Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de andika

Articles avec #mahler tag

Résurrection à la Philharmonie de Paris

25 Mai 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Philharmonie, #Mahler, #Résurrection, #Orgue

Une fois de plus, la vie succède à l'horreur, ce concert était dédié aux victimes de Manchester. Sachant que Daniel Harding, le chef, est britannique et de surcroît supporter de Manchester United. Malgré la menace terroriste, il faut continuer à vivre comme l'a rappelé la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Mercredi 24 mai 2017 avait lieu un concert à la philharmonie de Paris où l'unique œuvre au programme était la symphonie n°2 "Résurrection" de Gustave Mahler, interprétée par l'orchestre de Paris et son choeur dirigés par Daniel Harding. J'en garde une impression mitigée. Je vais m'en expliquer. J'attendais beaucoup de ce concert, sans doute trop. J'ai écouté cette œuvre à de nombreuses reprises, j'avais même assisté avec attention à l'enregistrement de la tribune des critiques de disques à son sujet récemment.

Je suis attaché à cette symphonie car c'est avec cette dernière que j'ai vraiment découvert Mahler. Enfin, avec la Totenfeier qui est un poème symphonique mais également le premier mouvement de cette symphonie. Et c'est à partir de là que les problèmes commencent. Trémolo des premiers violons, thème grinçant joué par les violoncelles, tonalité de do mineur bien installée, tempo vif. Ça commence très bien mais l'effet de surprise s'estompe vite. C'est le deuxième Totenfeier auquel j'assiste et ça me marque d'emblée moins que la première fois. Je trouve l'orchestre un peu distant, le fondu a du mal à se faire, je sens déjà poindre des problèmes sur certains pupitres d'instruments, notamment les bois. Toutefois, les contrastes et les dynamiques maintiennent l'ensemble et la lecture analytique de la partition de Daniel Harding permet de mettre en valeur l'orchestration. On sent les seconds violons en forme et ce ne sera jamais démenti. Et les percussions sont déjà là, brillantes, fondamentales, inestimables, indispensables, inoubliables. À la fin du premier mouvement, on est totalement entré et c'est à ce moment qu'il se passe une chose qui va nous faire sortir du concert. Mahler exige une pause après le premier mouvement tellement l'ambiance de cette marche funèbre diffère de l'Adante qui suit. On nous avait prévenu avant le début qu'il y aurait un moment de silence à la fin de ce mouvement. Les lumières ont été éteintes, l'orchestre est resté sur la scène pendant de longues minutes de recueillement puis la lumière a été allumée et les musiciens se sont de nouveau accordés. Si dans l'esprit, la volonté du compositeur a été respectée, dans les faits, on est sorti du concert. Soit on fait un vrai entracte soit on ne fait rien, cet entre deux a longuement gâté la suite de l'interprétation.

Arrive maintenant le deuxième mouvement. L'orchestre ne s'est pas remis dedans, le son est un peu lointain, encore un problème de fondu, l'émotion a du mal à monter. C'est difficile de se remettre dedans après la pause d'autant plus que les percussions sont moins sollicitées ici. Heureusement, les violoncelles et les contrebasses permettent de ne pas tomber dans la léthargie.
Le Scherzo est enchaîné assez rapidement avec deux coups de timbales assez brusques puis vient la grande déception de la soirée. La partie du hautbois qui est si importante à mon goût n'est pas à la hauteur, problème de timbre sans doute. L'ironie de Mahler est totalement absente. L'orchestre est trop sérieux, trop sage, trop bien organisé alors que justement, Mahler nous conte ici un monde désorganisé, ridicule, qui n'a pas de sens. L'orchestre semble trop bien jouer, chaque pupitre prenant la parole bien sagement sans déborder des cases. Le hautbois et le cor anglais, les clarinettes et bassons étant décidément trop neutres. Heureusement que les percussions sont là et maintiennent l'ensemble. Mais ce Scherzo n'était qu'un petit mauvais moment à passer, car à partir du 4ème mouvement, Urlicht, on est définitivement emporté.

