentes alors qu'il s'agit de la même histoire. Ce qui semble un temps idyllique se transforme en cauchemar. Un mari aimant peut devenir le plus grand des sociopathes selon les apparences. Une femme délaissée et victime peut également se montrer redoutable et vengeresse.

C'est encore un film méta, qui se regarde. D'une part, il nous montre que les apparences sont trompeuses et il nous trompe également quant à son genre, à son histoire et c'est vraiment bien fait, on est bien scotché à son fauteuil.

Ce qu'il est possible de déplorer finalement, c'est que le délire n'aille pas assez loin dans la manipulation et la perversité, genre où David Fincher excelle, notamment dans Seven. Mais on sent que le réalisateur s'est fait très plaisir sur une scène particulière qui emploie vraiment à bon escient les talents de Rosamund Pike. Que dire de cette comédienne si ce n'est qu'elle nous livre ici une performance sublime ? Découverte il y a un certain temps déjà en James Bond girl, elle ne cesse de s'affirmer.

Gone Girl vaut vraiment la peine d'être vu, car il y a de l'inattendu, de la surprise, de l'étonnement et surtout, de la profondeur.

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Philharmonie 1

8 Octobre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Autre, #Philharmonie, #Classique, #Musique, #Liszt, #Mahler, #Orchestre de Paris

Je continue mes pérégrinations culturelles sur ce blog pour vous conter ce concert auquel j’ai assisté le mercredi 7 octobre 2015 à la philharmonie de Paris. Il ne s’agit plus tellement de cinéma comme je le définissais dans la description de mon blog mais au final, ce n’est pas grave car c’est moi qui commande !

Ah, la fameuse philharmonie ! J’y ai enfin mis les pieds après tout ce temps, près d’un an qu’elle a ouvert ses portes. J’avais manqué le coche pour les abonnements de la saison précédente mais cette fois-ci, j’ai été assez réactif. Par conséquent, j’ai trois concerts à mon agenda, le premier était celui d’hier.

Jusqu’à présent, je ne connaissais de la philharmonie que les polémiques avec son architecte, les polémiques relatives au public de Pleyel qui ne se déplacerait pas aussi loin, les articles acidulés du canard enchaîné qui ne manquaient jamais de rappeler à quel point c’était un gouffre financier et de quelle manière l’édifice était inachevé mais aussi un peu de ce que m’en disaient mes amis qui avaient eu la chance d’y aller.

Finalement, une fois sur place, je n’ai pas trop été étonné. On voit bien que tout n’est pas vraiment terminé mais toutefois, la salle est vraiment fonctionnelle et très belle, l’acoustique est extraordinaire et franchement, on ne peut pas regretter Pleyel après y avoir goûté ! Alors oui, c’est à porte de Pantin, dans le nord de Paris mais personnellement, ça me change peu de choses pour moi qui viens du sud de Paris par rapport à l’emplacement de la salle Pleyel.

Le concert en lui-même était vraiment génial. Quatre œuvres que je ne connaissais absolument pas étaient au programme. Le Chasseur maudit de César Franck, le premier concerto pour piano de Franz Liszt, le Concerstück pour harpe et orchestre de Gabriel Pierné et enfin le Totenfeier de Gustav Malher. Donc deux concertos et deux poèmes symphoniques. Deux compositeurs que je connais un peu, deux que je découvre, allons-y !

Le chasseur maudit, César Franck

Cette musique raconte une histoire et elle le fait plutôt bien. L’orchestre est dirigé d’une main de maitre par James Gaffigan qui semble vraiment dans son truc. Je l’ai vu taper du pied assez fort à un moment, il était vraiment agité ! Pour une mise en jambe, c’était vraiment top ! Le genre du poème symphonique est vraiment très intéressant pour les concerts, ce ne sont pas des pièces trop longues et elles permettent de se mettre dans l’ambiance. Cela permet aussi de joindre à la musique d’autres sources d’inspiration et ainsi de s’élever, de s’enrichir.

Concerto pour piano n°1 en mi bémol majeur, Franz Liszt

Alors celui-ci, c’est ce qui m’a fait choisir ce concert. Je savais de longue date que Liszt était un pianiste virtuose (et beau gosse, d'ailleurs il y avait une grande photo de lui sur la couverture de la partition du chef d'orchestre), compositeur prolifique mais je n’avais jamais écouté son concerto pour piano. Je connaissais bien la fameuse rhapsodie hongroise (n°2 en do # mineur) Tom et Jerry, et je m’amusais souvent à regarder des vidéos sur YouTube de pianistes s’essayant à ses études d’exécution transcendantes (elles font souffrir le pianiste en général).

