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Le blog de andika

Articles avec #classique tag

La tribune des critiques de disques

13 Juin 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Autre, #Maison de la radio, #Radio, #Tribune des critiques de disques, #France Musique, #Classique, #Beethoven

La Tribune des critiques de disques est la plus ancienne émission de radio française. En effet, elle a plus de 70 ans. Le principe de l'émission est simple, on choisit une oeuvre du répertoire classique et on compare six versions sur disques. La mission des critiques consiste à élire la meilleure version. L'écoute se fait en aveugle, c'est à dire qu'on ne sait pas qui on écoute, et cela peut occasionner des surprises.

A l'occasion de la fête de la musique, France Musique a décidé de faire une édition spéciale auditeur. J'ai été sélectionné pour participer à cette tribune des auditeurs qui est enregistrée le 21 juin 2017 et diffusée le dimanche 25 juin 2017 de 16h à 18h sur France Musique. Il fallait envoyer un mail pour être sélectionné, je le publie ici. Il explique bien ce que représente cette émission pour moi:

 

Cher Jeremie,

 

Je vous écris afin de porter ma candidature à l’édition spéciale de la tribune des critiques de disques prévue le 21 juin prochain pour la fête de la musique. En effet, je souhaite ardemment me muer en critique pour cette émission. Et ce pour plusieurs raisons.

 

Tout d’abord, l’exercice de l’écoute comparée est quelque chose qui m’est somme toute assez familier, et j’en appréciais le principe bien avant de connaitre cette émission. Un souvenir de lycée, en classe de musique me revient. Le professeur, pour nous exposer différents effets de l’orchestre nous avait fait écouter plusieurs versions de la 5ème symphonie de Beethoven, et j’avais trouvé que je n’entendais pas tout à fait les mêmes instruments selon les versions. Je ne doute pas que mon prof de musique de seconde connaissait l’émission mais malheureusement pour moi, il n’a pas prononcé son nom et cet exercice est resté sans lendemain pour un temps.

Au lycée toujours, j’ai également découvert que Samson François n’était pas forcément le pianiste de référence chez Chopin. Une de mes condisciples n’était autre que la petite fille du compositeur et pianiste polonais Miłosz Magin, et ne cessait pas de me vanter les mérites de son grand père avec quelques extraits.

Après le lycée, un ami proche, (que j’ai d’ailleurs depuis emmené à l’enregistrement de l’émission), m’a fait écouter en aveugle deux versions de la sonate pour piano en la mineur de Mozart. L’exercice consistait avant tout à reconnaitre laquelle était de Lang Lang mais, toutefois, on approchait de l’émission. Une fois de plus, occasion manquée, le père de mon ami est un auditeur fidèle de la tribune mais une fois de plus, on ne m’a pas parlé de cette émission.

 

Alors, comment l’ai-je connue ? Une journée d’été, un peu désœuvré, je me suis lancé dans la barre de recherche des podcasts. En effet, je voulais en savoir davantage sur le concerto pour piano n°20 de Mozart qui était entré dans mon cœur depuis que j’avais vu Amadeus au cinéma. Et là, je tombe enfin sur le podacast de la tribune des critiques de disques ! Et c’était parti, un monde nouveau s’ouvrait à moi. Une fois entré à l’intérieur, je n’en suis plus sorti, j’enchainais les émissions avec frénésie, trop heureux de constater le nombre d’œuvres que j’adore qui y étaient discutées. Mais plus que la musique qui m’était familière, j’étais tout heureux de faire des découvertes. Ainsi, l’émission sur les Bachianas brasileiras n°5 d’Heitor Villa-Lobos a été un grand bonheur pour moi. Mais aussi celle sur la partita pour clavier n°1 de Bach, qui m’a fait m’intéresser à toutes les autres partitas par la suite, que ce soit pour violon ou violoncelle et pour faire bonne mesure, m’a également fait écouter les suites anglaises et françaises. J’ai aussi découvert le compositeur estonien Arvo Pärt qui m’a fasciné et bien d’autres choses encore.

Mes certitudes ont également vacillé de nouveau, moi qui restais confortablement avec mes CD de Wilhelm Kempff au piano chez Beethoven, je découvrais Stephen Kovacevich dans la sonate opus 111 de Beethoven lors d’une des émissions les plus mémorables. Au fil de ces tribunes hebdomadaires, je me suis considérablement enrichi.

 

La qualité de cette émission ne s’est jamais démentie depuis près de 70 ans d’existence ! Elle a existé longtemps avant moi et me survivra longtemps après. En 70 ans, de nombreux critiques emblématiques se sont succédés. J’ai par exemple eu écho des colères mémorables du critique musical Antoine Goléa à la fin des années 1970 contre les versions historiquement informées de Harnoncourt avec des instruments d’époque. Plus près de moi, comment ne pas parler de Piotr Kaminiski et de ses prises de positions tranchées, précises et argumentées. Comment ignorer les critiques pertinentes d’un Christian Merlin dont l’amour de la musique transparait à chaque prise de parole. Comment ne pas écouter Elsa Fottorino nous parler de piano. Comment être insensible à la fougue d’Antoine Mignon. Comment négliger la science de Jérémie Bigorie, et j’en passe !

 

Prendre la suite de tous ces illustres critiques le temps d’une émission serait un grand honneur pour moi. D’une part, j’ai souvent eu le fantasme d’une tribune des auditeurs, cette émission étant tellement sujette à débat, je n’allais d’ailleurs pas tarder à en soumettre l’idée. D’autre part, j’y participais déjà un peu par les courriers que j’envoyais suite à certaines émissions, ce qui m’a déjà valu de remporter trois fois le disque de la semaine et d’entendre quelques uns de mes mots à la radio. Cette interaction existe déjà mais toutefois, sur le vif, il est un peu frustrant de ne pas pouvoir s’exprimer et de devoir attendre d’écrire son petit mail. Surtout lorsqu’on est présent dans le studio pour l’enregistrement !

 

Et comme le hasard fait bien les choses, il a fallu que l’œuvre au programme soit de Beethoven. Vous le savez, j’adule ce compositeur, notamment ses concertos pour piano. Etant de la génération Youtube, j’ai en affection une version de l’empereur d’Arrau qui y est mais également une autre de Gulda. Mais je me souviens que Fazil Say l’avait emporté il y a quelques années pour le troisième concerto pour piano de Beethoven. Il y a tant à dire sur cette œuvre que je ne sais pas par où commencer mais, il faut que j’en garde pour l’émission le jour venu.

 

Enfin, j’ai d’ores et déjà une petite expérience radiophonique en ce qui concerne la musique, il y a quelques mois, j’étais interrogé sur France Culture dans la chronique Hashtag, voici le lien

 

Une fois de plus, je vous remercie de faire vivre cette émission et d’en préserver l'héritage avec tant de passion. Vous êtes le digne héritier d’Armand Panigel et de Jean Roy.

