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Le blog de andika

Articles avec #philar tag

Dialogues insolites à Sceaux entre Freire, Labadie et le Philhar de Radio France

16 Octobre 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Philar, #PhilharRF, #Philhar, #Nelson Freire, #Labadie, #Concerto, #Piano, #Mozart, #Haydn

Dimanche 15 octobre 2017, je retrouvai l'Orchestre Philharmonique de Radio France pour la deuxième fois du week-end après une soirée américaine la veille. Mais cette fois-ci, ce n'était pas à l'auditorium de la maison de la radio, mais aux Gémeaux, à Sceaux, en banlieue (chic), près de chez moi !

L'orchestre était pour l'occasion dirigé par Bernard Labadie dans un programme entre éclectisme et classicisme. Il y a tout d'abord eu le Chaos de Rebel, puis le concerto pour piano n°20 en ré mineur de Mozart interprété par le légendaire Nelson Freire, Moz’Art  de Alfred Schnittke et enfin la symphonie n°45 de Haydn intitulée Les Adieux.

Comme la veille, c'est au bar que ça se passait avant le concert mais cette fois-ci de façon beaucoup plus informelle. Puis il était temps d'entrer en salle, au tout premier rang, un peu sous la seine. C'est ainsi que le flûte solo a commencé à dialoguer avec les cordes et le clavecin dans le Chaos de Rebel. Un trémolo aux cordes apportant de la tension, un picolo venant amener un touche de dissonance, une écoute mutuelle des musiciens, des bois stridents, pas de doute, le chaos portait bien son nom.

Le temps d'installer le piano et d'accueillir Nelson Freire que le concerto commençait déjà avec ce thème en ré mineur énoncé aux cordes. Tout cela était très pianissimo au début, le tempo était assez lent puis gagnait en intensité. Mais lorsque le piano est entré en jeu, le temps s'est arrêté, Nelson Freire a une précision et une clarté presque jamais vues. L'orchestre le suivait tranquillement et la musique coulait de source. Nous étions quant à nous replongé dans les souvenir du film Amadeus lorsque nous avions découverts cette œuvre, ou encore, nous avons pensé à Gulda. Les cordes basses étaient vraiment excellentes mais toutefois, la salle présentait quelques problèmes acoustique, notamment pour le son des instruments à vent qui ne parvenait pas bien au premier rang situé sous la scène. Cela change de la maison de la radio ! La cadence jouée par Freire était expressionniste, celle de Carl Reinecke que nous ne connaissions pas. Puis vint la fameuse Romanza... Un équilibre parfait, la timidité de l'orchestre perçue dans le I était ici une qualité, la passage en mineur était très phrasé, séquencé, clinique, scientifique les bois était discrets mais nous étions tellement près du piano. Nous avons entendu ensuite toute la vivacité du monde dans le Rondo final. Le chef imprimant une très grande tension dans les cordes. Le jeu de questions réponses était vigoureux et la cadence du soliste vraiment exceptionnelle et le basson se faisait enfin entendre. Quel merveilleux moment.

Puis succéda le grand moment d'humour avec Moz'Art et le lancer de Canard (enchaîné) sur les spectateurs du premiers rang. Les deux violonistes en plus de la performance instrumentale devaient assurer une performance scénique assez physique qui mettait à l'épreuve leurs talents de comédien.

Et enfin, le moment des adieux avec cette symphonie assez poignante de Haydn. Les cordes étaient très dynamiques dans le I puis se calmaient dans le deuxième thème. Un ami disait que Haydn était toujours sympathique au début mais avait tendance à devenir ennuyeux, cela ne se confirme pas dans cette partition. L'orchestre était très réactif et flexible dans l'Adante, et cela évoquait même la 40ème de Mozart. Et enfin, dans le Presto final, voir les musiciens partir un à un était encore un moment très insolite. Cela a commencé par le Cor, puis les clarinettes, basson, hautbois, intermède avec un solo de contrebasse suivi par la fuite de nombreuses cordes. Cela évoquait une Battle Royale et nous nous demandions qui allait rester en dernier. Pas le chef, qui a fui après les cordes pour laisser un drôle de quintette. Les heureuses élues étaient le premier violon solo et la cheffe d'attaque. Un très beau moment, un très beau concert.

