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Le blog de andika

Articles avec #beethoven tag

La tribune des critiques de disques

13 Juin 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Autre, #Maison de la radio, #Radio, #Tribune des critiques de disques, #France Musique, #Classique, #Beethoven

La Tribune des critiques de disques est la plus ancienne émission de radio française. En effet, elle a plus de 70 ans. Le principe de l'émission est simple, on choisit une oeuvre du répertoire classique et on compare six versions sur disques. La mission des critiques consiste à élire la meilleure version. L'écoute se fait en aveugle, c'est à dire qu'on ne sait pas qui on écoute, et cela peut occasionner des surprises.

A l'occasion de la fête de la musique, France Musique a décidé de faire une édition spéciale auditeur. J'ai été sélectionné pour participer à cette tribune des auditeurs qui est enregistrée le 21 juin 2017 et diffusée le dimanche 25 juin 2017 de 16h à 18h sur France Musique. Il fallait envoyer un mail pour être sélectionné, je le publie ici. Il explique bien ce que représente cette émission pour moi:

 

Cher Jeremie,

 

Je vous écris afin de porter ma candidature à l’édition spéciale de la tribune des critiques de disques prévue le 21 juin prochain pour la fête de la musique. En effet, je souhaite ardemment me muer en critique pour cette émission. Et ce pour plusieurs raisons.

 

Tout d’abord, l’exercice de l’écoute comparée est quelque chose qui m’est somme toute assez familier, et j’en appréciais le principe bien avant de connaitre cette émission. Un souvenir de lycée, en classe de musique me revient. Le professeur, pour nous exposer différents effets de l’orchestre nous avait fait écouter plusieurs versions de la 5ème symphonie de Beethoven, et j’avais trouvé que je n’entendais pas tout à fait les mêmes instruments selon les versions. Je ne doute pas que mon prof de musique de seconde connaissait l’émission mais malheureusement pour moi, il n’a pas prononcé son nom et cet exercice est resté sans lendemain pour un temps.

Au lycée toujours, j’ai également découvert que Samson François n’était pas forcément le pianiste de référence chez Chopin. Une de mes condisciples n’était autre que la petite fille du compositeur et pianiste polonais Miłosz Magin, et ne cessait pas de me vanter les mérites de son grand père avec quelques extraits.

Après le lycée, un ami proche, (que j’ai d’ailleurs depuis emmené à l’enregistrement de l’émission), m’a fait écouter en aveugle deux versions de la sonate pour piano en la mineur de Mozart. L’exercice consistait avant tout à reconnaitre laquelle était de Lang Lang mais, toutefois, on approchait de l’émission. Une fois de plus, occasion manquée, le père de mon ami est un auditeur fidèle de la tribune mais une fois de plus, on ne m’a pas parlé de cette émission.

 

Alors, comment l’ai-je connue ? Une journée d’été, un peu désœuvré, je me suis lancé dans la barre de recherche des podcasts. En effet, je voulais en savoir davantage sur le concerto pour piano n°20 de Mozart qui était entré dans mon cœur depuis que j’avais vu Amadeus au cinéma. Et là, je tombe enfin sur le podacast de la tribune des critiques de disques ! Et c’était parti, un monde nouveau s’ouvrait à moi. Une fois entré à l’intérieur, je n’en suis plus sorti, j’enchainais les émissions avec frénésie, trop heureux de constater le nombre d’œuvres que j’adore qui y étaient discutées. Mais plus que la musique qui m’était familière, j’étais tout heureux de faire des découvertes. Ainsi, l’émission sur les Bachianas brasileiras n°5 d’Heitor Villa-Lobos a été un grand bonheur pour moi. Mais aussi celle sur la partita pour clavier n°1 de Bach, qui m’a fait m’intéresser à toutes les autres partitas par la suite, que ce soit pour violon ou violoncelle et pour faire bonne mesure, m’a également fait écouter les suites anglaises et françaises. J’ai aussi découvert le compositeur estonien Arvo Pärt qui m’a fasciné et bien d’autres choses encore.

Mes certitudes ont également vacillé de nouveau, moi qui restais confortablement avec mes CD de Wilhelm Kempff au piano chez Beethoven, je découvrais Stephen Kovacevich dans la sonate opus 111 de Beethoven lors d’une des émissions les plus mémorables. Au fil de ces tribunes hebdomadaires, je me suis considérablement enrichi.

 

La qualité de cette émission ne s’est jamais démentie depuis près de 70 ans d’existence ! Elle a existé longtemps avant moi et me survivra longtemps après. En 70 ans, de nombreux critiques emblématiques se sont succédés. J’ai par exemple eu écho des colères mémorables du critique musical Antoine Goléa à la fin des années 1970 contre les versions historiquement informées de Harnoncourt avec des instruments d’époque. Plus près de moi, comment ne pas parler de Piotr Kaminiski et de ses prises de positions tranchées, précises et argumentées. Comment ignorer les critiques pertinentes d’un Christian Merlin dont l’amour de la musique transparait à chaque prise de parole. Comment ne pas écouter Elsa Fottorino nous parler de piano. Comment être insensible à la fougue d’Antoine Mignon. Comment négliger la science de Jérémie Bigorie, et j’en passe !

 

Prendre la suite de tous ces illustres critiques le temps d’une émission serait un grand honneur pour moi. D’une part, j’ai souvent eu le fantasme d’une tribune des auditeurs, cette émission étant tellement sujette à débat, je n’allais d’ailleurs pas tarder à en soumettre l’idée. D’autre part, j’y participais déjà un peu par les courriers que j’envoyais suite à certaines émissions, ce qui m’a déjà valu de remporter trois fois le disque de la semaine et d’entendre quelques uns de mes mots à la radio. Cette interaction existe déjà mais toutefois, sur le vif, il est un peu frustrant de ne pas pouvoir s’exprimer et de devoir attendre d’écrire son petit mail. Surtout lorsqu’on est présent dans le studio pour l’enregistrement !

 

Et comme le hasard fait bien les choses, il a fallu que l’œuvre au programme soit de Beethoven. Vous le savez, j’adule ce compositeur, notamment ses concertos pour piano. Etant de la génération Youtube, j’ai en affection une version de l’empereur d’Arrau qui y est mais également une autre de Gulda. Mais je me souviens que Fazil Say l’avait emporté il y a quelques années pour le troisième concerto pour piano de Beethoven. Il y a tant à dire sur cette œuvre que je ne sais pas par où commencer mais, il faut que j’en garde pour l’émission le jour venu.

