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Le blog de andika

L'Hermine, bienvenue en Cour d'assises

26 Novembre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

C'est le genre de film que je suis obligé de voir, parce que ma mère s'appelle Hermine, parce que je fais du droit, parce que je veux devenir magistrat. Dès que j'ai vu la bande annonce de ce film, j'ai été intrigué, on semblait partir sur l'histoire d'un procès aux assises pour bifurquer sur une histoire d'amour. Ce n'est pas tout à fait le cas. De plus, j'ai entendu tellement de bons commentaires sur ce film, que ce soit sur France Inter, on disait qu'il avait déjà fait 300000 entrées, le canard enchaîné disait également que c'était un film à voir, bref, j'en ai entendu beaucoup de bien. C'est pour cela que ma critique a un peu pour but de calmer tout le monde.

Rien que sur le plan technique, la photographie est d'une laideur, je me souviens de plans au début du film, dans le bureau du juge, avec un contre jour horrible qui a pour résultat qu'on ne voit presque rien à l'écran. Vraiment, on ne va pas au cinéma pour voir une image si peu soignée. Ensuite, la critique se décompose en plusieurs parties.

Le droit

Alors oui, c'est super didactique, trop parfois même. C'est le rôle des deux dessinateurs de presse, ils passent leur temps à nous expliquer ce qui se passe, c'est un peu lourd pour qui connait un peu mais utile pour les novices. Sinon, la conduite du procès est tout à fait satisfaisante, Luchini fait un président de Cour d'assises tout à fait satisfaisant. Je retiens une scène particulière à la fin, peu avant le délibéré où il s'adresse au jury de manière humaine en leur expliquant qu'on ne saura peut-être jamais la vérité, c'était une très belle scène. D'ailleurs, toutes les scènes où l'on voit le jury ensemble sont les plus authentiques, les plus fortes, les plus belles.

L'amourette

J'ai jamais vu un forceur comme Luchini dans ce film. En gros, il connait déjà une des membres de son jury, c'est c'elle qu'on voit sur l'affiche. En voyant la bande annonce, on pouvait penser que c'était une ex mais pas du tout, c'était son toubib. En gros, il passe tout le film à lui courir après, il fait un peu pitié je dois dire. Mais finalement, c'est un beau contre-pied, qu'ils se connaissent juste un peu plutôt qu'ils aient vécu une vraie relation antérieurement.

Le Nord

Cette histoire se passe dans le Nord et franchement, les acteurs me semblent parfois en faire un peu trop dans leur rôle même si ça semble assez en accord avec l'idée que je me fais de ce coin. Putain, tous les témoins qui viennent à la barre, c'est juste exceptionnel, la justice dans ces coins doit d'ailleurs dépasser la fiction. Gros point fort du film cette authenticité.

Conclusion

J'ai beaucoup aimé l'actrice danoise Sidse Babett Knudsen qui joue admirablement bien son rôle et qui a un si bel accent, pas étonnant que Luchini craque sur elle dans ce film. En fait, c'est plus un film à voir à la télé, mais bon, on ne passe pas un mauvais moment.

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Du lourd pour Beethoven/Bartók 3

23 Novembre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Autre, #Beethoven, #Maison de la radio, #ONF

Ce concert, le second d’un cycle de trois qui n’en comptera finalement que deux m’a permis de faire une découverte fondamentale : Il y a du Wifi dans l’auditorium de la maison de la radio ! Mais c’est génial, personne ne m’avait prévenu ! J’ai pu envoyer plein de snaps à mes potes, regarder le Clasico en attendant le début du concert, tweeter des vidéos, c’était vraiment génial !

Clasico musique (jeu de mots à l'intérieur)

Clasico musique (jeu de mots à l'intérieur)

Une fois de plus mes voisins avaient le double de mon âge au minimum et semblaient avoir du mal avec le programme du concert qu’on nous avait distribué à l’entrée. En effet, il y avait un programme unique pour les trois concerts du cycle et mes voisins lisaient les pages relatives au concert du 14 novembre qui n’a jamais eu lieu, au lieu de lire celui du 21 novembre qui était le bon jour. Du coup, au lieu de l’Eroica, on avait la 7ème de Beethoven, et ça change tout ! En plus de la 7ème, il y avait en ouverture les Créatures de Prométhée, toujours de Beethoven ainsi que le concerto pour piano n°3 de Bartók. Ah oui, aussi, il y avait du VIP dans le public, j’ai spotted l’acteur Gérard Darmon (qui a bien aimé la 7ème) ainsi que le journaliste Philippe Val !