 

Bien cordialement,

 

Anthony Ndika

Il y a eu également des papier dans Le Monde et dans les Incrocks qui parlaient très bien de cette émission. Ce qu'il y a de magique dans cette émission, c'est que pendant deux heures de temps, le problème le plus important de notre vie est de savoir quelles est la meilleure version ! Et comment ne pas mettre en avant cette parodie bien connue ?

 

Rassurez-vous, ce n'est pas tout à fait comme ça que ça se passe !

Edit du 26 juin 2017: Voilà, l'émission a été diffusée, elle est maintenant disponible sur le site de France Musique. Télérama a un peu parlé de nous ainsi que La Croix.

A numéro exceptionnel, photo exceptionnelle. Voici ici les tribuns en actions, il s'agissait de Brigitte, François, Jérémie (le producteur) Alisée et moi même. (Crédit Marc Voinchet, et moi pour la modification)

A numéro exceptionnel, photo exceptionnelle. Voici ici les tribuns en actions, il s'agissait de Brigitte, François, Jérémie (le producteur) Alisée et moi même. (Crédit Marc Voinchet, et moi pour la modification)

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Beethoven héroïque

27 Février 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Beethoven, #Maison de la radio, #Orchestre philarmonique de radio France, #Philar, #Classique, #Concert, #Ludovic Morlot

Dimanche 26 février 2017, j'ai enfin entendu la symphonie héroïque de Beethoven à la Maison de la Radio. Cela peut sembler être une chose banale, mais cette symphonie, ce lieu, et moi, nous nous sommes manqués un certain nombre de fois malheureusement.

La première fois, c'était le samedi 14 novembre 2015, il s'agissait du premier concert prévu dans le cycle Beethoven/Bartok dont je vous avais déjà parlé ici et ici. En effet, le concert avait été annulé pour cause d'état d'urgence suite aux attentats de la veille, ainsi que tous les spectacles prévus à Paris ce jour là.

Le deuxième rendez-vous manqué était l'année dernière, j'avais prévu d'assister à une émission au sujet de l'Eroica à la maison de la radio mais elle avait été annulée pour cause de grève... A ce moment, je pouvais légitimement penser que j'étais maudit. Mais j'ai pris mon mal en patience et j'ai retenté le coup pour le 26 février et cette fois-ci, c'était la bonne !

J'ai donc eu le plaisir de retrouvé l'orchestre philharmonique de radio France à la maison de la radio, dirigé pour cette occasion par le chef français Ludovic Morlot, qui est directeur musical de l'orchestre de Seattle. C'était ma troisième fois avec le Philar après une soirée Mozart et une orgie de cordes !

Il s'agissait ce dimanche d'un concert éducatif, principalement à destination d'un jeune public pour qui cela pourrait constituer la première expérience de concert symphonique, de sorte que le chef, nous a présenté l’œuvre et a présenté chaque mouvement avant de les jouer. Je trouve que c'est une très bonne chose car bien que les programmes des concerts soient en général très fournis et nourrissent la réflexion, rien de tel que de laisser la parole aux musiciens et principalement au chef qui parle pour le coup vraiment avec son cœur de cette œuvre. On sent dans ses mots tout l'amour qu'il a pour cette musique et c'était très agréable car moi même, j'aime tout autant cette Eroica.

En effet, cette troisième symphonie de Beethoven, j'ai l'impression que je la connais depuis toujours, comme j'ai l'impression que Beethoven m'a toujours accompagné au cours de ma vie. Elle a pris un sens symbolique encore plus fort à mes yeux suite aux événements dont je vous ai parlé. Je me souviens que lors de l'exposition Beethoven qui a eu lieu à la philharmonie de Paris fin 2016, ils étaient revenus sur le fait que l'orchestre national de France avait joué la marche funèbre de l'Eroica en hommage au victime. Bien entendu, comme l'orchestre avait répété pour le concert annulé du 14, jouer cette marche funèbre en hommage aux victimes avait tout son sens, mais au-delà de l'aspect pratique, la musique de Beethoven a une résonance politique.

Il est vrai qu'en 1802, Beethoven a tout d'abord dédié sa troisième symphonie à Napoléon Bonaparte qu'il admirait énormément, il le considérait comme un Prométhée venu répandre les idéaux de la révolution. Toutefois, une fois que Beethoven apprit que Napoléon était devenu empereur, il raya de rage la dédicace pour finalement dédier son oeuvre à la mémoire d'un grand homme. Et en effet, tout est grand dans cette musique. Cette symphonie fait exploser le cadre habituel de la symphonie de la période classique pour basculer dans le romantisme. On dit souvent que Beethoven est le premier romantique et c'est vrai, les dimensions de l'orchestre, la longueur des mouvements nous fait vraiment sortir des symphonies plan plan à la Mozart et Haydn !

Le premier mouvement s'ouvre sur deux accords stridents de mi bémol majeur. Ils sont inoubliables, reconnaissables entre mille. Une entrée en matière incomparable qui laisse se développer un thème majestueux, joyeux, et même un peu martial qui fait penser à de la musique militaire. Avant de jouer le mouvement, le chef s'est bien attardé sur les premiers accords et sur l'innovation que cela représentait à l'époque. Autre sujet à débat dans le premier mouvement de l'Eroica, savoir s'il est nécessaire de jouer la reprise au début, la réponse est oui puisqu'il l'a fait avec le Philar et entendre ce début à deux reprises permet de bien entrer dans la symphonie et aussi aux oreilles inattentives des petits enfants, de ne pas trop perdre de biscuit en route !

Le deuxième mouvement est la fameuse marche funèbre. Une marche funèbre est une musique triste, généralement en deux temps et en mode mineur. Pour bien nous faire comprendre la chose, le chef a fait jouer à la contrebasse solo le thème de Frère Jacques. Moi, spontanément, j'ai pensé à Mahler puisque le troisième mouvement de sa symphonie Titan utilise le même thème. De plus, j'avais entendu le percussionniste répéter sur ses timbales des notes qui me rappelaient furieusement Mahler. Le contrebassiste, après avoir joué le thème en majeur, l'a ensuite joué en mineur à la demande du chef, accompagné des timbales et en effet, on a senti la différence et j'ai pu entendre le début du troisième mouvement de la symphonie Titan de Mahler, qui n'avait pas été joué ce jour particulier des journées du patrimoines.