 

Enfin, j’ai d’ores et déjà une petite expérience radiophonique en ce qui concerne la musique, il y a quelques mois, j’étais interrogé sur France Culture dans la chronique Hashtag, voici le lien

 

Une fois de plus, je vous remercie de faire vivre cette émission et d’en préserver l'héritage avec tant de passion. Vous êtes le digne héritier d’Armand Panigel et de Jean Roy.

 

Bien cordialement,

 

Anthony Ndika

Il y a eu également des papier dans Le Monde et dans les Incrocks qui parlaient très bien de cette émission. Ce qu'il y a de magique dans cette émission, c'est que pendant deux heures de temps, le problème le plus important de notre vie est de savoir quelles est la meilleure version ! Et comment ne pas mettre en avant cette parodie bien connue ?

 

Rassurez-vous, ce n'est pas tout à fait comme ça que ça se passe !

Edit du 26 juin 2017: Voilà, l'émission a été diffusée, elle est maintenant disponible sur le site de France Musique. Télérama a un peu parlé de nous ainsi que La Croix.

A numéro exceptionnel, photo exceptionnelle. Voici ici les tribuns en actions, il s'agissait de Brigitte, François, Jérémie (le producteur) Alisée et moi même. (Crédit Marc Voinchet, et moi pour la modification)

A numéro exceptionnel, photo exceptionnelle. Voici ici les tribuns en actions, il s'agissait de Brigitte, François, Jérémie (le producteur) Alisée et moi même. (Crédit Marc Voinchet, et moi pour la modification)

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Beethoven héroïque

27 Février 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Beethoven, #Maison de la radio, #Orchestre philarmonique de radio France, #Philar, #Classique, #Concert, #Ludovic Morlot

Dimanche 26 février 2017, j'ai enfin entendu la symphonie héroïque de Beethoven à la Maison de la Radio. Cela peut sembler être une chose banale, mais cette symphonie, ce lieu, et moi, nous nous sommes manqués un certain nombre de fois malheureusement.

La première fois, c'était le samedi 14 novembre 2015, il s'agissait du premier concert prévu dans le cycle Beethoven/Bartok dont je vous avais déjà parlé ici et ici. En effet, le concert avait été annulé pour cause d'état d'urgence suite aux attentats de la veille, ainsi que tous les spectacles prévus à Paris ce jour là.

Le deuxième rendez-vous manqué était l'année dernière, j'avais prévu d'assister à une émission au sujet de l'Eroica à la maison de la radio mais elle avait été annulée pour cause de grève... A ce moment, je pouvais légitimement penser que j'étais maudit. Mais j'ai pris mon mal en patience et j'ai retenté le coup pour le 26 février et cette fois-ci, c'était la bonne !

J'ai donc eu le plaisir de retrouvé l'orchestre philharmonique de radio France à la maison de la radio, dirigé pour cette occasion par le chef français Ludovic Morlot, qui est directeur musical de l'orchestre de Seattle. C'était ma troisième fois avec le Philar après une soirée Mozart et une orgie de cordes !

Il s'agissait ce dimanche d'un concert éducatif, principalement à destination d'un jeune public pour qui cela pourrait constituer la première expérience de concert symphonique, de sorte que le chef, nous a présenté l’œuvre et a présenté chaque mouvement avant de les jouer. Je trouve que c'est une très bonne chose car bien que les programmes des concerts soient en général très fournis et nourrissent la réflexion, rien de tel que de laisser la parole aux musiciens et principalement au chef qui parle pour le coup vraiment avec son cœur de cette œuvre. On sent dans ses mots tout l'amour qu'il a pour cette musique et c'était très agréable car moi même, j'aime tout autant cette Eroica.

En effet, cette troisième symphonie de Beethoven, j'ai l'impression que je la connais depuis toujours, comme j'ai l'impression que Beethoven m'a toujours accompagné au cours de ma vie. Elle a pris un sens symbolique encore plus fort à mes yeux suite aux événements dont je vous ai parlé. Je me souviens que lors de l'exposition Beethoven qui a eu lieu à la philharmonie de Paris fin 2016, ils étaient revenus sur le fait que l'orchestre national de France avait joué la marche funèbre de l'Eroica en hommage au victime. Bien entendu, comme l'orchestre avait répété pour le concert annulé du 14, jouer cette marche funèbre en hommage aux victimes avait tout son sens, mais au-delà de l'aspect pratique, la musique de Beethoven a une résonance politique.

Il est vrai qu'en 1802, Beethoven a tout d'abord dédié sa troisième symphonie à Napoléon Bonaparte qu'il admirait énormément, il le considérait comme un Prométhée venu répandre les idéaux de la révolution. Toutefois, une fois que Beethoven apprit que Napoléon était devenu empereur, il raya de rage la dédicace pour finalement dédier son oeuvre à la mémoire d'un grand homme. Et en effet, tout est grand dans cette musique. Cette symphonie fait exploser le cadre habituel de la symphonie de la période classique pour basculer dans le romantisme. On dit souvent que Beethoven est le premier romantique et c'est vrai, les dimensions de l'orchestre, la longueur des mouvements nous fait vraiment sortir des symphonies plan plan à la Mozart et Haydn !

Le premier mouvement s'ouvre sur deux accords stridents de mi bémol majeur. Ils sont inoubliables, reconnaissables entre mille. Une entrée en matière incomparable qui laisse se développer un thème majestueux, joyeux, et même un peu martial qui fait penser à de la musique militaire. Avant de jouer le mouvement, le chef s'est bien attardé sur les premiers accords et sur l'innovation que cela représentait à l'époque. Autre sujet à débat dans le premier mouvement de l'Eroica, savoir s'il est nécessaire de jouer la reprise au début, la réponse est oui puisqu'il l'a fait avec le Philar et entendre ce début à deux reprises permet de bien entrer dans la symphonie et aussi aux oreilles inattentives des petits enfants, de ne pas trop perdre de biscuit en route !

Le deuxième mouvement est la fameuse marche funèbre. Une marche funèbre est une musique triste, généralement en deux temps et en mode mineur. Pour bien nous faire comprendre la chose, le chef a fait jouer à la contrebasse solo le thème de Frère Jacques. Moi, spontanément, j'ai pensé à Mahler puisque le troisième mouvement de sa symphonie Titan utilise le même thème. De plus, j'avais entendu le percussionniste répéter sur ses timbales des notes qui me rappelaient furieusement Mahler. Le contrebassiste, après avoir joué le thème en majeur, l'a ensuite joué en mineur à la demande du chef, accompagné des timbales et en effet, on a senti la différence et j'ai pu entendre le début du troisième mouvement de la symphonie Titan de Mahler, qui n'avait pas été joué ce jour particulier des journées du patrimoines.

