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Le blog de andika

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La tribune des critiques de disques

13 Juin 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Autre, #Maison de la radio, #Radio, #Tribune des critiques de disques, #France Musique, #Classique, #Beethoven

La Tribune des critiques de disques est la plus ancienne émission de radio française. En effet, elle a plus de 70 ans. Le principe de l'émission est simple, on choisit une oeuvre du répertoire classique et on compare six versions sur disques. La mission des critiques consiste à élire la meilleure version. L'écoute se fait en aveugle, c'est à dire qu'on ne sait pas qui on écoute, et cela peut occasionner des surprises.

A l'occasion de la fête de la musique, France Musique a décidé de faire une édition spéciale auditeur. J'ai été sélectionné pour participer à cette tribune des auditeurs qui est enregistrée le 21 juin 2017 et diffusée le dimanche 25 juin 2017 de 16h à 18h sur France Musique. Il fallait envoyer un mail pour être sélectionné, je le publie ici. Il explique bien ce que représente cette émission pour moi:

 

Cher Jeremie,

 

Je vous écris afin de porter ma candidature à l’édition spéciale de la tribune des critiques de disques prévue le 21 juin prochain pour la fête de la musique. En effet, je souhaite ardemment me muer en critique pour cette émission. Et ce pour plusieurs raisons.

 

Tout d’abord, l’exercice de l’écoute comparée est quelque chose qui m’est somme toute assez familier, et j’en appréciais le principe bien avant de connaitre cette émission. Un souvenir de lycée, en classe de musique me revient. Le professeur, pour nous exposer différents effets de l’orchestre nous avait fait écouter plusieurs versions de la 5ème symphonie de Beethoven, et j’avais trouvé que je n’entendais pas tout à fait les mêmes instruments selon les versions. Je ne doute pas que mon prof de musique de seconde connaissait l’émission mais malheureusement pour moi, il n’a pas prononcé son nom et cet exercice est resté sans lendemain pour un temps.

Au lycée toujours, j’ai également découvert que Samson François n’était pas forcément le pianiste de référence chez Chopin. Une de mes condisciples n’était autre que la petite fille du compositeur et pianiste polonais Miłosz Magin, et ne cessait pas de me vanter les mérites de son grand père avec quelques extraits.

Après le lycée, un ami proche, (que j’ai d’ailleurs depuis emmené à l’enregistrement de l’émission), m’a fait écouter en aveugle deux versions de la sonate pour piano en la mineur de Mozart. L’exercice consistait avant tout à reconnaitre laquelle était de Lang Lang mais, toutefois, on approchait de l’émission. Une fois de plus, occasion manquée, le père de mon ami est un auditeur fidèle de la tribune mais une fois de plus, on ne m’a pas parlé de cette émission.

 

Alors, comment l’ai-je connue ? Une journée d’été, un peu désœuvré, je me suis lancé dans la barre de recherche des podcasts. En effet, je voulais en savoir davantage sur le concerto pour piano n°20 de Mozart qui était entré dans mon cœur depuis que j’avais vu Amadeus au cinéma. Et là, je tombe enfin sur le podacast de la tribune des critiques de disques ! Et c’était parti, un monde nouveau s’ouvrait à moi. Une fois entré à l’intérieur, je n’en suis plus sorti, j’enchainais les émissions avec frénésie, trop heureux de constater le nombre d’œuvres que j’adore qui y étaient discutées. Mais plus que la musique qui m’était familière, j’étais tout heureux de faire des découvertes. Ainsi, l’émission sur les Bachianas brasileiras n°5 d’Heitor Villa-Lobos a été un grand bonheur pour moi. Mais aussi celle sur la partita pour clavier n°1 de Bach, qui m’a fait m’intéresser à toutes les autres partitas par la suite, que ce soit pour violon ou violoncelle et pour faire bonne mesure, m’a également fait écouter les suites anglaises et françaises. J’ai aussi découvert le compositeur estonien Arvo Pärt qui m’a fasciné et bien d’autres choses encore.

Mes certitudes ont également vacillé de nouveau, moi qui restais confortablement avec mes CD de Wilhelm Kempff au piano chez Beethoven, je découvrais Stephen Kovacevich dans la sonate opus 111 de Beethoven lors d’une des émissions les plus mémorables. Au fil de ces tribunes hebdomadaires, je me suis considérablement enrichi.

 

La qualité de cette émission ne s’est jamais démentie depuis près de 70 ans d’existence ! Elle a existé longtemps avant moi et me survivra longtemps après. En 70 ans, de nombreux critiques emblématiques se sont succédés. J’ai par exemple eu écho des colères mémorables du critique musical Antoine Goléa à la fin des années 1970 contre les versions historiquement informées de Harnoncourt avec des instruments d’époque. Plus près de moi, comment ne pas parler de Piotr Kaminiski et de ses prises de positions tranchées, précises et argumentées. Comment ignorer les critiques pertinentes d’un Christian Merlin dont l’amour de la musique transparait à chaque prise de parole. Comment ne pas écouter Elsa Fottorino nous parler de piano. Comment être insensible à la fougue d’Antoine Mignon. Comment négliger la science de Jérémie Bigorie, et j’en passe !

 

Prendre la suite de tous ces illustres critiques le temps d’une émission serait un grand honneur pour moi. D’une part, j’ai souvent eu le fantasme d’une tribune des auditeurs, cette émission étant tellement sujette à débat, je n’allais d’ailleurs pas tarder à en soumettre l’idée. D’autre part, j’y participais déjà un peu par les courriers que j’envoyais suite à certaines émissions, ce qui m’a déjà valu de remporter trois fois le disque de la semaine et d’entendre quelques uns de mes mots à la radio. Cette interaction existe déjà mais toutefois, sur le vif, il est un peu frustrant de ne pas pouvoir s’exprimer et de devoir attendre d’écrire son petit mail. Surtout lorsqu’on est présent dans le studio pour l’enregistrement !

 

Et comme le hasard fait bien les choses, il a fallu que l’œuvre au programme soit de Beethoven. Vous le savez, j’adule ce compositeur, notamment ses concertos pour piano. Etant de la génération Youtube, j’ai en affection une version de l’empereur d’Arrau qui y est mais également une autre de Gulda. Mais je me souviens que Fazil Say l’avait emporté il y a quelques années pour le troisième concerto pour piano de Beethoven. Il y a tant à dire sur cette œuvre que je ne sais pas par où commencer mais, il faut que j’en garde pour l’émission le jour venu.