De plus, le soliste était Bertrand Chamayou (autre beau gosse). Je ne l’avais jamais écouté jouer mais j’avais lu un papier sur lui dans libé l’année dernière qui m’avait marqué. L’article s’appelait assignés à résilience, c’était le portrait croisé de trois personnes qui avaient eu une épreuve assez difficile dans leurs vies et tout cela était mis en perspective avec le deuxième mouvement du concerto pour piano n°2 de Rachmaninov qui est un exemple saisissant de résilience justement. Chamayou a souffert de dystonie, autrement appelée la maladie du pianiste, il était devenu incapable de jouer et il a du réapprendre tout du début. Et c’est là que je m’en veux d’être parti trop rapidement après le concert, il était resté pour des dédicaces mais on m’avait fait mettre mon sac au vestiaire à cause de Vigipirate, je ne connaissais pas bien le bâtiment, en suivant les gens, je m’étais tout d’abord retrouvé dehors. J’ai du retourner sur mes pas, entrer de nouveau dans le bâtiment tant bien que mal pour récupérer mon précieux sac, ensuite je suis parti sans prendre mon reste, il était déjà bien tard.

L’œuvre en elle-même est majestueuse, elle met le soliste à rude épreuve et pour un mec qui ne pouvait plus jouer, Chamayou s’en est sorti comme un chef. C’est du niveau des études d’exécution transcendantes les plus difficiles. Que de virtuosité, que d’effets mais également de beaux moments de grâce, d’harmonie, de calme. En tout cas, le piano est à l’honneur dans cette pièce et puis ce mi bémol majeur, je l’aime tellement. Il m’évoque le pain d’épice, le miel, c’est une tonalité festive, joyeuse. Au final, ce concerto m’a amené à ce concert et il a répondu à mes attentes.

Après une ovation bien méritée, Bertrand Chamayou s’est bien fait désirer pour faire un rappel. Mais ça valait le coup, il nous a joué un lied de Schubert repris par Liszt intitulé Auf dem Wasser zu singen (chanter sur l’eau pour ceux qui ne parlent pas allemand). Et c’était magique. Vraiment, ce lied était d’une beauté, je l’ai même préféré au concerto !

Concertstück pour harpe et orchestre, Gabriel Pierné

Je n’avais pour ainsi dire jamais véritablement écouté de harpe, c’était la bonne occasion de la faire. A la base, on devait assister à la création d’une œuvre dont le soliste, Xavier de Maistre était le dédicataire mais le compositeur n’a pas eu le temps de terminer sa partition à temps ! C’est bien dommage, j’étais trop fier de dire à mes potes que j’assisterai à une création mondiale mais tant pis.

Ce Concertstück n’était pas mal du tout, la hapre n’est jamais étouffée par l’orchestre et je trouve cela prodigieux et puis, ça m’a fait penser à une bonne amie à moi qui joue également de la harpe.

Totenfeier, Gustave Mahler

Un poème symphonique pour commencer, un poème symphonique pour terminer, on boucle la boucle. Mahler, je connaissais de nom, ça me semblait trop complexe, trop inaccessible. J’avais essayé d’écouter une ou deux fois sans trop insister. Grave erreur. J’ai découvert que je pouvais aimer Mahler et apprécier sa musique à sa juste valeur et que je n’avais plus à le fuir. La source d’inspiration de cette œuvre est la mort, mort qui entoure le compositeur qui a perdu de nombreux proches, ainsi le do mineur initial se comprend (et s’entend) bien. C’est une sorte de marche funèbre mais en moins triste. Beaucoup de force et de percussions ici. Un thème envoutant que j’ai sifflé sur le chemin du retour. Vraiment, une belle découverte. Certains spectateurs se sont fait avoir et on voulu applaudir un peu trop tôt alors que le morceau n’était pas fini, ça m’a beaucoup amusé !

Conclusion

J’ai hâte d’aller à mon prochain concert qui n’est pas avant février malheureusement mais bon, pour patienter j’aurai l’auditorium de la maison de la radio ainsi que mes nombreux CD !

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Un requiem allemand à la Madeleine

4 Octobre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Brahms, #allemand, #Requiem, #Eglise, #Madeleine, #Paris, #Classique

Un requiem allemand à la Madeleine

Lorsque j’ai reçu une invitation sur Facebook pour le requiem allemand de Brahms à l’église de la Madeleine pour le vendredi 2 octobre 2015, je n’ai pas hésité bien longtemps avant d’y répondre favorablement. Quelle chance n’empêche, un tel concert, gratuit et à la Madeline, la personne qui m’a invité me voulait décidément du bien ! Premièrement, ceux qui me connaissent un peu beaucoup savent que je suis très germanophile et un peu germanophone. Ainsi, j’ai été comblé de voir que la majorité des musiciens étaient allemands ce soir là !