Les créatures de Prométhée (ouverture) opus 43

Ah Prométhée, c’est ce Titan qui a apporté la lumière aux hommes à l’insu de Zeus et qui a eu pour punition de se faire bouffer chaque jour le foie par l’aigle Caucase, son foie repoussant chaque jour pour se faire dévorer encore et encore… Ce qui inspire cette œuvre, c’est la première partie de l’histoire, à savoir que la lumière aide l’Homme à s’élever, et ça tombe bien, le siècle des Lumières influençait encore l’Europe en ce début de XIXème siècle et surtout Beethoven. Encore une fois pour lui, la lumière de la révolution allait permettre à l’homme de s’élever et à sortir du joug des tyrans. C’est une récurrence ce thème dans son œuvre, l’Eroica déjà s’inspirait de ce genre de choses.

Cette œuvre répond à une commande d’un danseur du nom Salvatore Vigano qui avait besoin de musique pour son ballet. Et pour ces deux mecs, le Prométhée des années 1800 n’était autre que Napoléon Bonaparte. Ca me fait toujours marrer de lire ça. A défaut d’art et de savoir, Bonaparte a amené le code civil aux Hommes !

Sinon pour tout vous dire, c’est du Beethoven mais ça ne m’a pas tellement marqué, c’était clairement un amuse bouche, ça durait dans les six minutes et ça permettait de se mettre dans l’ambiance.

Concerto pour piano et orchestre n°3 de Bartók

Alors comme d’habitue pour Bartók, j’ai trouvé ça bizarre. Mais ce n’était pas dénué d’intérêt car ce que j’ai lu dans le programme était vraiment fun pour le coup. Par contre quand il est écrit que le style se veut un prolongement de Bach et Beethoven, je suis un peu dubitatif, quoique, le deuxième mouvement Allegro religioso est très intéressant. Le début de ce mouvement était il est vrai un peu liturgique, je l’ai écouté avec grande attention.

Hormis cela, le pianiste était Deszö Ranki, il est hongrois et je ne le connaissais pas. Il s’est vraiment fait désirer pour faire son rappel et ne nous a même pas dit le titre de ce qu’il a interprété ! Sinon, je ne résiste vraiment pas à vous livrer une citation qui était écrite dans le programme.

Alors que Bartók se trouvait à Paris, je lui proposai un jour de le présenter à Saint-Saëns ; Bartok déclina l’invitation. Je lui citais alors Widor : il ne voulut pas davantage faire sa connaissance « Mais enfin, lui dis-je, quel musicien voulez-vous rencontrer ? – Debussy. – Debussy ? Mais c’est un personnage odieux, qui déteste tout le monde sauf lui ! Voulez-vous être insulté par Debussy ?- Oui. »

Isidor Philipp, professeur de piano

Ah oui, dans le programme, ils disent que Bartók était peut-être un peu autiste…

Symphonie n°7 en la majeur de Beethoven

Alors celle-ci, c’était le Main Event. Un peu moins mainstream que la 5ème mais tout de même beaucoup utilisée, notamment au cinéma. Mon histoire avec cette 7ème symphonie est assez particulière, je l’ai vraiment découverte il y a quatre ans. Je l’ai récupérée dans le PC d’un pote à moi, sans toutefois l’écouter attentivement puis tout a changé lorsque je suis allé voir Le discours d’un roi au cinéma. Pendant le fameux discours du roi interprété par Colin Firth, on entend l’Allegretto de 7ème. Cela a aussi été utilisé par Johnny Halliday dans son poème sur la 7ème ou encore, comme je l’ai appris par un de mes followers de twitter, c’est la dernière œuvre jouée en concert part les nazis à Berlin avant leur défaite…Ce deuxième mouvement est un peu tragique, pathétique et il a grandement influencé ma perception de cette symphonie. Ainsi, lorsque j’ai dit à ma voisine allemande que je trouvais cette symphonie triste, elle a vivement rétorqué que ce n’était pas le cas et elle avait raison. C’est peut-être sa symphonie qui bouge le plus, Wagner parlait d « ‘Apothéose de la danse » et c’est tellement vrai. Le premier, troisième et quatrième mouvement m’ont vraiment donné envie de me lever de mon siège, tout est dans le rythme.

