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Le blog de andika

Articles avec #opera de paris tag

L'opéra: La magie des coulisses

10 Avril 2017 , Rédigé par andika Publié dans #cinema, #opera, #opera de paris

En tant qu'ancien abonné de l'opéra de Paris lors de la dernière saison (2015/2016), je ne pouvais décemment pas manquer ce film.

On plonge ici dans les coulisses de cette vénérable institution et on est confronté à des problématiques que l'on n'imagine même pas lorsqu'on se place dans les gradins. Un préavis de grève qui tombe, un chanteur malade au dernier moment, un chœur qui ne s'accorde pas avec un metteur en scène pour qui la musique n'est pas la priorité... La multiplication de ce genre de situation permet au spectateur de bien situer le contexte et de comprendre qu'il n'est pas aisé de gérer cela quotidiennement. Stephane Lissner est le directeur de l'opéra et le héros de cette épopée. Souvent, on ne fait qu'effleurer le noeud du problème lors d'une réunion, problème qui se résout toutefois, on sent la pression qui repose sur ses épaules.

Ainsi, un passage où il parle des tarifs de l'opéra est très éloquent. La magie quant à elle nous vient des artistes. Du directeur musical Philippe Jordan qui est totalement engagé. Benjamin Millepied, le directeur de la danse est quant à lui plus fuyant et n'existe que lorsqu'il crée, la passage sur les répétitions de son ballet La nuit s'achève était vraiment magnifique. Les autres moments, il est là sans être là ce qui fait écho avec son départ à la fin de la saison 2015/2016.

Il faut également mentionner ces enfants du programme 10 mois d'école et d'opéra qui répètent la 7ème de Beethoven. Et surtout cet apprenti chanteur russe du nom de Mikhaïl Timoshenko qui nous fait vraiment passer des moments magiques. Cette saison 2015/2016, je l'ai aimée à Garnier et à Bastille et cet amour a continué au cinéma.

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Peck/Balanchine: Moderne classicisme

17 Juillet 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Ballet, #Opéra de Paris, #Autre

Trailer

J'étais le lundi 11 juillet à l'opéra Bastille pour le dernier spectacle de mon abonnement. Il s'agissait de deux ballets, l'un chorégraphié par Justin Peck et l'autre par George Balanchine. Chose étrange dorénavant à l'opéra de Paris, les ballets n'ont pas de titre, on les nomme que par le nom des chorégraphes. J'ai un peu tardé à écrire mon article de sorte que tous les liens qui renvoient vers ce spectacle sur le site de l'opéra de Paris ont disparu, j'ai donc opté pour une bande annonce en illustration de mon billet, ce n'est pas plus mal.

Entre chien et loup de Justin Peck

Ce ballet est mémorable à mes yeux par la qualité des costumes. Tous noirs mais avec des couleurs qui permettent de distinguer les différents protagonistes. C'était assez court, ce n'est pas mal pour une soirée d'été. La danse était faite sur une musique de Poulenc, concerto pour deux pianos en ré mineur. C'était assez sympa même si cette musique m'a un peu dérouté.

Brahms-Schönberg quartet de George Balanchine

J'ai adoré et vraiment préféré au premier ballet contrairement à certains de mes amis. D'une part, les costumes sont encore meilleurs ici, et oui, ils ont été dessinés par Karl Lagerfeld lui même ! Mais surtout, la musique ! Il s'agit du quatuor pour piano n°1 en sol mineur de Brahms mais joué à l'orchestre d'après une orchestration d'Arnold Schönberg.

Et je dois dire que dès les premiers accords, la musique et les danseurs prennent possession de la scène et de cet espace immense pour ne plus les quitter. Tout au long des quatre mouvements, on alterne entre les personnages et c'est très, très vivant.

En écoutant cette musique, j'étais heureux d'avoir l'orchestre de l'opéra de paris sur ce coup, puisque mon dernier ballet, je n'avais eu que des pianos. La musique pouvait se suffire à elle même à la limite.