 

Enfin, j’ai d’ores et déjà une petite expérience radiophonique en ce qui concerne la musique, il y a quelques mois, j’étais interrogé sur France Culture dans la chronique Hashtag, voici le lien

 

Une fois de plus, je vous remercie de faire vivre cette émission et d’en préserver l'héritage avec tant de passion. Vous êtes le digne héritier d’Armand Panigel et de Jean Roy.

 

Bien cordialement,

 

Anthony Ndika

Il y a eu également des papier dans Le Monde et dans les Incrocks qui parlaient très bien de cette émission. Ce qu'il y a de magique dans cette émission, c'est que pendant deux heures de temps, le problème le plus important de notre vie est de savoir quelles est la meilleure version ! Et comment ne pas mettre en avant cette parodie bien connue ?

 

Rassurez-vous, ce n'est pas tout à fait comme ça que ça se passe !

Edit du 26 juin 2017: Voilà, l'émission a été diffusée, elle est maintenant disponible sur le site de France Musique. Télérama a un peu parlé de nous ainsi que La Croix.

A numéro exceptionnel, photo exceptionnelle. Voici ici les tribuns en actions, il s'agissait de Brigitte, François, Jérémie (le producteur) Alisée et moi même. (Crédit Marc Voinchet, et moi pour la modification)

A numéro exceptionnel, photo exceptionnelle. Voici ici les tribuns en actions, il s'agissait de Brigitte, François, Jérémie (le producteur) Alisée et moi même. (Crédit Marc Voinchet, et moi pour la modification)

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Quand je passe sur France Culture

25 Novembre 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Autre, #Radio, #Maison de la radio, #France Culture, #Classique

En fait, il n'y a que du son !

Il y a près d'un mois, je suis passé sur France Culture, dans la matinale pendant la chronique Hashtag du vendredi. Je ne connaissais pas du tout et ça s'avère être un concept très ingénieux. Les journalistes recherchent des témoignages sur un sujet d'actualité, tout au long de la semaine sur les réseaux sociaux. Je suis pour ma part intervenu pour parler de la musique classique chez les jeunes. Ca a été une expérience très sympathique et ça aurait été dommage de ne pas en parler ici.

J'ai expliqué à la journaliste le pourquoi du comment j'aimais ça, depuis l'adolescence, on a du parler pendant au moins 45 minutes, elle en a retenu quatre mais ça fait une belle synthèse.

Je vous invite également à consulter les autres témoignages qui figurent dans le lien en dessous !

 

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Peck/Balanchine: Moderne classicisme

17 Juillet 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Ballet, #Opéra de Paris, #Autre

Trailer

J'étais le lundi 11 juillet à l'opéra Bastille pour le dernier spectacle de mon abonnement. Il s'agissait de deux ballets, l'un chorégraphié par Justin Peck et l'autre par George Balanchine. Chose étrange dorénavant à l'opéra de Paris, les ballets n'ont pas de titre, on les nomme que par le nom des chorégraphes. J'ai un peu tardé à écrire mon article de sorte que tous les liens qui renvoient vers ce spectacle sur le site de l'opéra de Paris ont disparu, j'ai donc opté pour une bande annonce en illustration de mon billet, ce n'est pas plus mal.

Entre chien et loup de Justin Peck

Ce ballet est mémorable à mes yeux par la qualité des costumes. Tous noirs mais avec des couleurs qui permettent de distinguer les différents protagonistes. C'était assez court, ce n'est pas mal pour une soirée d'été. La danse était faite sur une musique de Poulenc, concerto pour deux pianos en ré mineur. C'était assez sympa même si cette musique m'a un peu dérouté.

Brahms-Schönberg quartet de George Balanchine

J'ai adoré et vraiment préféré au premier ballet contrairement à certains de mes amis. D'une part, les costumes sont encore meilleurs ici, et oui, ils ont été dessinés par Karl Lagerfeld lui même ! Mais surtout, la musique ! Il s'agit du quatuor pour piano n°1 en sol mineur de Brahms mais joué à l'orchestre d'après une orchestration d'Arnold Schönberg.

Et je dois dire que dès les premiers accords, la musique et les danseurs prennent possession de la scène et de cet espace immense pour ne plus les quitter. Tout au long des quatre mouvements, on alterne entre les personnages et c'est très, très vivant.

En écoutant cette musique, j'étais heureux d'avoir l'orchestre de l'opéra de paris sur ce coup, puisque mon dernier ballet, je n'avais eu que des pianos. La musique pouvait se suffire à elle même à la limite.

Conclusion

C'était une belle manière de conclure cette saison à l'opéra de Paris pour moi. J'en garderai d'excellent souvenirs et des émotions fortes. Des arias de l'opéra comme par exemple La ci darem la Mano dans Don Giovanni, ou encore de la poésie dansée dans la nuit s'achève de Millepied. La grande joie à la sortie du Barbier de Séville, les larmes à la fin de la Traviata. Je ne pense pas me réabonner l'année prochaine ne sachant pas si j'aurai autant de temps, mais j'y retournerai certainement ! Vraiment allez-y, c'est génial !

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Mozart au festival de Saint-Denis

19 Juin 2016 , Rédigé par andika Publié dans #93, #Saint Denis, #Festival, #Concert, #Mozart, #Concerto, #Autre, #Classique

Cela faisait quelque temps que je souhaitais me rendre au Festival de Saint Denis. C'est maintenant chose faite avec ce fantastique concert auquel j'ai assisté ce samedi 18 juin 2016 à la maison de la légion d'honneur à Saint Denis. Faudra peut-être que j'y retourne afin de me faire une petit concert dans la basilique la prochaine fois.

En tout cas, le salle était assez sympa, sauf que comme la scène était surélevée, je ne voyais pas du tout le pupitre des instruments à vent et j'avais du mal à les discerner à l'oreille. Autre chose assez cocasse, le portrait de Napoléon Bonaparte qui trônait, alors que le 18 juin n'est autre que l'anniversaire de Waterloo, son ultime défaite. Quelle belle ironie !

Il y avait quatre œuvres au programme, jouées par l'orchestre de Chambre de Lausanne, dirigé par Joshua Wailerstein qui était ma foi bien jeune ! Tout d'abord la symphonie n°98 en si bémol majeur de Joseph Haydn, puis le concerto pour piano n°23 de Mozart, The Messenger de Valentin Silvertrov et enfin, la symphonie n°38 de Mozart "Prague".