Les troisième et quatrième mouvement se jouent l'un à la suite de l'autre. Le troisième mouvement, au lieu d'être l'habituel menuet de la symphonie classique (danse à trois temps un peu lente où l'on s'endort) est ici un scherzo vigoureux, tinté d'humour grâce à ce hautbois qui chante de manière si caractéristique. Enfin, le quatrième mouvement est un thème et variations qui sollicite une fois de plus le chiffre trois. Trois cors qui chantent et qui couvrent l'orchestre à la fin de toute leur majesté. Trois bémol à la clef de cette tonalité mielleuse et chaleureuse de mi bémol majeur, trois temps, troisième symphonie et j'en passe !

Une fois de plus, l'écoute en concert a été d'une valeur inestimable pour moi. Je me suis rendu compte dans cette symphonie de l'importance du hautbois et de la flûte, on n'entend presque qu'eux ! Le chef a mis l'accent sur des passages magnifiques auxquels je ne prêtais pas forcément attention, lorsque par exemple un simple quatuor à cordes joue le thème dans le dernier mouvement, où simplement le fait de signaler l'importance des trois cors dans cette symphonie là où ils sont habituellement présents en nombre pairs.

Il était amusant d'entendre ce chef nous parler avec son français mâtiné d'accent américain après ses longues années vécues la bas mais c'était utile, même s'il s'exprimait beaucoup mieux avec sa baguette. Il nous a confié qu'il espérait que c'était la première expérience en concert de beaucoup de personnes dans le public. Vu l'âge des enfants présents (et leur agitation), ça devait forcément être le cas, et je parie qu'ils s'en souviendront longtemps !

 

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Quand je passe sur France Culture

25 Novembre 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Autre, #Radio, #Maison de la radio, #France Culture, #Classique

En fait, il n'y a que du son !

Il y a près d'un mois, je suis passé sur France Culture, dans la matinale pendant la chronique Hashtag du vendredi. Je ne connaissais pas du tout et ça s'avère être un concept très ingénieux. Les journalistes recherchent des témoignages sur un sujet d'actualité, tout au long de la semaine sur les réseaux sociaux. Je suis pour ma part intervenu pour parler de la musique classique chez les jeunes. Ca a été une expérience très sympathique et ça aurait été dommage de ne pas en parler ici.

J'ai expliqué à la journaliste le pourquoi du comment j'aimais ça, depuis l'adolescence, on a du parler pendant au moins 45 minutes, elle en a retenu quatre mais ça fait une belle synthèse.

Je vous invite également à consulter les autres témoignages qui figurent dans le lien en dessous !

 

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Mozart au festival de Saint-Denis

19 Juin 2016 , Rédigé par andika Publié dans #93, #Saint Denis, #Festival, #Concert, #Mozart, #Concerto, #Autre, #Classique

Cela faisait quelque temps que je souhaitais me rendre au Festival de Saint Denis. C'est maintenant chose faite avec ce fantastique concert auquel j'ai assisté ce samedi 18 juin 2016 à la maison de la légion d'honneur à Saint Denis. Faudra peut-être que j'y retourne afin de me faire une petit concert dans la basilique la prochaine fois.

En tout cas, le salle était assez sympa, sauf que comme la scène était surélevée, je ne voyais pas du tout le pupitre des instruments à vent et j'avais du mal à les discerner à l'oreille. Autre chose assez cocasse, le portrait de Napoléon Bonaparte qui trônait, alors que le 18 juin n'est autre que l'anniversaire de Waterloo, son ultime défaite. Quelle belle ironie !

Il y avait quatre œuvres au programme, jouées par l'orchestre de Chambre de Lausanne, dirigé par Joshua Wailerstein qui était ma foi bien jeune ! Tout d'abord la symphonie n°98 en si bémol majeur de Joseph Haydn, puis le concerto pour piano n°23 de Mozart, The Messenger de Valentin Silvertrov et enfin, la symphonie n°38 de Mozart "Prague".

Symphonie n°98 en si bémol majeur, Hob. I: 98 de Joseph Haydn

Comme le dit mon pote RTT, Haydn au début, c'est sympa puis on s'ennuie. C'était presque vrai dans cette symphonie qui se tient de bout en bout. J'ai juste été un peu dérouté par l'orchestration qui est encore plus réduite que chez Mozart. Haydn était un grand ami de Mozart d'ailleurs, et il a écrit cette symphonie en son hommage, lorsqu'il a appris sa mort en 1792. Il imite un peu le style de Mozart. J'avais d'ailleurs entendu une histoire sur ces deux-là, Haydn en manque d'inspiration, devait livrer deux quatuors à cordes à son éditeur, Mozart, voyant cela, lui envoya immédiatement deux quators afin qu'il les signe à sa place ! Si c'est pas beau ça !

De cette symphonie, je retiens le mouvement lent, Adagio cantabile, qui était très beau même si j'émets quelques réserves. Le Menuetto était également très sympathique, la mesure en trois temps bien reconnaissable, très dansant. Je réécouterai ça un jour éventuellement.

Concerto pour piano n°23, en la majeur, K 488 de Mozart

Vous connaissez tous ce concerto. Et à défaut de le connaitre, vous avez déjà vu cette pub d'Air France avec Benjamin Millepied qui danse sur ce concerto.

Mozart est éternel

J'ai l'impression de connaitre ce concerto depuis toujours. Ce deuxième mouvement est d'une beauté à couper le souffle. Je me souviens d'avoir vu sur Youtube le Grand Christoph Eschenbach le jouer et j'avais été subjugué. Et bien, dans la salle, c'est encore mieux. Et je dois dire que Adam Laloum au piano était vraiment excellent. Alors bien entendu, l'Adagio est le pilier de ce concerto et pourtant, les deux mouvements rapides ne sont pas en reste. J'ai d'ailleurs personnellement une préférence pour la troisième mouvement qui me touche énormément. Point trop d'effets du pianiste, juste de l'émotion communiquée à travers les notes, sans trop en faire sur les nuances. Il nous a d'ailleurs gratifié de deux bis. J'en ai été très heureux vu que la semaine dernière, j'avais eu droit à zéro bis !

Au final, les mots sont bien peu de choses devant une telle musique. Mais que c'est bon de ressentir physiquement l'orchestre dans la salle, on entend tellement davantage, on ressent tellement plus, fallait voir ma tronche pendant...

Photo souvenir du concert

Photo souvenir du concert

The Messenger

Faudra vraiment que je réécoute ce truc. C'était sympa mais ça ne m'a pas plus marqué que cela. Par contre, le compositeur, Valentyn Sylvestrov est toujours vivant. C'est sympa de jouer des compositeurs contemporains.