Les troisième et quatrième mouvement se jouent l'un à la suite de l'autre. Le troisième mouvement, au lieu d'être l'habituel menuet de la symphonie classique (danse à trois temps un peu lente où l'on s'endort) est ici un scherzo vigoureux, tinté d'humour grâce à ce hautbois qui chante de manière si caractéristique. Enfin, le quatrième mouvement est un thème et variations qui sollicite une fois de plus le chiffre trois. Trois cors qui chantent et qui couvrent l'orchestre à la fin de toute leur majesté. Trois bémol à la clef de cette tonalité mielleuse et chaleureuse de mi bémol majeur, trois temps, troisième symphonie et j'en passe !

Une fois de plus, l'écoute en concert a été d'une valeur inestimable pour moi. Je me suis rendu compte dans cette symphonie de l'importance du hautbois et de la flûte, on n'entend presque qu'eux ! Le chef a mis l'accent sur des passages magnifiques auxquels je ne prêtais pas forcément attention, lorsque par exemple un simple quatuor à cordes joue le thème dans le dernier mouvement, où simplement le fait de signaler l'importance des trois cors dans cette symphonie là où ils sont habituellement présents en nombre pairs.

Il était amusant d'entendre ce chef nous parler avec son français mâtiné d'accent américain après ses longues années vécues la bas mais c'était utile, même s'il s'exprimait beaucoup mieux avec sa baguette. Il nous a confié qu'il espérait que c'était la première expérience en concert de beaucoup de personnes dans le public. Vu l'âge des enfants présents (et leur agitation), ça devait forcément être le cas, et je parie qu'ils s'en souviendront longtemps !

 

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Un concert pas comme les autres

10 Avril 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Beethoven, #Haydn, #Pastorale, #Orsay, #OSCO, #Campus, #UPSUD

Un concert pas comme les autres

Je vais vous conter l’aventure qu’a constituée le concert auquel j’ai assisté le samedi 9 avril 2016. Il est résolument différent de ce que j’ai l’habitude de faire. Point de philharmonie ce soir-là, ni de maison de la radio, encore moins d’opéra. Non, je reviens à mes anciennes habitudes un peu plus pittoresques, comme lorsque j’allais écouter des concerts dans la chapelle de mon lycée ou encore dans une église. En effet, ce concert s’est déroulé sur le campus d’Orsay, et l’orchestre était loin d’être professionnel, il s’agissait de l’orchestre symphonique du campus d’Orsay. Je dois avouer qu’il porte très bien son nom. Je connais cette formation de nom depuis un certain temps, mais depuis que je suis inscrit à l’université Paris Sud, je n’avais jamais pris le temps d’aller l’écouter. Mais un programme Haydn et Beethoven plus tard, je n’avais plus d’excuse pour les éviter. Ils ont su comment me prendre !

Je renifle les concerts désormais, j’essaie de ne jamais manquer une bonne opportunité lorsque j’en ai le temps et celle-ci était immanquable pour moi et j’ai vraiment vécu une soirée inoubliable pour diverses raisons. Pas tant le programme qui comportait le concerto pour orgue n°2 de Haydn et la symphonie Pastorale, que pour les difficultés que j’ai rencontrées pour parvenir jusqu’à la salle de concert qui n’était autre que le grand amphithéâtre de maths.

C’était également un concert pas comme les autres car j’ai réussi à y attirer ma copine. Mais c’est parti en vrilles. Sur le site de l’OSCO ainsi que sur la brochure du concert, ils disent bel et bien de descendre à la station RER le Guichet, ce que nous avons fait. Grave erreur. Se promener dans Orsay un samedi soir, puis sur le plateau, dans le campus, en plein milieu d’un chantier, totalement perdus, avec un GSP qui nous dit qu’on est arrivé alors qu’on est au milieu de nulle part constitue définitivement une des expériences les plus humiliantes de ma vie. Heureusement, je me suis aperçu à un moment où nous étions précisément, et j’ai su comment parvenir jusqu’au bon endroit. Il fallait pour cela descendre du plateau en empruntant un escalier en pleine forêt. Sur le chemin, nous avons croisé un chevreuil qui allait en sens inverse. Je ne plaisante pas… Un chevreuil dans un campus. Toutefois, ma copine ne m’a pas fait de scène et ne m’a pas quitté, je lui en suis très reconnaissant. Et je suis aussi très soulagé que cette aventure se soit déroulée au printemps, moment de l’année où la nuit tombe assez tardivement…

Après cet intermède, parlons maintenant de musique. Comme dit plus haut, le programme était composé de Haydn et Beethoven. Mais il y avait également des œuvres pour piano en première partie, interprétées par Vital Chauve, l’organiste solo qui effectuait donc un petit échauffement que nous avons naturellement manqué. Cette promenade sur le campus nous a fait arriver en retard mais Dieu merci, pas fait manquer le gros du programme. D’ailleurs, il s’agit d’un programme cohérent. Haydn et Beethoven vont ensemble, c’est indéniable. Le premier a été le maître du second et quoi qu’on en pense, l’a influencé bien que Beethoven se soit rapidement émancipé. Leur relation était complexe mais les deux bougres se respectaient. Un très bon ami à moi m’avait même dit lorsque j’étais plus jeune que les deux premières symphonies de Beethoven étaient du pur Haydn ! Manque de pot pour le maître, ce soir-là, c’était la sixième qui était interprétée.

Concerto pour orgue n°2 de Haydn

Quand j’ai lu concerto pour orgue sur le programme, je me suis demandé quelle sorte d’orgue on pouvait mettre dans un amphithéâtre. La réponse, c’est un orgue électrique. Enfin, c’est l’impression que j’ai eue, je ne suis pas allé inspecter l’instrument. Il était tout petit, et derrière l’orchestre, avec les instruments à vents, cuivres, bois. C’est logique d’ailleurs, l’orgue est un instrument à vent. Je me suis souvenu de ce bel orgue que j’avais visité dans la chapelle du lycée Saint-Charles et j’ai regretté que ce ne soit pas celui-ci que j’entende à l’occasion de ce concert.

Quant au concerto de Hynd, je l’ai trouvé anecdotique, l’orchestre était d’ailleurs assez réduit. En tout cas, il avait le mérite de ne pas être trop long et j’ai eu par conséquent l’occasion d’arriver très rapidement à…

Symphonie n°6 « Pastorale » de Beethoven

Ah la Pastorale, j’ai l’impression de toujours l’avoir connue. Mon histoire commence avec le roman éponyme d’André Gide que j’ai lu au lycée. Par la suite, je l’ai écoutée à de nombreuses reprises. Et d’ailleurs, elle cadrait bien avec ma soirée. Il était pour le moins insolite que je me perde en forêt le soir où j’allais écouter cette symphonie qui est en harmonie avec la nature ! Il n’y a pas de hasard ! Cette symphonie comporte 5 mouvements, qui sont chacun accompagnés de petits textes. Ces mouvements portent des noms assez inhabituels, Eveil d’impressions agréables en arrivant à la campagne, Scène au bord du ruisseau, Joyeuse assemblée de paysans, le Tonnerre/Orage, Sentiments joyeux et reconnaissants après l’orage.

