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Le blog de andika

Batman vs Superman : Entre mythe et amazone

24 Mars 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Superman, #Batman, #DC, #comic

Batman vs Superman, l’Aube de la justice, je l’attendais ce film, depuis longtemps. Je suis un grand fanatique de Batman depuis que je suis tout petit, en revanche, je ne me suis jamais déguisé en Superman, c’est un peu plus compliqué pour moi de lui ressembler !

Je suis fan avant tout des personnages que je connais à travers les dessins animés que je voyais dans mon enfance et un peu aussi des films précédents, en revanche, je n’ai jamais ouvert le moindre Comic, par conséquent, j’ai un regard assez neuf la dessus et je juge avant tout les qualités cinématographiques de l’œuvre. Je prends les personnages qu’on me propose sans aucun préjugé.

J’avais adoré Man of Steele dont j’avais fait la critique ici il y a trois ans.

J’aime tout autant ce Batman vs Superman. Il s’agit d’une suite de MoS bien entendu, mais également d’un reboot de Batman et enfin d’un lancement de la Justice League. Cela fat beaucoup pour un seul film et il s’en sort plus ou moins bien dans ses différentes missions.

En ce qui concerne la suite de MoS, ce film est réussi. On passe beaucoup de temps sur les conséquences des destructions vues à la fin du premier film. D’ailleurs, ce Batman vs Superman reprend au moment de la destruction de Metropolis, mais du point de vue des humains.

Bon nombre de personnages s’interroge sur les pouvoirs de Superman, sur les conséquences que cela peut avoir sur la planète, ses intentions, le fait d’avoir une personne plus ou moins incontrôlable qui peut faire ce qu’elle désire, quand elle le désire. Ce pouvoir illimité qui fascine, comme lorsque Superman est élevé au rang de mythe et même quasiment de Dieu, notamment lors de cette scène géniale à la fête des morts de Mexico. Mais ce pouvoir peut également faire peur, pour diverses raisons, justement certaines d’ordre mythologiques. Ces comparaisons même si très explicites, ne manquaient pas de subtilité et étaient très appréciables. Même si montrer Superman comme un Dieu peut sembler aller à l’encontre du personnage tel que décrit dans le Comic, cela ne manque pas d’intérêt dans ce film.

Ce film est également réussi en ce qui concerne le reboot de Batman. Ben Affleck est gigantesque dans ce rôle, il est vraiment au top de son game. C’est sympa d’ailleurs, on reprend une nouvelle fois les bases avec l’assassinat des parents du petit Bruce, la chute dans le puis avec les chauves-souris, c’est d’ailleurs le prologue du film. Mais d’un autre côté, on commence un peu à la connaitre le bougre…

Ici, on sort des questionnements d’ordre moral chers à Nolan, genre, qu’est ce que le bien et le mal. Ce sont des réponses incertaines mais accessibles à l’Homme. Non, ce Batman est dans le questionnement d’ordre existentiel. Dieu existe-t-il ? Réponse certaine mais inaccessible à l’Homme. Mais grâce à Superman, la réponse est accessible à l’Homme, c’est oui. Et alors, que fait-on devant cette réalité ? On panique bien naturellement comme le fait Bruce Wayne/Batman.

Je n’ai jamais pensé ce combat entre Batman et Superman crédible lorsque j’en ai entendu parler dans les Comics. Eh bien oui, ça semble sacrément déséquilibré comme combat ! Et pourtant, à l’écran, ça passe très, très bien. Il y a vraiment match et c’est carrément jouissif.

De plus, ce Batman totalement violent, brutal et colérique, je le valide mille fois. En outre, l’enquête de Bruce Wayne est également excellente. D’ailleurs, mention spéciale à Jeremy Irons en Alfred, j’adore cet acteur et dans ce film, il est juste génial.

Enfin, en ce qui concerne le lancement de la Justice League, c’est peut-être la partie la plus faible du film, même si c’est vraiment cool de voir Wonder Woman campé par la sublime Gal Gadot (validée depuis des années dans Fast and Furious). Il s’agit du personnage qui manque le plus de développement et c’est bien dommage. Toutefois, quel thème musical pour cette super(be) femme !

Alors en conclusion, c’est du grand spectacle, on ne voit pas le temps passer, il y a de nombreuses bonnes idées, d’autres moins bonnes mais toutefois ça se tient, avant tout grâce à d’excellents comédiens, j’ai noté un Henry Cavill toujours plus hot, une Amy Adams qu’on a toujours envie de sauver et un Eisenberg pas si mauvais en Mark Zukerberg, euh Lex Luthor pardon, psychopathe à souhait passant du côté obscur.