Symphonie n°98 en si bémol majeur, Hob. I: 98 de Joseph Haydn

Comme le dit mon pote RTT, Haydn au début, c'est sympa puis on s'ennuie. C'était presque vrai dans cette symphonie qui se tient de bout en bout. J'ai juste été un peu dérouté par l'orchestration qui est encore plus réduite que chez Mozart. Haydn était un grand ami de Mozart d'ailleurs, et il a écrit cette symphonie en son hommage, lorsqu'il a appris sa mort en 1792. Il imite un peu le style de Mozart. J'avais d'ailleurs entendu une histoire sur ces deux-là, Haydn en manque d'inspiration, devait livrer deux quatuors à cordes à son éditeur, Mozart, voyant cela, lui envoya immédiatement deux quators afin qu'il les signe à sa place ! Si c'est pas beau ça !

De cette symphonie, je retiens le mouvement lent, Adagio cantabile, qui était très beau même si j'émets quelques réserves. Le Menuetto était également très sympathique, la mesure en trois temps bien reconnaissable, très dansant. Je réécouterai ça un jour éventuellement.

Concerto pour piano n°23, en la majeur, K 488 de Mozart

Vous connaissez tous ce concerto. Et à défaut de le connaitre, vous avez déjà vu cette pub d'Air France avec Benjamin Millepied qui danse sur ce concerto.

Mozart est éternel

J'ai l'impression de connaitre ce concerto depuis toujours. Ce deuxième mouvement est d'une beauté à couper le souffle. Je me souviens d'avoir vu sur Youtube le Grand Christoph Eschenbach le jouer et j'avais été subjugué. Et bien, dans la salle, c'est encore mieux. Et je dois dire que Adam Laloum au piano était vraiment excellent. Alors bien entendu, l'Adagio est le pilier de ce concerto et pourtant, les deux mouvements rapides ne sont pas en reste. J'ai d'ailleurs personnellement une préférence pour la troisième mouvement qui me touche énormément. Point trop d'effets du pianiste, juste de l'émotion communiquée à travers les notes, sans trop en faire sur les nuances. Il nous a d'ailleurs gratifié de deux bis. J'en ai été très heureux vu que la semaine dernière, j'avais eu droit à zéro bis !

Au final, les mots sont bien peu de choses devant une telle musique. Mais que c'est bon de ressentir physiquement l'orchestre dans la salle, on entend tellement davantage, on ressent tellement plus, fallait voir ma tronche pendant...

Photo souvenir du concert

Photo souvenir du concert

The Messenger

Faudra vraiment que je réécoute ce truc. C'était sympa mais ça ne m'a pas plus marqué que cela. Par contre, le compositeur, Valentyn Sylvestrov est toujours vivant. C'est sympa de jouer des compositeurs contemporains.

Symphonie n°38, "Prague" en ré majeur, K 504

Celle-ci, je l'écoute pour la énième fois sans toutefois parvenir à la chanter, pourtant que l'aime cette symphonie ! Elle a été écrite par Mozart suite au merveilleux accueil de la ville de Prague de ses opéras Don Giovanni et Les noces de Figaro. De plus, Prague est une ville qui me fait rêver. Et pourtant, j'ai du mal à l'imprimer dans ma tête cette satanée symphonie alors que je l'ai écoutée à de nombreuses reprises. Je pense que le concert va m'aider à la retenir à l'avenir !

Conclusion

Encore un concert fantastique. Sur ce coup, vois un orchestre en tournée était quelque chose de sympa dont je n'ai pas l'habitude. Effet, j'étais très étonné de voir nos amis de Lausanne nous gratifier d'un bis à la fin du concert. Je retiens également l'intensité du violoncelle solo que je ne quittais presque pas des yeux et qui a pu s'illustrer chez Haydn.

Je garderai un bon souvenir de ce concert à Saint Denis. Une bonne raison pour moi de m'aventurer dans le 93. Les suisses nous ont bien traités, nous les avons bien accuillis mais j'espère qu'on les battra quand même ce soir à l'Euro ! Et oui, fallait bien que je parle de foot à un moment donné !

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Philharmonie 3: Rencontre avec Paavo Järvi

5 Mars 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Philharmonie, #Orchestre de Paris, #Radu Lupu, #Paavo Jarvi, #Autre, #Concert, #Concerto, #Classique, #Musique, #Beethoven

Jeudi 3 mars était une date cochée depuis très longtemps dans mon agenda. Pour ce concert, j'étais placé derrière la scène, une place que j'ai moins bien aimée par rapport au par-terre. Il s'agissait de mon troisième concert à la Philharmonie de Paris et ce chiffre 3 va s'avérer assez récurrent de part le programme de cette soirée ! Concerto pour piano n°3 en do mineur de Beethoven, concerto pour flûte de Carl Nielsen et enfin, symphonie n°3 en do majeur de Sibelius.

Concerto pour piano n°3 de Beethoven

C'est la principale raison de ma venue à ce concert. J'adore cette œuvre. C'est l'un de mes concertos pour piano préféré. D'une part, la tonalité de do mineur que j'affectionne beaucoup, elle a tout ce qu'il faut de brutalité, de rigueur, de mélancolie, de tristesse. Pas étonnant que la 5ème symphonie de Beethoven soit en do mineur, je citerai également sa sonate pour piano n°8, la fameuse Pathétique.

Le pianiste de la soiré n'est autre que Radu Lupu. Il est originaire de Roumanie et je connaissais son nom car à une époque lointaine, lorsque je téléchargeais encore illégalement de la musique, j'avais eu à écouter une des ses interprétations à lui, il s'agissait du fameux adante du concerto pour piano n°21 de Mozart. Une merveille que tout le monde a en tête (si, si, même toi qui me lis, tu connais forcément, j'ai la flemme de mettre un extrait). Sur cet enregistrement, je trouvais son jeu léger, aérien, féérique, élégiaque. C'est vrai que ce morceau s'y prête beaucoup mais en fait, c'est une caractéristique de ce pianiste.

Ce mec est facile, il m'a emporté lors du concert. Au début du premier mouvement (Allegro con brio), l'orchestre joue le thème pendant 3 minutes avant l'entrée du piano. Lorsque le piano entre, il fait la gamme de do mineur ascendantes sur plusieurs octaves (3 précisément) puis reprend le thème en marquant son territoire face à l'orchestre, dans une réponse cinglante. Du moins, dans l'enregistrement que j'ai l'habitude d'écouter, c'est comme cela, le piano est assez rugueux, brutal dans son entrée. Que nenni chez Radu Lupu. Il entre doucement, sans trop de nuance, sans forcer sur les forte, mais il n'a pas besoin de plus pour nous captiver. On dirait que ses mains volent au dessus du piano. Pour bien appréhender le son, on doit être vraiment concentré.

