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Le blog de andika

Articles avec #orchestre de paris tag

Philharmonie 3: Rencontre avec Paavo Järvi

5 Mars 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Philharmonie, #Orchestre de Paris, #Radu Lupu, #Paavo Jarvi, #Autre, #Concert, #Concerto, #Classique, #Musique, #Beethoven

Jeudi 3 mars était une date cochée depuis très longtemps dans mon agenda. Pour ce concert, j'étais placé derrière la scène, une place que j'ai moins bien aimée par rapport au par-terre. Il s'agissait de mon troisième concert à la Philharmonie de Paris et ce chiffre 3 va s'avérer assez récurrent de part le programme de cette soirée ! Concerto pour piano n°3 en do mineur de Beethoven, concerto pour flûte de Carl Nielsen et enfin, symphonie n°3 en do majeur de Sibelius.

Concerto pour piano n°3 de Beethoven

C'est la principale raison de ma venue à ce concert. J'adore cette œuvre. C'est l'un de mes concertos pour piano préféré. D'une part, la tonalité de do mineur que j'affectionne beaucoup, elle a tout ce qu'il faut de brutalité, de rigueur, de mélancolie, de tristesse. Pas étonnant que la 5ème symphonie de Beethoven soit en do mineur, je citerai également sa sonate pour piano n°8, la fameuse Pathétique.

Le pianiste de la soiré n'est autre que Radu Lupu. Il est originaire de Roumanie et je connaissais son nom car à une époque lointaine, lorsque je téléchargeais encore illégalement de la musique, j'avais eu à écouter une des ses interprétations à lui, il s'agissait du fameux adante du concerto pour piano n°21 de Mozart. Une merveille que tout le monde a en tête (si, si, même toi qui me lis, tu connais forcément, j'ai la flemme de mettre un extrait). Sur cet enregistrement, je trouvais son jeu léger, aérien, féérique, élégiaque. C'est vrai que ce morceau s'y prête beaucoup mais en fait, c'est une caractéristique de ce pianiste.

Ce mec est facile, il m'a emporté lors du concert. Au début du premier mouvement (Allegro con brio), l'orchestre joue le thème pendant 3 minutes avant l'entrée du piano. Lorsque le piano entre, il fait la gamme de do mineur ascendantes sur plusieurs octaves (3 précisément) puis reprend le thème en marquant son territoire face à l'orchestre, dans une réponse cinglante. Du moins, dans l'enregistrement que j'ai l'habitude d'écouter, c'est comme cela, le piano est assez rugueux, brutal dans son entrée. Que nenni chez Radu Lupu. Il entre doucement, sans trop de nuance, sans forcer sur les forte, mais il n'a pas besoin de plus pour nous captiver. On dirait que ses mains volent au dessus du piano. Pour bien appréhender le son, on doit être vraiment concentré.

C'est vraiment de l'orfèvrerie son jeu. Le meilleur moment est sans doute le deuxième mouvement, Largo, où il nous montre toute sa virtuosité. Il nous a également livré une excellente cadence. C'est vraiment l'un des meilleurs pianistes que j'ai entendu de ma vie.

Une fois de plus, j'ai été étonné de redécouvrir, une oeuvre que j'écoute énormément, en concert. Tous est toujours plus subtil, que ce soient les nuances ou l'orchestration. De ce concert, je retiens avant tout le basson et la clarinette. Plein de moments géniaux avec ces instruments.

Après l'habituelle ovation, Radu Lupu est revenu pour un bis où il nous a joué du Brahms. Une fois de plus, c'était génial. Je n'ai pas été déçu du voyage.

Concerto pour flûte de Carl Nielsen

Je ne connaissais absolument pas. D'ailleurs, un concerto pour flûte, quelle drôle d'idée. Imaginer une simple flûte face à un orchestre symphonique me semblait assez insolite et de l'insolite, j'en ai trouvé dans cette musique, avec l'usage du trombone et du tuba. C'était un morceau assez intéressant qui se laissait écouter facilement.

Mais la chose la plus significative pour moi de ce concerto, c'était son soliste, Vincent Lucas qui se trouve être quelqu'un d'assez proche d'une amie à moi qui assistait également au concert et que par conséquent, j'ai pu par la suite aller lui rendre visite dans sa loge ! On en reparlera plus tard !

Symphonie n°3 en ut majeur de Sibelius

Alors ça, c'est une bonne surprise. Je ne connaissais Sibelius que de nom, vaguement pour un concerto pour violon mais maintenant, cette symphonie entre dans mon panthéon. Quelle merveille, et découvrir une telle musique dans ces conditions, c'est vraiment le top. Je retiens surtout le deuxième mouvement, Adantino con moto, quasi allegretto, qui a un rythme de valse. Le thème circulant entre les différents instruments avec un bel équilibre. Mais le début de la symphonie est également impressionnant, joué uniquement par des contrebasses. Je l'écoute vraiment sans me lasser depuis !

J'avais lu quelque chose d'insolite dans le programme, à savoir que cette symphonie avait un orchestre réduit mais c'était pourtant la formation la plus grande de la soirée.

After

Ca, c'est une innovation par rapport à mes autres sorties ! Les loges ! J'ai eu l'occasion de discuter avec les musiciens de l’orchestre de Paris, de prendre des cacahuètes mais surtout du champagne et bien entendu, de rencontrer Paavo Jarvi, dont je suis fan depuis que j'ai visionné sa version de l'Eroica de Beethoven sur YouTube il y a quelques années.