Je pourrai dire que j'ai vu et entendu Nelson Freire au moins une fois dans ma vie. Ca fait plaisir sachant que c'est un peu mon homonyme et que je lui ai fait gagner la tribune en juin !

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Une soirée en Amérique avec l'Orchestre Philharmonique de Radio France

15 Octobre 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Philar, #Philhar, #Maison de la radio, #PhilharRF, #Piazzolla, #Ginastera, #Copland, #Nico Muhly

Samedi 14 octobre 2017 avait lieu à l'auditorium de la Maison de la Radio un concert de l'Orchestre Philharmonique de Radio France, dirigé par Christian Marcelaru, avec un programme résolument Américain. Les Quatre Saisons de Piazzolla, et le concerto pour harpe de Ginastera pour l'Amérique du Sud. Mixed Messages de Nico Muhly et la symphonie avec orgue de Copland pour l'Amérique du Nord. De quoi faire de belles retrouvailles avec le Philhar après l'Eroica en début d'année !

Programme assez novateur qui sort un peu de ce que j'ai l'habitude d'entendre mais au final, cela a donné 100% de belles découvertes. Que ce soit du contemporain comme Muhly dont la pièce date de 2015 ou du plus ancien comme Copland qui m'a juste fasciné. Piazzolla, je connaissais depuis le collège, avec notamment Liber Tango, La Milonga Del Angel, La Muerte del Angel, Adios Nonino ou encore Fuga y Mysterio. Ginastera, j'en avais entendu parler dans la boîte à musique de Zygel. Copland, je l'ai découvert très récemment grâce à une superbe chronique de Christophe Chassol !

 

Je crois que si je me laisse pousser les cheveux, je peux me faire passer pour lui.

Avant le concert était organisé un apéro avec Judith Chaine, productrice à France Musique, ainsi que des musiciens du Philhar qui sont venus nous parler musique et même jouer un peu. Le Maestro Christian Marcelaru nous a même gratifié de sa présence, c'était un moment très sympathique. Nous avons pu entendre notamment Oblivion de Piazzolla joué dans un arrangement pour violon, violoncelle et contrebasse dont voici un extrait.

Mais point de chef pour débuter ce programme avec des extraits des 4 saisons de Piazolla, dans une version de Leonid Desyatnikov. L'orchestration singe celle des 4 saisons de Vivaldi, à savoir un orchestre de cordes et un violon solo (et une petite citation à la fin), qui n'était autre que Hélène Collerette, une des 1er violons solos du Philhar. Elle était fabuleuse, tandis que les cordes graves étaient très incisives et marquaient bien le rythme dans le I, le printemps. Dans le II, les cordes étaient exploitées à fond, et font toutes sortes de sons, utilisées notamment comme des percussions, et des choses vraiment étonnantes. Les contrechants étaient à tomber, on était vraiment dans du Piazzolla en entendant cet hiver.

Le Maestro a ensuite fait son entrée accompagné de Marie-Pierre Langlamet, harpiste soliste, qui est aussi harpe solo aux Berliner Philharmoniker et qui a la particularité de jouer pieds nus ! Le son de la harpe était amplifié et on a par conséquent pu vraiment en profiter. Dès le début du I, Allegro guisto, on sent que ça pulse, tout cela part sur un rythme très dansant. C'est inspiré du malambo, danse argentine déhanchée à 6/8. L’orchestration est chatoyante mais l'ensemble est vraiment très précis, le bras du chef sans doute. Dans le II (Molto moderato), c'est assez lent, apaisé, les bois brillent et dialogues utilement avec la harpe, qui se signale par ailleurs avec une cadence magnifique. Enfin le III (Liberamente Vivace) se distinguait immédiatement par les percussions. Il était de nouveau très dansant et offrait de belles dynamiques. Le phrasé de l'orchestre était merveilleux, et le fondu parfait tandis que la harpe tenait le choc et parvenait à se faire entendre. La soliste avait également un sacré jeu de jambe avec les pédales. Une très belle œuvre. Et son bis était encore plus beau et nous a fait découvrir une polyphonie insoupçonnée sur cet instrument.