C'est vraiment de l'orfèvrerie son jeu. Le meilleur moment est sans doute le deuxième mouvement, Largo, où il nous montre toute sa virtuosité. Il nous a également livré une excellente cadence. C'est vraiment l'un des meilleurs pianistes que j'ai entendu de ma vie.

Une fois de plus, j'ai été étonné de redécouvrir, une oeuvre que j'écoute énormément, en concert. Tous est toujours plus subtil, que ce soient les nuances ou l'orchestration. De ce concert, je retiens avant tout le basson et la clarinette. Plein de moments géniaux avec ces instruments.

Après l'habituelle ovation, Radu Lupu est revenu pour un bis où il nous a joué du Brahms. Une fois de plus, c'était génial. Je n'ai pas été déçu du voyage.

Concerto pour flûte de Carl Nielsen

Je ne connaissais absolument pas. D'ailleurs, un concerto pour flûte, quelle drôle d'idée. Imaginer une simple flûte face à un orchestre symphonique me semblait assez insolite et de l'insolite, j'en ai trouvé dans cette musique, avec l'usage du trombone et du tuba. C'était un morceau assez intéressant qui se laissait écouter facilement.

Mais la chose la plus significative pour moi de ce concerto, c'était son soliste, Vincent Lucas qui se trouve être quelqu'un d'assez proche d'une amie à moi qui assistait également au concert et que par conséquent, j'ai pu par la suite aller lui rendre visite dans sa loge ! On en reparlera plus tard !

Symphonie n°3 en ut majeur de Sibelius

Alors ça, c'est une bonne surprise. Je ne connaissais Sibelius que de nom, vaguement pour un concerto pour violon mais maintenant, cette symphonie entre dans mon panthéon. Quelle merveille, et découvrir une telle musique dans ces conditions, c'est vraiment le top. Je retiens surtout le deuxième mouvement, Adantino con moto, quasi allegretto, qui a un rythme de valse. Le thème circulant entre les différents instruments avec un bel équilibre. Mais le début de la symphonie est également impressionnant, joué uniquement par des contrebasses. Je l'écoute vraiment sans me lasser depuis !

J'avais lu quelque chose d'insolite dans le programme, à savoir que cette symphonie avait un orchestre réduit mais c'était pourtant la formation la plus grande de la soirée.

After

Ca, c'est une innovation par rapport à mes autres sorties ! Les loges ! J'ai eu l'occasion de discuter avec les musiciens de l’orchestre de Paris, de prendre des cacahuètes mais surtout du champagne et bien entendu, de rencontrer Paavo Jarvi, dont je suis fan depuis que j'ai visionné sa version de l'Eroica de Beethoven sur YouTube il y a quelques années.

C'est la deuxième fois que je le voyais en concert. La première était il y a un peu plus d'un an et demi, un juin 2014, à Londres, le soir de l'ouverture de la coupe du monde de foot d'ailleurs. Je le lui ai dit, et on m'a fait remarqué qu'il ne devait pas souvent entendre une personne lui dire qu'elle avait privilégié un concert de lui par rapport à un match de football. Il est vrai qu'en général, les fous de foot ne sont pas forcément les mêmes que les fous de musique classique. Mais bon, je suis un garçon étonnant. Un seul regret, je n'ai pas osé lui demander une photo mais bon, je suis certain que l'occasion se représentera.

Mon abonnement à la Philharmonie est terminé pour cette saison mais je pense en reprendre un. C'est une salle magnifique, avec une programmation riche et dense et des musiciens vraiment fantastiques.

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il barbiere di siviglia à Bastille

1 Mars 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Opéra de Paris, #Opéra, #Autre, #Bastille

Une fois de plus, je n'innove pas dans mon titre et comme pour Don Giovanni, je reprends sobrement le titre de l’œuvre dont je vais vous parler ainsi que le lieu où elle m'a été donnée.

J'ai découvert hier avec amusement que Rossini était né un 29 février, en 1792 précisément, je trouve cela formidable que la veille de sa date d'anniversaire, à savoir le dimanche 28 février 2016, d'avoir assisté à une représentation de son il barbiere di siviglia ! Ce opéra est adapté de la célèbre pièce de Beaumarchais, Le Barbier de Séville. A ce sujet je twettais d'ailleurs depuis Bastille...

Sacré Beaumarchais, ses Noces de Figaro ont rythmé de nombreux cours de français au cours de ma scolarité au lycée. Il parvenait à l'époque, à mélanger une histoire d'amour avec un récit sur les différentes classes sociales et cela fonctionnait divinement bien. Mais à cette époque, peu avant la Révolution française, le fait que différentes classes puissent se mêler dans une œuvre de fiction pouvait mener à certains problèmes, notamment la censure.

Le Barbier de Séville est un peu plus léger, d'ailleurs ici, Figaro n'est plus le personnage principal, il s'agit du comte d'Almaviva et de Rosina. Sauf que pour séduire sa belle Rosina, le comte se fait passer pour un roturier du nom de Lindoro. Et pendant toute l'histoire, il essaye de l'arracher des griffes de son tuteur, le Docteur Bartolo (et pas Bartolone). Je ne sais pas si cette légèreté est due au livret de l'opéra ou si elle était déjà présente dans la pièce de théâtre mais en tout cas, elle fait un bien fou. On ne peut être que de bonne humeur devant une telle histoire. C'est une pure comédie, presque pas une once de drame, bien entendu quelques péripéties mais elles sont bien dérisoires.

La mise en scène était vraiment géniale avec un décor dément qui bougeait. Il y avait deux faces et il tournait sur lui même, et parfois le décor bougeait même en pleine action. Une mise en scène vraiment dynamique qui n'avait presque rien à envier au cinéma, bien au contraire !

L'ouverture est un des airs les plus connus de l'opéra et elle a été saluée par une salve d'applaudissements. Au niveau musical, globalement, c'est très agréable à suivre. On a droit à des airs géniaux, à des duos, trios, quatuors, quintettes et autres entre plusieurs voix des plus sublimes. Toutefois, j'ai beaucoup moins aimé que Mozart il y a quelques mois.

Néanmoins, je retiens quelques airs géniaux avec des moments de bravoure des chanteur, notamment Basilio et le génial La calunnia è un venticello Rosina et Una voce poco fa, et bien entendu le comte avec notamment le fameux Pace e gioia sia con voi et un aria dont je n'ai pas retrouvé le nom, je sais qu'à un moment il chante accompagné d'une seule guitare et que son dernier solo est à la toute fin.