En effet, l'entrée de la voix humaine change tout. L'alto Wiebke Lehmkuhl permet à l'ensemble de revenir sur les bons rails, l'émotion est enfin au rendez-vous. La partie instrumentale qui suit cette intervention est juste parfaite. C'est le passage le plus intéressant d'un point de vu purement musical pour un concert. Dynamiques changeantes, crescendos, percussions assourdissantes, contrastes. L'orchestre est manié avec dextérité par Daniel Harding pour notre plus grand plaisir, les solistes s'illustrent, notamment Vincent Lucas à la flûte et Roland Daugareil au violon. L'arrivée de la Soprano Christiane Karg se fait naturellement même si elle est un peu en retrait par rapport à sa collègue.

Et c'est déjà le moment du chœur, qui fait son apparition sur le mot Auferstehen (ressusciter), sur un pianissimo à faire fondre, à capella, assis. Les doutes du début s'estompent et on avance sereinement vers la résurrection finale. L'entrée tonitruante de l'orgue met tout le monde d'accord et permet d'aboutir à un véritable triomphe à l'aide du chœur enfin debout. Cet orgue domine tout l'orchestre, toutes les voix et permet une résolution emplie de grandeur qui apporte un vrai soulagement à toutes les problématiques qui ont pu être rencontrées. 

En conclusion, cette symphonie est tellement démesurée qu'elle est difficile à appréhender en un seul concert. L'écoute répétée d'une seule version en disque peut en troubler la réception en concert. Et à contrario, les parties que j'aime le moins et que par conséquent, j'écoute moins en disque sont celles qui m'ont le plus convaincu lors du concert. Entendre ces percussions en vrai, un simple triangle se démarquer, un xylophone se faire entendre, c'était vraiment inestimable. Pour avoir davantage d'informations sur cette œuvre, ça se passe iciIci et Ici.

Et je ne résiste pas à une petite revue de tweets concernant ce concert.

Edit: D'autres avis sur le concert ici, ici et ici.

Lire la suite

Au cœur de l'orchestre

19 Septembre 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Maison de la radio, #Mahler, #Répétition, #JEP2016

Cette année, à l'occasion des journées européennes du patrimoine, je me suis rendu à la maison de la radio le samedi 17 septembre afin d'assister à une répétition publique de l'orchestre philharmonique de Radio France, qui préparait pour le concert du 23 septembre une interprétation de la Symphonie Titan de Gustave Mahler. L'orchestre était dirigé par son directeur musical, à savoir le chef finlandais Mikko Franck.

Je suis un fan réent de Mahler, pendant longtemps, je n'ai pas osé y entrer mais depuis que j'ai écouté le Totenfeier en concert l'année dernière, je suis vraiment devenu fan. Sa musique est riche, belle, profondément humaine et parlante et elle nous touche au plus profond du cœur. Ses deux premières symphonies sont d'ailleurs mes favorites chez ce compositeur et font bien la synthèse de ce qu'il est.

Sa première symphonie, surnommée Titan est surtout connu pour le scandale qu'elle avait provoqué lors de sa création, à cause de son troisième mouvement qui s'amusaient à bousculer certains codes. Une contrebasse solo reprend en effet le thème de Frère Jacques en mode mineur, de manière enfantine, mais cette contrebasse joue dans le registre du violoncelle, cela crée un certain malaise qui est voulu puis le hautbois vient reprendre le thème et l'agrémente de petites facéties un brin moqueuses avant que le tutti ne vienne. A la suite se cela, presque sans transition, Mahler nous livre une danse juive, et c'est cette danse un peu folklorique qui n'est pas passé. En effet, à l'époque, on n'allait pas au concert pour entendre des danses populaires ! Pourtant, cela ne choque plus l'oreille de nos jours. Ce troisième mouvement est bien entendu teinté d'ironie, qui est omniprésente chez ce compositeur mais il est également d'une profondeur et d'une sensibilité rare.

Je suis allé à cette répétition justement pour entendre ce passage, je n'en n'ai pas eu une seule note ! Je dois bien avouer que c'était un peu frustrant mais compréhensible. Ce n'était pas un concert mais une séance de travail. Le chef n'était là que pour bosser des passages particuliers, mettre l'accent sur des choses qui lui importent dans la partition. Par conséquent, l'ensemble de l'oeuvre est loin d'avoir été jouée entièrement, on a eu presque la moitié et c'est déjà pas mal. Mais c'était tout de même une expérience fascinante qui m'a enrichi. D'une part, j'ai ressenti immédiatement que le chef savait parfaitement ce qu'il voulait. Malheureusement, je n'entendais pas bien ce qu'il disait, étant un peu loin de la scène mais je me souviens bien d'un passage qu'il a fait reprendre aux premiers violons, il leur demandait de jouer en souriant, que le passage devait faire sourire. Mikko Franck est d'ailleurs violoniste, on sentait une complicité évidente avec ce pupitre. Il s'exprimait en anglais et le premier violon servait parfois de messager pour les autres musiciens. Autre instant fascinant, c'est lorsque le chef a fait jouer les seconds violons tout seul. Le son sorti n'avait ni queue, ni tête. Oui, les seconds violons ont une fonction de support principalement, mais c'était bien drôle de les entendre nus. Il ne faisait jamais reprendre un passage plus de trois fois, évitant ainsi de susciter la lassitude des musiciens.