Et les instruments vont réellement nous mimer la nature. Le chant des oiseaux avec les flûtes, les bassons et les hautbois. L’orage avec les cordes striées, l’harmonie de la quiétude finale après l’orage. Il y a un grand nombre de solos, beaucoup de pupitres sont mis en valeur.

Encore une fois, en concert, ça change tout. J’avais les larmes aux yeux lors de la scène du ruisseau qui était d’une beauté à couper le souffle. Au contraire, lors de l’orage, je ressentais une tension assez inquiétante, de plus, le chef Martin Barral vivait le truc à fond, n’hésitant pas à faire de grands gestes pour diriger, et même sauter sur son pupitre afin d’atteindre les fortissimos qu’il désirait.

Conclusion

Que c’est bon de changer de cadre, de ne pas s’embourgeoiser, d’aller à la rencontre d’autres choses. L’ambiance était conviviale et même familiale car le public était composé en grande partie des proches des musiciens. Musiciens qui sont amateurs je le rappelle, cet orchestre est composé majoritairement par des enseignants et chercheurs qui travaillent dans le secteur du campus d’Orsay et la qualité de leur son est fascinante. Un grand bravo à eux. De plus, dans cette ambiance légère, j’ai pu me permettre de capter quelques extraits vidéos ainsi que des photos, ainsi, le souvenir de ce concert vraiment pas comme les autres sera d’autant mieux ancré dans ma mémoire.

Extrait vidéo

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Philharmonie 3: Rencontre avec Paavo Järvi

5 Mars 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Philharmonie, #Orchestre de Paris, #Radu Lupu, #Paavo Jarvi, #Autre, #Concert, #Concerto, #Classique, #Musique, #Beethoven

Jeudi 3 mars était une date cochée depuis très longtemps dans mon agenda. Pour ce concert, j'étais placé derrière la scène, une place que j'ai moins bien aimée par rapport au par-terre. Il s'agissait de mon troisième concert à la Philharmonie de Paris et ce chiffre 3 va s'avérer assez récurrent de part le programme de cette soirée ! Concerto pour piano n°3 en do mineur de Beethoven, concerto pour flûte de Carl Nielsen et enfin, symphonie n°3 en do majeur de Sibelius.

Concerto pour piano n°3 de Beethoven

C'est la principale raison de ma venue à ce concert. J'adore cette œuvre. C'est l'un de mes concertos pour piano préféré. D'une part, la tonalité de do mineur que j'affectionne beaucoup, elle a tout ce qu'il faut de brutalité, de rigueur, de mélancolie, de tristesse. Pas étonnant que la 5ème symphonie de Beethoven soit en do mineur, je citerai également sa sonate pour piano n°8, la fameuse Pathétique.

Le pianiste de la soiré n'est autre que Radu Lupu. Il est originaire de Roumanie et je connaissais son nom car à une époque lointaine, lorsque je téléchargeais encore illégalement de la musique, j'avais eu à écouter une des ses interprétations à lui, il s'agissait du fameux adante du concerto pour piano n°21 de Mozart. Une merveille que tout le monde a en tête (si, si, même toi qui me lis, tu connais forcément, j'ai la flemme de mettre un extrait). Sur cet enregistrement, je trouvais son jeu léger, aérien, féérique, élégiaque. C'est vrai que ce morceau s'y prête beaucoup mais en fait, c'est une caractéristique de ce pianiste.

Ce mec est facile, il m'a emporté lors du concert. Au début du premier mouvement (Allegro con brio), l'orchestre joue le thème pendant 3 minutes avant l'entrée du piano. Lorsque le piano entre, il fait la gamme de do mineur ascendantes sur plusieurs octaves (3 précisément) puis reprend le thème en marquant son territoire face à l'orchestre, dans une réponse cinglante. Du moins, dans l'enregistrement que j'ai l'habitude d'écouter, c'est comme cela, le piano est assez rugueux, brutal dans son entrée. Que nenni chez Radu Lupu. Il entre doucement, sans trop de nuance, sans forcer sur les forte, mais il n'a pas besoin de plus pour nous captiver. On dirait que ses mains volent au dessus du piano. Pour bien appréhender le son, on doit être vraiment concentré.

C'est vraiment de l'orfèvrerie son jeu. Le meilleur moment est sans doute le deuxième mouvement, Largo, où il nous montre toute sa virtuosité. Il nous a également livré une excellente cadence. C'est vraiment l'un des meilleurs pianistes que j'ai entendu de ma vie.

Une fois de plus, j'ai été étonné de redécouvrir, une oeuvre que j'écoute énormément, en concert. Tous est toujours plus subtil, que ce soient les nuances ou l'orchestration. De ce concert, je retiens avant tout le basson et la clarinette. Plein de moments géniaux avec ces instruments.

Après l'habituelle ovation, Radu Lupu est revenu pour un bis où il nous a joué du Brahms. Une fois de plus, c'était génial. Je n'ai pas été déçu du voyage.

Concerto pour flûte de Carl Nielsen

Je ne connaissais absolument pas. D'ailleurs, un concerto pour flûte, quelle drôle d'idée. Imaginer une simple flûte face à un orchestre symphonique me semblait assez insolite et de l'insolite, j'en ai trouvé dans cette musique, avec l'usage du trombone et du tuba. C'était un morceau assez intéressant qui se laissait écouter facilement.

Mais la chose la plus significative pour moi de ce concerto, c'était son soliste, Vincent Lucas qui se trouve être quelqu'un d'assez proche d'une amie à moi qui assistait également au concert et que par conséquent, j'ai pu par la suite aller lui rendre visite dans sa loge ! On en reparlera plus tard !

Symphonie n°3 en ut majeur de Sibelius

Alors ça, c'est une bonne surprise. Je ne connaissais Sibelius que de nom, vaguement pour un concerto pour violon mais maintenant, cette symphonie entre dans mon panthéon. Quelle merveille, et découvrir une telle musique dans ces conditions, c'est vraiment le top. Je retiens surtout le deuxième mouvement, Adantino con moto, quasi allegretto, qui a un rythme de valse. Le thème circulant entre les différents instruments avec un bel équilibre. Mais le début de la symphonie est également impressionnant, joué uniquement par des contrebasses. Je l'écoute vraiment sans me lasser depuis !

