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Le blog de andika

Articles avec #rachmaninov tag

Concerto en famille

29 Novembre 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Concerto, #Rachmaninov, #Philharmonie

J'étais de nouveau à la Philharmonie ce dimanche 27 novembre 2016 pour un concert un peu particulier. Il s'inscrivait dans le cadre thématique du concerto pour piano n°2 de Rachmaninov présenté par Alexandre Tharaud. J'avais déjà parlé de Rachmaninov ici en relatant le concert londonien auquel j'avais assisté à l'été 2014 et où j'avais eu la chance d'entendre son concerto n°3, puis en parlant d'un article de libé à propos d'un autre concert.

J'ai toujours eu une petite préférence pour le concerto n°3 mais j'aime aussi beaucoup le n°2 car il signifie beaucoup de choses. Ce concert n'était pas un concert habituel, à savoir qu'il ne s'agissait pas uniquement de musique. J'avais pris cette date car tout d'abord, je préfère le dimanche maintenant, afin d'être sur de pouvoir y aller, de plus, ça ne coutait vraiment pas cher mais une fois les places achetées, je me suis aperçu que quelque chose clochait. En me renseignant un peu plus, j'ai constaté que ces fameux concerts en famille avaient la particularité de ne pas présenter l'oeuvre complète qui est au programme mais des extraits... Mais finalement ce n'est pas plus mal, car, on a eu droit au moins au 3/4 de l'oeuvre et aussi à autres choses, en bonus ! Tout d'abord la narration de Marc Dumont qui est enseignant d'histoire et qui nous a apporté des éclaircissements très intéressants sur le contexte de l'oeuvre, de plus, on a aussi eu l'occasion d'entendre un extrait de la musique de Tchaikowski et il y avait également des extraits vidéos qui étaient diffusés, de sorte que tout cela était très, très dynamique.

A cette occasion, l'orchestre du conservatoire à rayonnement régional de Paris était aux fourneaux, dirigé par Pierre Michel Durand et au piano, nous avion le serbe Aleksandar Madzar. On sentait bien qu'on avait affaire à des jeunes, le son manquait un peu de cohésion, d'ampleur, ils ne faisaient pas bien corps mais toutefois, ils s'en sont admirablement bien sorti.

Dans le premier mouvement, on n'entend la fameuse introduction, faite d'accords mystérieux qui représentent les cloches qui sonnent dans la Russie de Rachmaninov, il disait d'ailleurs que par ces accords, il avait l'intention de prendre possession de l'attention du public. Et c'est une chose vraiment réussite, on est captivé dès le début.

On entend par la suite des extrait du second mouvement, qui est le plus connu car il a été utilisé pour la chanson All by myself, reprise à de multiples reprises. C'est vraiment ce mouvement qui est psychanalytique. En effet, Rachmaninov écrit ce concerto dans une période de grave dépression après l'échec de la création de sa première symphonie à cause du chef d'orchestre qui était saoul. Mais sa thérapie avec Nikolaï Dahl va l'aider à surmonter ses souffrances, lors de la création de l'oeuvre, son propre médecin sera même dans l'orchestre dans le pupitre des violoncelles. On ne peut pas être insensible à cette musique.

Enfin, le troisième mouvement a été joué en entier, c'est le plus joyeux et le plus virtuose, ça tombe bien. En parlant de ça, le pianiste m'a vraiment impressionné, il a également eu à jouer le fameux prélude en Do# mineur op n°2, et c'était vraiment cool.

Au final, c'était vraiment sympa d'avoir quelque chose de différent, ce genre d'initiative permet à un vaste public de venir sans se sentir toutefois étranger, ou pas à sa place. D'ailleurs, à cette occasion, l'association cinémadifférence était présente, elle permet à des personnes qui sont soit malades, sois à mobilité réduite, d'assister à des représentations culturelles. Je pense que ce concert à du plaire à ce public.
 

 

 

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Concert Londonien

3 Septembre 2014 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Londres, #London, #Rachmaninov, #Paavo Jarvi

Je reviens un peu à l'écriture pour graver un souvenir qui me tient à cœur. L'occasion de se poser un peu se présente enfin pour moi, aujourd'hui, dans un parc, avec le concerto pour piano n°3 de Rachmaninov qui sort de mes écouteurs et atteint directement mon cœur.

Remontons les pendules de deux mois, voulez-vous?