Conclusion

C'était une belle manière de conclure cette saison à l'opéra de Paris pour moi. J'en garderai d'excellent souvenirs et des émotions fortes. Des arias de l'opéra comme par exemple La ci darem la Mano dans Don Giovanni, ou encore de la poésie dansée dans la nuit s'achève de Millepied. La grande joie à la sortie du Barbier de Séville, les larmes à la fin de la Traviata. Je ne pense pas me réabonner l'année prochaine ne sachant pas si j'aurai autant de temps, mais j'y retournerai certainement ! Vraiment allez-y, c'est génial !

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La Traviata à Bastille: Des rires et des larmes

27 Mai 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Opéra, #Opéra de Paris, #Verdi, #Traviata, #anniversaire

Lundi 23 mai 2016, j'étais à l'opéra Bastille pour y voir la 449ème représentation de la Traviata de Verdi à l'Opéra de Paris ! Quel chiffre, c'est impressionnant. Il s'agit tout de même d'une œuvre super célèbre et tout bonnement superbe. Il y a tellement de choses à dire et ce choix de ma part était tout sauf anodin.

En effet, à l'occasion de mon anniversaire, on m'avait offert un bon d'achat pour l'opéra de Paris et mon choix s'est porté sur celui-ci car j'avais lu le roman dont l'opéra était inspiré, à savoir La Dame aux Camélias d'Alexandre Dumas Fils. Mais le truc marrant, c'est que la raison pour laquelle j'avais lu la Dame aux Camélias, c'est justement parce que je savais que Verdi en avait fait un opéra ! Une manière de boucler la boucle. D'ailleurs, Verdi de passage à Paris, ayant vu la pièce de théâtre inspirée du roman avait immédiatement eu l'idée d'en faire un opéra.

L'opéra est une adaptation assez libre du roman. Chose assez sympa, cet opéra se déroule à Paris et pour une fois, cela correspondait à l'endroit où je me trouvais. Il reprend quelques moments forts de la dame aux camélias. A savoir la rencontre, le départ à la campagne et la mort de l’héroïne. Changement notable, Marguerite s'appelle Violetta à l'opéra et Armand se nomme Alfredo.

La mise en scène était assez sobre, articulée autour de 4 décors relatifs à 4 moments de l'histoire. Mais bien que sobres, ils étaient très beaux. Cette mise en scène avait un ton très juste.

L'ouverture

Je n'ai jamais entendu une ouverture d'opéra aussi triste et mélancolique, elle montre bien le ton. Pourtant le premier acte commence sur une scène de fête mais toutefois, le drame n'est jamais loin, il plane constamment et n'attend que de s'abattre. Et cette ouverture annonce tellement le drame qu'on l'entend aussi avant le début du troisième acte qui est de loin le plus triste.

Une sacrée femme (et soprano)

La Traviata est un rôle pour soprano et il met tellement en valeur sa Violette. Elle chante des airs tellement magiques. Au niveau du jeu d'actrice, elle doit également être au diapason, on lui demande beaucoup d'émotions différentes. Cela va de la jouissance dans la vie la plus légère à l'amour transi. Verdi fait briller cette femme de mille feux. La Traviata, c'est aussi le portrait d'une femme libre. Dans le roman, il est dit explicitement que c'est une courtisane mais pas dans l'opéra on comprend toutefois son mode de vie (Ca dépend surtout de la mise en scène, celle-ci était sobre et recréait le 19ème siècle). On remarque aussi une fois de plus que ce genre rôle féminin, de femme forte, indépendante, comme dans Carmen, est destiné à trouver la mort à la fin du spectacle, c'est bien dommage !