Au niveau vocal, j'ai été quand même un peu déçu, seulement une voix s'est démarquée à mes yeux (enfin à mes oreilles), celle de Pretty Yende dans le rôle de Rosina, quelle puissance, je l'entendais comme si elle étais à côté de moi !

Je n'entendais presque pas ce que chantais Bartolo, Basilio quant à lui était excellent, Figaro était un peu diminué mais il avait une excuse, le chanteur était souffrant, on nous l'avait annoncé au début du spectacle ( du coup les Figaro, Figaro, Figaaaro ont été un peu gâchés), enfin le comte était assez correct mais ils faisaient tous pâle figure face à Rosina.

Je parlais plus haut du don de la chronique sociale qu'avait Beaumarchais dans son œuvre. Elle se retrouve dans la distribution de l'opéra. Au sein du public, j'ai un peu regardé autour de moi, nous devions être deux noirs à tout casser, sur une salle qui peut contenir 2723 spectateurs. Mais ça n'avait pas d'importance pour moi car il y avait également deux noirs sur scènes, dans les deux rôles principaux, à savoir Pretty Yende alias Rosina et Lawrence Brownlee alias le Comte. Je crois que je n'avais jamais applaudi aussi fort de toute ma vie, allez savoir pourquoi ! D'ailleurs, vous pouvez les écouter en vidéo à propos de leur travail.

Encore une fois la preuve que l'opéra c'est pour tout le monde. Et c'est souvent démontré par l'absurde. Les distributions des opéras sont souvent internationales, à savoir que cohabitent plusieurs nationalités sur scène, c'est parfois assez cocasse. Pour le coup, nos deux amis, respectivement de nationalités sud africaine et américaine, avaient à chanter en italien pour une histoire se déroulant à Séville en Espagne. Ils s'en sortent pas mal du tout d'ailleurs.

La conclusion c'est que l'opéra est une sorte de tour de Babel, très cosmopolite, en revanche, les histoires racontées embrassent souvent les mêmes thèmes, mais bon, d'un autre côté, comment se lasser des histoires d'amours ? L'ovation finale était tout autant pour la performance des artistes que synonyme de bonne humeur car l'histoire se terminait extraordinairement bien, par un mariage que tout le monde attendait, c'était la fête !

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Jour de colère à la Philharmonie

15 Février 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Philharmonie, #Verdi, #Requiem, #Orchestre de Paris, #Musique, #Classique, #Concert, #Autre

Jour de colère ou Dies Irae en latin dans le texte ! C'est bien entendu un pasage assez emblématique de la Messe de Requiem destinée aux morts.

Pour le deuxième concert de mon abonnement à la Philharmonie de Paris, j'ai une fois de plus eu la chance d'écouter l'orchestre de Paris, cette fois-ci dans le requiem de Verdi. C'était la seule oeuvre au programme en ce dimanche 14 février 2016, jour des amoureux. (Billet réservé très longtemps à l'avance d'ailleurs...)

Cette pièce est assez conséquente pour constituer un programme à elle seule. C'était monstrueux, la dimension de ce truc, l'orchestre et le choeur tous ensemble, ça faisiat un paquet de personnes. Je n'avais jamais vu la scène aussi remplie. D'ailleurs, les quelques twittos présents dans la salle ont semblé apprécier le spectacle ! Voyez plutôt !

Oui, le dernier tweet est de moi, c'est quand même mon blog personnel !

Ah le Requiem, cette messe me fascine depuis que j'ai vu le film Amadeus au cinéma lorsque j'étais adolescent. Bien entendu, pour moi, la référence reste celui de Mozart. Mais de nature assez curieuse, il y a bien longtemps que j'étais parti chercher autre chose chez différents compositeurs, ainsi, j'aime beaucoup le requiem de Fauré et bien entendu celui de Verdi. D'ailleurs, je pense que le requiem de Verdi est mon préféré après celui de Mozart qui est indépassable à mon avis.

J'ai tellement aimé et écouté le requiem de Mozart que j'en connais le texte en latin de plusieurs passages par cœur. C'est très pratique pour suivre mais cela a un petit désavantage. En effet, ce n'est plus du tout le même rythme et encore moins la même musique chez Verdi, donc même si on conserve les paroles, il faut rééduquer l'oreille afin que le texte cadre avec le nouveau contexte. Mais d'un autre côté, c'est passionnant. On voit ce que les différents compositeurs font du même matériau de base. C'est comme si plusieurs compositeurs partaient du même livret pour faire chacun leur opéra.

D'ailleurs, en parlant d'opéra, ce requiem y ressemble terriblement. La manière dont sont traités les solistes y ressemble fortement. Chacun a un rôle très fort, chacun a son solo, son moment de gloire.

Il est tellement impressionnant d'assister à ce requiem dans la salle de concert, on ne peut pas retrouver ça ailleurs. L'effectif est trop imposant pour retranscrire ce que ça représente. Tellement de musiciens, qu'il y avait même quatre trompettistes dans les gradins !

Les dynamiques sont très variées, on commence avec un pianissimo qui est vraiment prodigieux, vu le monde qui joue en même temps, vu le nombre de personnes qui chantent mais très rapidement, on arrive au fameux Dies Irae. Et là, c'est parti pour presque une heure non stop. Pas de pause entre les parties, ce Dies Irae est un tout. Ce n'est pas comme chez Mozart où on sépare Dies Irae, Tuba Mirum, Rex, Recordade, Confutatis, lacrymosa. Tous ces passages sont inclus dans le Dies Irae. Et le thème du Dies est une sorte de refrain, on l'entend au moins cinq fois il me semble tout au long du Requiem. Un tutti fortissimo avec un max de percussion et le choeur qui chante à fond, c'est impressionnant. Cette musique est souvent utilisée au cinéma ou dans la publicité d'ailleurs. Du coup, le titre de mon article était tout trouvé !

Ce requiem est épique, mais il a également des passages plus doux, certains solos de la soprano sont très émouvants, les larmes ne sont jamais loin. J'ai retenu également un solo de basson dans le Quid sum miser.

On passe vraiment par toutes les émotions. D'un autre côté, il y a des passages tellement grandioses, limite héroïques (ce Tuba mirum putain de merde !), de telle sorte que j'ai du mal à les imaginer joués dans une église.

Toutefois, je crains qu'il n'y ait pas de meilleur hommage à un mort que ce requiem et d'ailleurs, cette musique semble être à même de les réveiller les morts !