Sinon, l’apport du concert est indéniable, enfin pour moi. La 7ème est beaucoup plus imposante que la 5ème, rien que par les nuances qui vont souvent jusqu’au fortissimo, le son est beaucoup plus puissant que dans la 5ème, c’est quelque chose dont je n’étais absolument pas conscient à l’écoute sur CD. Gatti dirigeait une fois de plus de main de maître, sans partition. Il y a deux passages qui m’ont vraiment marqué, des choses dont je n’ai pas pleinement conscience lors de l’écoute sur CD. Le premier, c’est au début de l’Allegretto, on a tout d’abord un accord joué les bois puis de suite, l’entrée des violoncelles et alto qui jouent le thème, puis les seconds violons et enfin les premier violons pour aboutir à un tutti. Au niveau de la construction, de la circulation du son, c’est juste phénoménal. Il y a un autre passage que j’ai adoré dans le troisième mouvement, c’est lorsqu’on a un basson qui joue seul avec toutes les cordes, j’ai trouvé ça géant.

Bref, on n’a jamais vraiment entendu une symphonie de Beethoven lorsqu’on ne l’a pas entendue en concert ! Surtout que Gatti est vraiment excellent chez Beethoven, je n'avais absolument rien à redire de son interprétation qui était à la hauteur de l'enregistrement de Carlos Kleiber que j'écoute souvent et qui est la référence (Bruno Lemaire a écrit un livre sur lui, d'ailleurs, Musique Absolue que ça s'appelle, je divague lol)

Conclusion

Ce cycle Beethoven/ Bartók était vraiment génial, j’ai découvert de nombreuses œuvres vraiment très intéressantes. Je garderai toujours le regret d’avoir manqué le premier concert mais je me dis qu’il y en aura beaucoup d’autres à l’avenir. Il y a en effet des convergences entre ces deux compositeurs, leur manière de bousculer les formes, leurs personnalités entières qui peut parfois les isoler. Pour ce qui est de la musique en elle-même, j’ai pris beaucoup de plaisir à entendre en concert des symphonies que j’aimais depuis des années, j’ai compris beaucoup plus de choses en y allant qu’en passant des heures le nez dans la partition, et ça n’a pas de prix ! Ah oui, ce soir, le premier violon était redevenu un homme !

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Le loup de Wall Street: Les fauves sont lâchés

21 Novembre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

Ah ce film, je l'avais vu lors de sa sortie et je suis sorti de la salle dans un tel état de sidération que je n'avais rien écrit dessus à l'époque. Il dure près de 3h et on ne voit pas le temps passer mais on voit bien d'autres choses ! Mais surtout, qu'est ce qu'on se marre ! Ma première idée après avoir vu ce film, c'était de me dire que Martin Scorcese, homme septuagénaire je vous le rappelle, avait encore de sacrées histoires à nous raconter mais que surtout, il ne connaissait absolument aucune limite.

Pêle mêle dans ce film, on voit beaucoup de drogues, de sexes mais vraiment, des femmes à poils, des nichons et même des bites. Et ce film na été que R aux Etats-Unis, quasiment tout public en France, un truc de fous !

L'histoire est des plus basiques, c'est le rise and fall de Jordan Belfort interprété par Léo DiCaprio. Mais ce film ne se distingue pas par son scénario. Il se distingue par son ambiance absolument irréelle et bien entendu ses comédiens. Jonah Hill par exemple, ce gars quand je vois sa tronche, j'ai directement envie de me marrer mais dans ce film, c'est encore pire que d'habitude, il est surréaliste. Et le truc le plus dingue la dedans, c'est que je m'imagine bien le vieux Scorcese les encourager dans les outrances de leurs personnages, leur recommander de se lâcher. Devant un tel film, je suis persuadé que les acteurs se sont éclatés comme pas permis sur le tournage. Ce sont vraiment le genre e rôles qui permettent de devenir un autre, sans aucune retenue, ça doit être sacrément jouissif.