Après l'entracte, l'effectif du Philhar au augmenté substantiellement pour jouer la partition de Muhly qui a la particularité d'être né en 1981 ! Le programme parlait de minimalisme, de Glass mais pas du tout ! Dès le début, on sent une grande tension dans les cordes, avec un ostinato en tremolo du plus bel effet. Les cuivres sont mis en avant et on sent l'orchestre beaucoup plus puissant. Les percussions sont très, très variées, encore pire que chez Mahler, c'est dire. Le phrasé est assez sec et haché, tout cela est saisissant. Puis soudain, un solo de violon qui se distingue, un cor anglais qui éclipse tous les autres instruments... Un merveilleux morceau.

Déjà le dernier morceau avec cette symphonie avec orgue de Copland. L'organiste David Cassan était également présent à l'apéro d'avant concert, il nous a expliqué le décalage qu'il existe avec les orgues électroniques. Le son sort avec un peu de retard lorsqu'il appuie sur une touche, ce qui fait que pour se caler sur le temps de l'orchestre, ça peut parfois être compliqué. Et pourtant, la magie a opéré, il n'y a au aucun décalage, aucun souci de retard, aucun problème rythmique. Le I  (Prelude - Adante) de la symphonie débute tout en douceur avec l'alto, l'orgue entre tout doucement en duo avec la harpe. Il utilise des registrations assez timides qui le rapprochent un peu de la flûte. D'ailleurs, le son de l'orgue est tellement polymorphe qu'il peut imiter à lui seul de nombreux instruments de l'orchestre. Chaque son un peu inhabituel lui était du, c'était assez insolite. On constate la qualité de la circulation du son, des solos et surtout, la douceur de cette musique. Tout change dans le II (Scherzo Allegro Molto) avec un rythme très, très marqué et une puissance impressionnante de l'orchestre, dans des fortissimo presque assourdissants. Une fois de plus, l'orgue amène un peu de confusion pour l'oreille non habituée tant son son est riche. Le III (Lento - Allegro moderato) se distingue immédiatement par l'irruption des trombones qui semblent faire un match avec l'orgue. Tout cela est massif. Les registrations de l'orgue offraient enfin son plein et entier potentiel en allant dans des graves très impressionnants. En un mot, ce mouvement est puisant. Avec une incroyable intensité et en même temps, c'est très précis, contrôlé, le bras du chef encore. Il y a un véritable fracas de percussions et d'orgue dans la coda, aidés en cela par le trombone et le tuba, on en sort essoré, sans voix. Un triomphe.

Le concert sera diffusé sur France Musique le 7 décembre 2017 à 20h et sera ensuite disponible à l'écoute sur leur site.

 

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Beethoven héroïque

27 Février 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Beethoven, #Maison de la radio, #Orchestre philarmonique de radio France, #Philar, #Classique, #Concert, #Ludovic Morlot

Dimanche 26 février 2017, j'ai enfin entendu la symphonie héroïque de Beethoven à la Maison de la Radio. Cela peut sembler être une chose banale, mais cette symphonie, ce lieu, et moi, nous nous sommes manqués un certain nombre de fois malheureusement.

La première fois, c'était le samedi 14 novembre 2015, il s'agissait du premier concert prévu dans le cycle Beethoven/Bartok dont je vous avais déjà parlé ici et ici. En effet, le concert avait été annulé pour cause d'état d'urgence suite aux attentats de la veille, ainsi que tous les spectacles prévus à Paris ce jour là.

