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Le blog de andika

Les malheurs de Sophie: Sophie ou de l’éducation

29 Avril 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

J’ai compris une chose devant ce film, c’est lorsque le personnage de Paul, allongé sur un canapé lit Emile ou de l’éducation de Rousseau. Cette référence était si belle, si limpide, si explicite. En effet, dans l’Emile, Rousseau explique comment éduquer ce garçon prénommé Émile mais il parle également d’une certaine Sophie, qui est destinée à l’épouser mais qui est complètement ingérable…

C’est bien le débat, comment éduquer son enfant et plus précisément sa fille ? Il y a beaucoup de personnes qui pensent savoir comment faire mais il y en a surtout beaucoup qui font très mal. A commencer par Rousseau d’ailleurs !

Mais il ne s’agit pas que de cela. Ce film de Christophe Honoré est tout de même avant tout tourné vers les très petits mais les adultes ne devraient pas s’en détourner. En effet, pendant toute la première partie du film, Sophie en fait voir de toutes les couleurs à sa mère. Tout y passe, vol, mensonge, délation, insolence. Beaucoup de spectateurs ne supporteront pas cette petite diablesse, l’envie de lui mettre une petite claque en effleurera d’autres, et pourtant, sa mère reste humaine et se refuse à lui infliger de tels châtiments. L’actrice qui joue Sophie est par ailleurs excellente et a une présence vraiment folle à l’écran. Mme de Réan est campée par une Golshifteh Farahani sublime dont je souligne le jeu tout en douceur devant cette enfant. On ne doute pas un instant que ce soit une mère.

La deuxième partie du film est plus intéressante, avec Mme Fichini, la fameuse belle-mère qui m’a un peu beaucoup traumatisé dans le dessin animé culte, Les Malheurs de Sophie. Elle est campée par une Murielle Robin non moins excellente. Ce personnage est un peu le reflet du spectateur. Il n’est jamais dupe des manigances de Sophie et n’hésite jamais à la punir. Toutefois, là où elle diverge avec le spectateur, c’est qu’elle pense Sophie animée de mauvaises intentions, voire même fausse et perverse. Ce personnage permet de réhabiliter Sophie qui se montre alors sous son meilleur jour, digne, fière et qui ne se laisse jamais abattre. Pas la moindre ironie dans ses propos, plus d’insolence, juste une fierté à toute épreuve et enfin, de l’innocence.

Éduquer un enfant, c’est avant tout le canaliser, lui montrer qu’il n’est pas le centre du monde, cela prend beaucoup de temps. L’apport de la mère est fondamental mais pas que. Ce film sur ce point a un propos très intéressant.

J’ajouterai que la musique d’Alex Baupin est magnifique. Que la photographie est belle, que les décors et costumes retranscrivent bien l’époque. Toutefois, au niveau des émotions, ce film ne va pas suffisamment loin, on en ressort assez peu touché au final et c’est bien dommage. Les personnages qui prennent le spectateur en aparté, j’ai également trouvé cela lourd. On sent que la cible était vraiment les tout petits !

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Un concert pas comme les autres

10 Avril 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Beethoven, #Haydn, #Pastorale, #Orsay, #OSCO, #Campus, #UPSUD

Un concert pas comme les autres

Je vais vous conter l’aventure qu’a constituée le concert auquel j’ai assisté le samedi 9 avril 2016. Il est résolument différent de ce que j’ai l’habitude de faire. Point de philharmonie ce soir-là, ni de maison de la radio, encore moins d’opéra. Non, je reviens à mes anciennes habitudes un peu plus pittoresques, comme lorsque j’allais écouter des concerts dans la chapelle de mon lycée ou encore dans une église. En effet, ce concert s’est déroulé sur le campus d’Orsay, et l’orchestre était loin d’être professionnel, il s’agissait de l’orchestre symphonique du campus d’Orsay. Je dois avouer qu’il porte très bien son nom. Je connais cette formation de nom depuis un certain temps, mais depuis que je suis inscrit à l’université Paris Sud, je n’avais jamais pris le temps d’aller l’écouter. Mais un programme Haydn et Beethoven plus tard, je n’avais plus d’excuse pour les éviter. Ils ont su comment me prendre !