Et dire qu’il existe une version plus violente de ce film !

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Flight: L'honneur d'un homme

10 Mars 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Denzel, #Flight, #Avion, #NTSB

J'ai l'impression que je suis dans une phase où je me fais toute la filmographie de Denzel Washigton mais d'un autre côté, ça doit bien être mon acteur préféré.

Sur ce film de Robert Zemeckis, à qui l'on doit entre autre Forrest Gump, il est excellent. Un rôle bien dark bien trash, ce formidable Whip totalement barré qui boit un peu trop avant de piloter un avion de ligne.

Dès le début, le cadre est posé. Une chambre d'hôtel, de l'alcool, de la drogue et enfin une nana vraiment très canon pour un mec qui approche la soixantaine. Je ne sais pas si on avait déjà vu Denzel dans pareille situation.

Ensuite on le voit boire de la vodka dans l'avion qui le pilote mais miracle, quand une avarie arrive sur la machine, il parvient à poser héroïquement l'avion sans faire trop de victime. Et c'est là que la vraie histoire commence. Qu'est ce qu'un héros ? Ce mec est-il un héros ? Ce mec vaut-il la peine que tous les personnages du films lui tendent la main et essayent de l'aider alors qu'il les envoie tous chier d'une manière plus ou moins sympa.

C'est un débat passionnant, une histoire pas banale, riche et profonde qui prend le temps de creuser les personnages et qui permet à Denzel d'exprimer beaucoup d'émotions. A la fin, on se rend compte que oui, ce Whip est une héros, mais que l'acception de l’héroïsme est bien différente après avoir vu ce film qu'au début, et ce n'est pas plus mal. Cela donne à réfléchir, on est confronté à un cas de conscience mais on fond, on sait tous ce qui est juste. Excellent film.

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The Revenant: Comme Gladiator mais dans la neige

8 Mars 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

On m'a fait remarquer que The Revenant était comparable à Gladiator. Avant de voir le film, je ne comprenais pas tellement pourquoi mais pendant, c'est devenu une évidence.

L'histoire d'un homme meurtri, qui perd tout de manière injuste alors que c'est quand même un héros. L'oscar du meilleur acteur pour Russel Crowe et Leonardo DiCaprio et bien entendu, beaucoup d'autres points communs que je ne révèlerai pas.

Toutefois et bien heureusement, ces deux films diffèrent quand même un peu. Il y a moins d'émotion dans The Revenant, peu de personnages féminins. Au niveau de la violence, c'est comparable mais le ton est très brut et sec.

Ce n'est pas un film de dialogues. La performance de DiCaprio est avant tout physique. Son jeu est sobre, tellement sobre, juste, incroyablement juste. Ainsi, il n'a pas besoin de dire beaucoup de mots pour faire passer ses idées. Ses yeux suffisent pour transmettre un message. Je pense que je n'avais jamais autant apprécié DiCaprio dans un rôle auparavant.

Tom Hardy est également excellent en Fitzgerald, il joue un magnifique salaud qu'on adorera détester (et son accent de fou ahahaha). Mais il est loin d'égaler Joaquin Phonix dans Gladiator. Enfin, Domhnall Gleeson est aussi très bon même si un peu dépassé par les événements.

C'est une histoire très banale somme toutes mais elle est servie par une réalisation et une photographie sublimes. C'est ainsi qu'une simple vendetta peut prendre parfois des dimensions mystiques.

Que de plans séquences, de scènes filmées caméra à l'épaule, de plans larges sur les paysages immaculés. Que de moments contemplatifs dans cette forêt si hostile mais en même temps qui permet de survivre. Et enfin, que de résilience dans cette nature.

The Revenant, c'est puissant, il suffit juste de se donner la peine d'entrer dedans, mais je conviens que ce n'est pas donné à tout le monde !

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Philharmonie 3: Rencontre avec Paavo Järvi

5 Mars 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Philharmonie, #Orchestre de Paris, #Radu Lupu, #Paavo Jarvi, #Autre, #Concert, #Concerto, #Classique, #Musique, #Beethoven

Jeudi 3 mars était une date cochée depuis très longtemps dans mon agenda. Pour ce concert, j'étais placé derrière la scène, une place que j'ai moins bien aimée par rapport au par-terre. Il s'agissait de mon troisième concert à la Philharmonie de Paris et ce chiffre 3 va s'avérer assez récurrent de part le programme de cette soirée ! Concerto pour piano n°3 en do mineur de Beethoven, concerto pour flûte de Carl Nielsen et enfin, symphonie n°3 en do majeur de Sibelius.