Le deuxième rendez-vous manqué était l'année dernière, j'avais prévu d'assister à une émission au sujet de l'Eroica à la maison de la radio mais elle avait été annulée pour cause de grève... A ce moment, je pouvais légitimement penser que j'étais maudit. Mais j'ai pris mon mal en patience et j'ai retenté le coup pour le 26 février et cette fois-ci, c'était la bonne !

J'ai donc eu le plaisir de retrouvé l'orchestre philharmonique de radio France à la maison de la radio, dirigé pour cette occasion par le chef français Ludovic Morlot, qui est directeur musical de l'orchestre de Seattle. C'était ma troisième fois avec le Philar après une soirée Mozart et une orgie de cordes !

Il s'agissait ce dimanche d'un concert éducatif, principalement à destination d'un jeune public pour qui cela pourrait constituer la première expérience de concert symphonique, de sorte que le chef, nous a présenté l’œuvre et a présenté chaque mouvement avant de les jouer. Je trouve que c'est une très bonne chose car bien que les programmes des concerts soient en général très fournis et nourrissent la réflexion, rien de tel que de laisser la parole aux musiciens et principalement au chef qui parle pour le coup vraiment avec son cœur de cette œuvre. On sent dans ses mots tout l'amour qu'il a pour cette musique et c'était très agréable car moi même, j'aime tout autant cette Eroica.

En effet, cette troisième symphonie de Beethoven, j'ai l'impression que je la connais depuis toujours, comme j'ai l'impression que Beethoven m'a toujours accompagné au cours de ma vie. Elle a pris un sens symbolique encore plus fort à mes yeux suite aux événements dont je vous ai parlé. Je me souviens que lors de l'exposition Beethoven qui a eu lieu à la philharmonie de Paris fin 2016, ils étaient revenus sur le fait que l'orchestre national de France avait joué la marche funèbre de l'Eroica en hommage au victime. Bien entendu, comme l'orchestre avait répété pour le concert annulé du 14, jouer cette marche funèbre en hommage aux victimes avait tout son sens, mais au-delà de l'aspect pratique, la musique de Beethoven a une résonance politique.

Il est vrai qu'en 1802, Beethoven a tout d'abord dédié sa troisième symphonie à Napoléon Bonaparte qu'il admirait énormément, il le considérait comme un Prométhée venu répandre les idéaux de la révolution. Toutefois, une fois que Beethoven apprit que Napoléon était devenu empereur, il raya de rage la dédicace pour finalement dédier son oeuvre à la mémoire d'un grand homme. Et en effet, tout est grand dans cette musique. Cette symphonie fait exploser le cadre habituel de la symphonie de la période classique pour basculer dans le romantisme. On dit souvent que Beethoven est le premier romantique et c'est vrai, les dimensions de l'orchestre, la longueur des mouvements nous fait vraiment sortir des symphonies plan plan à la Mozart et Haydn !

Le premier mouvement s'ouvre sur deux accords stridents de mi bémol majeur. Ils sont inoubliables, reconnaissables entre mille. Une entrée en matière incomparable qui laisse se développer un thème majestueux, joyeux, et même un peu martial qui fait penser à de la musique militaire. Avant de jouer le mouvement, le chef s'est bien attardé sur les premiers accords et sur l'innovation que cela représentait à l'époque. Autre sujet à débat dans le premier mouvement de l'Eroica, savoir s'il est nécessaire de jouer la reprise au début, la réponse est oui puisqu'il l'a fait avec le Philar et entendre ce début à deux reprises permet de bien entrer dans la symphonie et aussi aux oreilles inattentives des petits enfants, de ne pas trop perdre de biscuit en route !