En ce jour de juin 2014, le 12 précisément, il y avait deux choses cochées dans mon agenda. Le match d'ouverture de la coupe du monde, bien entendu, je connaissais cette date depuis des années. Le second événement qui le tenait à cœur était un concert à Londres, du chef d'orchestre Paavo Jarvi avec un programme résolument russophone, en effet, étaient prévus Glinka, Rachmaninov et enfin Chostakovitch.

Ça faisait des mois également que j'étais au courant pour ce concert sauf que je me suis rendu compte qu'il tombait pendant le match d'ouverture lorsque je me suis engagé à y aller auprès de mon cher RTT.

Ah ce cher RTT! Tout le monde aime les RTT et il se trouve que RTT l'un de mes meilleurs amis, cela faisait longtemps que je ne l'avais pas vu, je n'allais donc pas laisser un pauvre match de foot m'empêcher de le retrouver après trois longues années. Avec le recul, je n'ai aucun regret. J'ai tellement appris de RTT et c'est toujours stimulant de le fréquenter.

Donc lorsqu'il m'a parlé quelques mois avant, de la possibilité d'assister au concert, j'avais répondu que ce serait possible sous réserve que je n'aille pas aux rattrapages. Et rattrapage il n'y a pas eu pour moi, une grande première. Ainsi, dès mes résultats connus, j'étais tout heureux de lui confirmer ma venue!

Me voici donc dans l'eurostar pour la première fois depuis plus de 10 ans. J'ai d'ailleurs gardé un meilleur souvenir de Londres lors de ce séjour. Entre les oies de Hyde Park, la beauté architecturale de l'Albert Hall, l'immensité du Mall, la ferveur de Traffalgar square tout de jaune vêtu, un petit saut à Downing Street qui m'a fait mieux comprendre les images que j'en voyais à la télévision, le temps d'apercevoir le palais de justice de Londres et bien entendu, squatter le deuxième étage de ces fameux bus à impériale. Tel Jack Bauer, j'y suis resté 24h, c'était tout aussi intense mais bien moins dramatique!

Après ces prolégomènes, il me faut maintenant parler de ce fameux concert! Je n'ai pas l'habitude d'aller voir des concerts de musique classique, tout au plus, il m'est souvent arrivé de me trouver dans une chapelle ou dans une église pour des petits concerts mais jamais je n'avais vu évoluer des artistes internationaux de ce monde. Mais heureusement, j'en connaissais déjà tous les codes. Le silence absolu, les applaudissements uniquement à la fin des œuvres et non à la fin d'une partie et aussi le plus triste pour moi, la totale impossibilité de faire usage de son téléphone ou d'un appareil photo tout le long du concert. Impossible de s'y soustraire, les gens autour son beaucoup trop sages pour essayer de transgresser cette règles.

Alors à partir du moment où j'étais au milieu de cette salle, au premier rang, juste derrière le chef et devant les violoncellistes qui se trouvaient à ma droite, je me suis concentré pour ne rien oublier de cette soirée.

Comme je l'ai dit plus haut, trois compositeurs étaient au programme. Glinka, Rachmaninov et enfin Chostakovitch (5ème symphonie). Je ne connaissais pas Glinka avant ce concert, un petit tour sur Google m'a permis de connaître sa nationalité et d'être certain que c'était une soirée 100% musique russe. En revanche, je connaissais bien mieux les deux autres compositeurs. Tout d'abord, Rachmaninov! Il y a tant à dire sur lui. Je suis venu assez tardivement à Rachmaninov pour dire vrai. A l'adolescence, je ne jurais que par Beethoven, Mozart, Chopin puis Liszt. Je ne connaissais personne qui jouait du Rachmaninov dans mon entourage, ses œuvres n'attiraient pas ma curiosité. Je savais seulement de lui que ses partitions étaient atrocement difficiles à jouer avec des accords tous plus imposants les uns que les autres. J'ai vraiment commencé à m'intéresser à lui grâce à un mail que ma mère a reçu à propos d'un duo comique musical qui jouait justement un prélude de Rachmaninov en do# mineur. Je me suis rapidement procuré la partition afin de constater par moi même à quel point jouer cette œuvre s'avérait compliqué. Mais le moment où j'ai vraiment commencé à aimer Rachmaninov, c'est lorsque j'ai récupéré son concerto pour piano n°3 en ré mineur dans l'ordinateur de RTT. Je l'ai écouté puis je l'ai écouté de plus en plus jusqu'à tout à fait l'aimer, définitivement, pour la vie. C'est une œuvre que je peux aisément écouter trois fois de suites. Une œuvre dont je ne me lasse jamais des anecdotes, une œuvre si profonde et belle que je suis saisi d'une émotion particulière à chaque fois que je l'écoute. Ce qui est drôle avec ce concerto, c'est que son thème initial est d'une simplicité incroyable qui prend totalement le contrepied de ce que j'avais toujours pensé de Rachmaninov. Une mélodie simple, entraînante, enivrante et douce. Ça change des accords horribles qui requièrent bien souvent plus de doigts que comportent les deux mains que nous avons. J'étais donc très excité à l'idée d'entendre cette œuvre jouée en direct devant mes yeux. Enfin, Chostakovitch, je le connaissais surtout grâce à André Rieux et les nombreuses publicités qui reprenaient sa valse. Je me suis d'ailleurs endormi à l'écoute de sa première symphonie qui était jouée ce soir la. En revanche, j'avais beaucoup aimé l'ouverture de Glinka mais j'en ai oublié totalement la mélodie aujourd'hui. On ne va pas se mentir, le seul qui comptait pour moi ce soir là, c'était Rachmaninov.