De plus, en octobre 2014, figurez vous que j’étais déjà dans Brahms, j’avais assisté à un des derniers concerts de la salle Pleyel, et j’avais eu droit à une de ses symphonies et à son second concerto pour piano, un souvenir merveilleux. Brahms est un compositeur que j’ai appris à apprécier très récemment, je ne l’écoutais pas adolescent. Je connaissais bien entendu ses danses hongroises et naturellement, j’avais toujours en tête sa célèbre berceuse. Tout cela était bien dommage car je manquais vraiment quelque chose mais depuis un an, je me rattrape et je m’intéresse vraiment à ce compositeur. J’écoute actuellement ses sonates pour piano et violon qui sont très belles. Brahms m’intriguait pourtant, non seulement pour sa musique mais également en raison de sa relation avec Clara Schumann. Leur correspondance a donné lieu à beaucoup de spéculations et je ne sais pas tellement à quoi m’en tenir.

En parlant de Clara, je vais dorénavant la citer

« Il n’y a pas grand chose à dire, à part le fait que je suis vraiment comblée par ton Requiem, c’est une œuvre magistrale qui touche l’homme dans sa totalité comme rarement. Le plus grand sérieux, allié à toute la magie de la poésie, est merveilleux, bouleversant et apaisant. Comme tu le sais, je n’arrive jamais à bien m’exprimer avec des mots, mais je ressens toute la richesse de cette œuvre dans le plus profond de mon être. L’enthousiasme qui se dégage de chaque partie me touche profondément, je dois le dire; que ne donnerais-je pour pouvoir écouter cette œuvre, écrit Clara Schumann dans une lettre à Johannes Brahms, après avoir tenu dans ses mains les notes des 6ème et 7ème mouvements. »

Clara Schumann

Et en effet, elle ne mentait pas, les deux derniers mouvements sont vraiment exceptionnels. En général, lorsqu’on évoque une messe de requiem, on pense à quelque chose de triste, de sinistre, chanté en latin, les exemples sont légions, on pourra citer Mozart, Verdi, Fauré…

Mais il ne s’agit pas de cela ici, d’une part le chant est en allemand (normal vu le titre) et d’autre part, Brahms a picoré un peu partout dans la Bible pour ses chants, ainsi on y trouve des psaumes ou encore des évangiles. Cela a pour conséquence d’avoir une musique et des chants loin d’être tristes. Rien de comparable au Lacrimosa du requiem de Mozart ici. Toutes les parties amènent de la force, de la quiétude, beaucoup de paix et de réconfort pour s’achever dans le tumulte du triomphe. Ce requiem allemand est une véritable célébration. Ainsi, un passage tiré du livre des Hebreux (13,14) m’a bien marqué. La mort est absorbée dans la victoire. Mort, où est ton aiguillon ! Enfer, où est ta victoire !

Et chanté en allemand, je peux vous dire que ça en jette. C’était dans le fameux sixième mouvement cher à Clara Schumann !

Je vous laisse découvrir cette œuvre par vous-même, à l’époque d’internet, ce n’est pas bien compliqué.

Le truc marrant, c’est qu’avant ce concert, je n’étais jamais entré dans l’église de la Madeleine. Je trouvais cet édifice trop imposant et je dois bien avouer qu’il me faisait un peu peur alors qu’à l’intérieur, c’est juste beau. Il n’y a pas d’autre mot, c’est vraiment une des plus belles églises de Paris.

Pour conclure, il faut que je parle des personnes qui ont organisé ce concert. Il s’agissait en réalité d’un concert de bienfaisance organisé en faveur de l’association Anta Akhi France Toi, mon frère (jeunes adultes atteints de handicap). Et franchement, j’ai tellement apprécié que je risque de leur envoyer un chèque ! Ce concert a été donné en outre par la chorale et orchestre des Médecins d’Allemagne du sud.

Je suis très heureux d’avoir vécu ce moment, dans cet endroit. Seule ombre au tableau, les non initiés qui ont tendance à applaudir entre les parties.

Et puis j’ai toujours assisté à des concerts sympas dans les églises, je me souviens d’un Coriolan de Beethoven à la chapelle du lycée ou encore de la première symphonie de Bizet dans une église du 91. Souvent un bon plan les églises, souvenez-vous-en !

http://www.unesco.diplo.de/contentblob/4623018/Daten/5823701/20150922veranstaltungaerztechorprogramm.pdf

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