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Le blog de andika

120 batements par minute: Radical

25 Août 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Act up, #SIDA, #VIH

120 BPM est un film assez radical. Il est dans la lignée d'autres films au sujet de l'épidémie de VIH qui touche le monde depuis les années 1980. On pense spontanément à Philadelphia ou plus récemment à Dallas Buyers Club.

Dans ce genre de film, la particularité est que le virus est un personnage à part entière. Les choses tournent autour de lui et il vient prendre son tribut à la fin en règle générale. Tout est de savoir comment gérer cet aspect, notamment émotionnellement. Dans la gestion de la mort qui plane, personnifiée par le VIH, 120 BPM n'est pas aussi bon qu'il aurait pu ou du l'être. On ne prend pas le personnage de Sean suffisamment en empathie car, même s'il trône sur l'affiche, il n'est pas le sujet du film.

En revanche, le traitement de l'action d'Act up est assez passionnant, vif. Que ce soient les réunions hebdomadaires qui sont très animées, ou encore leurs missions radicales pour faire parler. Car oui, la radicalité est une nécessité lorsqu'on est malade et qu'il n'existe pas de traitement. On ressent une urgence de vivre, d'aimer, de baiser. Une urgence de secouer les pouvoirs publics, les laboratoires afin qu'ils trouvent une solution. Une urgence d'agir pour se sentir vivant. Une urgence de bouger avant que le SIDA n'apparaisse et qu'il emporte tout sur son passage.

Ainsi, le rythme du film et les choix de mise en scène retranscrivent de manière satisfaisante cette sensation d'urgence, ce besoin de vie. Des scènes d'amour à la lumière tamisée à l'explosion de couleurs de la Gay Pride, d'une sombre chambre d'hôpital à un plan sur le Seine rouge de sang, toutes ces images démontrent ce qui se passe, ce qu'il y a de beau, ce qu'il y a de laid, de bien, de difficile.

Dans une situation aussi précaire, on ne sait pas forcément comment agir au mieux, ainsi, les dissension au sein d'Act up sont des événements inévitables qui donnent lieu à de véritables joutes assez jubilatoires. Les dialogues sont prenant et il est parfois impossible de prendre parti. Comment pouvoir garder son calme dans une situation où la mort rôde ?

Néanmoins, rien de cela n'empêche nos personnages de vivre, de s'amuser, de jouir, et même si le virus rôde les soirs de fête, le combat continue, et ne s'arrêtera pas. Pour preuve, les progrès considérables réalisés depuis cette époque.

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Egon Schiele: Le miroir de l'art

19 Août 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Allemand, #Peinture

Egon Schiele est un film tourné en langue allemande et c'est l'unique raison pour laquelle je suis allé le voir. En effet, peu de films allemands sortent en France de sorte que je ne suis pas regardant. Mais comme je l'ai toujours dit, le filtre est tellement fort qu'en règle générale, les films qui nous parviennent sont vraiment bons. Schiele ne déroge pas à cette règle.

Je trouvais d'ailleurs cela excitant de ne rien savoir du film avant de le voir. J'ai juste vu l'affiche en sortant du boulot, je me suis contenté de vérifier que c'était bien joué en allemand en regardant quelques secondes de la bande annonce et basta. Je savais juste qu'il s'agissait d'un peintre autrichien du début du 20ème siècle. Spontanément, j'ai pensé à Klimt, à la sécession viennoise et il est vrai qu'on en entend parler. On voit même Klimt dans le film et certaines scènes se déroulent pendant des expositions de la fameuse sécession que j'avais découverte lors d'une exposition sur le mythe Beethoven à la philharmonie ! Étonnant n'est-ce pas ?

Il ne s'agit pas d'un biopic à proprement parler qui revient sur toute la vie de cet artiste. C'est l'adaptation d'un livre paru sur sa vie. Ainsi, ce long métrage use de flashbacks qui permettent de reconstituer les fragments et de comprendre au fur et à mesure où en est cet homme lorsqu'on le trouve alité, En 1918, en pleine première guerre mondiale, rongé par la grippe espagnole. On nous dépeint un redoutable séducteur. Il séduit naturellement les femmes qui posent pour lui mais à mesure que le film avance, la séduction de Schile s'opère aussi sur le spectateur. Sa manière de vivre son art sans concession. La nature de sa peinture, son style. Et bien entendu, le petit parfum sulfurux de subversion et de scandale dans le fait de faire poser de très jeunes femmes, voire des enfants. Tout cela crée une sorte de magnétisme et il faut dire que le comédien qui joue Egon Schiele est très charismatique et très, très séduisant. Noah Saavedra signe une composition vraiment mémorable. Car on s'intéresse ici davantage à l'homme qu'à l'art ou à ses œuvres. En effet, on se rend rapidement compte que pour appréhender sa peinture, il faut l'appréhender lui. Les innombrables scènes où on le voit peindre, dessiner ont pour conséquence que à la fin, lorsqu'on voit ses dessins, on comprend tout, on n'a besoin d'aucune explication. Ce film nous fait connaître intimement ce peintre et c'est un tour de force.