Il y a également notre Dujardin national qui joue le rôle d'un banquier suisse à merveille.

Bref, je souscris totalement à ce délire, à cette voix off complètement dingue qui soutient l'ambiance, rien de tel que ce film pour se marrer et se vider la tête. On ne s'en lasse pas !

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Casino Royale, parce que Eva Green

20 Novembre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #007, #James Bond

Je me souviens bien du jour où je suis allé voir Casino Royale. C’était le jour de sa sortie, en 2006, il y a 9 années déjà. J’y étais allé avec mon meilleur pote de l’époque, dans un des mes cinémas préférés de Paris, le UGC Gobelins. Il a toujours été super fan d’Eva Green mon pote, notamment dans Kingdom of Heaven. Personnellement je ne lui trouvais rien d’exceptionnel mais avec le temps, moi aussi je suis tombé sous le charme. Ainsi que Bond hahaha ! Comme il est passé à la télé la semaine dernière, je suis en mesure d'écrire un peu dessus aujourd'hui.

Ah, Casino Royale. Il faut se replacer dans le contexte, on sortait de la période Pearce Brosnan et les films James Bond avaient changé de genre pour arriver presque dans le fantastique. Le meurs un autre jour, je l’avais aimé sur le coup mais avec le recul, je le trouve si faible.

Ici, exit Brosnan, bienvenue à Daniel Craig. Exit Q également, ainsi que les gadgets, c’est un retour aux sources. Et oui, Casino Royale est le premier roman d’Ian Fleming mettant en scène l’agent 007. Pour une raison de droits, il n’avait jamais été adapté, c’est chose faite.

Il y a tant à dire de ce film. Il commence avec ce prologue en noir et blanc totalement fou, cadré à l’ancienne, un cinéma qu’une autre époque mais si beau, il instaure un climat, une tension qui est à l’opposé du calme des personnages lors de leur dialogue. Bond apparait dès le début afin de gagner des galons d’agent double zéros.

Une fois que la chose est faite, la mission assignée à Bond est de jouer une putain de partie de poker. C’était l’époque où Patrick Bruel faisait un tabac sur canal plus avec le WPT et donc j’étais à fond dedans. Les scènes de Poker du films sont son grand point fort, encore une fois de la tension, de l’incertitude, les manipulations mais ce qui est drôle, malgré tous les protagonistes de cette partie, tous plus dangereux et plus puissants les un que les autres, c’est de remarquer qu’au final, ce sont les cartes qui décident du sort de la partie.

Je me souviens que j’étais resté sur ma faim à cause de considérations relatives au scénario. On dresse le tableau d’une organisation tentaculaire dont on n’aperçoit même pas le contour et une fois arrivé au bout de l’histoire, on se rend compte qu’elle n’est absolument pas résolue. C’est pour cela d’ailleurs que le Bond suivant (Quantum of Solace), commence directement à la suite des événements de Casino Royale, pas le temps de souffler. D’ailleurs, le récent Spectre vient encore démontrer que rien n’était résolu à la fin de ce film.

Le casting est parfait. Daniel Craig en un plan qui le montre sortir de l’eau est devenu iconique en Bond mais il a d’autres moments de gloire, notamment la scène où il a une petite discussion assez musclée avec Le Chiffre campé par une Mads Mikkelsen fascinant. Enfin, Eva Green, si belle, si mystérieuse. Son accent britannique est si beau, ses yeux sont si magnifiques qu’on les dirait faits en émeraude. Son personnage est si complexe et ambigu qu’on ne peut que l’aimer malgré tout. Cette Vesper est de loin la meilleure James Bond girl parce que insaisissable justement.

Enfin, les destinations de ce Bond sont assez intéressantes, Angola, Serbie, Bahamas pour finir à Venise, on voyage bien. Ce qui a un impact non négligeable au niveau de la photo qui est de très bonne facture même si Skyfall nous montrera des choses justes féériques par la suite niveau photo.

Casino Royale est un film dont je ne me lasse pas et qui a su réinventer Bond. Il me semble que Daniel Craig est le Bond de ma génération, et que je l’identifie spontanément en tant que Bond !