Le deuxième mouvement est la fameuse marche funèbre. Une marche funèbre est une musique triste, généralement en deux temps et en mode mineur. Pour bien nous faire comprendre la chose, le chef a fait jouer à la contrebasse solo le thème de Frère Jacques. Moi, spontanément, j'ai pensé à Mahler puisque le troisième mouvement de sa symphonie Titan utilise le même thème. De plus, j'avais entendu le percussionniste répéter sur ses timbales des notes qui me rappelaient furieusement Mahler. Le contrebassiste, après avoir joué le thème en majeur, l'a ensuite joué en mineur à la demande du chef, accompagné des timbales et en effet, on a senti la différence et j'ai pu entendre le début du troisième mouvement de la symphonie Titan de Mahler, qui n'avait pas été joué ce jour particulier des journées du patrimoines.

Les troisième et quatrième mouvement se jouent l'un à la suite de l'autre. Le troisième mouvement, au lieu d'être l'habituel menuet de la symphonie classique (danse à trois temps un peu lente où l'on s'endort) est ici un scherzo vigoureux, tinté d'humour grâce à ce hautbois qui chante de manière si caractéristique. Enfin, le quatrième mouvement est un thème et variations qui sollicite une fois de plus le chiffre trois. Trois cors qui chantent et qui couvrent l'orchestre à la fin de toute leur majesté. Trois bémol à la clef de cette tonalité mielleuse et chaleureuse de mi bémol majeur, trois temps, troisième symphonie et j'en passe !

Une fois de plus, l'écoute en concert a été d'une valeur inestimable pour moi. Je me suis rendu compte dans cette symphonie de l'importance du hautbois et de la flûte, on n'entend presque qu'eux ! Le chef a mis l'accent sur des passages magnifiques auxquels je ne prêtais pas forcément attention, lorsque par exemple un simple quatuor à cordes joue le thème dans le dernier mouvement, où simplement le fait de signaler l'importance des trois cors dans cette symphonie là où ils sont habituellement présents en nombre pairs.

Il était amusant d'entendre ce chef nous parler avec son français mâtiné d'accent américain après ses longues années vécues la bas mais c'était utile, même s'il s'exprimait beaucoup mieux avec sa baguette. Il nous a confié qu'il espérait que c'était la première expérience en concert de beaucoup de personnes dans le public. Vu l'âge des enfants présents (et leur agitation), ça devait forcément être le cas, et je parie qu'ils s'en souviendront longtemps !

 

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Au cœur de l'orchestre

19 Septembre 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Maison de la radio, #Mahler, #Répétition, #JEP2016, #Philar

Cette année, à l'occasion des journées européennes du patrimoine, je me suis rendu à la maison de la radio le samedi 17 septembre afin d'assister à une répétition publique de l'orchestre philharmonique de Radio France, qui préparait pour le concert du 23 septembre une interprétation de la Symphonie Titan de Gustave Mahler. L'orchestre était dirigé par son directeur musical, à savoir le chef finlandais Mikko Franck.

Je suis un fan réent de Mahler, pendant longtemps, je n'ai pas osé y entrer mais depuis que j'ai écouté le Totenfeier en concert l'année dernière, je suis vraiment devenu fan. Sa musique est riche, belle, profondément humaine et parlante et elle nous touche au plus profond du cœur. Ses deux premières symphonies sont d'ailleurs mes favorites chez ce compositeur et font bien la synthèse de ce qu'il est.

Sa première symphonie, surnommée Titan est surtout connu pour le scandale qu'elle avait provoqué lors de sa création, à cause de son troisième mouvement qui s'amusaient à bousculer certains codes. Une contrebasse solo reprend en effet le thème de Frère Jacques en mode mineur, de manière enfantine, mais cette contrebasse joue dans le registre du violoncelle, cela crée un certain malaise qui est voulu puis le hautbois vient reprendre le thème et l'agrémente de petites facéties un brin moqueuses avant que le tutti ne vienne. A la suite se cela, presque sans transition, Mahler nous livre une danse juive, et c'est cette danse un peu folklorique qui n'est pas passé. En effet, à l'époque, on n'allait pas au concert pour entendre des danses populaires ! Pourtant, cela ne choque plus l'oreille de nos jours. Ce troisième mouvement est bien entendu teinté d'ironie, qui est omniprésente chez ce compositeur mais il est également d'une profondeur et d'une sensibilité rare.