Concerto pour piano n°3 de Beethoven

C'est la principale raison de ma venue à ce concert. J'adore cette œuvre. C'est l'un de mes concertos pour piano préféré. D'une part, la tonalité de do mineur que j'affectionne beaucoup, elle a tout ce qu'il faut de brutalité, de rigueur, de mélancolie, de tristesse. Pas étonnant que la 5ème symphonie de Beethoven soit en do mineur, je citerai également sa sonate pour piano n°8, la fameuse Pathétique.

Le pianiste de la soiré n'est autre que Radu Lupu. Il est originaire de Roumanie et je connaissais son nom car à une époque lointaine, lorsque je téléchargeais encore illégalement de la musique, j'avais eu à écouter une des ses interprétations à lui, il s'agissait du fameux adante du concerto pour piano n°21 de Mozart. Une merveille que tout le monde a en tête (si, si, même toi qui me lis, tu connais forcément, j'ai la flemme de mettre un extrait). Sur cet enregistrement, je trouvais son jeu léger, aérien, féérique, élégiaque. C'est vrai que ce morceau s'y prête beaucoup mais en fait, c'est une caractéristique de ce pianiste.

Ce mec est facile, il m'a emporté lors du concert. Au début du premier mouvement (Allegro con brio), l'orchestre joue le thème pendant 3 minutes avant l'entrée du piano. Lorsque le piano entre, il fait la gamme de do mineur ascendantes sur plusieurs octaves (3 précisément) puis reprend le thème en marquant son territoire face à l'orchestre, dans une réponse cinglante. Du moins, dans l'enregistrement que j'ai l'habitude d'écouter, c'est comme cela, le piano est assez rugueux, brutal dans son entrée. Que nenni chez Radu Lupu. Il entre doucement, sans trop de nuance, sans forcer sur les forte, mais il n'a pas besoin de plus pour nous captiver. On dirait que ses mains volent au dessus du piano. Pour bien appréhender le son, on doit être vraiment concentré.

C'est vraiment de l'orfèvrerie son jeu. Le meilleur moment est sans doute le deuxième mouvement, Largo, où il nous montre toute sa virtuosité. Il nous a également livré une excellente cadence. C'est vraiment l'un des meilleurs pianistes que j'ai entendu de ma vie.

Une fois de plus, j'ai été étonné de redécouvrir, une oeuvre que j'écoute énormément, en concert. Tous est toujours plus subtil, que ce soient les nuances ou l'orchestration. De ce concert, je retiens avant tout le basson et la clarinette. Plein de moments géniaux avec ces instruments.

Après l'habituelle ovation, Radu Lupu est revenu pour un bis où il nous a joué du Brahms. Une fois de plus, c'était génial. Je n'ai pas été déçu du voyage.

Concerto pour flûte de Carl Nielsen

Je ne connaissais absolument pas. D'ailleurs, un concerto pour flûte, quelle drôle d'idée. Imaginer une simple flûte face à un orchestre symphonique me semblait assez insolite et de l'insolite, j'en ai trouvé dans cette musique, avec l'usage du trombone et du tuba. C'était un morceau assez intéressant qui se laissait écouter facilement.

Mais la chose la plus significative pour moi de ce concerto, c'était son soliste, Vincent Lucas qui se trouve être quelqu'un d'assez proche d'une amie à moi qui assistait également au concert et que par conséquent, j'ai pu par la suite aller lui rendre visite dans sa loge ! On en reparlera plus tard !

Symphonie n°3 en ut majeur de Sibelius

Alors ça, c'est une bonne surprise. Je ne connaissais Sibelius que de nom, vaguement pour un concerto pour violon mais maintenant, cette symphonie entre dans mon panthéon. Quelle merveille, et découvrir une telle musique dans ces conditions, c'est vraiment le top. Je retiens surtout le deuxième mouvement, Adantino con moto, quasi allegretto, qui a un rythme de valse. Le thème circulant entre les différents instruments avec un bel équilibre. Mais le début de la symphonie est également impressionnant, joué uniquement par des contrebasses. Je l'écoute vraiment sans me lasser depuis !

J'avais lu quelque chose d'insolite dans le programme, à savoir que cette symphonie avait un orchestre réduit mais c'était pourtant la formation la plus grande de la soirée.

