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Le blog de andika

Premier contact: Partie à somme nulle

22 Janvier 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Villeneuve, #Espace, #Alien

Premier contact (Arriving) est globalement une réussite. Denis Villeneuve commence à se faire un prénom dans le cinéma, après un Sicario très réussi et un Prisonners dont les échos sont très positifs.

Le réalisateur s'attaque ici à un nouveau genre, la science fiction, anticipation, en mettant en scène la rencontre de l'humanité avec une espèce extra terrestre après l'atterrissage de douze vaisseaux spatiaux sur la planète Terre.

Cette arrivée inopinée d'Aliens va avoir des effets divers et variés sur les personnes qui peuplent la terre. Au premier plan, l'armée, les deux scientifiques qui sont protagonistes, interprétés par Amy adams (linguiste) et Jeremy Renner (physicien) tout deux excellents. Mais au second plan, on voit également les populations réagissent et c'est il me semble une restitution fidèles. On entend par exemple que des fanatiques religieux s'immolent par le feu dans une Eglise car l'arrivée des aliens est la réalisation d'une prophétie annonçant la fin du monde, on voit s'établir sur internet des théories du complots plus farfelues les unes que les autres, on entend que les bourses s'effondrent, que les gens paniquent tout simplement. C'était une partie très interessante bien que secondaire et contextuelle.

Toutefois, ce climat influe nos protagonistes, cela se caractérise par une pression mise sur leurs épaules, la pression pour obtenir des résultats et sa voir ce que ces aliens viennent faire sur Terre et quelles sont leurs intentions.

Le film pourtant ne joue que rarement sur la tension, il se permet de garder un rythme assez contemplatif, qui donne la possibilité de progresser sereinement dans l'intrigue, sans nous livrer trop rapidement les secrets du scénario. Tout cela accompagné d'une bande originale très jolie, qui fait la part belle aux violoncelles et qui renforce l'aspect contemplatif de certains plans. Ainsi, la façon de filmer le vaisseau spatial est juste fascinante, la composition des plans, l'ampleur du bâtiment, le mystère qui l'entoure, tout cela rappelle bien évidemment le monolithe de 2001. En effet, un objet mystérieux et les singes autour qui ne parviennent pas à communiquer sereinement.

Mais ce film dépasse le simple hommage à 2001 dans la mesure où on perçoit ici le sens de toute chose et que le contact est établi avec les aliens. On entre alors dans une nouvelle dimension qui permet d'avoir une perception des événements totalement différente.On apprend que le savoir, le langage sera toujours plus fort que l'ignorance et la peur de l'inconnu. On voit que même si des choses tristes doivent nous arriver, le déni ne nous aide en rien, au contraire, affronter sereinement les événements permets d'en mieux profiter et ainsi de vivre pleinement sa vie.

Le film marque de part un artifice scénaristique qui fait qu'on ne sait plus trop où le temps commence, où le temps fini, où l'histoire commence, où l'histoire s'achève. Et pourtant, on arpente un nouveau chemin de la connaissance.

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Roméo et Juliette à la Comédie Française

9 Janvier 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Théâtre, #Comédie Française, #Shakespeare

J'inaugure une section théâtre sur mon blog. Après le cinéma les séries TV et la musique, je me diversifie une fois de plus. Cela fait pourtant des années que je vais plus ou moins souvent au théâtre. Je me souviens d'un beau Peer Gynt en 2012, joué par la Comédie Française au Gand Palais, un Tartuffe exceptionnel toujours au français, salle Richelieu fin 2014 et un Songe d'une nuit d'été au même endroit en 2015. Sans même parler des pièces que je suis allé voir en dehors de la troupe de la comédie française, je signale un bon souvenir au théâtre ALEP d'Ivry sur Seine, ou encore l'AZTEC théâtre de la fac de pharmacie que je suis depuis le début de mes études.

Roméo et Juliette, voici une histoire culte entre ces deux familles qui se détestent et cet amour impossible entre ces deux jeunes personnes issues justement de ces dites familles.

Eric Ruf, le metteur en scène soulignait justement qu'à force d'être reprise et d'être entrée dans la culture populaire, la pièce d'origine en était de plus en plus méconnue. Ainsi, elle n'avait pas été jouée par la troupe du français depuis 1954. Moi même, connaissant la pièce de nom, à part en raconter la fin, je n'en savais pas grand chose. Par exemple, je ne m'attendais abslolument pas à y trouver autant d'humour !

Il ne s'agit pas que d'une histoire d'amour. C'est avant tout une histoire de famille, de passions, de haine et d'urgence. L'urgence de vivre, d'avancer en dépit de tout, le refus de la fatalité d'une haine ancestrale. Mais comme dans la tragédie grecque, une fois de plus, le héros a un hubris un peu envahissant. Au début de la pièce, Roméo n'est pas amoureux de Juliette, il en aime une autre en effet. Par la suite, il ne parvient que rarement à tempérer ses pulsions, ses passions, sa colère, son amour, cela conduit nécessairement à un destin tragique.

Juliette quant à elle est jeune et naïve mais pourtant, elle prend son destin en main et se maîtrise bien davantage que Roméo, et c'est assez drôle de voir la différence dans la gestion des événements des deux protagonistes.

Les acteurs, comme d'habitude sont tous excellents. Roméo et Juliette ne sont pas aussi jeune qu'on peut l'espérer mais leurs interprètes donnent énormément. La mise en scène est sobre et inventive et parvient à faire quelque chose de neuf avec une pièce qui est somme toute assez connue. Enfin, comme d'habitude, les costumes de Christian Lacroix sont à tomber.

C'était une bien belle soirée, c'est devenu un excellent souvenir.

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