De l'émotion et des tubes

La Traviata, c'est surtout une musique sublime avec des airs connus de tous, notamment le chœur des bohémiens ainsi que le fameux Brindisi. Mais le truc le plus génial de cet opéra, c'est qu'il s'écoute très facilement même sans l'image. La musique est tellement explicite qu'il me suffit de l'écouter pour savoir où on en est dans l'histoire. L'émotion est transparente, la gestion des tempos est magistrale, les nuances ont toutes un sens et on s'y retrouve très précisément et que l'ensemble est très cohérent. Et pourtant je ne pige rien à l'italien quand je l'écoute mais ça prend directement aux tripes. C'est un opéra assez mélancolique et dramatique, et il avait reçu un accueil assez mitigé à l'époque de la première, on a mis du temps avant de voir quel chef d’œuvre c'était. Et surtout, cet opéra a l'immense mérite de ne pas être trop long. Sans les entractes, ça dure deux heures, imbattable !

Conclusion

Il faut avoir vu La Traviata au moins une fois dans sa vie, c'est une obligation. Sérieux, venez à l'opéra comme vous êtes, il n'y a aucun dress code !

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il barbiere di siviglia à Bastille

1 Mars 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Opéra de Paris, #Opéra, #Autre, #Bastille

Une fois de plus, je n'innove pas dans mon titre et comme pour Don Giovanni, je reprends sobrement le titre de l’œuvre dont je vais vous parler ainsi que le lieu où elle m'a été donnée.

J'ai découvert hier avec amusement que Rossini était né un 29 février, en 1792 précisément, je trouve cela formidable que la veille de sa date d'anniversaire, à savoir le dimanche 28 février 2016, d'avoir assisté à une représentation de son il barbiere di siviglia ! Ce opéra est adapté de la célèbre pièce de Beaumarchais, Le Barbier de Séville. A ce sujet je twettais d'ailleurs depuis Bastille...

Sacré Beaumarchais, ses Noces de Figaro ont rythmé de nombreux cours de français au cours de ma scolarité au lycée. Il parvenait à l'époque, à mélanger une histoire d'amour avec un récit sur les différentes classes sociales et cela fonctionnait divinement bien. Mais à cette époque, peu avant la Révolution française, le fait que différentes classes puissent se mêler dans une œuvre de fiction pouvait mener à certains problèmes, notamment la censure.

Le Barbier de Séville est un peu plus léger, d'ailleurs ici, Figaro n'est plus le personnage principal, il s'agit du comte d'Almaviva et de Rosina. Sauf que pour séduire sa belle Rosina, le comte se fait passer pour un roturier du nom de Lindoro. Et pendant toute l'histoire, il essaye de l'arracher des griffes de son tuteur, le Docteur Bartolo (et pas Bartolone). Je ne sais pas si cette légèreté est due au livret de l'opéra ou si elle était déjà présente dans la pièce de théâtre mais en tout cas, elle fait un bien fou. On ne peut être que de bonne humeur devant une telle histoire. C'est une pure comédie, presque pas une once de drame, bien entendu quelques péripéties mais elles sont bien dérisoires.

La mise en scène était vraiment géniale avec un décor dément qui bougeait. Il y avait deux faces et il tournait sur lui même, et parfois le décor bougeait même en pleine action. Une mise en scène vraiment dynamique qui n'avait presque rien à envier au cinéma, bien au contraire !

L'ouverture est un des airs les plus connus de l'opéra et elle a été saluée par une salve d'applaudissements. Au niveau musical, globalement, c'est très agréable à suivre. On a droit à des airs géniaux, à des duos, trios, quatuors, quintettes et autres entre plusieurs voix des plus sublimes. Toutefois, j'ai beaucoup moins aimé que Mozart il y a quelques mois.

Néanmoins, je retiens quelques airs géniaux avec des moments de bravoure des chanteur, notamment Basilio et le génial La calunnia è un venticello Rosina et Una voce poco fa, et bien entendu le comte avec notamment le fameux Pace e gioia sia con voi et un aria dont je n'ai pas retrouvé le nom, je sais qu'à un moment il chante accompagné d'une seule guitare et que son dernier solo est à la toute fin.