Je suis allé à cette répétition justement pour entendre ce passage, je n'en n'ai pas eu une seule note ! Je dois bien avouer que c'était un peu frustrant mais compréhensible. Ce n'était pas un concert mais une séance de travail. Le chef n'était là que pour bosser des passages particuliers, mettre l'accent sur des choses qui lui importent dans la partition. Par conséquent, l'ensemble de l'oeuvre est loin d'avoir été jouée entièrement, on a eu presque la moitié et c'est déjà pas mal. Mais c'était tout de même une expérience fascinante qui m'a enrichi. D'une part, j'ai ressenti immédiatement que le chef savait parfaitement ce qu'il voulait. Malheureusement, je n'entendais pas bien ce qu'il disait, étant un peu loin de la scène mais je me souviens bien d'un passage qu'il a fait reprendre aux premiers violons, il leur demandait de jouer en souriant, que le passage devait faire sourire. Mikko Franck est d'ailleurs violoniste, on sentait une complicité évidente avec ce pupitre. Il s'exprimait en anglais et le premier violon servait parfois de messager pour les autres musiciens. Autre instant fascinant, c'est lorsque le chef a fait jouer les seconds violons tout seul. Le son sorti n'avait ni queue, ni tête. Oui, les seconds violons ont une fonction de support principalement, mais c'était bien drôle de les entendre nus. Il ne faisait jamais reprendre un passage plus de trois fois, évitant ainsi de susciter la lassitude des musiciens.

On sentait vraiment la différence entre avant et après l'intervention du chef, c'était très intéressant. La répétition a duré près d'une heure et le chef nous a dit à la fin que deux ou trois autres séances seraient nécessaires afin qu'ils soient prêts pour le concert.

En tout cas, cette répétition a répondu à mes attentes et était conforme à ce que j'avais pu lire auparavant à propos.

Voici le Titan en entier, avec un Abbado habité !

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Orgie de cordes à la maison de la radio

13 Juin 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Concerto, #Maison de la radio, #Mozart, #PhilarRF, #Philar, #Orchestre Philharmonique de Radio France

Samedi 11 juin 2016, j'étais de nouveau à la maison de la radio pour le dernier concert inclus dans mon abonnement en cette saison 2015/2016.

Mes autres choix de concerts avaient été très simples. Il fallait choisir cinq dates, les quatre premières ne m'ont causé aucun souci. La première était une soirée 100% Mozart, le soir où la France s'est fait sortir par la Nouvelle-Zelande à la coupe du monde de rugby.

Les trois dates suivantes ne m'ont pas posé davantage de difficultés. Il s'agissait des trois concerts du cycle Beethovent/Bartok qui devaient se tenir en l'espace d'une semaine, malheureusement, le premier avait été annulé suite aux attentats de novembre 2015.

Je me souviens bien que pour le cinquième concert, mon choix n'a pas du tout été aisé à faire ! Rien ne me plaisait vraiment. Et il fallait pourtant clôturer cette commande ! Et là, Eureka, je lis ces trois noms, Mendelssohn, Mozart, Tchaïkovski !

Le seul souci, c'est que ça tombait en même temps que l'Euro mais bon, je peux bien sacrifier un match de temps en temps, encore que...

Cette fois-ci, il s'agissait de l'orchestre philharmonique de radio France. Il était dirigé par Amaury Coeytaux qui est l'un des premiers violons solo ! Expérience très étonnante que de voir l'orchestre dirigé par le premier violon, c'était une première pour moi. Je l'observais énormément et j'ai remarqué que ses coups d'archet étaient très prononcés, il transmettait sa pensée et impulsait le mouvement de l'orchestre par le geste, et arrivait sans aucun mal à être suivi. On voyait bien à quel point il était engagé dans la musique. Quelques fois il bougeait son bras, en revanche, il ne pouvait pas tellement regarder les autres musiciens.