Les moyens employés par le metteur en scène Dieter Berner sont très efficaces. Je suis encore tout boulversé par la maîtrise montrée ici. La fluidité des mouvements de la caméra, qui n'hésite jamais à prendre de la hauteur, à suivre ses personnages, à s'en rapprocher. Les cuts savamment distillés, le montage intelligent. Une merveilleuse photographie. Des plans qui renvoient directement à la peinture et enfin, ces jeux incessants avec les reflets, les miroirs. Un des premiers plans du film montre le reflet de Gerti Schiele sur la vitre d'un train. Puis tout au long du film, on aura droit aux différents modèles filmés dans le reflet d'un miroir, je ne compte plus ces plans tellement ils sont nombreux. Que révèle ce jeu ? Que révèlent ces reflets ? L'art ? L'homme ? La beauté ? Toutes ces choses à la fois.

La caméra parviendra toujours à montrer quelque chose de beau, que ce soit un plan sur la nature, la forêt, sur des femmes, sur des toiles. Une poésie irrésistible se dégage de l'ensemble grâce aussi notamment à une bande originale intelligemment utilisée. Une vraie pépite. En conclusion, Egon Schiele le peintre gagne à être découvert, et l'œuvre cinématographique gagne à être vue car elle a été faite par des gens qui sont définitivement des artistes au sujet peut être de l'artiste ultime qui a vraiment peu à envier à un Picasso.

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Baby Driver: Une romance contrariée

4 Août 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

Je n'avais aucune intention d'aller voir Baby Driver au cinéma. Juste à cause du titre. Baby driver était pour moi un oxymore, un non sens qui me faisait penser à de la parodie. De plus, cette histoire me semblait bien trop similaire à celle du film Drive de Nicolas Winding Refn avec Rayan Gosling dans le rôle titre. A savoir un chauffeur taiseux qui assure la fuite avec efficacité à des braqueurs après que ces derniers aient commis leur forfait, et avec bien entendu une femme qu'il aime à un moment dans l'histoire.

Heureusement, un excellent bouche à oreille m'a conduit à reconsidérer ma position et je ne le regrette pas. Il s'agit ici sans doute d'un des meilleurs divertissements de cet été.

J'ai très rapidement été rassuré car ce film se distingue très nettement de Drive tout d'abord. Le pitch est simple. Baby est un chauffeur hyper efficace et il a la particularité de conduire en musique, avec une playlist très variée. Il souhaite néanmoins se ranger après être tombé amoureux de la sublime Déborah jouée par une excellente Lily James. Bien entendu, rien ne va se passer comme prévu et c'est là que le scénario du film, bien que parfois éculé, recèle tout de même de nombreuses surprises.

Le point fort de ce film, c'est son casting. Kevin Spacey excelle en gangster paternaliste mais impitoyable. Don Drapper aka Jon Hamm est très efficace en braqueur du dimanche, Eliza Gonzalez n'est pas qu'une plante dans le rôle de Darling, on ne présente plus Jamie Foxx qui sait toujours aussi bien jouer la folie et enfin, Shane (de Walking Dead), aka Jon Bernthal ne démérite pas dans son petit rôle. Mais la palme revient au héros, le fameux Baby incarné par un Ansel Elgort que je découvre et qui a une sacrée présence à l'écran. Son jeu passe beaucoup par le corps et il occupe bien l'espace, captive bien la caméra.

Dès son entrée en matière pendant le premier braquage, j'ai été séduit. Pendant qu'il attendait ses collègues, il écoutait sa musique tout en mimant les instruments et les paroles, une attitude qui est totalement concevable en plein braquage. Après cette séquence d'action introductive où l'on a droit à une course poursuite très tendue est admirablement bien réalisée, le réalisateur Edgar Wright nous offre un plan séquence de toute beauté afin de suivre Baby dans son quotidien en dehors du crime, tout en musique naturellement.

La musique est également un point fort de ce film et nourrit d'ailleurs de nombreux dialogues, notamment entre Baby et Deborah. De manière limpide, leur histoire d'amour transcende l'écran. Tout sonne tellement vrai qu'on tombe immédiatement amoureux de ces personnages comme dans toute comédie romantique qui se respecte. Mais cet amour est constamment contrarié par les événements et les autres personnages, ce qui ne le rend que plus beau. Malgré la légèreté de ce couple lorsqu'il est ensemble, on sent poindre tout de même une certaine profondeur et de la gravité dans quelques séquences. La complicité de ces deux comédiens était vraiment très agréable à suivre, et je décerne une mention très spéciale à Lily James. Je ne sais pas si c'est son air ingénu, mais je dois dire qu'elle ne m'a absolument pas laissé indifférent. Elle irradiait l'écran et donnait toute une gamme d'émotions dans plusieurs registres, avec une belle intensité.

La liste des sons utilisés dans ce film est interminable, cela va de Barry White à Queen. Et en effet, le mot Baby est souvent utilisé dans la chanson, de quoi donner plus de sens au titre de ce film qui peut faire fuir. Foncez voir Baby Driver, vous ne le regretterez pas.

Ps: En revanche, Sony s'est mangé un procès pour avoir utilisé la chanson T-Rex sans autorisation. C'est bien dommage, cette chanson était au centre d'un dialogue assez fun.

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