J'avais lu quelque chose d'insolite dans le programme, à savoir que cette symphonie avait un orchestre réduit mais c'était pourtant la formation la plus grande de la soirée.

After

Ca, c'est une innovation par rapport à mes autres sorties ! Les loges ! J'ai eu l'occasion de discuter avec les musiciens de l’orchestre de Paris, de prendre des cacahuètes mais surtout du champagne et bien entendu, de rencontrer Paavo Jarvi, dont je suis fan depuis que j'ai visionné sa version de l'Eroica de Beethoven sur YouTube il y a quelques années.

C'est la deuxième fois que je le voyais en concert. La première était il y a un peu plus d'un an et demi, un juin 2014, à Londres, le soir de l'ouverture de la coupe du monde de foot d'ailleurs. Je le lui ai dit, et on m'a fait remarqué qu'il ne devait pas souvent entendre une personne lui dire qu'elle avait privilégié un concert de lui par rapport à un match de football. Il est vrai qu'en général, les fous de foot ne sont pas forcément les mêmes que les fous de musique classique. Mais bon, je suis un garçon étonnant. Un seul regret, je n'ai pas osé lui demander une photo mais bon, je suis certain que l'occasion se représentera.

Mon abonnement à la Philharmonie est terminé pour cette saison mais je pense en reprendre un. C'est une salle magnifique, avec une programmation riche et dense et des musiciens vraiment fantastiques.

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Le ballet pour tous

14 Février 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Opéra de Paris, #Millepied, #Bel, #Robins, #Beethoven, #Bach, #Ballet

Samedi 13 février 2016, j'ai assisté à mon deuxième spectacle de la saison à l'Opéra de Paris. Cette fois-ci, c'était à Garnier et il s'agissait d'un ballet, une grande première pour moi. J'ai adoré, bien que de ma place, je ne pouvais pas voir le plafond de Chagall et que les sièges de Garnier soient quelque peu exigus.

Toutefois, j'avais vraiment l'impression d'être in, en effet, l'opéra de paris a énormément fait parler de lui ces derniers temps, notamment à cause de la démission de son célèbre directeur de la danse, Benjamin Millepied. Du coup, l'actualité était un peu chaude, de quoi faire quand même un petit événement.

Le programme comprenait trois ballets, tout d'abord Tombe, une création de Jérôme Bel, puis La nuit s'achève d'après une chorégraphie de Benjamin Millepied et enfin, les Variations Goldberg sur une chorégraphie de Jerome Robins.

Tombe

C'est surtout grâce à cette oeuvre que j'ai intitulé mon article le ballet pour tous. Il n'y a personne sur scène au début, on entend juste des voix. Le danseur nous explique ce qu'est l'opéra de paris, le ballet, comment ça se passe puis il nous détaille de quoi s'agit cette oeuvre. C'est en réalité un projet qui conduit trois danseurs de l'opéra de Paris à prendre une partenaire qui n'a rien à voir avec l'opéra ou le ballet, afin de danser avec elle sur scène. Et c'est prodigieux ! (D'ailleurs, blague à part, le premier danseur avait au départ eu l'idée d'inviter Christiane Taubira)

Le premier danseur est celui qui nous parle, il arrive à un moment accompagné de son invitée qui s'appelle Enda Traoré, c'est la caissière du supermarché où il va faire les courses. On assiste alors à un dialogue, il décrit le décor, comment on peut en changer. Il lui parle également de la régie, des projecteurs qui éclairent les danseurs, il parle également du public, s'adresse à nous, nous salue. Le haut des gradins est surnommé le paradis, la bas le parterre, beaucoup d’anecdotes amusantes. Par exemple, Enda se demande si le bas ne devrait pas s'appeler l'enfer puisque le haut est le paradis... Il explique également quel est ce ballet qu'ils sont sensés danser. Le décors correspond au ballet Gisèle, tout part de là, ou plutôt tout en dérive car on n'en conservera pas l'histoire. A un moment, l'envie de danser prend Enda. A l'aide de son IPhone, elle passe une musique qui lui plait. Un rythme africain, lent mais dansant, et elle danse seule au milieu de la scène avant d'être rejointe par le danseur du ballet. Ils nous livrent par la suite un duo très intéressant, en s'échangeant notamment le foulard de Enda.

Puis le deuxième couple arrive. Cette fois-ci, on a un danseur costumé, tout à fait dans la tradition du ballet et de l'opéra de Paris. Il est rapidement rejoint par une danseuse, également costumée mais elle a la particularité d'être en fauteuil roulant. En effet, cette jeune femme est unijambiste ! Cela ne l'empêchera nullement de danser et de nous faire vivre un moment très intéressant.

Enfin, au lieu d'avoir un troisième couple, on voit arriver un danseur seul sur la scène. Il avait invité Sylviane, 84 ans, passionnée de ballet et qui fréquentait l'opéra de Paris depuis des années et des années. Cela lui avait semblé naturel de l'inviter, lui donner l'opportunité d'apparaître au moins une fois sur scène. Malheureusement, son état de santé s'étant détérioré après les répétition, elle n'était plus en mesure de venir danser. Qu'à cela ne tienne, on nous a diffusé une vidéo des répétitions et finalement, l'effet était tout aussi intéressant. D'ailleurs, dans cette vidéo, on a eu l'occasion de voir le chorégraphe, Jérôme Bel. En gros, cette chorégraphie consistait en ce que le danseur aille chercher Sylviane dans le public puis après quelques pas de danse, prenne sa place au sein des spectateurs. C'était encore un moment très émouvant.

Avec ce Jérôme Bel, on passe rapidement du rire aux larmes, c'est incroyable, alors qu'il s'agit simplement de danse. J'espère que Sylviane se porte mieux en tout cas.

La nuit s'achève

Celui-ci est déjà un peu plus traditionnel. Il est dansé sur la sonate pour piano n°23 de Beethoven, appelée communément sonate Appasionnata, une de mes préférées. Avant toute chose, j'en veux un peu au pianiste ( Alain Planès ) qui a massacré un zeste la sonate de Beethoven mais c'était quand même correct. Moi, je massacre aussi Beethoven mais je ne suis pas payé pour ça. En tout cas, quelle belle idée que de danser sur cette musique. Je ne pouvais qu'y souscrire vu que cette sonate me hante depuis mon adolescence déjà et que je l'écoutais jouée par un de mes amis.

Cette sonates a trois mouvements qui correspondront à trois ambiances différentes. Encore une fois trois couples.

Lors du premier mouvement, les trois couples sont sur scène, se croisent, se recroisent et se mélangent. Mouvement allegro assai, donc assez rapide et les danseurs le retranscrivent bien. chaque couple est habillé d'une couleur, différentes teintes de foncé.

