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Le blog de andika

Articles récents

Logan : Le crépuscule d’une idole

22 Mars 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Xmen, #comic

Logan est le énième film de la saga X-Men, il y en a tellement que j’ai arrêté de les compter. Il n’est pourtant pas dénué d’intérêt dans la mesure où il n’essaye pas d’être la suite d’un précédent ou encore d’annoncer un suivant.

Wolwerine a vieilli, Xavier est méconnaissable, l’ensemble des autres personnages sont de sombres inconnus, le cadre est minimaliste et pourtant, ça marche ! Grâce tout d’abord à un Hugh Jackman tout en muscles mais qui pourtant boite lorsqu’il ne conduit pas son über !

Le thème de la vieillesse du héros est pourtant éculé et malgré cela, le contraste fonctionne toujours. Voir les failles béantes du personnage que l’on pensait invulnérable marque le spectateur. Ce Logan rappelle le Old Snake de la saga MGS, avec bien entendu en commun le thème de la manipulation génétique, de la fabrication de super soldats…

Le point fort réside aussi dans la composition des enfants et plus particulièrement de la petite Laura qui a une présence phénoménale à l’écran et une crédibilité dans son rôle à souligner malgré son apparence physique frêle contrastant avec la violence cathartique du film.

Paradoxalement, cette adaptation de comic book, qui se permet le luxe d’être met en montrant même le comic X-Men à l’écran, permet de s’interroger sur le sens de la vie, notamment par le biais de Xavier. (En outre, une référence aux servitudes de droit civil des biens fera frétiller les juristes). Tout cela aboutit à une émotion tout sauf artificielle. Le film le plus profond de la saga et de loin.

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Chez nous : Prenez garde à la vague brune

22 Mars 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Politique

Chez nous est un film qui a quelque peu défrayé la chronique dans certains milieux, notamment au FN car il ne dépeignait que trop bien la réalité de ce parti. Ce film est d’une justesse remarquable et d’une transparence considérable tant on reconnait facilement le FN et Marine Le Pen. On suit l’ascension politique d’une jeune infirmière, mère de deux enfants, séparée du père et elle-même fille de communiste, qui va se retrouver tête de liste pour un parti ressemblant fort au FN lors des élections municipales dans une commune du nord, et ce, sur les conseils insistants de son médecin campé par André Dussolier qui excelle en vieux facho. On voit comment le parti dans une grande hypocrisie essaye de s’acheter une image propre en feignant d’abhorrer le racisme alors que leurs sympathisants ne s’en cachent pas pour la plupart. On voit ce même parti être effrayé par la frange la plus radicale de l’extrême droite alors que les immixtions sont légions et que le cordon sanitaire est des plus superficiels. Ainsi par exemple, la séquence, lors d'une réunion de campagne où il est dit qu’il fut absolument éviter de tenir des propos racistes mais laisser les personnes démarchées les tenir, est éloquente.

Plus le film avance, plus notre infirmière prend conscience du guêpier dans lequel elle est. Elle a beau être tête de liste, ce n’est pas elle qui commande et ses fréquentations peuvent même lui porter préjudice.

Tout cela aboutit à une résolution amère et puissante qui conduit à dire que ce film est indispensable, surtout en période d’élections comme maintenant.

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Smba : Un conte moderne

22 Mars 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

Toledano et Nakache sont de retour avec Omar Sy après le grand succès d’Intouchables et la réussite de Tellement proches.

Ici, on suit Samba, un sans papiers en France qui tente de s’en sortir. Et ce film n’est pas dans le manichéisme, la victimisation, le tire larme. Au contraire, il nous montre le héros dans toutes ses facettes. Il ne commet pas que des actes admirables, bien au contraire et pourtant, on s’attache à lui devant cette histoire pas banale. Au gré de ses rencontres se nouent de nombreuses émotions pour le spectateur et cela en fait un film intéressant.

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Le bal des poètes au Théâtre Aleph

6 Mars 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Oscar Castro, #Ivry, #Théâtre

Je vous emmène aujourd'hui à Ivry au Théâtre Aleph. J'ai vécu près de dix ans dans cette ville sans fréquenter ce lieu formidable mais finalement, le destin a fait que je le découvre sur le tard. C'est un théâtre qui a été fondé par Oscar Castro, réfugié politique chilien à l'époque de la dictature de Pinochet.