Je renifle les concerts désormais, j’essaie de ne jamais manquer une bonne opportunité lorsque j’en ai le temps et celle-ci était immanquable pour moi et j’ai vraiment vécu une soirée inoubliable pour diverses raisons. Pas tant le programme qui comportait le concerto pour orgue n°2 de Haydn et la symphonie Pastorale, que pour les difficultés que j’ai rencontrées pour parvenir jusqu’à la salle de concert qui n’était autre que le grand amphithéâtre de maths.

C’était également un concert pas comme les autres car j’ai réussi à y attirer ma copine. Mais c’est parti en vrilles. Sur le site de l’OSCO ainsi que sur la brochure du concert, ils disent bel et bien de descendre à la station RER le Guichet, ce que nous avons fait. Grave erreur. Se promener dans Orsay un samedi soir, puis sur le plateau, dans le campus, en plein milieu d’un chantier, totalement perdus, avec un GSP qui nous dit qu’on est arrivé alors qu’on est au milieu de nulle part constitue définitivement une des expériences les plus humiliantes de ma vie. Heureusement, je me suis aperçu à un moment où nous étions précisément, et j’ai su comment parvenir jusqu’au bon endroit. Il fallait pour cela descendre du plateau en empruntant un escalier en pleine forêt. Sur le chemin, nous avons croisé un chevreuil qui allait en sens inverse. Je ne plaisante pas… Un chevreuil dans un campus. Toutefois, ma copine ne m’a pas fait de scène et ne m’a pas quitté, je lui en suis très reconnaissant. Et je suis aussi très soulagé que cette aventure se soit déroulée au printemps, moment de l’année où la nuit tombe assez tardivement…

Après cet intermède, parlons maintenant de musique. Comme dit plus haut, le programme était composé de Haydn et Beethoven. Mais il y avait également des œuvres pour piano en première partie, interprétées par Vital Chauve, l’organiste solo qui effectuait donc un petit échauffement que nous avons naturellement manqué. Cette promenade sur le campus nous a fait arriver en retard mais Dieu merci, pas fait manquer le gros du programme. D’ailleurs, il s’agit d’un programme cohérent. Haydn et Beethoven vont ensemble, c’est indéniable. Le premier a été le maître du second et quoi qu’on en pense, l’a influencé bien que Beethoven se soit rapidement émancipé. Leur relation était complexe mais les deux bougres se respectaient. Un très bon ami à moi m’avait même dit lorsque j’étais plus jeune que les deux premières symphonies de Beethoven étaient du pur Haydn ! Manque de pot pour le maître, ce soir-là, c’était la sixième qui était interprétée.

Concerto pour orgue n°2 de Haydn

Quand j’ai lu concerto pour orgue sur le programme, je me suis demandé quelle sorte d’orgue on pouvait mettre dans un amphithéâtre. La réponse, c’est un orgue électrique. Enfin, c’est l’impression que j’ai eue, je ne suis pas allé inspecter l’instrument. Il était tout petit, et derrière l’orchestre, avec les instruments à vents, cuivres, bois. C’est logique d’ailleurs, l’orgue est un instrument à vent. Je me suis souvenu de ce bel orgue que j’avais visité dans la chapelle du lycée Saint-Charles et j’ai regretté que ce ne soit pas celui-ci que j’entende à l’occasion de ce concert.

Quant au concerto de Hynd, je l’ai trouvé anecdotique, l’orchestre était d’ailleurs assez réduit. En tout cas, il avait le mérite de ne pas être trop long et j’ai eu par conséquent l’occasion d’arriver très rapidement à…

Symphonie n°6 « Pastorale » de Beethoven

Ah la Pastorale, j’ai l’impression de toujours l’avoir connue. Mon histoire commence avec le roman éponyme d’André Gide que j’ai lu au lycée. Par la suite, je l’ai écoutée à de nombreuses reprises. Et d’ailleurs, elle cadrait bien avec ma soirée. Il était pour le moins insolite que je me perde en forêt le soir où j’allais écouter cette symphonie qui est en harmonie avec la nature ! Il n’y a pas de hasard ! Cette symphonie comporte 5 mouvements, qui sont chacun accompagnés de petits textes. Ces mouvements portent des noms assez inhabituels, Eveil d’impressions agréables en arrivant à la campagne, Scène au bord du ruisseau, Joyeuse assemblée de paysans, le Tonnerre/Orage, Sentiments joyeux et reconnaissants après l’orage.

