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Le blog de andika

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Nuit Blanche 2016

4 Octobre 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Nuit Blanche, #Paris, #Culture, #Art, #Crazy Horse, #Philharmonie, #Petit Palais

C'était Nuit Blanche à paris entre le samedi 1er Octobre et le Dimanche 2 ! Pour ma part, c'était la première fois que j'assistais à cet événement. La Nuit Blanche est arrivée à Paris en 2002 avec les socialistes menés par Bertrand Delanoë et lors de cette fameuse première nuit blanche, le maire de Paris avait été poignardé. Cette histoire m'a tenu éloigné de la nuit blanche pendant 14 ans. J'avais un mauvais à priori quant à cet événement et j'avais tort, j'ai du passer à côté de beaucoup de bonnes choses lors de ces années.

La Nuit Blanche n'est pas un événement très populaire comme peut l'être la fête de la musique où l'on voit presque le tout Paris déferler dans les rues et s'emparer de l'événement. La nuit blanche requiert une initiation et une préparation, elle est un peu élitiste, ne se déroule pas partout. Mais lorsqu'on a les bons plans, les bonnes informations, on passe un bon moment entre toutes ces performances artistiques démentes qui seraient presque inconcevable un jour normal.

Cette année, la nuit blanche m'a mené un peu par hasard au petit palais, puis au palais de Tokyo et enfin, à la philharmonie de Paris, mais pour cette dernière, ça ne devait rien au hasard !

Crazy Horse au Petit Palais

Les danseuses du Crazy n'ont pas attrapé froid !

Les danseuses du Crazy n'ont pas attrapé froid !

Je n'étais jamais entré dans le Petit Palais avant cette nuit blanche alors que je suis un habitué du grand qui est en face, notamment pour les expositions Monumenta ou même une fois, une pièce de théâtre jouée par la comédie française.

Le Petit Palais est un édifice magnifique avec une cour intérieure que je ne connaissais pas, et c'était là le lieu de la performance. Cinq danseuses du célèbre Crazy Horse sont venues nous faire une chorégraphie captivante, envoutante, hypnotisante. Il y avait un jeu de fumé et de lumières qui faisait qu'on les voyait et qu'on ne les voyait pas en même temps. Elles portaient une robe noire transparente et un string, tant et si bien que leurs formes n'avaient aucun secret pour nous. Voir ces corps se mouvoir avec une telle grâce a été une expérience fantastique et j'aurais pu passer ma nuit à contempler ce spectacle sans aucune difficulté. Cette performance a été un grand succès, la file d'attente devant le petit palais était impressionnante, il fallait attendre au moins 1h30 avant d'entrer et tout le monde n'a pas pu y aller vu que ça se terminait à 1h30 du matin. Personnellement, par chance, je n'ai attendu que dix minutes, ayant rejoint des amis qui étaient arrivé en bout de file !

Concerts fleuves à la Philharmonie

Après un bref passage par le palais de Tokyo, on s'est retrouvé à la philharmonie. Il y avait trois concerts en même temps. Dans la salle de répétitions, Urban Brahms, à savoir que l'intégrale de l’œuvre pour piano de ce compositeur était joué, pendant ce temps, la scène était occupé par des danseurs et des graphistes. Je suis resté pour une seule performance et c'était ma foi assez intéressant. Je ne suis pas certain que le pianiste n'ait joué que du Brahms d'ailleurs mais en tout cas, c'était très vivant. Il y avait également les Vexations de Satie joué à la cité de la musique mais je n'y suis pas allé, il fallait ressortir du bâtiment et se retaper la sécurité. Cette oeuvre consiste à jouer 840 fois de suite le même motif au piano, ça peut prendre de 10 à 24h. Pour le coup, plusieurs pianistes se sont relayés, ça devait être cool. Et enfin, le concert qui m'a occupé le plus longtemps, dans la grande salle de la philharmonie dans laquelle j'ai déjà de si nombreux souvenirs ! Le pianiste français Nicolas Hovarth s'était lancé dans un marathon pianistique en jouant l’œuvre complète du compositeur Philip Glass. Son concert a commencé le samedi à 19h et s'est achevé le dimanche à 7h du matin avec pas moins de 9 rappels. Le mec ne fait pas de pauses, il prend juste le temps de boire quelques gorgées de Red Bull alors que ses tourneurs de pages devaient se relayer devant l'ampleur de la tâche. En pleine nuit, il était même capable de pointer l'erreur d'un tourneur de pages qui voulait changer trop rapidement de page en lui montrant de la main où il en était dans la partition. Il s'agit d'une performance de l'artiste mais également du public. Rien n'était comme dans un concert classique usuel, nous pouvions entrer et sortir de la salle à notre guise, il y avait même des transats sur la scène. Nous avions également le loisir de somnoler dans une ambiance bien particulière. La chose la plus étonnante, c'était que le public avait des défaillances là où le pianiste n'en avait aucune, il a livré une prestation que j'ignorais possible jusqu'à présent dans une ambiance indescriptible. Lorsqu'il a fini au petit matin, les applaudissements ont été super chaleureux. Ce n'était pas un artiste avec son public, ça semblait davantage être un groupe, nous avions tous été acteur d'un moment extraordinaire. Je ressentais une véritable complicité avec ce pianiste, ainsi qu'une immense admiration, sachant que je fatigue au bout de dix minutes de piano personnellement quand je joue.