En conclusion, c'était un concert sublime, salué par une ovation d'une bonne dizaine de minutes qui a suivi un long silence de cathédrale après le dernier accord du Libera me. Puis j'ai vu le chef, Gianandrea Noseda embrasser la partition, j'ai trouvé ça génial. Ce requiem, l'écouter en entier chez moi, je trouve ça un peu difficile. Mais en concert, il fait dans les 1h40 et on ne voit pas le temps passer. J'ai vraiment l'impression d'avoir vécu un grand moment.

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Du lourd pour Beethoven/Bartók 3

23 Novembre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Autre, #Beethoven, #Maison de la radio

Ce concert, le second d’un cycle de trois qui n’en comptera finalement que deux m’a permis de faire une découverte fondamentale : Il y a du Wifi dans l’auditorium de la maison de la radio ! Mais c’est génial, personne ne m’avait prévenu ! J’ai pu envoyer plein de snaps à mes potes, regarder le Clasico en attendant le début du concert, tweeter des vidéos, c’était vraiment génial !

Clasico musique (jeu de mots à l'intérieur)

Clasico musique (jeu de mots à l'intérieur)

Une fois de plus mes voisins avaient le double de mon âge au minimum et semblaient avoir du mal avec le programme du concert qu’on nous avait distribué à l’entrée. En effet, il y avait un programme unique pour les trois concerts du cycle et mes voisins lisaient les pages relatives au concert du 14 novembre qui n’a jamais eu lieu, au lieu de lire celui du 21 novembre qui était le bon jour. Du coup, au lieu de l’Eroica, on avait la 7ème de Beethoven, et ça change tout ! En plus de la 7ème, il y avait en ouverture les Créatures de Prométhée, toujours de Beethoven ainsi que le concerto pour piano n°3 de Bartók. Ah oui, aussi, il y avait du VIP dans le public, j’ai spotted l’acteur Gérard Darmon (qui a bien aimé la 7ème) ainsi que le journaliste Philippe Val !

Les créatures de Prométhée (ouverture) opus 43

Ah Prométhée, c’est ce Titan qui a apporté la lumière aux hommes à l’insu de Zeus et qui a eu pour punition de se faire bouffer chaque jour le foie par l’aigle Caucase, son foie repoussant chaque jour pour se faire dévorer encore et encore… Ce qui inspire cette œuvre, c’est la première partie de l’histoire, à savoir que la lumière aide l’Homme à s’élever, et ça tombe bien, le siècle des Lumières influençait encore l’Europe en ce début de XIXème siècle et surtout Beethoven. Encore une fois pour lui, la lumière de la révolution allait permettre à l’homme de s’élever et à sortir du joug des tyrans. C’est une récurrence ce thème dans son œuvre, l’Eroica déjà s’inspirait de ce genre de choses.

Cette œuvre répond à une commande d’un danseur du nom Salvatore Vigano qui avait besoin de musique pour son ballet. Et pour ces deux mecs, le Prométhée des années 1800 n’était autre que Napoléon Bonaparte. Ca me fait toujours marrer de lire ça. A défaut d’art et de savoir, Bonaparte a amené le code civil aux Hommes !

Sinon pour tout vous dire, c’est du Beethoven mais ça ne m’a pas tellement marqué, c’était clairement un amuse bouche, ça durait dans les six minutes et ça permettait de se mettre dans l’ambiance.

Concerto pour piano et orchestre n°3 de Bartók

Alors comme d’habitue pour Bartók, j’ai trouvé ça bizarre. Mais ce n’était pas dénué d’intérêt car ce que j’ai lu dans le programme était vraiment fun pour le coup. Par contre quand il est écrit que le style se veut un prolongement de Bach et Beethoven, je suis un peu dubitatif, quoique, le deuxième mouvement Allegro religioso est très intéressant. Le début de ce mouvement était il est vrai un peu liturgique, je l’ai écouté avec grande attention.

Hormis cela, le pianiste était Deszö Ranki, il est hongrois et je ne le connaissais pas. Il s’est vraiment fait désirer pour faire son rappel et ne nous a même pas dit le titre de ce qu’il a interprété ! Sinon, je ne résiste vraiment pas à vous livrer une citation qui était écrite dans le programme.

Alors que Bartók se trouvait à Paris, je lui proposai un jour de le présenter à Saint-Saëns ; Bartok déclina l’invitation. Je lui citais alors Widor : il ne voulut pas davantage faire sa connaissance « Mais enfin, lui dis-je, quel musicien voulez-vous rencontrer ? – Debussy. – Debussy ? Mais c’est un personnage odieux, qui déteste tout le monde sauf lui ! Voulez-vous être insulté par Debussy ?- Oui. »

Isidor Philipp, professeur de piano

Ah oui, dans le programme, ils disent que Bartók était peut-être un peu autiste…

Symphonie n°7 en la majeur de Beethoven

Alors celle-ci, c’était le Main Event. Un peu moins mainstream que la 5ème mais tout de même beaucoup utilisée, notamment au cinéma. Mon histoire avec cette 7ème symphonie est assez particulière, je l’ai vraiment découverte il y a quatre ans. Je l’ai récupérée dans le PC d’un pote à moi, sans toutefois l’écouter attentivement puis tout a changé lorsque je suis allé voir Le discours d’un roi au cinéma. Pendant le fameux discours du roi interprété par Colin Firth, on entend l’Allegretto de 7ème. Cela a aussi été utilisé par Johnny Halliday dans son poème sur la 7ème ou encore, comme je l’ai appris par un de mes followers de twitter, c’est la dernière œuvre jouée en concert part les nazis à Berlin avant leur défaite…Ce deuxième mouvement est un peu tragique, pathétique et il a grandement influencé ma perception de cette symphonie. Ainsi, lorsque j’ai dit à ma voisine allemande que je trouvais cette symphonie triste, elle a vivement rétorqué que ce n’était pas le cas et elle avait raison. C’est peut-être sa symphonie qui bouge le plus, Wagner parlait d « ‘Apothéose de la danse » et c’est tellement vrai. Le premier, troisième et quatrième mouvement m’ont vraiment donné envie de me lever de mon siège, tout est dans le rythme.