Au niveau vocal, j'ai été quand même un peu déçu, seulement une voix s'est démarquée à mes yeux (enfin à mes oreilles), celle de Pretty Yende dans le rôle de Rosina, quelle puissance, je l'entendais comme si elle étais à côté de moi !

Je n'entendais presque pas ce que chantais Bartolo, Basilio quant à lui était excellent, Figaro était un peu diminué mais il avait une excuse, le chanteur était souffrant, on nous l'avait annoncé au début du spectacle ( du coup les Figaro, Figaro, Figaaaro ont été un peu gâchés), enfin le comte était assez correct mais ils faisaient tous pâle figure face à Rosina.

Je parlais plus haut du don de la chronique sociale qu'avait Beaumarchais dans son œuvre. Elle se retrouve dans la distribution de l'opéra. Au sein du public, j'ai un peu regardé autour de moi, nous devions être deux noirs à tout casser, sur une salle qui peut contenir 2723 spectateurs. Mais ça n'avait pas d'importance pour moi car il y avait également deux noirs sur scènes, dans les deux rôles principaux, à savoir Pretty Yende alias Rosina et Lawrence Brownlee alias le Comte. Je crois que je n'avais jamais applaudi aussi fort de toute ma vie, allez savoir pourquoi ! D'ailleurs, vous pouvez les écouter en vidéo à propos de leur travail.

Encore une fois la preuve que l'opéra c'est pour tout le monde. Et c'est souvent démontré par l'absurde. Les distributions des opéras sont souvent internationales, à savoir que cohabitent plusieurs nationalités sur scène, c'est parfois assez cocasse. Pour le coup, nos deux amis, respectivement de nationalités sud africaine et américaine, avaient à chanter en italien pour une histoire se déroulant à Séville en Espagne. Ils s'en sortent pas mal du tout d'ailleurs.

La conclusion c'est que l'opéra est une sorte de tour de Babel, très cosmopolite, en revanche, les histoires racontées embrassent souvent les mêmes thèmes, mais bon, d'un autre côté, comment se lasser des histoires d'amours ? L'ovation finale était tout autant pour la performance des artistes que synonyme de bonne humeur car l'histoire se terminait extraordinairement bien, par un mariage que tout le monde attendait, c'était la fête !

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Le ballet pour tous

14 Février 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Opéra de Paris, #Millepied, #Bel, #Robins, #Beethoven, #Bach, #Ballet

Samedi 13 février 2016, j'ai assisté à mon deuxième spectacle de la saison à l'Opéra de Paris. Cette fois-ci, c'était à Garnier et il s'agissait d'un ballet, une grande première pour moi. J'ai adoré, bien que de ma place, je ne pouvais pas voir le plafond de Chagall et que les sièges de Garnier soient quelque peu exigus.

Toutefois, j'avais vraiment l'impression d'être in, en effet, l'opéra de paris a énormément fait parler de lui ces derniers temps, notamment à cause de la démission de son célèbre directeur de la danse, Benjamin Millepied. Du coup, l'actualité était un peu chaude, de quoi faire quand même un petit événement.

Le programme comprenait trois ballets, tout d'abord Tombe, une création de Jérôme Bel, puis La nuit s'achève d'après une chorégraphie de Benjamin Millepied et enfin, les Variations Goldberg sur une chorégraphie de Jerome Robins.