Lors du deuxième mouvement, Adagio con motto (que j'ai un peu horreur d'écouter, oui je commence à aimer les mouvements lent mais celui-ci, au milieu du torrent de lave qu'est l'appasionnata, c'est dur), on n'a plus qu'un couple, tout de blanc vêtu. C'est le passage le plus explicite, à un moment, les danseurs s'embrassent carrément, c'est une sorte de séduction qui fonctionne très bien. Les danseurs sont sublimes dans leur tenue blanche, j'étais hypnotisé.

Enfin, le troisième mouvement, Allegro ma non troppo - Presto, mon préféré à l'écoute et au niveau de la danse ça y allait aussi. C'était tellement bon que j'avais moi-même envie de bouger. De nouveau trois couples, une véritable confrontation entre les hommes et les femmes. Là où cette musique semble un peu brutale, la danse l'adouci quelque peu. Encore une fois des mélanges, et cette fois-ci, on conserve le couple habillé en blanc et les deux autres sont habillés en couleur sombre.

J'ai vraiment beaucoup apprécié La nuit s'achève. J'ai lu beaucoup d'articles sur Millepied, et les différends qu'il a pu avoir avec l'opéra de Paris, mais lorsque je vois son travail, j'ai l'impression que son départ est une vraie perte. En tout cas, je suis bien content d'avoir pu assister à au moins un de ses spectacles.

Les variations Golberg

Après Beethoven, Bach. Du coup, même si je n'avais pas aimé la danse sur scène, mes oreilles auraient quand même été comblées ! Ah les variations Goldberg, quelle merveille. Lorsque j'ai entendu qu'il y avait un ballet sur cette musique, j'ai pris conscience qu'il y aurait de la dans pendant une heure car il s'agit d'une heure de musique. Un aria, trente variations et c'est parti. Une chorégraphie par variation et c'était vraiment génial. La pianiste ( Simone Dinnerstein ) jouait divinement bien d'ailleurs. Bon, ce n'était pas du Gould non plus mais c'était sympa.

Conclusion

La danse est un moyen d'expression artistique très intéressant. Tout passe par le corps, c'est peut-être difficile à appréhender, faire passer un message, raconter une histoire, tout devient plus compliqué lorsqu'on n'utilise que le corps et pourtant, c'est possible. La musique aide bien. J'ai en tout cas acquis la certitude que le ballet était pour tout le monde et que personne n'était exclu de l'opéra de paris !

Prochain spectacle, le Barbier de Seville, j'ai hâte !

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Du lourd pour Beethoven/Bartók 3

23 Novembre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Autre, #Beethoven, #Maison de la radio, #ONF

Ce concert, le second d’un cycle de trois qui n’en comptera finalement que deux m’a permis de faire une découverte fondamentale : Il y a du Wifi dans l’auditorium de la maison de la radio ! Mais c’est génial, personne ne m’avait prévenu ! J’ai pu envoyer plein de snaps à mes potes, regarder le Clasico en attendant le début du concert, tweeter des vidéos, c’était vraiment génial !

Clasico musique (jeu de mots à l'intérieur)

Clasico musique (jeu de mots à l'intérieur)

Une fois de plus mes voisins avaient le double de mon âge au minimum et semblaient avoir du mal avec le programme du concert qu’on nous avait distribué à l’entrée. En effet, il y avait un programme unique pour les trois concerts du cycle et mes voisins lisaient les pages relatives au concert du 14 novembre qui n’a jamais eu lieu, au lieu de lire celui du 21 novembre qui était le bon jour. Du coup, au lieu de l’Eroica, on avait la 7ème de Beethoven, et ça change tout ! En plus de la 7ème, il y avait en ouverture les Créatures de Prométhée, toujours de Beethoven ainsi que le concerto pour piano n°3 de Bartók. Ah oui, aussi, il y avait du VIP dans le public, j’ai spotted l’acteur Gérard Darmon (qui a bien aimé la 7ème) ainsi que le journaliste Philippe Val !

Les créatures de Prométhée (ouverture) opus 43

Ah Prométhée, c’est ce Titan qui a apporté la lumière aux hommes à l’insu de Zeus et qui a eu pour punition de se faire bouffer chaque jour le foie par l’aigle Caucase, son foie repoussant chaque jour pour se faire dévorer encore et encore… Ce qui inspire cette œuvre, c’est la première partie de l’histoire, à savoir que la lumière aide l’Homme à s’élever, et ça tombe bien, le siècle des Lumières influençait encore l’Europe en ce début de XIXème siècle et surtout Beethoven. Encore une fois pour lui, la lumière de la révolution allait permettre à l’homme de s’élever et à sortir du joug des tyrans. C’est une récurrence ce thème dans son œuvre, l’Eroica déjà s’inspirait de ce genre de choses.

Cette œuvre répond à une commande d’un danseur du nom Salvatore Vigano qui avait besoin de musique pour son ballet. Et pour ces deux mecs, le Prométhée des années 1800 n’était autre que Napoléon Bonaparte. Ca me fait toujours marrer de lire ça. A défaut d’art et de savoir, Bonaparte a amené le code civil aux Hommes !

Sinon pour tout vous dire, c’est du Beethoven mais ça ne m’a pas tellement marqué, c’était clairement un amuse bouche, ça durait dans les six minutes et ça permettait de se mettre dans l’ambiance.

Concerto pour piano et orchestre n°3 de Bartók

Alors comme d’habitue pour Bartók, j’ai trouvé ça bizarre. Mais ce n’était pas dénué d’intérêt car ce que j’ai lu dans le programme était vraiment fun pour le coup. Par contre quand il est écrit que le style se veut un prolongement de Bach et Beethoven, je suis un peu dubitatif, quoique, le deuxième mouvement Allegro religioso est très intéressant. Le début de ce mouvement était il est vrai un peu liturgique, je l’ai écouté avec grande attention.

Hormis cela, le pianiste était Deszö Ranki, il est hongrois et je ne le connaissais pas. Il s’est vraiment fait désirer pour faire son rappel et ne nous a même pas dit le titre de ce qu’il a interprété ! Sinon, je ne résiste vraiment pas à vous livrer une citation qui était écrite dans le programme.