Symphonie n°38, "Prague" en ré majeur, K 504

Celle-ci, je l'écoute pour la énième fois sans toutefois parvenir à la chanter, pourtant que l'aime cette symphonie ! Elle a été écrite par Mozart suite au merveilleux accueil de la ville de Prague de ses opéras Don Giovanni et Les noces de Figaro. De plus, Prague est une ville qui me fait rêver. Et pourtant, j'ai du mal à l'imprimer dans ma tête cette satanée symphonie alors que je l'ai écoutée à de nombreuses reprises. Je pense que le concert va m'aider à la retenir à l'avenir !

Conclusion

Encore un concert fantastique. Sur ce coup, vois un orchestre en tournée était quelque chose de sympa dont je n'ai pas l'habitude. Effet, j'étais très étonné de voir nos amis de Lausanne nous gratifier d'un bis à la fin du concert. Je retiens également l'intensité du violoncelle solo que je ne quittais presque pas des yeux et qui a pu s'illustrer chez Haydn.

Je garderai un bon souvenir de ce concert à Saint Denis. Une bonne raison pour moi de m'aventurer dans le 93. Les suisses nous ont bien traités, nous les avons bien accuillis mais j'espère qu'on les battra quand même ce soir à l'Euro ! Et oui, fallait bien que je parle de foot à un moment donné !

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Philharmonie 3: Rencontre avec Paavo Järvi

5 Mars 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Philharmonie, #Orchestre de Paris, #Radu Lupu, #Paavo Jarvi, #Autre, #Concert, #Concerto, #Classique, #Musique, #Beethoven

Jeudi 3 mars était une date cochée depuis très longtemps dans mon agenda. Pour ce concert, j'étais placé derrière la scène, une place que j'ai moins bien aimée par rapport au par-terre. Il s'agissait de mon troisième concert à la Philharmonie de Paris et ce chiffre 3 va s'avérer assez récurrent de part le programme de cette soirée ! Concerto pour piano n°3 en do mineur de Beethoven, concerto pour flûte de Carl Nielsen et enfin, symphonie n°3 en do majeur de Sibelius.

Concerto pour piano n°3 de Beethoven

C'est la principale raison de ma venue à ce concert. J'adore cette œuvre. C'est l'un de mes concertos pour piano préféré. D'une part, la tonalité de do mineur que j'affectionne beaucoup, elle a tout ce qu'il faut de brutalité, de rigueur, de mélancolie, de tristesse. Pas étonnant que la 5ème symphonie de Beethoven soit en do mineur, je citerai également sa sonate pour piano n°8, la fameuse Pathétique.

Le pianiste de la soiré n'est autre que Radu Lupu. Il est originaire de Roumanie et je connaissais son nom car à une époque lointaine, lorsque je téléchargeais encore illégalement de la musique, j'avais eu à écouter une des ses interprétations à lui, il s'agissait du fameux adante du concerto pour piano n°21 de Mozart. Une merveille que tout le monde a en tête (si, si, même toi qui me lis, tu connais forcément, j'ai la flemme de mettre un extrait). Sur cet enregistrement, je trouvais son jeu léger, aérien, féérique, élégiaque. C'est vrai que ce morceau s'y prête beaucoup mais en fait, c'est une caractéristique de ce pianiste.

Ce mec est facile, il m'a emporté lors du concert. Au début du premier mouvement (Allegro con brio), l'orchestre joue le thème pendant 3 minutes avant l'entrée du piano. Lorsque le piano entre, il fait la gamme de do mineur ascendantes sur plusieurs octaves (3 précisément) puis reprend le thème en marquant son territoire face à l'orchestre, dans une réponse cinglante. Du moins, dans l'enregistrement que j'ai l'habitude d'écouter, c'est comme cela, le piano est assez rugueux, brutal dans son entrée. Que nenni chez Radu Lupu. Il entre doucement, sans trop de nuance, sans forcer sur les forte, mais il n'a pas besoin de plus pour nous captiver. On dirait que ses mains volent au dessus du piano. Pour bien appréhender le son, on doit être vraiment concentré.

C'est vraiment de l'orfèvrerie son jeu. Le meilleur moment est sans doute le deuxième mouvement, Largo, où il nous montre toute sa virtuosité. Il nous a également livré une excellente cadence. C'est vraiment l'un des meilleurs pianistes que j'ai entendu de ma vie.

Une fois de plus, j'ai été étonné de redécouvrir, une oeuvre que j'écoute énormément, en concert. Tous est toujours plus subtil, que ce soient les nuances ou l'orchestration. De ce concert, je retiens avant tout le basson et la clarinette. Plein de moments géniaux avec ces instruments.

Après l'habituelle ovation, Radu Lupu est revenu pour un bis où il nous a joué du Brahms. Une fois de plus, c'était génial. Je n'ai pas été déçu du voyage.

Concerto pour flûte de Carl Nielsen

Je ne connaissais absolument pas. D'ailleurs, un concerto pour flûte, quelle drôle d'idée. Imaginer une simple flûte face à un orchestre symphonique me semblait assez insolite et de l'insolite, j'en ai trouvé dans cette musique, avec l'usage du trombone et du tuba. C'était un morceau assez intéressant qui se laissait écouter facilement.

Mais la chose la plus significative pour moi de ce concerto, c'était son soliste, Vincent Lucas qui se trouve être quelqu'un d'assez proche d'une amie à moi qui assistait également au concert et que par conséquent, j'ai pu par la suite aller lui rendre visite dans sa loge ! On en reparlera plus tard !

Symphonie n°3 en ut majeur de Sibelius

Alors ça, c'est une bonne surprise. Je ne connaissais Sibelius que de nom, vaguement pour un concerto pour violon mais maintenant, cette symphonie entre dans mon panthéon. Quelle merveille, et découvrir une telle musique dans ces conditions, c'est vraiment le top. Je retiens surtout le deuxième mouvement, Adantino con moto, quasi allegretto, qui a un rythme de valse. Le thème circulant entre les différents instruments avec un bel équilibre. Mais le début de la symphonie est également impressionnant, joué uniquement par des contrebasses. Je l'écoute vraiment sans me lasser depuis !

J'avais lu quelque chose d'insolite dans le programme, à savoir que cette symphonie avait un orchestre réduit mais c'était pourtant la formation la plus grande de la soirée.

After

Ca, c'est une innovation par rapport à mes autres sorties ! Les loges ! J'ai eu l'occasion de discuter avec les musiciens de l’orchestre de Paris, de prendre des cacahuètes mais surtout du champagne et bien entendu, de rencontrer Paavo Jarvi, dont je suis fan depuis que j'ai visionné sa version de l'Eroica de Beethoven sur YouTube il y a quelques années.

