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Le blog de andika

Articles avec #allemand tag

Toni Erdmann: Une hype de qualité relative

23 Août 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #allemand

Ce film est une hype comme je n'en avais pas vue depuis longtemps. Toute la presse nous ordonne d'aller le voir, c'était la sensation de Cannes, il aurait du avoir la Palme.

Une fois sorti de la séance, je me trouve dans l'obligation de faire redescendre tout le monde sur Terre et de relativiser la qualité de ce film. Oui on rit à gorge déployée, oui le film va parfois dans des directions totalement dingues. Mais se taper près de trois heures de film pour avoir une morale du genre, ah oui, on est trop pris par notre routine quotidienne et on passe à côté des bons moments sans s'en rendre compte. Bah merci, j'étais pas du tout au courant de ça avant de venir voir ce film...

Mais ce qui sauve la chose, ce n'est pas le fond. C'est la forme. Et là, quelle audace ! Amener ce personnage de Toni Erdmann totalement dingue devant cette jeune femme qui semble être plus coincée et rigide que Geneviève de Fontenay, c'est quelque chose qui vaut le détour. Le père et la fille ont de succulents dialogues, se trouvent dans des situations les plus inattendues les unes que les autres, je retiens notamment cette chanson totalement folle chantée par Inès lors d'une fête, l'anniversaire qui vaut le détour aussi. Et finalement, on se rend compte que les grands moments de la vie, les plus mémorables que l'on retient à la fin, on les vit avec Ines et son père, et c'est ça le plus fort. Et vous savez quoi, on est touché à un moment et on ne peut que fondre.

Maren Ade mène son film d'une main de maître, ne se laisse jamais dépasser par son sujet, sait quand mettre de la tension, quand la faire redescendre, comment susciter l'émotion, comment amener ses événements. Le scénario a un grain de folie, les acteurs sont habités et on en sort avec l'un des films les plus intelligents de cet été.

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Elser, Un héros tombeur !

28 Octobre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #allemand

Mes amis, je suis joué, trahi, perdu ; je suis au désespoir : Un film allemand est sorti, il est sorti au cinéma et je ne l’ai pas su !

Enfin si, je l’ai su, contrairement à Valmont qui n’avait pas su anticiper le départ de la présidente Tourvel.

Comme je le dis souvent, dès qu’un film allemand arrive sur nos écrans de cinéma, je m’efforce d’aller le voir mais quand je ne suis pas au courant qu’il en sort… Heureusement, j’ai vu l’affiche en allant voir un autre film la veille !

Elser est un film excellent qui retrace la vie de Georg Elser qui s’est fait connaitre notamment pour avoir tenté de faire sauter Hitler en Novembre 1939. C’est fou ce que les gens qui essayent de buter Hitler font de bons héros de film, que ce soit dans Walkirie ou même dans Inglourious Basterd.

Elser est un mec vraiment intéressant et malheureusement assez méconnu. Je ne le connaissais pas avant de voir ce film et pourtant, certains éléments de sa vie en font indéniablement un héros de cinéma. C’est un mec qui est plus ou moins proche du parti communiste sans toutefois militer, qui tombe les nanas comme des mouches, qui est très chrétien et qui a résolu de buter Hitler car il voyait en lui la ruine de l’Allemagne. (La suite des événements est allée dans son sens).

Le film commence par son attentat foiré puis alterne entre les flashbacks et les interrogatoires. Et c’est là que le film est génial car il nous offre un contraste saisissant. Alors oui, le mec se fait torturer méchamment par la Gestapo, jusqu’à en gerber mais dès lors qu’il commence à coopérer, on sent chez les nazis une certaines humanité (surtout la sténo) et presque aucune cruauté (encore que). Au contraire, ce qui a le plus d’impact, c’est la lente montée en puissance du nazisme dans le petit village reculé d’Elser. Là c’est fort, comment le national socialisme s’immisce partout, en ne laissant rien passer et se développe tel un cancer qui ne cesse de se métastaser. Ainsi, lors des fêtes de la ville, je me suis amusé à dénombrer le nombre de croix gammées, elles étaient partout, sur tout, notamment des potirons et des toasts !