C'est la deuxième fois que je le voyais en concert. La première était il y a un peu plus d'un an et demi, un juin 2014, à Londres, le soir de l'ouverture de la coupe du monde de foot d'ailleurs. Je le lui ai dit, et on m'a fait remarqué qu'il ne devait pas souvent entendre une personne lui dire qu'elle avait privilégié un concert de lui par rapport à un match de football. Il est vrai qu'en général, les fous de foot ne sont pas forcément les mêmes que les fous de musique classique. Mais bon, je suis un garçon étonnant. Un seul regret, je n'ai pas osé lui demander une photo mais bon, je suis certain que l'occasion se représentera.

Mon abonnement à la Philharmonie est terminé pour cette saison mais je pense en reprendre un. C'est une salle magnifique, avec une programmation riche et dense et des musiciens vraiment fantastiques.

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Jour de colère à la Philharmonie

15 Février 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Philharmonie, #Verdi, #Requiem, #Orchestre de Paris, #Musique, #Classique, #Concert, #Autre

Jour de colère ou Dies Irae en latin dans le texte ! C'est bien entendu un pasage assez emblématique de la Messe de Requiem destinée aux morts.

Pour le deuxième concert de mon abonnement à la Philharmonie de Paris, j'ai une fois de plus eu la chance d'écouter l'orchestre de Paris, cette fois-ci dans le requiem de Verdi. C'était la seule oeuvre au programme en ce dimanche 14 février 2016, jour des amoureux. (Billet réservé très longtemps à l'avance d'ailleurs...)

Cette pièce est assez conséquente pour constituer un programme à elle seule. C'était monstrueux, la dimension de ce truc, l'orchestre et le choeur tous ensemble, ça faisiat un paquet de personnes. Je n'avais jamais vu la scène aussi remplie. D'ailleurs, les quelques twittos présents dans la salle ont semblé apprécier le spectacle ! Voyez plutôt !

Oui, le dernier tweet est de moi, c'est quand même mon blog personnel !

Ah le Requiem, cette messe me fascine depuis que j'ai vu le film Amadeus au cinéma lorsque j'étais adolescent. Bien entendu, pour moi, la référence reste celui de Mozart. Mais de nature assez curieuse, il y a bien longtemps que j'étais parti chercher autre chose chez différents compositeurs, ainsi, j'aime beaucoup le requiem de Fauré et bien entendu celui de Verdi. D'ailleurs, je pense que le requiem de Verdi est mon préféré après celui de Mozart qui est indépassable à mon avis.

J'ai tellement aimé et écouté le requiem de Mozart que j'en connais le texte en latin de plusieurs passages par cœur. C'est très pratique pour suivre mais cela a un petit désavantage. En effet, ce n'est plus du tout le même rythme et encore moins la même musique chez Verdi, donc même si on conserve les paroles, il faut rééduquer l'oreille afin que le texte cadre avec le nouveau contexte. Mais d'un autre côté, c'est passionnant. On voit ce que les différents compositeurs font du même matériau de base. C'est comme si plusieurs compositeurs partaient du même livret pour faire chacun leur opéra.

D'ailleurs, en parlant d'opéra, ce requiem y ressemble terriblement. La manière dont sont traités les solistes y ressemble fortement. Chacun a un rôle très fort, chacun a son solo, son moment de gloire.

Il est tellement impressionnant d'assister à ce requiem dans la salle de concert, on ne peut pas retrouver ça ailleurs. L'effectif est trop imposant pour retranscrire ce que ça représente. Tellement de musiciens, qu'il y avait même quatre trompettistes dans les gradins !

Les dynamiques sont très variées, on commence avec un pianissimo qui est vraiment prodigieux, vu le monde qui joue en même temps, vu le nombre de personnes qui chantent mais très rapidement, on arrive au fameux Dies Irae. Et là, c'est parti pour presque une heure non stop. Pas de pause entre les parties, ce Dies Irae est un tout. Ce n'est pas comme chez Mozart où on sépare Dies Irae, Tuba Mirum, Rex, Recordade, Confutatis, lacrymosa. Tous ces passages sont inclus dans le Dies Irae. Et le thème du Dies est une sorte de refrain, on l'entend au moins cinq fois il me semble tout au long du Requiem. Un tutti fortissimo avec un max de percussion et le choeur qui chante à fond, c'est impressionnant. Cette musique est souvent utilisée au cinéma ou dans la publicité d'ailleurs. Du coup, le titre de mon article était tout trouvé !

Ce requiem est épique, mais il a également des passages plus doux, certains solos de la soprano sont très émouvants, les larmes ne sont jamais loin. J'ai retenu également un solo de basson dans le Quid sum miser.

On passe vraiment par toutes les émotions. D'un autre côté, il y a des passages tellement grandioses, limite héroïques (ce Tuba mirum putain de merde !), de telle sorte que j'ai du mal à les imaginer joués dans une église.

Toutefois, je crains qu'il n'y ait pas de meilleur hommage à un mort que ce requiem et d'ailleurs, cette musique semble être à même de les réveiller les morts !

En conclusion, c'était un concert sublime, salué par une ovation d'une bonne dizaine de minutes qui a suivi un long silence de cathédrale après le dernier accord du Libera me. Puis j'ai vu le chef, Gianandrea Noseda embrasser la partition, j'ai trouvé ça génial. Ce requiem, l'écouter en entier chez moi, je trouve ça un peu difficile. Mais en concert, il fait dans les 1h40 et on ne voit pas le temps passer. J'ai vraiment l'impression d'avoir vécu un grand moment.

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