Alors que Bartók se trouvait à Paris, je lui proposai un jour de le présenter à Saint-Saëns ; Bartok déclina l’invitation. Je lui citais alors Widor : il ne voulut pas davantage faire sa connaissance « Mais enfin, lui dis-je, quel musicien voulez-vous rencontrer ? – Debussy. – Debussy ? Mais c’est un personnage odieux, qui déteste tout le monde sauf lui ! Voulez-vous être insulté par Debussy ?- Oui. »

Isidor Philipp, professeur de piano

Ah oui, dans le programme, ils disent que Bartók était peut-être un peu autiste…

Symphonie n°7 en la majeur de Beethoven

Alors celle-ci, c’était le Main Event. Un peu moins mainstream que la 5ème mais tout de même beaucoup utilisée, notamment au cinéma. Mon histoire avec cette 7ème symphonie est assez particulière, je l’ai vraiment découverte il y a quatre ans. Je l’ai récupérée dans le PC d’un pote à moi, sans toutefois l’écouter attentivement puis tout a changé lorsque je suis allé voir Le discours d’un roi au cinéma. Pendant le fameux discours du roi interprété par Colin Firth, on entend l’Allegretto de 7ème. Cela a aussi été utilisé par Johnny Halliday dans son poème sur la 7ème ou encore, comme je l’ai appris par un de mes followers de twitter, c’est la dernière œuvre jouée en concert part les nazis à Berlin avant leur défaite…Ce deuxième mouvement est un peu tragique, pathétique et il a grandement influencé ma perception de cette symphonie. Ainsi, lorsque j’ai dit à ma voisine allemande que je trouvais cette symphonie triste, elle a vivement rétorqué que ce n’était pas le cas et elle avait raison. C’est peut-être sa symphonie qui bouge le plus, Wagner parlait d « ‘Apothéose de la danse » et c’est tellement vrai. Le premier, troisième et quatrième mouvement m’ont vraiment donné envie de me lever de mon siège, tout est dans le rythme.

Sinon, l’apport du concert est indéniable, enfin pour moi. La 7ème est beaucoup plus imposante que la 5ème, rien que par les nuances qui vont souvent jusqu’au fortissimo, le son est beaucoup plus puissant que dans la 5ème, c’est quelque chose dont je n’étais absolument pas conscient à l’écoute sur CD. Gatti dirigeait une fois de plus de main de maître, sans partition. Il y a deux passages qui m’ont vraiment marqué, des choses dont je n’ai pas pleinement conscience lors de l’écoute sur CD. Le premier, c’est au début de l’Allegretto, on a tout d’abord un accord joué les bois puis de suite, l’entrée des violoncelles et alto qui jouent le thème, puis les seconds violons et enfin les premier violons pour aboutir à un tutti. Au niveau de la construction, de la circulation du son, c’est juste phénoménal. Il y a un autre passage que j’ai adoré dans le troisième mouvement, c’est lorsqu’on a un basson qui joue seul avec toutes les cordes, j’ai trouvé ça géant.

Bref, on n’a jamais vraiment entendu une symphonie de Beethoven lorsqu’on ne l’a pas entendue en concert ! Surtout que Gatti est vraiment excellent chez Beethoven, je n'avais absolument rien à redire de son interprétation qui était à la hauteur de l'enregistrement de Carlos Kleiber que j'écoute souvent et qui est la référence (Bruno Lemaire a écrit un livre sur lui, d'ailleurs, Musique Absolue que ça s'appelle, je divague lol)

Conclusion

Ce cycle Beethoven/ Bartók était vraiment génial, j’ai découvert de nombreuses œuvres vraiment très intéressantes. Je garderai toujours le regret d’avoir manqué le premier concert mais je me dis qu’il y en aura beaucoup d’autres à l’avenir. Il y a en effet des convergences entre ces deux compositeurs, leur manière de bousculer les formes, leurs personnalités entières qui peut parfois les isoler. Pour ce qui est de la musique en elle-même, j’ai pris beaucoup de plaisir à entendre en concert des symphonies que j’aimais depuis des années, j’ai compris beaucoup plus de choses en y allant qu’en passant des heures le nez dans la partition, et ça n’a pas de prix ! Ah oui, ce soir, le premier violon était redevenu un homme !

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Le concert d'après

20 Novembre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Autre, #Beethoven, #Maison de la radio, #ONF

Il y a un avant et un après Vendredi 13 Novembre 2015. Il s’est passé tellement de choses depuis mon dernier billet de blog. Ces attentats m’ont vraiment marqué sachant que j’étais sur Paris lorsqu’ils se sont déroulés…

J’avais prévu de vous parler d’un cycle de trois concerts Beethoven/Bartok qui devaient se dérouler à la maison de la radio. Avec mon abonnement, j’avais pris des places pour les trois et je me réjouissais d’y aller mais malheureusement, le concert du samedi 14 Novembre 2015 a été annulé, du coup j’ai manqué la symphonie n°3 de Beethoven appelée aussi héroïque mais moi je préfère dire Eroica. Toutefois, l’orchestre national de France a joué le deuxième mouvement de l’Eroica (qui est une marche funèbre), en hommage aux victimes des attentats le lundi suivant.

Marche funèbre

Alors, ce concert en lui-même a été emprunt d’émotion. L’accès à la maison de la radio a été encore davantage sécurisé, on entre maintenant par l’arrière après avoir fait le tour du bâtiment et une fois à l’intérieur, on marche énormément. Avant que la musique ne débute, une personne a fait un discours d’hommage et a remercié le public d’être venu. Une chose m’a frappé, c’était une loge totalement vide à ma droite et ce, pour des raisons de sécurité. Mon voisin me faisant judicieusement remarquer qu’à partir de cette loge, il était loisible à une personne armée d’arroser toute la salle… Joyeux n’est-ce pas ? Enfin bon, je ne pensais à rien de tel de toute façon.

Trois œuvres étaient au programme, tout d’abord l’ouverture Léonore III de Beethoven, le premier concerto pour violon de Bartok et enfin la cinquième symphonie de Beethoven. J’étais d’ailleurs content de retrouver l’orchestre national de France dirigé par Daniele Gatti qu’on a l’habitude de voir au concert du 14 juillet, et pour une fois, le premier violon était une femme ! EGALITE !

Leonore III

Léonore, quel joli nom ! Cette ouverture en jette. C’est l’ouverture du seul et unique opéra de Beethoven plus connu sous le nom de Fidelio. Mais même si il n’a composé qu’un seul opéra, son ouverture existe en plusieurs versions, ce Léonore III étant la plus impressionnante. Alors pourquoi Léonore, parce que Léonore c’est Fidelio. En gros, c’est l’histoire d’une femme qui se travestit en homme pour sauver son amoureux qui est emprisonné. A un moment donné, le nom de Léonore était précisé dans le titre de l’Opéra puis il a disparu, ce qui ne manque pas de provoquer quelques petites confusions. Toutefois, maintenant, je suis au courant du délire et j’ai appris un truc. Musicalement, cette ouverture est extra, elle se suffit à elle-même, elle est en trois mouvements, c’est une vraie petite symphonie. A un moment donné, les cordes étaient vraiment mises à rude épreuve. C’était assez vif, parfois brutal, une belle découverte. Comme quoi, j’ai beau être un fanatique de Beethoven depuis l’adolescence, j’en découvre encore.