Sinon, l’apport du concert est indéniable, enfin pour moi. La 7ème est beaucoup plus imposante que la 5ème, rien que par les nuances qui vont souvent jusqu’au fortissimo, le son est beaucoup plus puissant que dans la 5ème, c’est quelque chose dont je n’étais absolument pas conscient à l’écoute sur CD. Gatti dirigeait une fois de plus de main de maître, sans partition. Il y a deux passages qui m’ont vraiment marqué, des choses dont je n’ai pas pleinement conscience lors de l’écoute sur CD. Le premier, c’est au début de l’Allegretto, on a tout d’abord un accord joué les bois puis de suite, l’entrée des violoncelles et alto qui jouent le thème, puis les seconds violons et enfin les premier violons pour aboutir à un tutti. Au niveau de la construction, de la circulation du son, c’est juste phénoménal. Il y a un autre passage que j’ai adoré dans le troisième mouvement, c’est lorsqu’on a un basson qui joue seul avec toutes les cordes, j’ai trouvé ça géant.

Bref, on n’a jamais vraiment entendu une symphonie de Beethoven lorsqu’on ne l’a pas entendue en concert ! Surtout que Gatti est vraiment excellent chez Beethoven, je n'avais absolument rien à redire de son interprétation qui était à la hauteur de l'enregistrement de Carlos Kleiber que j'écoute souvent et qui est la référence (Bruno Lemaire a écrit un livre sur lui, d'ailleurs, Musique Absolue que ça s'appelle, je divague lol)

Conclusion

Ce cycle Beethoven/ Bartók était vraiment génial, j’ai découvert de nombreuses œuvres vraiment très intéressantes. Je garderai toujours le regret d’avoir manqué le premier concert mais je me dis qu’il y en aura beaucoup d’autres à l’avenir. Il y a en effet des convergences entre ces deux compositeurs, leur manière de bousculer les formes, leurs personnalités entières qui peut parfois les isoler. Pour ce qui est de la musique en elle-même, j’ai pris beaucoup de plaisir à entendre en concert des symphonies que j’aimais depuis des années, j’ai compris beaucoup plus de choses en y allant qu’en passant des heures le nez dans la partition, et ça n’a pas de prix ! Ah oui, ce soir, le premier violon était redevenu un homme !

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Le concert d'après

20 Novembre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Autre, #Beethoven, #Maison de la radio

Il y a un avant et un après Vendredi 13 Novembre 2015. Il s’est passé tellement de choses depuis mon dernier billet de blog. Ces attentats m’ont vraiment marqué sachant que j’étais sur Paris lorsqu’ils se sont déroulés…

J’avais prévu de vous parler d’un cycle de trois concerts Beethoven/Bartok qui devaient se dérouler à la maison de la radio. Avec mon abonnement, j’avais pris des places pour les trois et je me réjouissais d’y aller mais malheureusement, le concert du samedi 14 Novembre 2015 a été annulé, du coup j’ai manqué la symphonie n°3 de Beethoven appelée aussi héroïque mais moi je préfère dire Eroica. Toutefois, l’orchestre national de France a joué le deuxième mouvement de l’Eroica (qui est une marche funèbre), en hommage aux victimes des attentats le lundi suivant.

Marche funèbre

Alors, ce concert en lui-même a été emprunt d’émotion. L’accès à la maison de la radio a été encore davantage sécurisé, on entre maintenant par l’arrière après avoir fait le tour du bâtiment et une fois à l’intérieur, on marche énormément. Avant que la musique ne débute, une personne a fait un discours d’hommage et a remercié le public d’être venu. Une chose m’a frappé, c’était une loge totalement vide à ma droite et ce, pour des raisons de sécurité. Mon voisin me faisant judicieusement remarquer qu’à partir de cette loge, il était loisible à une personne armée d’arroser toute la salle… Joyeux n’est-ce pas ? Enfin bon, je ne pensais à rien de tel de toute façon.

Trois œuvres étaient au programme, tout d’abord l’ouverture Léonore III de Beethoven, le premier concerto pour violon de Bartok et enfin la cinquième symphonie de Beethoven. J’étais d’ailleurs content de retrouver l’orchestre national de France dirigé par Daniele Gatti qu’on a l’habitude de voir au concert du 14 juillet, et pour une fois, le premier violon était une femme ! EGALITE !

Leonore III

Léonore, quel joli nom ! Cette ouverture en jette. C’est l’ouverture du seul et unique opéra de Beethoven plus connu sous le nom de Fidelio. Mais même si il n’a composé qu’un seul opéra, son ouverture existe en plusieurs versions, ce Léonore III étant la plus impressionnante. Alors pourquoi Léonore, parce que Léonore c’est Fidelio. En gros, c’est l’histoire d’une femme qui se travestit en homme pour sauver son amoureux qui est emprisonné. A un moment donné, le nom de Léonore était précisé dans le titre de l’Opéra puis il a disparu, ce qui ne manque pas de provoquer quelques petites confusions. Toutefois, maintenant, je suis au courant du délire et j’ai appris un truc. Musicalement, cette ouverture est extra, elle se suffit à elle-même, elle est en trois mouvements, c’est une vraie petite symphonie. A un moment donné, les cordes étaient vraiment mises à rude épreuve. C’était assez vif, parfois brutal, une belle découverte. Comme quoi, j’ai beau être un fanatique de Beethoven depuis l’adolescence, j’en découvre encore.

Concerto pour violon n°1 de Bartok

Bartok, je le connais peu. J’avais déjà entendu une seule œuvre de lui en concert, c’était son fameux concerto pour orchestre, c’était il y a quatre ans, sous la pyramide du Louvre et c’est le légendaire Pierre Boulez qui dirigeait. Il avait fait des concerts gratuits à l’époque. Pour tout vous dire, j’avais trouvé ça bizarre et je n’avais pas persévéré dans ce compositeur.

Et bien, je trouve toujours la musique de Bartok bizarre mais j’ai vraiment aimé cette fois-ci pour le coup ! En fait tout tient au début, on a la soliste qui commence seul au violon, puis elle est rejointe par le premier violon, puis une autre et encore un autre avant de laisser place au tutti. Cette introduction est géniale et instaure une ambiance particulière. La soliste était Janine Jansen, je ne la connaissais absolument pas. Je garderai le souvenir de ses cheveux qui ondulaient lorsqu’elle jouait et des cordes pétées de son archet à un moment du morceau, c’est que c’était intense tout de même. Elle ne s'est pas faite trop prier pour le rappel et elle est revenue nous jouer un duo qu'elle a interprété avec le premier violon. Elle nous a dit le nom de l’œuvre mais nous n'avons rien compris, mais bon, de nationalité néerlandaise, je lui pardonne son français.

Une chose insolite que j’ai apprise sur cette œuvre, c’est qu’à la base, Bartok l’avait dédiée à sa copine mais qu’entre temps ils ont rompu, du coup il a rangé son concerto et il n’a été trouvé et publié qu’après sa mort. C’est d’ailleurs le moment de souligner à quel point les programmes des concerts sont bien rédigés et qu’ils apprennent vraiment des choses intéressantes qui me permettent d’ailleurs de nourrir mes écrits.