J'avais déjà des souvenirs fantastiques à la Philharmonie, j'y ai découvert Mahler, Sibelius, j'y ai vécu un réquiem de Verdi grandiose, mais y passer la nuit comme si j'étais à la maison, je n'aurais jamais pu l'envisager et pourtant, je l'ai fait ! Mes prochains concerts ne seront plus pareil, j'ai maintenant un lien indéfectible avec cette salle qui m'a tant donné. Même si les sièges ne sont pas très confortables pour y dormir !

Conclusion

La nuit blanche c'est bien ! J'ai mis plusieurs tweets et plusieurs liens en dessous pour que vous puissiez lire des choses intéressantes ! (Autre que mes lignes ahahaha )

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Un requiem allemand à la Madeleine

4 Octobre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Brahms, #allemand, #Requiem, #Eglise, #Madeleine, #Paris, #Classique

Un requiem allemand à la Madeleine

Lorsque j’ai reçu une invitation sur Facebook pour le requiem allemand de Brahms à l’église de la Madeleine pour le vendredi 2 octobre 2015, je n’ai pas hésité bien longtemps avant d’y répondre favorablement. Quelle chance n’empêche, un tel concert, gratuit et à la Madeline, la personne qui m’a invité me voulait décidément du bien ! Premièrement, ceux qui me connaissent un peu beaucoup savent que je suis très germanophile et un peu germanophone. Ainsi, j’ai été comblé de voir que la majorité des musiciens étaient allemands ce soir là !

De plus, en octobre 2014, figurez vous que j’étais déjà dans Brahms, j’avais assisté à un des derniers concerts de la salle Pleyel, et j’avais eu droit à une de ses symphonies et à son second concerto pour piano, un souvenir merveilleux. Brahms est un compositeur que j’ai appris à apprécier très récemment, je ne l’écoutais pas adolescent. Je connaissais bien entendu ses danses hongroises et naturellement, j’avais toujours en tête sa célèbre berceuse. Tout cela était bien dommage car je manquais vraiment quelque chose mais depuis un an, je me rattrape et je m’intéresse vraiment à ce compositeur. J’écoute actuellement ses sonates pour piano et violon qui sont très belles. Brahms m’intriguait pourtant, non seulement pour sa musique mais également en raison de sa relation avec Clara Schumann. Leur correspondance a donné lieu à beaucoup de spéculations et je ne sais pas tellement à quoi m’en tenir.

En parlant de Clara, je vais dorénavant la citer

« Il n’y a pas grand chose à dire, à part le fait que je suis vraiment comblée par ton Requiem, c’est une œuvre magistrale qui touche l’homme dans sa totalité comme rarement. Le plus grand sérieux, allié à toute la magie de la poésie, est merveilleux, bouleversant et apaisant. Comme tu le sais, je n’arrive jamais à bien m’exprimer avec des mots, mais je ressens toute la richesse de cette œuvre dans le plus profond de mon être. L’enthousiasme qui se dégage de chaque partie me touche profondément, je dois le dire; que ne donnerais-je pour pouvoir écouter cette œuvre, écrit Clara Schumann dans une lettre à Johannes Brahms, après avoir tenu dans ses mains les notes des 6ème et 7ème mouvements. »