On sentait vraiment la différence entre avant et après l'intervention du chef, c'était très intéressant. La répétition a duré près d'une heure et le chef nous a dit à la fin que deux ou trois autres séances seraient nécessaires afin qu'ils soient prêts pour le concert.

En tout cas, cette répétition a répondu à mes attentes et était conforme à ce que j'avais pu lire auparavant à propos.

Voici le Titan en entier, avec un Abbado habité !

Lire la suite

Philharmonie 1

8 Octobre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Autre, #Philharmonie, #Classique, #Musique, #Liszt, #Mahler

Je continue mes pérégrinations culturelles sur ce blog pour vous conter ce concert auquel j’ai assisté le mercredi 7 octobre 2015 à la philharmonie de Paris. Il ne s’agit plus tellement de cinéma comme je le définissais dans la description de mon blog mais au final, ce n’est pas grave car c’est moi qui commande !

Ah, la fameuse philharmonie ! J’y ai enfin mis les pieds après tout ce temps, près d’un an qu’elle a ouvert ses portes. J’avais manqué le coche pour les abonnements de la saison précédente mais cette fois-ci, j’ai été assez réactif. Par conséquent, j’ai trois concerts à mon agenda, le premier était celui d’hier.

Jusqu’à présent, je ne connaissais de la philharmonie que les polémiques avec son architecte, les polémiques relatives au public de Pleyel qui ne se déplacerait pas aussi loin, les articles acidulés du canard enchaîné qui ne manquaient jamais de rappeler à quel point c’était un gouffre financier et de quelle manière l’édifice était inachevé mais aussi un peu de ce que m’en disaient mes amis qui avaient eu la chance d’y aller.

Finalement, une fois sur place, je n’ai pas trop été étonné. On voit bien que tout n’est pas vraiment terminé mais toutefois, la salle est vraiment fonctionnelle et très belle, l’acoustique est extraordinaire et franchement, on ne peut pas regretter Pleyel après y avoir goûté ! Alors oui, c’est à porte de Pantin, dans le nord de Paris mais personnellement, ça me change peu de choses pour moi qui viens du sud de Paris par rapport à l’emplacement de la salle Pleyel.

Le concert en lui-même était vraiment génial. Quatre œuvres que je ne connaissais absolument pas étaient au programme. Le Chasseur maudit de César Franck, le premier concerto pour piano de Franz Liszt, le Concerstück pour harpe et orchestre de Gabriel Pierné et enfin le Totenfeier de Gustav Malher. Donc deux concertos et deux poèmes symphoniques. Deux compositeurs que je connais un peu, deux que je découvre, allons-y !

Le chasseur maudit, César Franck

Cette musique raconte une histoire et elle le fait plutôt bien. L’orchestre est dirigé d’une main de maitre par James Gaffigan qui semble vraiment dans son truc. Je l’ai vu taper du pied assez fort à un moment, il était vraiment agité ! Pour une mise en jambe, c’était vraiment top ! Le genre du poème symphonique est vraiment très intéressant pour les concerts, ce ne sont pas des pièces trop longues et elles permettent de se mettre dans l’ambiance. Cela permet aussi de joindre à la musique d’autres sources d’inspiration et ainsi de s’élever, de s’enrichir.

Concerto pour piano n°1 en mi bémol majeur, Franz Liszt

Alors celui-ci, c’est ce qui m’a fait choisir ce concert. Je savais de longue date que Liszt était un pianiste virtuose (et beau gosse, d'ailleurs il y avait une grande photo de lui sur la couverture de la partition du chef d'orchestre), compositeur prolifique mais je n’avais jamais écouté son concerto pour piano. Je connaissais bien la fameuse rhapsodie hongroise (n°2 en do # mineur) Tom et Jerry, et je m’amusais souvent à regarder des vidéos sur YouTube de pianistes s’essayant à ses études d’exécution transcendantes (elles font souffrir le pianiste en général).