After

Ca, c'est une innovation par rapport à mes autres sorties ! Les loges ! J'ai eu l'occasion de discuter avec les musiciens de l’orchestre de Paris, de prendre des cacahuètes mais surtout du champagne et bien entendu, de rencontrer Paavo Jarvi, dont je suis fan depuis que j'ai visionné sa version de l'Eroica de Beethoven sur YouTube il y a quelques années.

C'est la deuxième fois que je le voyais en concert. La première était il y a un peu plus d'un an et demi, un juin 2014, à Londres, le soir de l'ouverture de la coupe du monde de foot d'ailleurs. Je le lui ai dit, et on m'a fait remarqué qu'il ne devait pas souvent entendre une personne lui dire qu'elle avait privilégié un concert de lui par rapport à un match de football. Il est vrai qu'en général, les fous de foot ne sont pas forcément les mêmes que les fous de musique classique. Mais bon, je suis un garçon étonnant. Un seul regret, je n'ai pas osé lui demander une photo mais bon, je suis certain que l'occasion se représentera.

Mon abonnement à la Philharmonie est terminé pour cette saison mais je pense en reprendre un. C'est une salle magnifique, avec une programmation riche et dense et des musiciens vraiment fantastiques.

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Steve Jobs: Au nom du Père

1 Mars 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

Steve Jobs est un excellent film. Oui, dite comme ça, cette phrase peut prêter à confusion, mais c'est vrai, Steve Jobs n'est plus depuis quelques années mais ce film est là lui, ainsi qu'Apple d'ailleurs.

J'avais déjà vu le précédent biopic sur le personnage qui s'intitulait sobrement Jobs. J'avais bien aimé mais il était trop classique, ennuyeux, il racontait l'histoire de la vie de Jobs depuis l'université jusqu'au lancement de l'Ipod. Toutefois, la ressemblance d'Aston Kutcher avec Steve Jobs était saisissante.

Que nenni ici. On ne raconte pas la vie de Steve Jobs, on le suit simplement au cours de trois lancement de produits. Le Macintosh en 1984, le cube de Next en 1988 et enfin l'iMac en 1998. Mais le sujet de ce film, ce n'est pas Apple, ni jobs ou que sais-je encore, non, ce film est à propos de sa relation avec sa fille Lisa, qui est me semble t-il, l'aspect le plus intéressant de la biographie de ce type. Le scénariste Sorkin l'a bien compris d'ailleurs. Lisa était à peine effleurée dans Jobs, ici, elle est au centre de tout. A travers elle, on voit à quel point Steve Jobs est un homme complexe.

Finalement, tous les personnages sont là pour révéler Steve Jobs, et grâce à tous ces dialogues, on en apprend plus sur ce mec que dans l'autre film. Woz par exemple, fait ressortir son côté inflexible, rugueux. Sculley, l'ancien CEO d'Apple essaye de connaitre l'impact de l'adoption de Steve Jobs dans sa vie. Andy fait ressortir son côté tyranique. Lisa, et Joanna font ressortir son côté humain, comme quoi, les femmes parviennent à nous adoucir quelques fois.

Les dialogues sont vraiment excellents, l'écriture est très belle et Fassbender s'en sort brillamment en Jobs bien qu'il ne lui ressemble pas, l'important est ailleurs. On saisit le personnage lorsqu'il se compare à un chef d'orchestre, ou tout simplement à Dieu qui est quand même aimé alors qu'il a envoyé son fils mourir sur Terre, et ce, juste parce qu'il crée des arbres. Ou encore une simple phrase lorsqu'il dit à sa fille qu'il a un simple défaut de fabrication.

De défaut, ce film en a peu, au contraire, il a un casting en or, un scénario excellent, une réalisation sobre et efficace, un rythme très soutenu, une bande originale solide. Au nombre des défauts, il ne reste que quelques petits soucis avec les flashbacks.

Il s'agit d'un bon divertissement qui ravira les maniaques d'Apple dont je fais malheureusement un peu parti !

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il barbiere di siviglia à Bastille

1 Mars 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Opéra de Paris, #Opéra, #Autre, #Bastille

Une fois de plus, je n'innove pas dans mon titre et comme pour Don Giovanni, je reprends sobrement le titre de l’œuvre dont je vais vous parler ainsi que le lieu où elle m'a été donnée.

J'ai découvert hier avec amusement que Rossini était né un 29 février, en 1792 précisément, je trouve cela formidable que la veille de sa date d'anniversaire, à savoir le dimanche 28 février 2016, d'avoir assisté à une représentation de son il barbiere di siviglia ! Ce opéra est adapté de la célèbre pièce de Beaumarchais, Le Barbier de Séville. A ce sujet je twettais d'ailleurs depuis Bastille...