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Le concert d'après

20 Novembre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Autre, #Beethoven, #Maison de la radio, #ONF

Il y a un avant et un après Vendredi 13 Novembre 2015. Il s’est passé tellement de choses depuis mon dernier billet de blog. Ces attentats m’ont vraiment marqué sachant que j’étais sur Paris lorsqu’ils se sont déroulés…

J’avais prévu de vous parler d’un cycle de trois concerts Beethoven/Bartok qui devaient se dérouler à la maison de la radio. Avec mon abonnement, j’avais pris des places pour les trois et je me réjouissais d’y aller mais malheureusement, le concert du samedi 14 Novembre 2015 a été annulé, du coup j’ai manqué la symphonie n°3 de Beethoven appelée aussi héroïque mais moi je préfère dire Eroica. Toutefois, l’orchestre national de France a joué le deuxième mouvement de l’Eroica (qui est une marche funèbre), en hommage aux victimes des attentats le lundi suivant.

Marche funèbre

Alors, ce concert en lui-même a été emprunt d’émotion. L’accès à la maison de la radio a été encore davantage sécurisé, on entre maintenant par l’arrière après avoir fait le tour du bâtiment et une fois à l’intérieur, on marche énormément. Avant que la musique ne débute, une personne a fait un discours d’hommage et a remercié le public d’être venu. Une chose m’a frappé, c’était une loge totalement vide à ma droite et ce, pour des raisons de sécurité. Mon voisin me faisant judicieusement remarquer qu’à partir de cette loge, il était loisible à une personne armée d’arroser toute la salle… Joyeux n’est-ce pas ? Enfin bon, je ne pensais à rien de tel de toute façon.

Trois œuvres étaient au programme, tout d’abord l’ouverture Léonore III de Beethoven, le premier concerto pour violon de Bartok et enfin la cinquième symphonie de Beethoven. J’étais d’ailleurs content de retrouver l’orchestre national de France dirigé par Daniele Gatti qu’on a l’habitude de voir au concert du 14 juillet, et pour une fois, le premier violon était une femme ! EGALITE !

Leonore III

Léonore, quel joli nom ! Cette ouverture en jette. C’est l’ouverture du seul et unique opéra de Beethoven plus connu sous le nom de Fidelio. Mais même si il n’a composé qu’un seul opéra, son ouverture existe en plusieurs versions, ce Léonore III étant la plus impressionnante. Alors pourquoi Léonore, parce que Léonore c’est Fidelio. En gros, c’est l’histoire d’une femme qui se travestit en homme pour sauver son amoureux qui est emprisonné. A un moment donné, le nom de Léonore était précisé dans le titre de l’Opéra puis il a disparu, ce qui ne manque pas de provoquer quelques petites confusions. Toutefois, maintenant, je suis au courant du délire et j’ai appris un truc. Musicalement, cette ouverture est extra, elle se suffit à elle-même, elle est en trois mouvements, c’est une vraie petite symphonie. A un moment donné, les cordes étaient vraiment mises à rude épreuve. C’était assez vif, parfois brutal, une belle découverte. Comme quoi, j’ai beau être un fanatique de Beethoven depuis l’adolescence, j’en découvre encore.

Concerto pour violon n°1 de Bartok

Bartok, je le connais peu. J’avais déjà entendu une seule œuvre de lui en concert, c’était son fameux concerto pour orchestre, c’était il y a quatre ans, sous la pyramide du Louvre et c’est le légendaire Pierre Boulez qui dirigeait. Il avait fait des concerts gratuits à l’époque. Pour tout vous dire, j’avais trouvé ça bizarre et je n’avais pas persévéré dans ce compositeur.

Et bien, je trouve toujours la musique de Bartok bizarre mais j’ai vraiment aimé cette fois-ci pour le coup ! En fait tout tient au début, on a la soliste qui commence seul au violon, puis elle est rejointe par le premier violon, puis une autre et encore un autre avant de laisser place au tutti. Cette introduction est géniale et instaure une ambiance particulière. La soliste était Janine Jansen, je ne la connaissais absolument pas. Je garderai le souvenir de ses cheveux qui ondulaient lorsqu’elle jouait et des cordes pétées de son archet à un moment du morceau, c’est que c’était intense tout de même. Elle ne s'est pas faite trop prier pour le rappel et elle est revenue nous jouer un duo qu'elle a interprété avec le premier violon. Elle nous a dit le nom de l’œuvre mais nous n'avons rien compris, mais bon, de nationalité néerlandaise, je lui pardonne son français.