De plus, le soliste était Bertrand Chamayou (autre beau gosse). Je ne l’avais jamais écouté jouer mais j’avais lu un papier sur lui dans libé l’année dernière qui m’avait marqué. L’article s’appelait assignés à résilience, c’était le portrait croisé de trois personnes qui avaient eu une épreuve assez difficile dans leurs vies et tout cela était mis en perspective avec le deuxième mouvement du concerto pour piano n°2 de Rachmaninov qui est un exemple saisissant de résilience justement. Chamayou a souffert de dystonie, autrement appelée la maladie du pianiste, il était devenu incapable de jouer et il a du réapprendre tout du début. Et c’est là que je m’en veux d’être parti trop rapidement après le concert, il était resté pour des dédicaces mais on m’avait fait mettre mon sac au vestiaire à cause de Vigipirate, je ne connaissais pas bien le bâtiment, en suivant les gens, je m’étais tout d’abord retrouvé dehors. J’ai du retourner sur mes pas, entrer de nouveau dans le bâtiment tant bien que mal pour récupérer mon précieux sac, ensuite je suis parti sans prendre mon reste, il était déjà bien tard.

L’œuvre en elle-même est majestueuse, elle met le soliste à rude épreuve et pour un mec qui ne pouvait plus jouer, Chamayou s’en est sorti comme un chef. C’est du niveau des études d’exécution transcendantes les plus difficiles. Que de virtuosité, que d’effets mais également de beaux moments de grâce, d’harmonie, de calme. En tout cas, le piano est à l’honneur dans cette pièce et puis ce mi bémol majeur, je l’aime tellement. Il m’évoque le pain d’épice, le miel, c’est une tonalité festive, joyeuse. Au final, ce concerto m’a amené à ce concert et il a répondu à mes attentes.

Après une ovation bien méritée, Bertrand Chamayou s’est bien fait désirer pour faire un rappel. Mais ça valait le coup, il nous a joué un lied de Schubert repris par Liszt intitulé Auf dem Wasser zu singen (chanter sur l’eau pour ceux qui ne parlent pas allemand). Et c’était magique. Vraiment, ce lied était d’une beauté, je l’ai même préféré au concerto !

Concertstück pour harpe et orchestre, Gabriel Pierné

Je n’avais pour ainsi dire jamais véritablement écouté de harpe, c’était la bonne occasion de la faire. A la base, on devait assister à la création d’une œuvre dont le soliste, Xavier de Maistre était le dédicataire mais le compositeur n’a pas eu le temps de terminer sa partition à temps ! C’est bien dommage, j’étais trop fier de dire à mes potes que j’assisterai à une création mondiale mais tant pis.

Ce Concertstück n’était pas mal du tout, la hapre n’est jamais étouffée par l’orchestre et je trouve cela prodigieux et puis, ça m’a fait penser à une bonne amie à moi qui joue également de la harpe.

Totenfeier, Gustave Mahler

Un poème symphonique pour commencer, un poème symphonique pour terminer, on boucle la boucle. Mahler, je connaissais de nom, ça me semblait trop complexe, trop inaccessible. J’avais essayé d’écouter une ou deux fois sans trop insister. Grave erreur. J’ai découvert que je pouvais aimer Mahler et apprécier sa musique à sa juste valeur et que je n’avais plus à le fuir. La source d’inspiration de cette œuvre est la mort, mort qui entoure le compositeur qui a perdu de nombreux proches, ainsi le do mineur initial se comprend (et s’entend) bien. C’est une sorte de marche funèbre mais en moins triste. Beaucoup de force et de percussions ici. Un thème envoutant que j’ai sifflé sur le chemin du retour. Vraiment, une belle découverte. Certains spectateurs se sont fait avoir et on voulu applaudir un peu trop tôt alors que le morceau n’était pas fini, ça m’a beaucoup amusé !

Conclusion

J’ai hâte d’aller à mon prochain concert qui n’est pas avant février malheureusement mais bon, pour patienter j’aurai l’auditorium de la maison de la radio ainsi que mes nombreux CD !

Lire la suite