Tombe

C'est surtout grâce à cette oeuvre que j'ai intitulé mon article le ballet pour tous. Il n'y a personne sur scène au début, on entend juste des voix. Le danseur nous explique ce qu'est l'opéra de paris, le ballet, comment ça se passe puis il nous détaille de quoi s'agit cette oeuvre. C'est en réalité un projet qui conduit trois danseurs de l'opéra de Paris à prendre une partenaire qui n'a rien à voir avec l'opéra ou le ballet, afin de danser avec elle sur scène. Et c'est prodigieux ! (D'ailleurs, blague à part, le premier danseur avait au départ eu l'idée d'inviter Christiane Taubira)

Le premier danseur est celui qui nous parle, il arrive à un moment accompagné de son invitée qui s'appelle Enda Traoré, c'est la caissière du supermarché où il va faire les courses. On assiste alors à un dialogue, il décrit le décor, comment on peut en changer. Il lui parle également de la régie, des projecteurs qui éclairent les danseurs, il parle également du public, s'adresse à nous, nous salue. Le haut des gradins est surnommé le paradis, la bas le parterre, beaucoup d’anecdotes amusantes. Par exemple, Enda se demande si le bas ne devrait pas s'appeler l'enfer puisque le haut est le paradis... Il explique également quel est ce ballet qu'ils sont sensés danser. Le décors correspond au ballet Gisèle, tout part de là, ou plutôt tout en dérive car on n'en conservera pas l'histoire. A un moment, l'envie de danser prend Enda. A l'aide de son IPhone, elle passe une musique qui lui plait. Un rythme africain, lent mais dansant, et elle danse seule au milieu de la scène avant d'être rejointe par le danseur du ballet. Ils nous livrent par la suite un duo très intéressant, en s'échangeant notamment le foulard de Enda.

Puis le deuxième couple arrive. Cette fois-ci, on a un danseur costumé, tout à fait dans la tradition du ballet et de l'opéra de Paris. Il est rapidement rejoint par une danseuse, également costumée mais elle a la particularité d'être en fauteuil roulant. En effet, cette jeune femme est unijambiste ! Cela ne l'empêchera nullement de danser et de nous faire vivre un moment très intéressant.

Enfin, au lieu d'avoir un troisième couple, on voit arriver un danseur seul sur la scène. Il avait invité Sylviane, 84 ans, passionnée de ballet et qui fréquentait l'opéra de Paris depuis des années et des années. Cela lui avait semblé naturel de l'inviter, lui donner l'opportunité d'apparaître au moins une fois sur scène. Malheureusement, son état de santé s'étant détérioré après les répétition, elle n'était plus en mesure de venir danser. Qu'à cela ne tienne, on nous a diffusé une vidéo des répétitions et finalement, l'effet était tout aussi intéressant. D'ailleurs, dans cette vidéo, on a eu l'occasion de voir le chorégraphe, Jérôme Bel. En gros, cette chorégraphie consistait en ce que le danseur aille chercher Sylviane dans le public puis après quelques pas de danse, prenne sa place au sein des spectateurs. C'était encore un moment très émouvant.

Avec ce Jérôme Bel, on passe rapidement du rire aux larmes, c'est incroyable, alors qu'il s'agit simplement de danse. J'espère que Sylviane se porte mieux en tout cas.

La nuit s'achève

Celui-ci est déjà un peu plus traditionnel. Il est dansé sur la sonate pour piano n°23 de Beethoven, appelée communément sonate Appasionnata, une de mes préférées. Avant toute chose, j'en veux un peu au pianiste ( Alain Planès ) qui a massacré un zeste la sonate de Beethoven mais c'était quand même correct. Moi, je massacre aussi Beethoven mais je ne suis pas payé pour ça. En tout cas, quelle belle idée que de danser sur cette musique. Je ne pouvais qu'y souscrire vu que cette sonate me hante depuis mon adolescence déjà et que je l'écoutais jouée par un de mes amis.

Cette sonates a trois mouvements qui correspondront à trois ambiances différentes. Encore une fois trois couples.

Lors du premier mouvement, les trois couples sont sur scène, se croisent, se recroisent et se mélangent. Mouvement allegro assai, donc assez rapide et les danseurs le retranscrivent bien. chaque couple est habillé d'une couleur, différentes teintes de foncé.