Clara Schumann

Et en effet, elle ne mentait pas, les deux derniers mouvements sont vraiment exceptionnels. En général, lorsqu’on évoque une messe de requiem, on pense à quelque chose de triste, de sinistre, chanté en latin, les exemples sont légions, on pourra citer Mozart, Verdi, Fauré…

Mais il ne s’agit pas de cela ici, d’une part le chant est en allemand (normal vu le titre) et d’autre part, Brahms a picoré un peu partout dans la Bible pour ses chants, ainsi on y trouve des psaumes ou encore des évangiles. Cela a pour conséquence d’avoir une musique et des chants loin d’être tristes. Rien de comparable au Lacrimosa du requiem de Mozart ici. Toutes les parties amènent de la force, de la quiétude, beaucoup de paix et de réconfort pour s’achever dans le tumulte du triomphe. Ce requiem allemand est une véritable célébration. Ainsi, un passage tiré du livre des Hebreux (13,14) m’a bien marqué. La mort est absorbée dans la victoire. Mort, où est ton aiguillon ! Enfer, où est ta victoire !

Et chanté en allemand, je peux vous dire que ça en jette. C’était dans le fameux sixième mouvement cher à Clara Schumann !

Je vous laisse découvrir cette œuvre par vous-même, à l’époque d’internet, ce n’est pas bien compliqué.

Le truc marrant, c’est qu’avant ce concert, je n’étais jamais entré dans l’église de la Madeleine. Je trouvais cet édifice trop imposant et je dois bien avouer qu’il me faisait un peu peur alors qu’à l’intérieur, c’est juste beau. Il n’y a pas d’autre mot, c’est vraiment une des plus belles églises de Paris.

Pour conclure, il faut que je parle des personnes qui ont organisé ce concert. Il s’agissait en réalité d’un concert de bienfaisance organisé en faveur de l’association Anta Akhi France Toi, mon frère (jeunes adultes atteints de handicap). Et franchement, j’ai tellement apprécié que je risque de leur envoyer un chèque ! Ce concert a été donné en outre par la chorale et orchestre des Médecins d’Allemagne du sud.

Je suis très heureux d’avoir vécu ce moment, dans cet endroit. Seule ombre au tableau, les non initiés qui ont tendance à applaudir entre les parties.

Et puis j’ai toujours assisté à des concerts sympas dans les églises, je me souviens d’un Coriolan de Beethoven à la chapelle du lycée ou encore de la première symphonie de Bizet dans une église du 91. Souvent un bon plan les églises, souvenez-vous-en !

http://www.unesco.diplo.de/contentblob/4623018/Daten/5823701/20150922veranstaltungaerztechorprogramm.pdf

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Don Giovanni à Bastille

24 Septembre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Opéra, #Autre, #Mozart, #Don Giovanni, #Haneke, #Bastille, #Opéra de Paris, #Paris

Par où commencer ? Je suis récemment allé voir le célèbre opéra Don Giovanni de Mozart sur un livret de Da Ponte à l’opéra Bastille et c’était un moment merveilleux. On va occulter le fait d’avoir eu à monter 6 étages pour accéder à son siège, mais d’un autre côté, j’aurais pu prendre l’ascenseur.

Je me suis abonné à l’opéra de Paris pour la saison 2015/2016 depuis au moins 6 mois et l’heure du premier spectacle était enfin arrivée. Et quoi de mieux pour commencer ma saison que Mozart ?

C’est un compositeur que j’adore et l’opéra Don Giovanni ne m’est pas totalement inconnu. On en entend de célèbres extraits dans le fameux film Amadeus (à propos duquel j’ai écrit quelques lignes sur ce blog), mais je suis également familier du personnage de Dom Juan lui-même. Non pas que je sois un séducteur invétéré mais j’ai eu à lire la pièce de Molière au lycée. Mais l’histoire diffère un peu dans ce Don Giovanni même si c’est peu ou prou la même chose et que le personnage principal épouse à peu près les mêmes caractéristiques.

Alors, l’opéra en lui-même est brillant. On sent toute la dimension de la musique de Mozart qui est d’une puissance folle, son génie dans les duos, les trios, dans son ouverture, dans des airs absolument fantastiques. Le livret de Da Ponte n’est pas en reste même si le second acte est un peu une redite mais ce n’est pas trop grave puisque ce n’est pas forcément l’essentiel dans l’opéra. Tant qu’on comprend l’histoire, tout va bien.