Et les instruments vont réellement nous mimer la nature. Le chant des oiseaux avec les flûtes, les bassons et les hautbois. L’orage avec les cordes striées, l’harmonie de la quiétude finale après l’orage. Il y a un grand nombre de solos, beaucoup de pupitres sont mis en valeur.

Encore une fois, en concert, ça change tout. J’avais les larmes aux yeux lors de la scène du ruisseau qui était d’une beauté à couper le souffle. Au contraire, lors de l’orage, je ressentais une tension assez inquiétante, de plus, le chef Martin Barral vivait le truc à fond, n’hésitant pas à faire de grands gestes pour diriger, et même sauter sur son pupitre afin d’atteindre les fortissimos qu’il désirait.

Conclusion

Que c’est bon de changer de cadre, de ne pas s’embourgeoiser, d’aller à la rencontre d’autres choses. L’ambiance était conviviale et même familiale car le public était composé en grande partie des proches des musiciens. Musiciens qui sont amateurs je le rappelle, cet orchestre est composé majoritairement par des enseignants et chercheurs qui travaillent dans le secteur du campus d’Orsay et la qualité de leur son est fascinante. Un grand bravo à eux. De plus, dans cette ambiance légère, j’ai pu me permettre de capter quelques extraits vidéos ainsi que des photos, ainsi, le souvenir de ce concert vraiment pas comme les autres sera d’autant mieux ancré dans ma mémoire.

Extrait vidéo

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Triple 9: Démoniaque (666 à l'envers quoi)

5 Avril 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Gal Gadot, #anniversaire

Des amis à moi m'ont offert une carte UGC 5 places pour mon anniversaire, et bien ce film était ma dernière séance vue gratis grâce à cette carte et ce n'était pas perdu !

Quel film ! La liste des ses points forts est bien longue, celle de ses points faibles quasi inexistante. J'avais vu des affiches dans le métro mais c'est surtout la critique du canard qui m'a mis la puce à l'oreille et bien entendu le casting démentiel.

En gros, c'est l'histoire de flics ripoux qui font des braquages et pour un de leurs coups, ils doivent déclencher un code 999 (triple 9 d'où le titre), ce qui signifie qu'un policier a été abattu et que toutes les unités de la ville doivent lui venir en aide et que par conséquent, nos amis peuvent commettre leur forfait en toute tranquillité. Reste à savoir quel policier buter...Dit comme cela, on a l'impression que c'est clair, limpide mais rien ne va se passer comme prévu. Au fil du temps, on passe du film de braquage au petit jeu de massacre, où il n'y a plus tellement de bons et de méchants, on nage en eaux troubles et c'est ce que j'adore. On n'essaie même pas une minute de nous vendre un monde manichéen avec de la morale, on n'essaie pas de nous faire croire qu'on peut sauver ces personnages, ils sont tous en danger, tous sur le fil et c'est ce qui est génial. Ca ressemble un peu finalement à l'enfer sur Terre, et pourtant, ce n'est que la Géorgie !

Le réalisateur John Hillocat sait définitivement filmer. Que ce soit pour créer la tension avec ses gros plans sur les visages de ses personnages, et ainsi installer une ambiance pesante, avec un suspens haletant. Mais il sait également filmer Gal Gadot comme il se doit. Sa première apparition dans ce film est mémorable, la manière qu'a la caméra de lécher ses courbes sublimes... On la valide une fois de plus !

Tout ce casting est génial. Donc oui, les flics ripoux braquent pour le compte d'une mafieuse russo-israélienne interprétée par Kate Winslet. Une folie ce rôle, on ne l'imaginerait jamais jouer un tel personnage, avec un accent russe en plus. Les méchants russes, c'est un peu éculé, par contre la mafia russo-israélienne, avec kippa, étoile de David et Uzi, je n'avais jamais vu ça ! Ils sont très, très méchants d'ailleurs même si bien trop stéréotypés.

Autre réussite du casting, un Casey Affleck qui nous fait un bon flic en recherche d'action qui va être servi au-delà de ses espérances. Un woody Harrelson qui nous fait à peu de chose près la même chose que dans True Detective, un Arron Paul qui nous fait à peu de chose près la même chose que dans Breaking Bad, c'était très drôle à voir d'ailleurs. Enfin, un Chiwetel Ejiofor qui a une présence que je ne soupçonnais pas chez lui !

Pour finir, Triple 9, c'est triple oui !

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