Pour la petite histoire, j'avais failli oublier d'aller à ce concert, puis j'en ai vu la publicité sur la page Facebook de la maison de la radio, qui mettait en avant que l'orchestre serait dirigé par son premier violon, en effectif réduit, dans une ambiance intimiste. Pub intrigante et qui s'est révélée tout à fait exacte. C'est ce que j'aime chez le philharmonique de Radio France, c'est qu'il n'hésite pas à jouer en effectif réduit et ainsi, il peut beaucoup plus facilement proposer du Mozart qui requiert beaucoup moins de musiciens qu'un Mahler ou encore un Brukner. Mais il faut comprendre ces orchestres, ils sont parfois composés de plus de cent musiciens et il faut bien faire jouer tout le monde le plus souvent possible...

Trois oeuvre étaient au programme de cette soirée, tout d'abord la symphonie n°10 en si mineur de Mendelssohn, puis le concerto pour piano n°25 de Mozart et enfin, Souvenir de Florence, sextuor pour deux violons, deux altos et deux violoncelles en ré mineur de Tchaïkovski.

Symphonie n°10 de Mendelssohn

Il s'agit d'une symphonie écrite pour un orchestre composé uniquement de cordes. C'était une oeuvre du jeune Mendelssohn destiné à son professeur, comme nous lorsqu'on fait nos devoirs au collège. Elle est en deux mouvements très courts, l'exécution n'excède pas les dix minutes. On voit tout l'intérêt que l'orchestre soit dirigé par le premier violon. Je retiens surtout un passage où l'alto est mis en valeur. On entend bien que c'est un bel et noble instrument, trop injustement décrié au sein des orchestres...

Concerto pour piano n°25 de Mozart

C'est surtout pour ce concerto que j'ai opté pour ce concert. Il ne fait pas partie e mes préférés et je ne le connaissais pas avant de prendre mes places. Chez Mozart j'adore le 9; 15; 20; 21; 22; 23; 24, mais jamais écouté le 25 avant de mettre le nez dedans dans la perspective de ce concert. Et pourtant, qu'il est beau. Sa joyeuse tonalité de do majeur nous enchante et on a l'opportunité d'entendre dans le premier mouvement un thème qui ressemble étrangement à notre Marseillaise.

Le pianiste était Paul Lewis et je l'ai trouvé excellent mais il n'a pas donné de bis, j'en était très déçu. Toutefois, je pense que le public a mérité un tel comportement, à toujours applaudir entre les mouvements et surtout, en ne le rappelant pas suffisamment longuement pour le bis justement !

Souvenir de Florence

Il s'agit donc d'un sextuor à cordes, mais il y a beaucoup plus de six instrumentistes dans la version qui a été donnée, il s'agit en réalité de six pupitres. Deux violons, deux altos et enfin deux violoncelles, mais l'un des deux pupitres de violoncelle était assuré par des contrebasses.

Oeuvre très belle en 4 mouvements, je retiens la fugue finale qui est juste merveilleuse, ce contrepoint et ces multiples voix m'ont captivé.

Encore une fois, l'orchestre était composé uniquement par des cordes, d'où le titre de l'article !

Donc oui, il n'y a pas que l'euro dans la vie !

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Mozart au dessus du Rugby

18 Octobre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Mozart, #Autre, #Concerto, #Concert, #Maison de la radio, #Philar

J'ai eu un gros dilemme pour ma soirée du samedi 17 octobre. Je devais choisir entre aller écouter du Mozart à la maison de la radio ou me mettre devant la télé afin de soutenir le XV de France qui devait jouer contre les blacks. J'ai choisi Mozart et je ne regrette pas.

Je fais mon retour à la maison de la radio après avoir assisté à l'enregistrement de l'émission La tribune des critiques de disques le mois dernier. J'adore cet endroit, c'était ma première fois dans l'auditorium. C'est une très belle salle avec un bois magnifique.