Ce concerto pour piano n°3, je le classe en tête des œuvres de Rachmaninov, suivi de près par son concerto pour piano n°2, dont, soit dit en passant, tout le monde connait le deuxième mouvement maintenant, grâce à une chanson de Céline Dion, All By Myself il me semble. C'est vraiment serré dans mon esprit, j'aime beaucoup le deuxième concerto surtout pour son aspect symbolique, notamment sur la résilience car il faut savoir que Rachmaninov traversait une grande période de dépression pendant la composition de cette oeuvre qu'il a même dédié par la suite à son psy. De plus, le ton du deuxième concerto ( do mineur ) est un de mes favoris.

Mais le troisième, je le préfère, il est plus virtuose, plus mélodique, plus beau et spectaculaire. Sa tonalité enfin, le ré mineur me touche bien plus, sur tous les concertos pour piano que je connais, 3 de mes préférés sont en ré mineur! Le troisième de Rachmaninov bien entendu, le premier de Brahms et surtout le vingtième de Mozart qui n'est pas loin d'être mon concerto pour piano favori.

Le fait d'assister au concert change tout. Je m'en suis très rapidement aperçu. Il faut être super concentré, on ne peut pas revenir en arrière. Bien entendu, il y a le bruit de la salle qui peut parfois être dérangeant, je me souviens d'une voisine qui était à ma gauche et qui s'est mise à tousser pendant de longue minutes... Enfin, la position que l'on a dans la salle est déterminante. Comme je l'ai dit, je me trouvais au premier rang, juste derrière le chef et à proximité des violoncelles et du soliste. Eh bien je peux vous dire que je les ai bien entendu ces violoncelles. C'est un instrument d'une importance considérable et je n'en avais pas toujours conscience. Il se retrouve de nombreuses fois à jouer le thème, à répondre au soliste, c'était très intéressant de se trouver près de cet instrument. J'ai entendu des choses que je n'aurais jamais entendues ailleurs.

Le premier mouvement commence doucement pour monter, monter. Le fait d'être à côté du piano fait qu'on l'entend très bien voir même trop mais ça s'équilibre au bout d'un moment, on prend l'habitude. Il y a eu à un moment une cadence que je ne connaissais pas. C'est fou les cadences, c'est toujours des moments où on est surpris.

Le deuxième mouvement, intermezzo est un grand moment de quiétude et de méditation, c'était impressionnant à vivre

J'ai également aimé le soliste qui brillait de plus en plus à mesure que le morceau avançait, ainsi le final est brillant dans un vrai dialogue entre le soliste et l'orchestre. Il y a même un instant où tous les instruments à cordes font des percussion en tapant les cordes avec les archets, c'était grandiose.

Enfin, il est amusant de se pencher sur le contexte de cette oeuvre. En effet, Rachmaninov l'avait composée pour une tournée américaine, il avait fait un triomphe avec mais elle était tellement difficile qu'il était incapable de revenir pour un rappel ensuite. Je guettais ce qu'allait nous faire notre pianiste du soir, je n'ai pas été déçu. Il est revenu jouer mais que de la main gauche!

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