Lors du deuxième mouvement, Adagio con motto (que j'ai un peu horreur d'écouter, oui je commence à aimer les mouvements lent mais celui-ci, au milieu du torrent de lave qu'est l'appasionnata, c'est dur), on n'a plus qu'un couple, tout de blanc vêtu. C'est le passage le plus explicite, à un moment, les danseurs s'embrassent carrément, c'est une sorte de séduction qui fonctionne très bien. Les danseurs sont sublimes dans leur tenue blanche, j'étais hypnotisé.

Enfin, le troisième mouvement, Allegro ma non troppo - Presto, mon préféré à l'écoute et au niveau de la danse ça y allait aussi. C'était tellement bon que j'avais moi-même envie de bouger. De nouveau trois couples, une véritable confrontation entre les hommes et les femmes. Là où cette musique semble un peu brutale, la danse l'adouci quelque peu. Encore une fois des mélanges, et cette fois-ci, on conserve le couple habillé en blanc et les deux autres sont habillés en couleur sombre.

J'ai vraiment beaucoup apprécié La nuit s'achève. J'ai lu beaucoup d'articles sur Millepied, et les différends qu'il a pu avoir avec l'opéra de Paris, mais lorsque je vois son travail, j'ai l'impression que son départ est une vraie perte. En tout cas, je suis bien content d'avoir pu assister à au moins un de ses spectacles.

Les variations Golberg

Après Beethoven, Bach. Du coup, même si je n'avais pas aimé la danse sur scène, mes oreilles auraient quand même été comblées ! Ah les variations Goldberg, quelle merveille. Lorsque j'ai entendu qu'il y avait un ballet sur cette musique, j'ai pris conscience qu'il y aurait de la dans pendant une heure car il s'agit d'une heure de musique. Un aria, trente variations et c'est parti. Une chorégraphie par variation et c'était vraiment génial. La pianiste ( Simone Dinnerstein ) jouait divinement bien d'ailleurs. Bon, ce n'était pas du Gould non plus mais c'était sympa.

Conclusion

La danse est un moyen d'expression artistique très intéressant. Tout passe par le corps, c'est peut-être difficile à appréhender, faire passer un message, raconter une histoire, tout devient plus compliqué lorsqu'on n'utilise que le corps et pourtant, c'est possible. La musique aide bien. J'ai en tout cas acquis la certitude que le ballet était pour tout le monde et que personne n'était exclu de l'opéra de paris !

Prochain spectacle, le Barbier de Seville, j'ai hâte !

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Don Giovanni à Bastille

24 Septembre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Opéra, #Autre, #Mozart, #Don Giovanni, #Haneke, #Bastille, #Opéra de Paris, #Paris

Par où commencer ? Je suis récemment allé voir le célèbre opéra Don Giovanni de Mozart sur un livret de Da Ponte à l’opéra Bastille et c’était un moment merveilleux. On va occulter le fait d’avoir eu à monter 6 étages pour accéder à son siège, mais d’un autre côté, j’aurais pu prendre l’ascenseur.

Je me suis abonné à l’opéra de Paris pour la saison 2015/2016 depuis au moins 6 mois et l’heure du premier spectacle était enfin arrivée. Et quoi de mieux pour commencer ma saison que Mozart ?

C’est un compositeur que j’adore et l’opéra Don Giovanni ne m’est pas totalement inconnu. On en entend de célèbres extraits dans le fameux film Amadeus (à propos duquel j’ai écrit quelques lignes sur ce blog), mais je suis également familier du personnage de Dom Juan lui-même. Non pas que je sois un séducteur invétéré mais j’ai eu à lire la pièce de Molière au lycée. Mais l’histoire diffère un peu dans ce Don Giovanni même si c’est peu ou prou la même chose et que le personnage principal épouse à peu près les mêmes caractéristiques.