Une chose insolite que j’ai apprise sur cette œuvre, c’est qu’à la base, Bartok l’avait dédiée à sa copine mais qu’entre temps ils ont rompu, du coup il a rangé son concerto et il n’a été trouvé et publié qu’après sa mort. C’est d’ailleurs le moment de souligner à quel point les programmes des concerts sont bien rédigés et qu’ils apprennent vraiment des choses intéressantes qui me permettent d’ailleurs de nourrir mes écrits.

Symphonie n°5 de Beethoven

Bon, c’est tellement mainstream ce son. Tellement connu que le chef, dirigeait les yeux fermés sans partition. Qui ne connait pas la 5ème ? Ces quatre notes qui se répètent inlassablement. Cette sorte de brutalité qui semble frapper à la porte, d’aucun disaient que c’est le destin qui frappait et d’ailleurs, elle porte parfois le surnom de destin cette symphonie. J’imagine aisément le choc que ça doit être de se manger le début de cette symphonie lorsqu’on ne sait pas de quoi il s’agit. Et bien même lorsqu’on l’a écoutée des millions de fois comme moi, on est étonné d’entendre cette musique pour de vrai. C’était véritablement une première. Même si je suis un grand fanatique de Beethoven (je radote), j'ai si peu entendu de lui en concert (mes potes qui jouent ses sonates pour piano, ça ne compte pas), simplement le Coriolan ainsi que sa première symphonie, il y a longtemps, à la chapelle du lycée (j'en avais déjà parlé il me semble). On n’a jamais entendu la musique avant de l’entendre en concert, c’est une leçon que je ne cesse d’apprendre à chaque fois que je vais écouter des œuvres que j’adore. D’une part, au niveau du nombre de décibels, c’est beaucoup moins impressionnant que ce à quoi je m’attendais au début. Tout de suite, la musique devient beaucoup plus subtile, on comprend l’équilibre qu’il y a, la construction derrière tout ça, et c’est assez jouissif. D’autre part, on peut pleinement profiter de certains instruments. Bien entendu, les cordes sont toujours dominantes mais à l’écouter en concert, j’ai remarqué que c’était définitivement la symphonie du cor, de la clarinette, du hautbois et du basson. Ah ces cuivres, ils sont fabuleux ! Je n’ai qu’un seul grief contre le chef, c’est le tempo beaucoup trop rapide du quatrième mouvement mais à part cela, c’était parfait.

Conclusion

La culture est plus forte que tout. La culture est la plus belle chose appartenant à l’homme, sa valeur est inestimable et ce n’est pas une bande d’assassins qui nous en privera. Bien entendu, il y a de la peur, bien entendu il faut être vigilent mais il ne faut en aucun cas renoncer à la culture. C’est un moyen efficace pour s’élever, s’échapper des pesanteurs de son quotidien, casser sa routine, rêver, prendre du plaisir. Alors voilà, vivons, cultivons nous et ne leur faisons pas le cadeau de renoncer.

Ce concert sera diffusé le jeudi 3 décembre à 20h sur France musique, également disponible à l'écoute sur francemusique.fr

PS: Je suis certain d'avoir aperçu Mathieu Gallet, PDG de radio France dans le public, je ne savais pas où caser ça donc je l'écris ici mdr.