C'est la deuxième fois que je le voyais en concert. La première était il y a un peu plus d'un an et demi, un juin 2014, à Londres, le soir de l'ouverture de la coupe du monde de foot d'ailleurs. Je le lui ai dit, et on m'a fait remarqué qu'il ne devait pas souvent entendre une personne lui dire qu'elle avait privilégié un concert de lui par rapport à un match de football. Il est vrai qu'en général, les fous de foot ne sont pas forcément les mêmes que les fous de musique classique. Mais bon, je suis un garçon étonnant. Un seul regret, je n'ai pas osé lui demander une photo mais bon, je suis certain que l'occasion se représentera.

Mon abonnement à la Philharmonie est terminé pour cette saison mais je pense en reprendre un. C'est une salle magnifique, avec une programmation riche et dense et des musiciens vraiment fantastiques.

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Jour de colère à la Philharmonie

15 Février 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Philharmonie, #Verdi, #Requiem, #Orchestre de Paris, #Musique, #Classique, #Concert, #Autre

Jour de colère ou Dies Irae en latin dans le texte ! C'est bien entendu un pasage assez emblématique de la Messe de Requiem destinée aux morts.

Pour le deuxième concert de mon abonnement à la Philharmonie de Paris, j'ai une fois de plus eu la chance d'écouter l'orchestre de Paris, cette fois-ci dans le requiem de Verdi. C'était la seule oeuvre au programme en ce dimanche 14 février 2016, jour des amoureux. (Billet réservé très longtemps à l'avance d'ailleurs...)

Cette pièce est assez conséquente pour constituer un programme à elle seule. C'était monstrueux, la dimension de ce truc, l'orchestre et le choeur tous ensemble, ça faisiat un paquet de personnes. Je n'avais jamais vu la scène aussi remplie. D'ailleurs, les quelques twittos présents dans la salle ont semblé apprécier le spectacle ! Voyez plutôt !

Oui, le dernier tweet est de moi, c'est quand même mon blog personnel !

Ah le Requiem, cette messe me fascine depuis que j'ai vu le film Amadeus au cinéma lorsque j'étais adolescent. Bien entendu, pour moi, la référence reste celui de Mozart. Mais de nature assez curieuse, il y a bien longtemps que j'étais parti chercher autre chose chez différents compositeurs, ainsi, j'aime beaucoup le requiem de Fauré et bien entendu celui de Verdi. D'ailleurs, je pense que le requiem de Verdi est mon préféré après celui de Mozart qui est indépassable à mon avis.

J'ai tellement aimé et écouté le requiem de Mozart que j'en connais le texte en latin de plusieurs passages par cœur. C'est très pratique pour suivre mais cela a un petit désavantage. En effet, ce n'est plus du tout le même rythme et encore moins la même musique chez Verdi, donc même si on conserve les paroles, il faut rééduquer l'oreille afin que le texte cadre avec le nouveau contexte. Mais d'un autre côté, c'est passionnant. On voit ce que les différents compositeurs font du même matériau de base. C'est comme si plusieurs compositeurs partaient du même livret pour faire chacun leur opéra.

D'ailleurs, en parlant d'opéra, ce requiem y ressemble terriblement. La manière dont sont traités les solistes y ressemble fortement. Chacun a un rôle très fort, chacun a son solo, son moment de gloire.

Il est tellement impressionnant d'assister à ce requiem dans la salle de concert, on ne peut pas retrouver ça ailleurs. L'effectif est trop imposant pour retranscrire ce que ça représente. Tellement de musiciens, qu'il y avait même quatre trompettistes dans les gradins !

Les dynamiques sont très variées, on commence avec un pianissimo qui est vraiment prodigieux, vu le monde qui joue en même temps, vu le nombre de personnes qui chantent mais très rapidement, on arrive au fameux Dies Irae. Et là, c'est parti pour presque une heure non stop. Pas de pause entre les parties, ce Dies Irae est un tout. Ce n'est pas comme chez Mozart où on sépare Dies Irae, Tuba Mirum, Rex, Recordade, Confutatis, lacrymosa. Tous ces passages sont inclus dans le Dies Irae. Et le thème du Dies est une sorte de refrain, on l'entend au moins cinq fois il me semble tout au long du Requiem. Un tutti fortissimo avec un max de percussion et le choeur qui chante à fond, c'est impressionnant. Cette musique est souvent utilisée au cinéma ou dans la publicité d'ailleurs. Du coup, le titre de mon article était tout trouvé !

Ce requiem est épique, mais il a également des passages plus doux, certains solos de la soprano sont très émouvants, les larmes ne sont jamais loin. J'ai retenu également un solo de basson dans le Quid sum miser.

On passe vraiment par toutes les émotions. D'un autre côté, il y a des passages tellement grandioses, limite héroïques (ce Tuba mirum putain de merde !), de telle sorte que j'ai du mal à les imaginer joués dans une église.

Toutefois, je crains qu'il n'y ait pas de meilleur hommage à un mort que ce requiem et d'ailleurs, cette musique semble être à même de les réveiller les morts !

En conclusion, c'était un concert sublime, salué par une ovation d'une bonne dizaine de minutes qui a suivi un long silence de cathédrale après le dernier accord du Libera me. Puis j'ai vu le chef, Gianandrea Noseda embrasser la partition, j'ai trouvé ça génial. Ce requiem, l'écouter en entier chez moi, je trouve ça un peu difficile. Mais en concert, il fait dans les 1h40 et on ne voit pas le temps passer. J'ai vraiment l'impression d'avoir vécu un grand moment.

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Philharmonie 1

8 Octobre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Autre, #Philharmonie, #Classique, #Musique, #Liszt, #Mahler, #Orchestre de Paris

Je continue mes pérégrinations culturelles sur ce blog pour vous conter ce concert auquel j’ai assisté le mercredi 7 octobre 2015 à la philharmonie de Paris. Il ne s’agit plus tellement de cinéma comme je le définissais dans la description de mon blog mais au final, ce n’est pas grave car c’est moi qui commande !

Ah, la fameuse philharmonie ! J’y ai enfin mis les pieds après tout ce temps, près d’un an qu’elle a ouvert ses portes. J’avais manqué le coche pour les abonnements de la saison précédente mais cette fois-ci, j’ai été assez réactif. Par conséquent, j’ai trois concerts à mon agenda, le premier était celui d’hier.

Jusqu’à présent, je ne connaissais de la philharmonie que les polémiques avec son architecte, les polémiques relatives au public de Pleyel qui ne se déplacerait pas aussi loin, les articles acidulés du canard enchaîné qui ne manquaient jamais de rappeler à quel point c’était un gouffre financier et de quelle manière l’édifice était inachevé mais aussi un peu de ce que m’en disaient mes amis qui avaient eu la chance d’y aller.