Ce mec est également un tombeur et c’est également le film de son histoire d’amour avec Elsa, une femme mariée qui l’invite à danser un tango (comme quoi, l’attirance allemande pour l’Argentine ! ), à un moment ça devient un ménage à trois tel la réaction de Mannich et c’est assez bizarre mais ça laisse de bonnes scènes.

Alors au final, on en ressort étonné, je ne vous raconte pas tout car il y a des choses qui se passent différemment de ce qu’on peut imaginer. En tout cas, c’est bon d’entendre de l’allemand au cinéma !

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Un requiem allemand à la Madeleine

4 Octobre 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Brahms, #allemand, #Requiem, #Eglise, #Madeleine, #Paris, #Classique

Un requiem allemand à la Madeleine

Lorsque j’ai reçu une invitation sur Facebook pour le requiem allemand de Brahms à l’église de la Madeleine pour le vendredi 2 octobre 2015, je n’ai pas hésité bien longtemps avant d’y répondre favorablement. Quelle chance n’empêche, un tel concert, gratuit et à la Madeline, la personne qui m’a invité me voulait décidément du bien ! Premièrement, ceux qui me connaissent un peu beaucoup savent que je suis très germanophile et un peu germanophone. Ainsi, j’ai été comblé de voir que la majorité des musiciens étaient allemands ce soir là !

De plus, en octobre 2014, figurez vous que j’étais déjà dans Brahms, j’avais assisté à un des derniers concerts de la salle Pleyel, et j’avais eu droit à une de ses symphonies et à son second concerto pour piano, un souvenir merveilleux. Brahms est un compositeur que j’ai appris à apprécier très récemment, je ne l’écoutais pas adolescent. Je connaissais bien entendu ses danses hongroises et naturellement, j’avais toujours en tête sa célèbre berceuse. Tout cela était bien dommage car je manquais vraiment quelque chose mais depuis un an, je me rattrape et je m’intéresse vraiment à ce compositeur. J’écoute actuellement ses sonates pour piano et violon qui sont très belles. Brahms m’intriguait pourtant, non seulement pour sa musique mais également en raison de sa relation avec Clara Schumann. Leur correspondance a donné lieu à beaucoup de spéculations et je ne sais pas tellement à quoi m’en tenir.

En parlant de Clara, je vais dorénavant la citer

« Il n’y a pas grand chose à dire, à part le fait que je suis vraiment comblée par ton Requiem, c’est une œuvre magistrale qui touche l’homme dans sa totalité comme rarement. Le plus grand sérieux, allié à toute la magie de la poésie, est merveilleux, bouleversant et apaisant. Comme tu le sais, je n’arrive jamais à bien m’exprimer avec des mots, mais je ressens toute la richesse de cette œuvre dans le plus profond de mon être. L’enthousiasme qui se dégage de chaque partie me touche profondément, je dois le dire; que ne donnerais-je pour pouvoir écouter cette œuvre, écrit Clara Schumann dans une lettre à Johannes Brahms, après avoir tenu dans ses mains les notes des 6ème et 7ème mouvements. »

Clara Schumann

Et en effet, elle ne mentait pas, les deux derniers mouvements sont vraiment exceptionnels. En général, lorsqu’on évoque une messe de requiem, on pense à quelque chose de triste, de sinistre, chanté en latin, les exemples sont légions, on pourra citer Mozart, Verdi, Fauré…

Mais il ne s’agit pas de cela ici, d’une part le chant est en allemand (normal vu le titre) et d’autre part, Brahms a picoré un peu partout dans la Bible pour ses chants, ainsi on y trouve des psaumes ou encore des évangiles. Cela a pour conséquence d’avoir une musique et des chants loin d’être tristes. Rien de comparable au Lacrimosa du requiem de Mozart ici. Toutes les parties amènent de la force, de la quiétude, beaucoup de paix et de réconfort pour s’achever dans le tumulte du triomphe. Ce requiem allemand est une véritable célébration. Ainsi, un passage tiré du livre des Hebreux (13,14) m’a bien marqué. La mort est absorbée dans la victoire. Mort, où est ton aiguillon ! Enfer, où est ta victoire !

Et chanté en allemand, je peux vous dire que ça en jette. C’était dans le fameux sixième mouvement cher à Clara Schumann !

Je vous laisse découvrir cette œuvre par vous-même, à l’époque d’internet, ce n’est pas bien compliqué.