Trois œuvres étaient au programme et c'était du 100% Mozart. Ceux qui me connaissent un peu et depuis un certain temps savent que j'aime beaucoup ce compositeur. Parmi les trois œuvres, j'en connaissais déjà deux, à savoir le concerto pour piano n°9 Jeunehomme (morceau qui m'a le plus décidé à assister à ce concert). Je connaissais déjà également le quatuor avec piano en sol mineur K 478 (découvert dans la boite à musique !). En revanche, je découvrais totalement le quintette pour piano, hautbois, clarinette, cor et basson en mi bémol majeur K 452.

Donc finalement beaucoup de musique de chambre pour finir avec un concerto. Et encore, l'orchestre mozartien est tellement réduit qu'il tiendrait dans ma chambre justement, c'est assez marrant mais comme ont dit, ce n'est pas la taille qui compte et Mozart ne l'a jamais démenti !

Un truc pas cool lors de ce concert. C'est premièrement, la voix féminine au début qui nous intime l'ordre de ne pas prendre de photos et d'éteindre nos téléphones, jusque là rien de grave mais après cela, elle nous demande d'éviter de tousser... Non mais WTF ? On est humain merde ! Bientôt on ne devra plus respirer, j'ai pas choisi de tomber malade, ça fait trois semaine que j'ai la crève, et c'est vraiment pas cool. Ce message m'a outré et bien entendu j'ai toussé pendant le concert en essayant d'être le moins bruyant possible...

Le quintette était très sympa, on ne s'ennuie pas pendant une seconde mais à l'heure qu'il est, je ne me souviens plus d'une seule note, c'est bateau ! Faudra que je le réécoute mais en tout cas, le piano fait bon ménage avec tous ces instruments à vent. Parlons-en du piano d'ailleurs. Pendant les deux premiers morceaux, un projecteur était braqué sur le Stenway qui brillait comme il se doit mais cela a occasionné un reflet dirigé vers mon coin et qui m'a ébloui ainsi que tous mes proches voisins, on a connu mieux. Heureusement, le piano a été déplacé pour le concerto Jeunehomme !

Le quatuor avec piano, je le connaissais bien. Et j'ai adoré, c'est vraiment une pièce intense. Un premier mouvement avec un thème assez brutal où on entend bien la tonalité de sol mineur. Un piano très virtuose qui dialogue merveilleusement bien avec les trois autres instruments. Le deuxième mouvement, un Andante est d'une beauté à couper le souffle. Un mouvement lent plein d'émotions avec un thème qui circule comme une sorte de jeu de question réponse. Enfin, le troisième mouvement est un rondo allegro. C'est une forme qu'on a l'habitue d'entendre, c'est comme les chansons de nos jours, couplet, refrain, couplet, refrain.

Et pour terminer, le fameux concerto Jeunhomme qui était à la base une commande pour une certaine mademoiselle Jeunehomme, pianiste virtuose française. Et de la virtuosité, cette pièce n'en manque pas. J'ai entendu dire que ça devait être beau à en faire pleurer et c'est gagné. La pianiste dirigeait également l'orchestre mais elle le faisait sobrement. Par le regard, parfois un signe de tête, mais finalement, il suffisait de suivre le rythme qu'elle insufflait. Je découvrais donc pour la première fois cette excellente pianiste qui répond au nom de Elisabeth Leonskaja. Elle est originaire de Géorgie et réside aujourd’hui à Vienne si j'ai bien compris. C'est encore la capitale de la musique des siècles après, c'est assez marrant. J'ai bien fait d'apprendre l'allemand étant petit.

C'était un chouette concert au final, malgré la remarque sur la toux au début, et aussi en dépit du fait qu'on m'ait forcé à mettre mon sac au vestiaire, heureusement que les hôtesses étaient jolies, j'ai obtempéré facilement. Je divague un peu, il est temps pour moi d'aller dormir !

Ce concert sera diffusé le vendredi 18 décembre à 20h sur France Musique. Il est également disponible à l'écoute sur francemusique.fr

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