Finalement, une fois sur place, je n’ai pas trop été étonné. On voit bien que tout n’est pas vraiment terminé mais toutefois, la salle est vraiment fonctionnelle et très belle, l’acoustique est extraordinaire et franchement, on ne peut pas regretter Pleyel après y avoir goûté ! Alors oui, c’est à porte de Pantin, dans le nord de Paris mais personnellement, ça me change peu de choses pour moi qui viens du sud de Paris par rapport à l’emplacement de la salle Pleyel.

Le concert en lui-même était vraiment génial. Quatre œuvres que je ne connaissais absolument pas étaient au programme. Le Chasseur maudit de César Franck, le premier concerto pour piano de Franz Liszt, le Concerstück pour harpe et orchestre de Gabriel Pierné et enfin le Totenfeier de Gustav Malher. Donc deux concertos et deux poèmes symphoniques. Deux compositeurs que je connais un peu, deux que je découvre, allons-y !

Le chasseur maudit, César Franck

Cette musique raconte une histoire et elle le fait plutôt bien. L’orchestre est dirigé d’une main de maitre par James Gaffigan qui semble vraiment dans son truc. Je l’ai vu taper du pied assez fort à un moment, il était vraiment agité ! Pour une mise en jambe, c’était vraiment top ! Le genre du poème symphonique est vraiment très intéressant pour les concerts, ce ne sont pas des pièces trop longues et elles permettent de se mettre dans l’ambiance. Cela permet aussi de joindre à la musique d’autres sources d’inspiration et ainsi de s’élever, de s’enrichir.

Concerto pour piano n°1 en mi bémol majeur, Franz Liszt

Alors celui-ci, c’est ce qui m’a fait choisir ce concert. Je savais de longue date que Liszt était un pianiste virtuose (et beau gosse, d'ailleurs il y avait une grande photo de lui sur la couverture de la partition du chef d'orchestre), compositeur prolifique mais je n’avais jamais écouté son concerto pour piano. Je connaissais bien la fameuse rhapsodie hongroise (n°2 en do # mineur) Tom et Jerry, et je m’amusais souvent à regarder des vidéos sur YouTube de pianistes s’essayant à ses études d’exécution transcendantes (elles font souffrir le pianiste en général).

De plus, le soliste était Bertrand Chamayou (autre beau gosse). Je ne l’avais jamais écouté jouer mais j’avais lu un papier sur lui dans libé l’année dernière qui m’avait marqué. L’article s’appelait assignés à résilience, c’était le portrait croisé de trois personnes qui avaient eu une épreuve assez difficile dans leurs vies et tout cela était mis en perspective avec le deuxième mouvement du concerto pour piano n°2 de Rachmaninov qui est un exemple saisissant de résilience justement. Chamayou a souffert de dystonie, autrement appelée la maladie du pianiste, il était devenu incapable de jouer et il a du réapprendre tout du début. Et c’est là que je m’en veux d’être parti trop rapidement après le concert, il était resté pour des dédicaces mais on m’avait fait mettre mon sac au vestiaire à cause de Vigipirate, je ne connaissais pas bien le bâtiment, en suivant les gens, je m’étais tout d’abord retrouvé dehors. J’ai du retourner sur mes pas, entrer de nouveau dans le bâtiment tant bien que mal pour récupérer mon précieux sac, ensuite je suis parti sans prendre mon reste, il était déjà bien tard.

L’œuvre en elle-même est majestueuse, elle met le soliste à rude épreuve et pour un mec qui ne pouvait plus jouer, Chamayou s’en est sorti comme un chef. C’est du niveau des études d’exécution transcendantes les plus difficiles. Que de virtuosité, que d’effets mais également de beaux moments de grâce, d’harmonie, de calme. En tout cas, le piano est à l’honneur dans cette pièce et puis ce mi bémol majeur, je l’aime tellement. Il m’évoque le pain d’épice, le miel, c’est une tonalité festive, joyeuse. Au final, ce concerto m’a amené à ce concert et il a répondu à mes attentes.

Après une ovation bien méritée, Bertrand Chamayou s’est bien fait désirer pour faire un rappel. Mais ça valait le coup, il nous a joué un lied de Schubert repris par Liszt intitulé Auf dem Wasser zu singen (chanter sur l’eau pour ceux qui ne parlent pas allemand). Et c’était magique. Vraiment, ce lied était d’une beauté, je l’ai même préféré au concerto !

Concertstück pour harpe et orchestre, Gabriel Pierné

Je n’avais pour ainsi dire jamais véritablement écouté de harpe, c’était la bonne occasion de la faire. A la base, on devait assister à la création d’une œuvre dont le soliste, Xavier de Maistre était le dédicataire mais le compositeur n’a pas eu le temps de terminer sa partition à temps ! C’est bien dommage, j’étais trop fier de dire à mes potes que j’assisterai à une création mondiale mais tant pis.

Ce Concertstück n’était pas mal du tout, la hapre n’est jamais étouffée par l’orchestre et je trouve cela prodigieux et puis, ça m’a fait penser à une bonne amie à moi qui joue également de la harpe.

Totenfeier, Gustave Mahler

Un poème symphonique pour commencer, un poème symphonique pour terminer, on boucle la boucle. Mahler, je connaissais de nom, ça me semblait trop complexe, trop inaccessible. J’avais essayé d’écouter une ou deux fois sans trop insister. Grave erreur. J’ai découvert que je pouvais aimer Mahler et apprécier sa musique à sa juste valeur et que je n’avais plus à le fuir. La source d’inspiration de cette œuvre est la mort, mort qui entoure le compositeur qui a perdu de nombreux proches, ainsi le do mineur initial se comprend (et s’entend) bien. C’est une sorte de marche funèbre mais en moins triste. Beaucoup de force et de percussions ici. Un thème envoutant que j’ai sifflé sur le chemin du retour. Vraiment, une belle découverte. Certains spectateurs se sont fait avoir et on voulu applaudir un peu trop tôt alors que le morceau n’était pas fini, ça m’a beaucoup amusé !

Conclusion

J’ai hâte d’aller à mon prochain concert qui n’est pas avant février malheureusement mais bon, pour patienter j’aurai l’auditorium de la maison de la radio ainsi que mes nombreux CD !

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Un requiem allemand à la Madeleine

4 Octobre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Brahms, #allemand, #Requiem, #Eglise, #Madeleine, #Paris, #Classique

Un requiem allemand à la Madeleine

Lorsque j’ai reçu une invitation sur Facebook pour le requiem allemand de Brahms à l’église de la Madeleine pour le vendredi 2 octobre 2015, je n’ai pas hésité bien longtemps avant d’y répondre favorablement. Quelle chance n’empêche, un tel concert, gratuit et à la Madeline, la personne qui m’a invité me voulait décidément du bien ! Premièrement, ceux qui me connaissent un peu beaucoup savent que je suis très germanophile et un peu germanophone. Ainsi, j’ai été comblé de voir que la majorité des musiciens étaient allemands ce soir là !