Concerto pour violon n°1 de Bartok

Bartok, je le connais peu. J’avais déjà entendu une seule œuvre de lui en concert, c’était son fameux concerto pour orchestre, c’était il y a quatre ans, sous la pyramide du Louvre et c’est le légendaire Pierre Boulez qui dirigeait. Il avait fait des concerts gratuits à l’époque. Pour tout vous dire, j’avais trouvé ça bizarre et je n’avais pas persévéré dans ce compositeur.

Et bien, je trouve toujours la musique de Bartok bizarre mais j’ai vraiment aimé cette fois-ci pour le coup ! En fait tout tient au début, on a la soliste qui commence seul au violon, puis elle est rejointe par le premier violon, puis une autre et encore un autre avant de laisser place au tutti. Cette introduction est géniale et instaure une ambiance particulière. La soliste était Janine Jansen, je ne la connaissais absolument pas. Je garderai le souvenir de ses cheveux qui ondulaient lorsqu’elle jouait et des cordes pétées de son archet à un moment du morceau, c’est que c’était intense tout de même. Elle ne s'est pas faite trop prier pour le rappel et elle est revenue nous jouer un duo qu'elle a interprété avec le premier violon. Elle nous a dit le nom de l’œuvre mais nous n'avons rien compris, mais bon, de nationalité néerlandaise, je lui pardonne son français.

Une chose insolite que j’ai apprise sur cette œuvre, c’est qu’à la base, Bartok l’avait dédiée à sa copine mais qu’entre temps ils ont rompu, du coup il a rangé son concerto et il n’a été trouvé et publié qu’après sa mort. C’est d’ailleurs le moment de souligner à quel point les programmes des concerts sont bien rédigés et qu’ils apprennent vraiment des choses intéressantes qui me permettent d’ailleurs de nourrir mes écrits.

Symphonie n°5 de Beethoven

Bon, c’est tellement mainstream ce son. Tellement connu que le chef, dirigeait les yeux fermés sans partition. Qui ne connait pas la 5ème ? Ces quatre notes qui se répètent inlassablement. Cette sorte de brutalité qui semble frapper à la porte, d’aucun disaient que c’est le destin qui frappait et d’ailleurs, elle porte parfois le surnom de destin cette symphonie. J’imagine aisément le choc que ça doit être de se manger le début de cette symphonie lorsqu’on ne sait pas de quoi il s’agit. Et bien même lorsqu’on l’a écoutée des millions de fois comme moi, on est étonné d’entendre cette musique pour de vrai. C’était véritablement une première. Même si je suis un grand fanatique de Beethoven (je radote), j'ai si peu entendu de lui en concert (mes potes qui jouent ses sonates pour piano, ça ne compte pas), simplement le Coriolan ainsi que sa première symphonie, il y a longtemps, à la chapelle du lycée (j'en avais déjà parlé il me semble). On n’a jamais entendu la musique avant de l’entendre en concert, c’est une leçon que je ne cesse d’apprendre à chaque fois que je vais écouter des œuvres que j’adore. D’une part, au niveau du nombre de décibels, c’est beaucoup moins impressionnant que ce à quoi je m’attendais au début. Tout de suite, la musique devient beaucoup plus subtile, on comprend l’équilibre qu’il y a, la construction derrière tout ça, et c’est assez jouissif. D’autre part, on peut pleinement profiter de certains instruments. Bien entendu, les cordes sont toujours dominantes mais à l’écouter en concert, j’ai remarqué que c’était définitivement la symphonie du cor, de la clarinette, du hautbois et du basson. Ah ces cuivres, ils sont fabuleux ! Je n’ai qu’un seul grief contre le chef, c’est le tempo beaucoup trop rapide du quatrième mouvement mais à part cela, c’était parfait.

Conclusion

La culture est plus forte que tout. La culture est la plus belle chose appartenant à l’homme, sa valeur est inestimable et ce n’est pas une bande d’assassins qui nous en privera. Bien entendu, il y a de la peur, bien entendu il faut être vigilent mais il ne faut en aucun cas renoncer à la culture. C’est un moyen efficace pour s’élever, s’échapper des pesanteurs de son quotidien, casser sa routine, rêver, prendre du plaisir. Alors voilà, vivons, cultivons nous et ne leur faisons pas le cadeau de renoncer.

Ce concert sera diffusé le jeudi 3 décembre à 20h sur France musique, également disponible à l'écoute sur francemusique.fr

PS: Je suis certain d'avoir aperçu Mathieu Gallet, PDG de radio France dans le public, je ne savais pas où caser ça donc je l'écris ici mdr.

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Le Quatuor, merci Beethoven !

11 Novembre 2014 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Beethoven

Ce film est brillant. D'une part, parce que ses auteurs ont fait preuve de très bon goût en mettant au centre de l'histoire le quatuor à cordes op 131 en do dièse mineur de Beethoven et d'autre part parce que le scénario est juste magique. On assiste à la décomposition de ce quatuor qui a plusieurs répliques et entraîne de nombreuses conséquences. Les liens entre les divers personnages sont multiples et variés et personne n'en ressort indemne. Qu'il s'agisse de l'ego, de l'amitié ou de l'amour. Mais la morale de cette histoire, c'est que la musique finit toujours par triompher et ce film est un hommage à la musique de Beethoven. Enfin, on a droit à de fabuleux acteurs qui sont tous excellents. Un film à voir, surtout si on est mélomane! De sucroit, mélomane et fan de Beethoven !

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Le discours d'un roi, un grand bravo à Colin Firth

11 Février 2011 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Colin Firth, #Roi, #Beethoven

Un grand bravo à Colin Firth, on souffre vraiment avec son personnage, on ressent ses émotions de manière viscérale, l'intensité du discours de la fin, doublé par la 7ème symphonie de Beethoven est, je peux le dire, un chez d’œuvre. Voir le destin d'un tel Homme qui a su faire son devoir malgré des incompatibilités chroniques face à sa fonction, faire résister moralement son peuple face à la barbarie Nazie, là ou son frère ainé a fui. L'intensité du film augmente plus la guerre avec l’Allemagne approche, je regrette simplement que cette guerre soit passée au second plan, malgré cela c'est un très grand film avec de très grands acteurs et une BO fabuleuse qui a su piocher judicieusement dans le répertoire classique. Foncez le voir !

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