Le truc marrant, c’est qu’avant ce concert, je n’étais jamais entré dans l’église de la Madeleine. Je trouvais cet édifice trop imposant et je dois bien avouer qu’il me faisait un peu peur alors qu’à l’intérieur, c’est juste beau. Il n’y a pas d’autre mot, c’est vraiment une des plus belles églises de Paris.

Pour conclure, il faut que je parle des personnes qui ont organisé ce concert. Il s’agissait en réalité d’un concert de bienfaisance organisé en faveur de l’association Anta Akhi France Toi, mon frère (jeunes adultes atteints de handicap). Et franchement, j’ai tellement apprécié que je risque de leur envoyer un chèque ! Ce concert a été donné en outre par la chorale et orchestre des Médecins d’Allemagne du sud.

Je suis très heureux d’avoir vécu ce moment, dans cet endroit. Seule ombre au tableau, les non initiés qui ont tendance à applaudir entre les parties.

Et puis j’ai toujours assisté à des concerts sympas dans les églises, je me souviens d’un Coriolan de Beethoven à la chapelle du lycée ou encore de la première symphonie de Bizet dans une église du 91. Souvent un bon plan les églises, souvenez-vous-en !

http://www.unesco.diplo.de/contentblob/4623018/Daten/5823701/20150922veranstaltungaerztechorprogramm.pdf

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Le Labyrinthe du silence, un film allemand (et important)

8 Juin 2015 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #allemand

Très beau film qui raconte une histoire de la plus haute importance. C’est toujours intéressant de se replonger dans l’histoire avec un grand H pour ne pas oublier sachant que ces événements de la seconde guerre mondiale sont souvent l’objet de l’obsession des négationnistes. Il ne faut pas passer ces événements sous silence, jamais, il faut que cela se sache. C’est exactement le raisonnement de ce jeune procureur de la toute aussi jeune RFA en 1958. Il ne connaissait pas Auschwitz au début de l’histoire de ce film, une honte pour lui comme le dit le personnage du journaliste. Mais pas simplement une honte pour ce magistrat mais une honte pour chaque allemand, chaque citoyen du monde et c’est une honte qui n’est pas acceptable. Ainsi, les protagonistes sont à la recherche de nazis à débusquer et il est assez effrayant de constater à quel point cette tâche s’avère difficile et à quel point ils seront entravés. Ainsi, on apprend que le Dr Mengele ne sera jamais inquiété pour toutes les atrocités qu’il a commises. Mais ce film n’est pas que cela, il ne s’agit pas simplement d’histoire, c’est également une ambiance qui est parfois légère, parfois glaçante. On ressent le besoin d’oubli de ce peuple qui a tout de même vécu des choses terribles. Le besoin de se dire que la vie reste belle malgré tout. Mais plus on avance dans la découverte des horreurs, plus il est difficile d’oublier. En effet, chaque protagoniste se retrouve alors confronté à son passé, au passé des ses proches de ses parents et découvre qu’il était bien difficile à l’époque de ne pas être nazi. Enfin, c’est un film sur la résilience. Résilience des victimes qui viennent témoigner afin de pouvoir passer à autre chose mais que le monde n’oublie pas. Résilience du jeune procureur qui devenu parano parvient à sa retrouver et savoir qui il est et où se trouve le bien. Et enfin résilience de l’amour qui demeure toujours possible même dans une RFA qui sort du nazisme. Malheureusement, il n’en a pas été de même en ex RDA où les autorités n’ont pas eu le même zèle à poursuivre les anciens nazis. Un film à voir absolument.

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De l'autre côté du mur, ou quand la RFA est plus chiante que la RDA

11 Novembre 2014 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #allemand

Film un peu faiblard doté d'un scénario très confus. On ouvre des portes, on pose des questions mais on ne résout rien au final ce qui amène inévitablement de la frustration. De plus, l'intrigue ne se déroule absolument pas en ex RDA, tout se passe à l'Ouest et on constate que ce n'est pas forcément l'eldorado. En revanche, ce film est servi par d'excellents comédiens dont notre Jacky Ido national. Toutefois, si vous voulez voir un film de langue allemande, ne reculez pas, il y en a tellement peu qui sortent que ce qui nous parviennent ne peuvent pas être totalement nuls.