De plus, en octobre 2014, figurez vous que j’étais déjà dans Brahms, j’avais assisté à un des derniers concerts de la salle Pleyel, et j’avais eu droit à une de ses symphonies et à son second concerto pour piano, un souvenir merveilleux. Brahms est un compositeur que j’ai appris à apprécier très récemment, je ne l’écoutais pas adolescent. Je connaissais bien entendu ses danses hongroises et naturellement, j’avais toujours en tête sa célèbre berceuse. Tout cela était bien dommage car je manquais vraiment quelque chose mais depuis un an, je me rattrape et je m’intéresse vraiment à ce compositeur. J’écoute actuellement ses sonates pour piano et violon qui sont très belles. Brahms m’intriguait pourtant, non seulement pour sa musique mais également en raison de sa relation avec Clara Schumann. Leur correspondance a donné lieu à beaucoup de spéculations et je ne sais pas tellement à quoi m’en tenir.

En parlant de Clara, je vais dorénavant la citer

« Il n’y a pas grand chose à dire, à part le fait que je suis vraiment comblée par ton Requiem, c’est une œuvre magistrale qui touche l’homme dans sa totalité comme rarement. Le plus grand sérieux, allié à toute la magie de la poésie, est merveilleux, bouleversant et apaisant. Comme tu le sais, je n’arrive jamais à bien m’exprimer avec des mots, mais je ressens toute la richesse de cette œuvre dans le plus profond de mon être. L’enthousiasme qui se dégage de chaque partie me touche profondément, je dois le dire; que ne donnerais-je pour pouvoir écouter cette œuvre, écrit Clara Schumann dans une lettre à Johannes Brahms, après avoir tenu dans ses mains les notes des 6ème et 7ème mouvements. »

Clara Schumann

Et en effet, elle ne mentait pas, les deux derniers mouvements sont vraiment exceptionnels. En général, lorsqu’on évoque une messe de requiem, on pense à quelque chose de triste, de sinistre, chanté en latin, les exemples sont légions, on pourra citer Mozart, Verdi, Fauré…

Mais il ne s’agit pas de cela ici, d’une part le chant est en allemand (normal vu le titre) et d’autre part, Brahms a picoré un peu partout dans la Bible pour ses chants, ainsi on y trouve des psaumes ou encore des évangiles. Cela a pour conséquence d’avoir une musique et des chants loin d’être tristes. Rien de comparable au Lacrimosa du requiem de Mozart ici. Toutes les parties amènent de la force, de la quiétude, beaucoup de paix et de réconfort pour s’achever dans le tumulte du triomphe. Ce requiem allemand est une véritable célébration. Ainsi, un passage tiré du livre des Hebreux (13,14) m’a bien marqué. La mort est absorbée dans la victoire. Mort, où est ton aiguillon ! Enfer, où est ta victoire !

Et chanté en allemand, je peux vous dire que ça en jette. C’était dans le fameux sixième mouvement cher à Clara Schumann !

Je vous laisse découvrir cette œuvre par vous-même, à l’époque d’internet, ce n’est pas bien compliqué.

Le truc marrant, c’est qu’avant ce concert, je n’étais jamais entré dans l’église de la Madeleine. Je trouvais cet édifice trop imposant et je dois bien avouer qu’il me faisait un peu peur alors qu’à l’intérieur, c’est juste beau. Il n’y a pas d’autre mot, c’est vraiment une des plus belles églises de Paris.

Pour conclure, il faut que je parle des personnes qui ont organisé ce concert. Il s’agissait en réalité d’un concert de bienfaisance organisé en faveur de l’association Anta Akhi France Toi, mon frère (jeunes adultes atteints de handicap). Et franchement, j’ai tellement apprécié que je risque de leur envoyer un chèque ! Ce concert a été donné en outre par la chorale et orchestre des Médecins d’Allemagne du sud.

Je suis très heureux d’avoir vécu ce moment, dans cet endroit. Seule ombre au tableau, les non initiés qui ont tendance à applaudir entre les parties.

Et puis j’ai toujours assisté à des concerts sympas dans les églises, je me souviens d’un Coriolan de Beethoven à la chapelle du lycée ou encore de la première symphonie de Bizet dans une église du 91. Souvent un bon plan les églises, souvenez-vous-en !

http://www.unesco.diplo.de/contentblob/4623018/Daten/5823701/20150922veranstaltungaerztechorprogramm.pdf

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A la salle Pleyel, j'ai retrouvé mon Brahms

30 Novembre 2014 , Rédigé par andika Publié dans #Brahms, #Concert, #Pleyel, #Classique, #Musique, #Concerto, #Piano, #Paris

Comme promis à ma chère Carole, me voici en train de rédiger mon petit compte rendu du concert de musique classique auquel j'ai assisté ce mardi 25 novembre 2014. Je vais bien entendu vous parler du concert mais ce sujet me permets également de parler de moi, mon rapport à Brahms et bien d'autres choses...

Tout a commencé l'été dernier, lorsque me baladant dans le métro, J'aperçus une affiche qui annonçait un cycle de concerts de Brahms, en automne à la salle Pleyel. Toutes ses symphonies, ses concerto pour pianos, pour violon et bien d'autres oeuvres allaient y passer. Je jetai immédiatement mon dévolu sur son deuxième concerto pour piano qui n'est pas loin d'être mon oeuvre préférée de ce compositeur. Je me suis donc empressé de réserver sans toutefois savoir si je serai en mesure d'y aller sachant que je ne disposais pas encore de mon emploi du temps définitif à la fac. Heureusement, le mardi je finis à 18h30 avec un joyeux TD de contentieux administratif, j'ai donc eu le temps de rallier la salle Pleyel dans le 8ème arrondissement de Paris. Sans toutefois quelques frayeurs, notamment devant un TD qui s'éternisait dans un débat stérile sur l'intelligibilité des décisions de justices rendues par les juridictions administratives ou encore l'ipad de mon camarade de classe que je fis tomber par terre.

Avant de parler du concert en lui même, j'ai bien envie de vous dire comment j'ai rencontré Pleyel puis comment j'ai rencontré Brahms.

Pour Pleyel, j'ai longtemps joué sur un piano Pleyel, chez Blanche et Louis, les grands parents d'un de mes meilleures amis. J'ai mis des années avant de lire l'inscription écrite sur ce si beau piano. Pleyel. Six lettres qui signifient tellement de choses. La manufacture de piano tout d'abord puis cette fameuse salle de tous les concerts de musique classique de Paris. Je m'étais promis d'y aller un jour, d'autant plus que son avenir est incertain à cause de l'ouverture en janvier 2015 de la philharmonie de Paris. Sachant que le manufacture a déjà disparu l'année dernière, le nom de Pleyel tombe peu à peu en désuétude mais tant que ces instruments vivront, la marque ne disparaitra pas.