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Spectre : Les morts sont vivants

11 Novembre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #007, #James Bond

Le film commence avec l’incontournable Gun Barrel qui est enfin de retour en ouverture, on a complété le retour aux sources, nous sommes bien devant James Bond, 007. Suite à cela, une phrase s’affiche à l’écrant : « Les morts sont vivants. » Et c’est bien le problème de ce film, les morts sont vivants et trop présents. Le passé de Bond est beaucoup trop pesant et empiète sur l’histoire qu’on nous raconte. Alors oui, cette citation se réfère tout d’abord à la fête des morts de Mexico qui offre une séquence d’ouverture sublime, ensuite, on a droit au générique qui pose encore le souci. On revoit de nombreux personnages des précédents films dans ce générique, Vesper et le Chiffre de Casino Royale, on voit également Silva de Skyfall ainsi que M (Judith Dench). Et on ne va pas cesser d’en entendre parler tout au long du film. Il y a un gros souci d’écriture car apparemment, ce qui préoccupait le plus les scénaristes, c’était de raccrocher coûte que coûte le wagon, de montrer que tout était lié depuis Casino Royale. Après Quantum of Solace, ce parti pris est un peu redondant et lourd. Les anciens films ne se formalisaient pas de continuité et c’était la force de Skyfall de raconter sa propre histoire avec des enjeux simple, à savoir que le méchant voulait buter M.

Ici, oui, on a bel et bien un méchant mais on ne sait pas tout à fait ce qu’il veut, Bond lui court après mais ce n’est pas une véritable mission officielle. Le fait de tout lier aux films précédent pèse beaucoup dans la narration, dans la fluidité de l’histoire et la définition des enjeux de ce film. On a l’impression qu’il s’agit simplement ici de résoudre une nouvelle fois Casino Royale et c’est bien dommage dix ans après.

Ce film souffre également de longueurs, 2h30 ce n’est pas rien. Les paysages montrés ne sont pas à tomber par terre mais toutefois, un plan sur un train dans le désert est à signaler.

Mais j’ai quand même apprécié ce film, car on a ici un vrai Bond. Un M charismatique, une Moneypenny rafraichissante et un méchant qui aime les chats interprété par un Christoph Waltz qui semble être fait pour cela.

Et ce n’est pas le seul membre du casting à qui le rôle va comme un gant. Monica Belluci est parfaite, Lea Seydoux a tout ce qu’il faut de force et de fragilité et on comprend que Bond n’y résiste pas. Même le catcheur Bautista est cool, enfin, Ralph Finnes en M, c’est juste jouissif.

Pour conclure, ne vous attendez pas à voir quelque chose de comparable à Skyfall. Même si Sam Mendes est resté, le propos n’est plus du tout le même. Il s’agit d’une célébration des Bond avec Connery mais en le faisant également entrer dans une nouvelle époque. Ce ne sont plus des clins d’œil, mais une refonte, une synthèse, et il fallait en passer par là visiblement, surtout pour introduire un antagoniste qui sera vraiment à la hauteur de la légende.

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The Lobster : Jeux interdits

10 Novembre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

The Lobster est un film différent, novateur qui apporte un souffle assez vivifiant je dois dire. Alors oui, je dois quand même vous prévenir qu’une partie d’entre vous n’adhérera absolument pas, pensera que c’est de la merde, ne tiendra pas jusqu’au bout et ce serait une grave erreur. Il est si facile de passer à côté de ce film et c’est tellement dommage.

Le pitch est simple. Il faut être en couple ou sinon, on est transformé en animal, il n’y a pas d’alternative. Pour trouver une compagne, les bons citoyens se rendent dans un hôtel afin d’y faire des rencontres. En partant de ce postulat totalement dingue, le film démarre et les personnages sont crédibles.

C’est un film sur le totalitarisme, sur l’amour, la romance, le couple, la magie, la poésie. Il est vrai que dans nos sociétés occidentales, il existe un peu une terreur du couple qui devrait représenter une certaine norme. Il faudrait se conformer à cet usage afin d’être comme les autres.

Mais l’amour ce n’est pas cela, on ne se met pas en couple parce qu’on le doit mais parce qu’on le désire et les exemples montrés dans ce film le montrent bien.

A l’opposée de la dictature du couple, il y a également la dictature de la solitude dans ce même film représentés par les Solitaires emmenés par une Léa Seydoux étonnante.

Alors comment faire dans ce monde afin de conserver son libre arbitre, sa capacité à faire des choix ? Il convient d’enfreindre les règles et le personnage de Colin Farell le fait à merveille, notamment dans une scène allégorique avec l’excellente Rachel Weisz. Sur le son de Jeux interdits joué à la guitare, nos deux tourtereaux enfreignent totalement les règles et c’est bien jouissif (et surtout symbolique de part le titre de cette musique mais vous l'aviez compris). L’attirance, le couple, tout cela ne se fonde pas sur des similitudes, des points communs comme le montre bien le film. Non, il y a une sorte de facteur X qu’on ne peut pas expliquer, quelque chose qui prend aux tripes et qui semble être l’évidence même.