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D'une vie à l'autre : Vous ne parlerez plus de la Stasi à la légère

23 Mai 2014 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #allemand

Film d'une grande profondeur, une histoire complexe et tragique dont on semelle les fils au dur et à mesure et dont on comprend tous les tenants et aboutissants que lors des derniers moments. Drame familial tout en étant un drame de société, on se retrouve face à des problématiques complexes qui nécessitent une attention et un sensibilité toute particulière. Tous les acteurs jouent de manière extrêmement juste et servent un scénario très bien écrit. Après ce film, on ne peut pas parler de la stasi à la légère.

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Hannah Arendt: La raison dans l'émotion

7 Mai 2013 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #allemand

Hannah Arendt est un film très utile pour qui n’a pas fait un peu de philosophie et de sociologie. Il revient globalement sur les thèses qu’elle a développées à la suite du procès d’Eichman à Jérusalem. A l’observation de cet homme lors de sa défense, elle a pu identifier le concept de la banalisation du mal. Combien de fois ai-je entendu cela au cours de mes études ! Cette femme par sa clairvoyance est passée à la postérité, ses observations ont été corroborées par une expérience scientifique à l’université de Yale réalisée par Milgram. Il est vital que tout le monde connaisse cela, car c’est ce qui permet de rester humain en toutes circonstances.

 

D’un point de vuecinématographique, nous avons ici un film honnête. Des plans élégants, despersonnages riches et recherchés servis par des acteurs vraiment très bon. Ons’aperçoit toutefois rapidement que ce qui importe n’est pas forcément ce quise passe à l’écran, non l’important ici c’est d’écouter, de ne pas perdre unemiette de dialogue. Mais toutefois, certaines images marquent, notamment toutescelles se déroulants à Jérusalem.

 

D’un point de vue philosophique,ce film est infiniment plus riche. Il y a quelques flashbacks de la relation entre Arendt et Heideger, qui sont assez intéressant car on touche du doigt le problème, la conciliation entre la passion et la raison. Ce sont deux choses qui ont l’air clairement antagonistes et qui pourtant se nourrissent l’une de l’autre pour parfois aboutir à des synergies redoutables. Et c’est de cette relation dans le film que sa pensée se nourrit et aboutit à une solution brillante. Ainsi, elle échappe à la passion pour analyser ce que dit Eichman. Elle constate que ce n’est pas un homme foncièrement mauvais, comme dit dans lefilm, « Eichman ist kein Mephisto! ». Cette démarche n’est pas aisée du tout, c’est le seul personnage du film qui écarte toute passion de cette histoire de procès. Mais en écartant, la passion,on peut également devenir très dangereux. Elle explique que Eichman, personne médiocre, qui dit ne pas avoir d’animosité envers les juifs, en a pourtant condamné des millions à mort. Et pourquoi ? Parce qu’il exécutait les ordres. Un raisonnement parfaitement rationnel au niveau kantien, ce raisonnement ne nécessite aucune réflexion, et la passion en est étrangère.Mais pourtant, en réfléchissant, et en ayant accès à certaines émotions, ces ordres n’auraient jamais été exécutés.

 

Pourtant en essayant decomprendre ces mécanismes, Arendt se trouve confronté au mécontentement debeaucoup de personnes, parce qu’elle relate des faits qui ne sont pas forcémentagréable à constater, notamment sur le rôle de certains juifs dans le massacrede la Shoah. Dès lors, la passion reprend le dessus, on ne traite plus du fondde son raisonnement, mais de dix pages sur trois cent. Et cette passion revientà la case intolérance, violence, incompréhension. Alors que la réflexionpermettrait de relativiser.

Ainsi ce film montre que pour êtrehumain, il ne faut jamais perdre sa conscience, mais celle-ci se base autantsur l’émotion que sur la raison et que lorsqu’on néglige l’un des deux, on peutrapidement dévier vers des eaux troubles.

 

Enfin sur une note plus légère ettout aussi personnelle, j’ai été enchanté de voir un film allemand au cinéma,il y en a peu qui sortent chez nous. J’avais manqué Faust l’année dernière qui,si j’en crois certaines critiques, étaient vraiment excellent. Il faudra que jeme procure le DVD. En tout cas je n’ai pas manqué Hannah Arendt et maintenant, il me reste à lire ses nombreux écrits !

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