Cette histoire est d’ailleurs simple. Don Giovanni est un jouisseur qui ne connait aucune limite, aucune entrave. Il n’a aucune morale, n’hésite pas à tricher, mentir, voler, violer. Il aime toutes les femmes, qu’elles soient belles, laides, jeunes, vieilles, tout ce qui l’intéresse, c’est d’ajouter une ligne à son palmarès (que son valet tient scrupuleusement d’ailleurs). Il me rappelle quelqu’un dont j’ai parlé récemment sur ce blog sur certains aspects…

La mise en scène était osée, on la doit au Michael Haneke. Il ne s’agit plus du 18ème siècle mais d’un cadre contemporain qui rappelle furieusement le quartier de la Défense. Et c’est dans ce sens qu’on remarque que le propos de cet opéra n’a pas tellement vieillit. Il s’agit encore un peu de conflits de classes mais surtout, de la nature des relations hommes/femmes. Du respect de la femme, de leur statut. D’ailleurs, aucune des victimes de Don Giovanni reste sans combattre, elles ont beau être séduites quelques fois, elles ne sont jamais bien dupes et sont animés d’une colère légitime contre lui. On pourra même souligner la fin un peu moralisatrice, mais d’un autre côté, vu la date de l’œuvre !

Enfin la musique mais surtout le chant. C’est impressionnant de voir à quel point le son de l’orchestre et les voix des chanteurs se projettent bien jusqu’au dernier rang. Le seul souci vient de la voix de basse du Commandeur qui semble être un peu lointaine, tel un écho mais cela doit être volontaire. Toutefois, il y a de nombreux moments de bravoure des chanteurs, qui sont mis en valeur et qui parviennent à chanter dans des positions vraiment particulières quelques fois ! Ainsi, on a droit à un très beau trio lorsque Don Giovanni séduit Zerlina (Alfin siam liberati, Duo Là ci darem la mano) , ou aussi un duo magnifique lorsque Zerlina veut se réconcilier avec Masetto mais mon moment préféré, c’est lorsque Laporello fait la liste des conquêtes de Don Giovanni ! (Air « Madamina, il catalogo è questo »)

C’étaient 3h40 de pur bonheur au final, j’ai eu droit à tout le folklore de l’opéra. Le truc le plus récurrent, c’est que les personnages disent les choses au moins à trois reprises, à chaque fois qu’ils prennent la parole. Ensuite, il y a bien entendu les sous titres qui sont au dessus de la scène car c’est un opéra en italien et même lorsque c’est en français, on ne comprend rien.

Le cadre de l’opéra Bastille est magique en plus, même s’il n’y a pas du Chagall au plafond, cette salle se défend pas mal du tout !

Don Giovanni

Dramma giocoso en deux actes (1787)

Musique
Wolfgang Amadeus Mozart
Livret
Lorenzo Da Ponte
 
En langue italienne
Direction musicale
Patrick Lange
Marius Stieghorst
6, 11, 16, 18 oct.
Selon une mise en scene de
Michael Haneke
Don Giovanni
Artur Ruciñski
Il Commandatore
Alexander Tsymbalyuk
Donna Anna
Maria Bengtsson
Don Ottavio
Matthew Polenzani
Donna Elvira
Karine Deshayes
Leporello
Alessio Arduini
Masetto
Fernando Radó
Zerlina
Nadine Sierra
12 > 23 sept.
Gaëlle Arquez
26 sept. > 18 oct.
Décors
Christoph Kanter
Costumes
Annette Beaufaÿs
Lumières
André Diot
Chef des Choeurs
Alessandro Di Stefano
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A la salle Pleyel, j'ai retrouvé mon Brahms

30 Novembre 2014 , Rédigé par andika Publié dans #Brahms, #Concert, #Pleyel, #Classique, #Musique, #Concerto, #Piano, #Paris

Comme promis à ma chère Carole, me voici en train de rédiger mon petit compte rendu du concert de musique classique auquel j'ai assisté ce mardi 25 novembre 2014. Je vais bien entendu vous parler du concert mais ce sujet me permets également de parler de moi, mon rapport à Brahms et bien d'autres choses...