Symphonie n°5 de Beethoven

Bon, c’est tellement mainstream ce son. Tellement connu que le chef, dirigeait les yeux fermés sans partition. Qui ne connait pas la 5ème ? Ces quatre notes qui se répètent inlassablement. Cette sorte de brutalité qui semble frapper à la porte, d’aucun disaient que c’est le destin qui frappait et d’ailleurs, elle porte parfois le surnom de destin cette symphonie. J’imagine aisément le choc que ça doit être de se manger le début de cette symphonie lorsqu’on ne sait pas de quoi il s’agit. Et bien même lorsqu’on l’a écoutée des millions de fois comme moi, on est étonné d’entendre cette musique pour de vrai. C’était véritablement une première. Même si je suis un grand fanatique de Beethoven (je radote), j'ai si peu entendu de lui en concert (mes potes qui jouent ses sonates pour piano, ça ne compte pas), simplement le Coriolan ainsi que sa première symphonie, il y a longtemps, à la chapelle du lycée (j'en avais déjà parlé il me semble). On n’a jamais entendu la musique avant de l’entendre en concert, c’est une leçon que je ne cesse d’apprendre à chaque fois que je vais écouter des œuvres que j’adore. D’une part, au niveau du nombre de décibels, c’est beaucoup moins impressionnant que ce à quoi je m’attendais au début. Tout de suite, la musique devient beaucoup plus subtile, on comprend l’équilibre qu’il y a, la construction derrière tout ça, et c’est assez jouissif. D’autre part, on peut pleinement profiter de certains instruments. Bien entendu, les cordes sont toujours dominantes mais à l’écouter en concert, j’ai remarqué que c’était définitivement la symphonie du cor, de la clarinette, du hautbois et du basson. Ah ces cuivres, ils sont fabuleux ! Je n’ai qu’un seul grief contre le chef, c’est le tempo beaucoup trop rapide du quatrième mouvement mais à part cela, c’était parfait.

Conclusion

La culture est plus forte que tout. La culture est la plus belle chose appartenant à l’homme, sa valeur est inestimable et ce n’est pas une bande d’assassins qui nous en privera. Bien entendu, il y a de la peur, bien entendu il faut être vigilent mais il ne faut en aucun cas renoncer à la culture. C’est un moyen efficace pour s’élever, s’échapper des pesanteurs de son quotidien, casser sa routine, rêver, prendre du plaisir. Alors voilà, vivons, cultivons nous et ne leur faisons pas le cadeau de renoncer.

Ce concert sera diffusé le jeudi 3 décembre à 20h sur France musique, également disponible à l'écoute sur francemusique.fr

PS: Je suis certain d'avoir aperçu Mathieu Gallet, PDG de radio France dans le public, je ne savais pas où caser ça donc je l'écris ici mdr.

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Un KDB #AvecBarto

6 Novembre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #KdB, #Autre, #Politique

Crédit Fred Audibert

Crédit Fred Audibert

Encore un KDB et maintenant, je suis officiellement leftblogueur et par conséquent, il me faut chroniquer cette soirée ici. Oui, ça change un peu du cinéma mais c’est aussi sympa.

Jegoun m’a invité à rencontrer Barto il y a 10 jours, je n’étais pas trop chaud pour venir, j’avais éventuellement d’autres choses à faire ce soir là et puis finalement non, du coup la veille, lorsqu’il m’a demandé de confirmer, je lui ai assuré que je viendrai.

Je suis arrivé à la comète hier vers 19h30 et j’ai croisé quelques visages familiers et ça m’a drôlement fait plaisir.

Claude Bartolone s’est un peu fait attendre mais il est enfin arrivé, un peu en retard mais il s’est fait pardonner puisque il a payé sa tournée. C’est facile la politique des fois. Il a salué tout le monde, dans l’entrée, près du comptoir et on est resté là pendant un temps à l’assaillir de questions. Il s’est montré très disponible, affable, précis dans ses réponses et il faisait montre d’une force de conviction assez impressionnante mais avant tout, d’une grande bienveillance. On ne peut éprouver que de la sympathie pour cet homme là.

Personnellement, j’ai plutôt parlé de la réforme territoriale. Il est en faveur de la suppression des conseils départementaux pour les départements de la petite couronne. J’ai beau être en accord, je lui ai dit que ce serait extrêmement difficile à faire. J’ai également ajouté que la métropole du Grand Paris n’était pas une étape si vaine que cela, vu la taille des futures EPCI mais certains n’étaient pas convaincus, arguant que certains arrondissements parisiens comptaient dores et déjà près de 300000 habitants. Oui le droit des collectivités territoriales, c’est chiant. On est parti bouffer après ça.

J’étais assis juste à côté de Barto, à sa droite. Je n’ai pas trop écouté ce qui se disait, trop occupé à tweeter que je dînais avec le président de l’Assemblée nationale. En parlant de ça, il avait souvent le réflexe de taper sur la table avec ses couverts pour essayer de rendre le débat fluide et dissiper le brouhaha du à des prises de parole intempestives. Toutefois, j’ai perçu un échange à propos d’une de ses propositions. A savoir, de créer une police spéciale des transports. Il justifiait cette position en disant qu’avec les nouvelles directives, des compagnies privées auront à l’avenir le loisir de gérer des services de transports en commun urbain et par conséquent d’y assurer elles-mêmes la sécurité. Pour remédier à cela, il propose un service public de la police des transports, j’ai trouvé cela cohérent. Mais d’un autre côté, la politique et moi ces derniers temps, c’est un peu comme l’huile et l’eau. Mais les prochaines échéances risquent bien d’agir comme un agent tensioactif (ralalala, #pharmaforever).

Enfin, il a expliqué qu’il s’était présenté pour mettre fin aux divisions qui avaient cours au sein du PS francilien. Et en effet, les bisbilles Huchon/De la Gonterie étaient du plus mauvais effet, il s’est dévoué pour faire l’union. C’est assez drôle d’ailleurs, son parcours politique ressemble un peu à cela. Il s’y est trouvé un peu par hasard et a constaté qu’il était plutôt bon dans ce domaine. Après ce KDB, je ne peux plus penser le contraire. J’avais bien entendu l’intention de voter pour lui lors des prochaines régionales. Cette rencontre me fera voter pour lui avec enthousiasme ! Vive le KDB !

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