Enfin, il est très amusant de remarquer la liberté de ton dans l’écriture d’une histoire qui dépeint un cadre aussi rigide et austère. En effet, les auteurs n’hésitent pas à employer des mots crus pour notre plus grand plaisir. De plus, la bande originale est excellente et la photographie est très belle. The Lobster est une expérience à tenter.

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Un KDB #AvecBarto

6 Novembre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #KdB, #Autre, #Politique

Crédit Fred Audibert

Crédit Fred Audibert

Encore un KDB et maintenant, je suis officiellement leftblogueur et par conséquent, il me faut chroniquer cette soirée ici. Oui, ça change un peu du cinéma mais c’est aussi sympa.

Jegoun m’a invité à rencontrer Barto il y a 10 jours, je n’étais pas trop chaud pour venir, j’avais éventuellement d’autres choses à faire ce soir là et puis finalement non, du coup la veille, lorsqu’il m’a demandé de confirmer, je lui ai assuré que je viendrai.

Je suis arrivé à la comète hier vers 19h30 et j’ai croisé quelques visages familiers et ça m’a drôlement fait plaisir.

Claude Bartolone s’est un peu fait attendre mais il est enfin arrivé, un peu en retard mais il s’est fait pardonner puisque il a payé sa tournée. C’est facile la politique des fois. Il a salué tout le monde, dans l’entrée, près du comptoir et on est resté là pendant un temps à l’assaillir de questions. Il s’est montré très disponible, affable, précis dans ses réponses et il faisait montre d’une force de conviction assez impressionnante mais avant tout, d’une grande bienveillance. On ne peut éprouver que de la sympathie pour cet homme là.

Personnellement, j’ai plutôt parlé de la réforme territoriale. Il est en faveur de la suppression des conseils départementaux pour les départements de la petite couronne. J’ai beau être en accord, je lui ai dit que ce serait extrêmement difficile à faire. J’ai également ajouté que la métropole du Grand Paris n’était pas une étape si vaine que cela, vu la taille des futures EPCI mais certains n’étaient pas convaincus, arguant que certains arrondissements parisiens comptaient dores et déjà près de 300000 habitants. Oui le droit des collectivités territoriales, c’est chiant. On est parti bouffer après ça.

J’étais assis juste à côté de Barto, à sa droite. Je n’ai pas trop écouté ce qui se disait, trop occupé à tweeter que je dînais avec le président de l’Assemblée nationale. En parlant de ça, il avait souvent le réflexe de taper sur la table avec ses couverts pour essayer de rendre le débat fluide et dissiper le brouhaha du à des prises de parole intempestives. Toutefois, j’ai perçu un échange à propos d’une de ses propositions. A savoir, de créer une police spéciale des transports. Il justifiait cette position en disant qu’avec les nouvelles directives, des compagnies privées auront à l’avenir le loisir de gérer des services de transports en commun urbain et par conséquent d’y assurer elles-mêmes la sécurité. Pour remédier à cela, il propose un service public de la police des transports, j’ai trouvé cela cohérent. Mais d’un autre côté, la politique et moi ces derniers temps, c’est un peu comme l’huile et l’eau. Mais les prochaines échéances risquent bien d’agir comme un agent tensioactif (ralalala, #pharmaforever).

Enfin, il a expliqué qu’il s’était présenté pour mettre fin aux divisions qui avaient cours au sein du PS francilien. Et en effet, les bisbilles Huchon/De la Gonterie étaient du plus mauvais effet, il s’est dévoué pour faire l’union. C’est assez drôle d’ailleurs, son parcours politique ressemble un peu à cela. Il s’y est trouvé un peu par hasard et a constaté qu’il était plutôt bon dans ce domaine. Après ce KDB, je ne peux plus penser le contraire. J’avais bien entendu l’intention de voter pour lui lors des prochaines régionales. Cette rencontre me fera voter pour lui avec enthousiasme ! Vive le KDB !

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