Tout a commencé l'été dernier, lorsque me baladant dans le métro, J'aperçus une affiche qui annonçait un cycle de concerts de Brahms, en automne à la salle Pleyel. Toutes ses symphonies, ses concerto pour pianos, pour violon et bien d'autres oeuvres allaient y passer. Je jetai immédiatement mon dévolu sur son deuxième concerto pour piano qui n'est pas loin d'être mon oeuvre préférée de ce compositeur. Je me suis donc empressé de réserver sans toutefois savoir si je serai en mesure d'y aller sachant que je ne disposais pas encore de mon emploi du temps définitif à la fac. Heureusement, le mardi je finis à 18h30 avec un joyeux TD de contentieux administratif, j'ai donc eu le temps de rallier la salle Pleyel dans le 8ème arrondissement de Paris. Sans toutefois quelques frayeurs, notamment devant un TD qui s'éternisait dans un débat stérile sur l'intelligibilité des décisions de justices rendues par les juridictions administratives ou encore l'ipad de mon camarade de classe que je fis tomber par terre.

Avant de parler du concert en lui même, j'ai bien envie de vous dire comment j'ai rencontré Pleyel puis comment j'ai rencontré Brahms.

Pour Pleyel, j'ai longtemps joué sur un piano Pleyel, chez Blanche et Louis, les grands parents d'un de mes meilleures amis. J'ai mis des années avant de lire l'inscription écrite sur ce si beau piano. Pleyel. Six lettres qui signifient tellement de choses. La manufacture de piano tout d'abord puis cette fameuse salle de tous les concerts de musique classique de Paris. Je m'étais promis d'y aller un jour, d'autant plus que son avenir est incertain à cause de l'ouverture en janvier 2015 de la philharmonie de Paris. Sachant que le manufacture a déjà disparu l'année dernière, le nom de Pleyel tombe peu à peu en désuétude mais tant que ces instruments vivront, la marque ne disparaitra pas.

Au sujet de Brahms, il y a foule de choses à dire. Je crois le connaitre tout d'abord pour sa magnifique berceuse qui donne en allemand "Guten Abend, gute Nacht" ensuite, bien entendu les danses hongroises, qui constituent des tubes à n'en pas douter et enfin, bien entendu sa symphonie n°3 et son fameux troisième mouvement avec le thème sans cesse repris. Par la suite, devant la boite à musique de Zygel, j'ai découvert autres choses de lui, notamment ce fameux concerto n°2 mais aussi le roman Aimez-vous Brahms?, de Françoise Sagan, qui a d'ailleurs été adapté en film et qui a sans toute permis de populariser son œuvre. Mais pourquoi moi, personnellement j'aime Brahms? Surtout pour sa relation ambiguë avec Clara Schumann que je trouve fascinante. Les extraits de leurs correspondance sont assez beaux. Brahms était un personnage torturé, parfois même dépressif, il doutait beaucoup à ses débuts de son propre talent, de sa capacité à composer de la musique et au fur et à mesure de sa vie (et à mesure que sa barbe poussait !), il a pris de l'assurance jusqu'à explorer des territoires nouveaux.

Maintenant le concert en lui même. Il m'a fallu à peu près 45 minutes de Sceaux jusqu'à Charles de Gaulle étoile. En prenant la sortie avenue Hoche, je me suis retrouvé juste devant l'arc de triomphe qui était juste magnifique, la soirée commençait très bien. Je vous passe les détails sur le vestaire gratuit mais tout de même, il faut le souligner, un établissement qui ne requête pas ses clients avec le vestiaire. Je vous passe également mes recherches de noirs dans la salle, j'en ai repéré 3 au final après de longs efforts, en revanche, il y avait énormément d'asiatiques! Et pour finir avec les anecdotes, j'ai vu une enfant de 6-7 assister à ce concert en faisant des dessins et une violoncelliste faire tomber son archet!

Le concert nous était donné par la chamber orchestra off Europe qui d'après un bon ami à moi est un excellent orchestre, il était sous la direction de Bernad Haitink et Emanuel Ax était au piano.

Maintenant, commence pour moi la partie la plus difficile, en effet, comment vous retranscrire la musique que j'ai entendue avec des mots? Je peux à la limite partager avec vous les émotions qu'elle me procure mais décrire ces sons m'est très difficile mais je vais essayer.