Au sujet de Brahms, il y a foule de choses à dire. Je crois le connaitre tout d'abord pour sa magnifique berceuse qui donne en allemand "Guten Abend, gute Nacht" ensuite, bien entendu les danses hongroises, qui constituent des tubes à n'en pas douter et enfin, bien entendu sa symphonie n°3 et son fameux troisième mouvement avec le thème sans cesse repris. Par la suite, devant la boite à musique de Zygel, j'ai découvert autres choses de lui, notamment ce fameux concerto n°2 mais aussi le roman Aimez-vous Brahms?, de Françoise Sagan, qui a d'ailleurs été adapté en film et qui a sans toute permis de populariser son œuvre. Mais pourquoi moi, personnellement j'aime Brahms? Surtout pour sa relation ambiguë avec Clara Schumann que je trouve fascinante. Les extraits de leurs correspondance sont assez beaux. Brahms était un personnage torturé, parfois même dépressif, il doutait beaucoup à ses débuts de son propre talent, de sa capacité à composer de la musique et au fur et à mesure de sa vie (et à mesure que sa barbe poussait !), il a pris de l'assurance jusqu'à explorer des territoires nouveaux.

Maintenant le concert en lui même. Il m'a fallu à peu près 45 minutes de Sceaux jusqu'à Charles de Gaulle étoile. En prenant la sortie avenue Hoche, je me suis retrouvé juste devant l'arc de triomphe qui était juste magnifique, la soirée commençait très bien. Je vous passe les détails sur le vestaire gratuit mais tout de même, il faut le souligner, un établissement qui ne requête pas ses clients avec le vestiaire. Je vous passe également mes recherches de noirs dans la salle, j'en ai repéré 3 au final après de longs efforts, en revanche, il y avait énormément d'asiatiques! Et pour finir avec les anecdotes, j'ai vu une enfant de 6-7 assister à ce concert en faisant des dessins et une violoncelliste faire tomber son archet!

Le concert nous était donné par la chamber orchestra off Europe qui d'après un bon ami à moi est un excellent orchestre, il était sous la direction de Bernad Haitink et Emanuel Ax était au piano.

Maintenant, commence pour moi la partie la plus difficile, en effet, comment vous retranscrire la musique que j'ai entendue avec des mots? Je peux à la limite partager avec vous les émotions qu'elle me procure mais décrire ces sons m'est très difficile mais je vais essayer.

Le concert commence par le concerto n°2 en si bémol majeur par un solo de cor. Il joue le thème avant d'être rejoint par le piano afin de former un duo. Et enfin être rejoint par d'autres vents puis le piano par en solo pour une exposition avant que l'orchestre arrive en tuti. Bref, c'est pas très sympa comme ça. Le truc sympa avec ce début, c'est qu'il est très calme, paisible pour au final déboucher sur du tumulte. On parle souvent de ce concerto comme d'un combat entre le piano et l'orchestre, c'est parfois vrai mais ils font surtout équipe. Il faut d'ailleurs que j'en parle de ce pianiste lumineux. Emanuel Ax, il n'a cessé d'avoir le sourire, d'être dynamique, de chantonner un peu le thème par moment, d'haranguer l'orchestre, de le chercher du regard. Il communiquait une énergie phénoménale et rien qu'à regarder ce pianiste, j'étais heureux. Il a brillamment exécuté toute ses parties et tous mes passages préféré avec une clarté et une maitrise absolument fabuleuses.

Des choses que j'ai vues, que j'ai entendues que je ne peux absolument pas percevoir sur un enregistrement audio. Par exemple, je perds beaucoup d'instruments en route, notamment les violons qui jouent si souvent en pizzicato mais que je n'écoute pas sur mon CD. J'ai redécouvert les clarinettes dans ce concerto que j'avais l'habitude de négliger. D'ailleurs j'ai vu une clarinettiste bricoler son instrument pendant le concert.

Le concerto est en quatre mouvement, les deux premiers mouvements sont rapides ou allegro comme on dit en italien, le troisième adante pui adagio, sur le document du concert ils ne mentionnent que adante mais c'est un adagio. Le quatrième est de nouveau allegro.

Les deux premiers mouvements, on n'entend beaucoup les cors, le troisième est celui du violoncelle, c'est limite de la musique de chambre et enfin, le quatrième swing mais sérieusement, ça swing, il n'y a pas de meilleur mot pour le décrire.

Mais si on ne doit retenir qu'un mouvement, c'est bien le troisième et son adagio avec ce violoncelle. Je me souviens lorsque j'étais plus jeune, je n'aimais pas les mouvements lents, je ne les écoutais jamais, ils m'ennuyaient. Et puis, l'age aidant, on devient plus mature, on s'y attarde et on découvre que ce sont les meilleurs passages. Sur cet adagio, je me demande toujours comment un simple violoncelle peut me faire pleurer. Je n'ai toujours pas la réponse. Il est vrai que sur cette partie, Brahms s'inspire ici du lied Klage. C'est un ton assez intimiste, un peu de méditation, de recueillement et de douleur profonde.

Le quatrième mouvement qui suit est d'ailleurs très joyeux, beaucoup de joie de vie pour compenser celui-ci qui est assez triste. J'ai été pleinement satisfait de cette exécution même si mon voisin m'a dit que Brahms écrivait mal la musique. Cela peut être vrai, mais je ne le pense pas, de ce que j'entends, je trouve qu'il s'en sort admirablement bien mais je ne m'y connais pas suffisamment pour juger. Mais je trouve tout de même sa musique élégante.

Après, c'était l'entracte, j'ai pu m'enquérir du score du PSG. C'est quand même dingue qu'à chaque fois que j'assiste à un concert de musique classique, il faut qu'il y ait un match de foot. La dernière fois, en juin, à Londres pour écouter Rachmaninov, c'était le match d'ouverture de la coupe du monde!

Pour tout vous dire, je n'ai pas retenu un seul thème de cette 4ème symphonie. Je me souviens simplement qu'à un moment lors du 4ème mouvement, il y a eu des passages que j'avais beaucoup aimés. Il faudra certainement que je l'écoute plusieurs fois pour avoir toutes les notes en tête.

C'est ainsi que se termine ma petite escapade salle pleyel, à la sorti, j'ai rapidement pu me plonger dans le match du PSG dans un bar à proximité et ainsi allier deux passions qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre. Encore que, le thème de la ligue des champions n'est pas forcément laid!

A bientôt pour de nouvelles aventures et qui sait, peut être que vous me tiendrez compagnie la prochaine fois!

A la salle Pleyel, j'ai retrouvé mon Brahms
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