Sacré Beaumarchais, ses Noces de Figaro ont rythmé de nombreux cours de français au cours de ma scolarité au lycée. Il parvenait à l'époque, à mélanger une histoire d'amour avec un récit sur les différentes classes sociales et cela fonctionnait divinement bien. Mais à cette époque, peu avant la Révolution française, le fait que différentes classes puissent se mêler dans une œuvre de fiction pouvait mener à certains problèmes, notamment la censure.

Le Barbier de Séville est un peu plus léger, d'ailleurs ici, Figaro n'est plus le personnage principal, il s'agit du comte d'Almaviva et de Rosina. Sauf que pour séduire sa belle Rosina, le comte se fait passer pour un roturier du nom de Lindoro. Et pendant toute l'histoire, il essaye de l'arracher des griffes de son tuteur, le Docteur Bartolo (et pas Bartolone). Je ne sais pas si cette légèreté est due au livret de l'opéra ou si elle était déjà présente dans la pièce de théâtre mais en tout cas, elle fait un bien fou. On ne peut être que de bonne humeur devant une telle histoire. C'est une pure comédie, presque pas une once de drame, bien entendu quelques péripéties mais elles sont bien dérisoires.

La mise en scène était vraiment géniale avec un décor dément qui bougeait. Il y avait deux faces et il tournait sur lui même, et parfois le décor bougeait même en pleine action. Une mise en scène vraiment dynamique qui n'avait presque rien à envier au cinéma, bien au contraire !

L'ouverture est un des airs les plus connus de l'opéra et elle a été saluée par une salve d'applaudissements. Au niveau musical, globalement, c'est très agréable à suivre. On a droit à des airs géniaux, à des duos, trios, quatuors, quintettes et autres entre plusieurs voix des plus sublimes. Toutefois, j'ai beaucoup moins aimé que Mozart il y a quelques mois.

Néanmoins, je retiens quelques airs géniaux avec des moments de bravoure des chanteur, notamment Basilio et le génial La calunnia è un venticello Rosina et Una voce poco fa, et bien entendu le comte avec notamment le fameux Pace e gioia sia con voi et un aria dont je n'ai pas retrouvé le nom, je sais qu'à un moment il chante accompagné d'une seule guitare et que son dernier solo est à la toute fin.

Au niveau vocal, j'ai été quand même un peu déçu, seulement une voix s'est démarquée à mes yeux (enfin à mes oreilles), celle de Pretty Yende dans le rôle de Rosina, quelle puissance, je l'entendais comme si elle étais à côté de moi !

Je n'entendais presque pas ce que chantais Bartolo, Basilio quant à lui était excellent, Figaro était un peu diminué mais il avait une excuse, le chanteur était souffrant, on nous l'avait annoncé au début du spectacle ( du coup les Figaro, Figaro, Figaaaro ont été un peu gâchés), enfin le comte était assez correct mais ils faisaient tous pâle figure face à Rosina.

Je parlais plus haut du don de la chronique sociale qu'avait Beaumarchais dans son œuvre. Elle se retrouve dans la distribution de l'opéra. Au sein du public, j'ai un peu regardé autour de moi, nous devions être deux noirs à tout casser, sur une salle qui peut contenir 2723 spectateurs. Mais ça n'avait pas d'importance pour moi car il y avait également deux noirs sur scènes, dans les deux rôles principaux, à savoir Pretty Yende alias Rosina et Lawrence Brownlee alias le Comte. Je crois que je n'avais jamais applaudi aussi fort de toute ma vie, allez savoir pourquoi ! D'ailleurs, vous pouvez les écouter en vidéo à propos de leur travail.

Encore une fois la preuve que l'opéra c'est pour tout le monde. Et c'est souvent démontré par l'absurde. Les distributions des opéras sont souvent internationales, à savoir que cohabitent plusieurs nationalités sur scène, c'est parfois assez cocasse. Pour le coup, nos deux amis, respectivement de nationalités sud africaine et américaine, avaient à chanter en italien pour une histoire se déroulant à Séville en Espagne. Ils s'en sortent pas mal du tout d'ailleurs.

La conclusion c'est que l'opéra est une sorte de tour de Babel, très cosmopolite, en revanche, les histoires racontées embrassent souvent les mêmes thèmes, mais bon, d'un autre côté, comment se lasser des histoires d'amours ? L'ovation finale était tout autant pour la performance des artistes que synonyme de bonne humeur car l'histoire se terminait extraordinairement bien, par un mariage que tout le monde attendait, c'était la fête !

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