Alors, l’opéra en lui-même est brillant. On sent toute la dimension de la musique de Mozart qui est d’une puissance folle, son génie dans les duos, les trios, dans son ouverture, dans des airs absolument fantastiques. Le livret de Da Ponte n’est pas en reste même si le second acte est un peu une redite mais ce n’est pas trop grave puisque ce n’est pas forcément l’essentiel dans l’opéra. Tant qu’on comprend l’histoire, tout va bien.

Cette histoire est d’ailleurs simple. Don Giovanni est un jouisseur qui ne connait aucune limite, aucune entrave. Il n’a aucune morale, n’hésite pas à tricher, mentir, voler, violer. Il aime toutes les femmes, qu’elles soient belles, laides, jeunes, vieilles, tout ce qui l’intéresse, c’est d’ajouter une ligne à son palmarès (que son valet tient scrupuleusement d’ailleurs). Il me rappelle quelqu’un dont j’ai parlé récemment sur ce blog sur certains aspects…

La mise en scène était osée, on la doit au Michael Haneke. Il ne s’agit plus du 18ème siècle mais d’un cadre contemporain qui rappelle furieusement le quartier de la Défense. Et c’est dans ce sens qu’on remarque que le propos de cet opéra n’a pas tellement vieillit. Il s’agit encore un peu de conflits de classes mais surtout, de la nature des relations hommes/femmes. Du respect de la femme, de leur statut. D’ailleurs, aucune des victimes de Don Giovanni reste sans combattre, elles ont beau être séduites quelques fois, elles ne sont jamais bien dupes et sont animés d’une colère légitime contre lui. On pourra même souligner la fin un peu moralisatrice, mais d’un autre côté, vu la date de l’œuvre !

Enfin la musique mais surtout le chant. C’est impressionnant de voir à quel point le son de l’orchestre et les voix des chanteurs se projettent bien jusqu’au dernier rang. Le seul souci vient de la voix de basse du Commandeur qui semble être un peu lointaine, tel un écho mais cela doit être volontaire. Toutefois, il y a de nombreux moments de bravoure des chanteurs, qui sont mis en valeur et qui parviennent à chanter dans des positions vraiment particulières quelques fois ! Ainsi, on a droit à un très beau trio lorsque Don Giovanni séduit Zerlina (Alfin siam liberati, Duo Là ci darem la mano) , ou aussi un duo magnifique lorsque Zerlina veut se réconcilier avec Masetto ( air Vedrai caarino) mais mon moment préféré, c’est lorsque Laporello fait la liste des conquêtes de Don Giovanni ! (Air « Madamina, il catalogo è questo »)

C’étaient 3h40 de pur bonheur au final, j’ai eu droit à tout le folklore de l’opéra. Le truc le plus récurrent, c’est que les personnages disent les choses au moins à trois reprises, à chaque fois qu’ils prennent la parole. Ensuite, il y a bien entendu les sous titres qui sont au dessus de la scène car c’est un opéra en italien et même lorsque c’est en français, on ne comprend rien.

Le cadre de l’opéra Bastille est magique en plus, même s’il n’y a pas du Chagall au plafond, cette salle se défend pas mal du tout !

Don Giovanni

Dramma giocoso en deux actes (1787)

Musique
Wolfgang Amadeus Mozart
Livret
Lorenzo Da Ponte
 
En langue italienne
Direction musicale
Patrick Lange
Marius Stieghorst
6, 11, 16, 18 oct.
Selon une mise en scene de
Michael Haneke
Don Giovanni
Artur Ruciñski
Il Commandatore
Alexander Tsymbalyuk
Donna Anna
Maria Bengtsson
Don Ottavio
Matthew Polenzani
Donna Elvira
Karine Deshayes
Leporello
Alessio Arduini
Masetto
Fernando Radó
Zerlina
Nadine Sierra
12 > 23 sept.
Gaëlle Arquez
26 sept. > 18 oct.
Décors
Christoph Kanter
Costumes
Annette Beaufaÿs
Lumières
André Diot
Chef des Choeurs
Alessandro Di Stefano
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