Le concert commence par le concerto n°2 en si bémol majeur par un solo de cor. Il joue le thème avant d'être rejoint par le piano afin de former un duo. Et enfin être rejoint par d'autres vents puis le piano par en solo pour une exposition avant que l'orchestre arrive en tuti. Bref, c'est pas très sympa comme ça. Le truc sympa avec ce début, c'est qu'il est très calme, paisible pour au final déboucher sur du tumulte. On parle souvent de ce concerto comme d'un combat entre le piano et l'orchestre, c'est parfois vrai mais ils font surtout équipe. Il faut d'ailleurs que j'en parle de ce pianiste lumineux. Emanuel Ax, il n'a cessé d'avoir le sourire, d'être dynamique, de chantonner un peu le thème par moment, d'haranguer l'orchestre, de le chercher du regard. Il communiquait une énergie phénoménale et rien qu'à regarder ce pianiste, j'étais heureux. Il a brillamment exécuté toute ses parties et tous mes passages préféré avec une clarté et une maitrise absolument fabuleuses.

Des choses que j'ai vues, que j'ai entendues que je ne peux absolument pas percevoir sur un enregistrement audio. Par exemple, je perds beaucoup d'instruments en route, notamment les violons qui jouent si souvent en pizzicato mais que je n'écoute pas sur mon CD. J'ai redécouvert les clarinettes dans ce concerto que j'avais l'habitude de négliger. D'ailleurs j'ai vu une clarinettiste bricoler son instrument pendant le concert.

Le concerto est en quatre mouvement, les deux premiers mouvements sont rapides ou allegro comme on dit en italien, le troisième adante pui adagio, sur le document du concert ils ne mentionnent que adante mais c'est un adagio. Le quatrième est de nouveau allegro.

Les deux premiers mouvements, on n'entend beaucoup les cors, le troisième est celui du violoncelle, c'est limite de la musique de chambre et enfin, le quatrième swing mais sérieusement, ça swing, il n'y a pas de meilleur mot pour le décrire.

Mais si on ne doit retenir qu'un mouvement, c'est bien le troisième et son adagio avec ce violoncelle. Je me souviens lorsque j'étais plus jeune, je n'aimais pas les mouvements lents, je ne les écoutais jamais, ils m'ennuyaient. Et puis, l'age aidant, on devient plus mature, on s'y attarde et on découvre que ce sont les meilleurs passages. Sur cet adagio, je me demande toujours comment un simple violoncelle peut me faire pleurer. Je n'ai toujours pas la réponse. Il est vrai que sur cette partie, Brahms s'inspire ici du lied Klage. C'est un ton assez intimiste, un peu de méditation, de recueillement et de douleur profonde.

Le quatrième mouvement qui suit est d'ailleurs très joyeux, beaucoup de joie de vie pour compenser celui-ci qui est assez triste. J'ai été pleinement satisfait de cette exécution même si mon voisin m'a dit que Brahms écrivait mal la musique. Cela peut être vrai, mais je ne le pense pas, de ce que j'entends, je trouve qu'il s'en sort admirablement bien mais je ne m'y connais pas suffisamment pour juger. Mais je trouve tout de même sa musique élégante.

Après, c'était l'entracte, j'ai pu m'enquérir du score du PSG. C'est quand même dingue qu'à chaque fois que j'assiste à un concert de musique classique, il faut qu'il y ait un match de foot. La dernière fois, en juin, à Londres pour écouter Rachmaninov, c'était le match d'ouverture de la coupe du monde!

Pour tout vous dire, je n'ai pas retenu un seul thème de cette 4ème symphonie. Je me souviens simplement qu'à un moment lors du 4ème mouvement, il y a eu des passages que j'avais beaucoup aimés. Il faudra certainement que je l'écoute plusieurs fois pour avoir toutes les notes en tête.

C'est ainsi que se termine ma petite escapade salle pleyel, à la sorti, j'ai rapidement pu me plonger dans le match du PSG dans un bar à proximité et ainsi allier deux passions qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre. Encore que, le thème de la ligue des champions n'est pas forcément laid!

A bientôt pour de nouvelles aventures et qui sait, peut être que vous me tiendrez compagnie la prochaine fois!

A la salle Pleyel, j'ai retrouvé mon Brahms
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