La pièce de ce jour était le bal ( ou le bar, j'ai un doute) des poètes. C'est une succession de sketchs entrecoupés de moments musicaux sur le thème de l'amour. Comment naissent les histoires d'amour, comment évoluent-elles, comment finissent-elles et plein d'autres interrogations. Il s'agit d'un sujet inépuisable en réalité et la grande force de cette pièce est de dresser un grand nombre de situations de sorte que le spectateur en aura déjà vécu au moins une, de près ou de loin.

Une des caractéristiques du théâtre d'Oscar Castro et l'acidité de son humour dans l'écriture. Il ne recule devant rien pour notre plus grand plaisir. L'amour s'y prête de toute manière. Dans la légèreté, on verra un homme timide qui consulte le Dr Amour car il ne sait pas parler aux femmes. On verra également la genèse d'une relation entre voisins qui ont une manière bien particulière de s'appréhender. On apprendra la leçon que parfois, on est à la recherche de ce que l'on a sous le nez. On verra le constat qu'une relation est finie mais qu'on peut tout de même en tirer bénéfice et semer les graines pour le prochain amant de son partenaire. On envisagera aussi les problèmes de couple, notamment l'incompréhension consécutive à un manque d'écoute de l'autre. On rira souvent, on pleurera aussi un peu.

Comment ne pas fondre devant les interprétations de La javanaise de Gainsbourg ou encore d'une chanson de Piaf par les acteurs de la troupe, en effet, l'amour ça sert à quoi... Ce bal des poètes donne une pêche folle et tape juste grâce à des acteurs très enthousiastes aux multiples talents. Il permet de passer un moment de franche rigolade qui se prolonge même après la pièce autour d'une soupe chilienne. Quel endroit fantastique où la fête se prolonge en chanson et en danses jusqu'au bout de la nuit. Le théâtre Aleph est un havre de paix, hors du temps qui permet de s'évader et de se rire de tout, même de la passion amoureuse !

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Beethoven héroïque

27 Février 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Beethoven, #Maison de la radio, #Orchestre philarmonique de radio France, #Philar, #Classique, #Concert, #Ludovic Morlot

Dimanche 26 février 2017, j'ai enfin entendu la symphonie héroïque de Beethoven à la Maison de la Radio. Cela peut sembler être une chose banale, mais cette symphonie, ce lieu, et moi, nous nous sommes manqués un certain nombre de fois malheureusement.

La première fois, c'était le samedi 14 novembre 2015, il s'agissait du premier concert prévu dans le cycle Beethoven/Bartok dont je vous avais déjà parlé ici et ici. En effet, le concert avait été annulé pour cause d'état d'urgence suite aux attentats de la veille, ainsi que tous les spectacles prévus à Paris ce jour là.

Le deuxième rendez-vous manqué était l'année dernière, j'avais prévu d'assister à une émission au sujet de l'Eroica à la maison de la radio mais elle avait été annulée pour cause de grève... A ce moment, je pouvais légitimement penser que j'étais maudit. Mais j'ai pris mon mal en patience et j'ai retenté le coup pour le 26 février et cette fois-ci, c'était la bonne !

J'ai donc eu le plaisir de retrouvé l'orchestre philharmonique de radio France à la maison de la radio, dirigé pour cette occasion par le chef français Ludovic Morlot, qui est directeur musical de l'orchestre de Seattle. C'était ma troisième fois avec le Philar après une soirée Mozart et une orgie de cordes !

Il s'agissait ce dimanche d'un concert éducatif, principalement à destination d'un jeune public pour qui cela pourrait constituer la première expérience de concert symphonique, de sorte que le chef, nous a présenté l’œuvre et a présenté chaque mouvement avant de les jouer. Je trouve que c'est une très bonne chose car bien que les programmes des concerts soient en général très fournis et nourrissent la réflexion, rien de tel que de laisser la parole aux musiciens et principalement au chef qui parle pour le coup vraiment avec son cœur de cette œuvre. On sent dans ses mots tout l'amour qu'il a pour cette musique et c'était très agréable car moi même, j'aime tout autant cette Eroica.

En effet, cette troisième symphonie de Beethoven, j'ai l'impression que je la connais depuis toujours, comme j'ai l'impression que Beethoven m'a toujours accompagné au cours de ma vie. Elle a pris un sens symbolique encore plus fort à mes yeux suite aux événements dont je vous ai parlé. Je me souviens que lors de l'exposition Beethoven qui a eu lieu à la philharmonie de Paris fin 2016, ils étaient revenus sur le fait que l'orchestre national de France avait joué la marche funèbre de l'Eroica en hommage au victime. Bien entendu, comme l'orchestre avait répété pour le concert annulé du 14, jouer cette marche funèbre en hommage aux victimes avait tout son sens, mais au-delà de l'aspect pratique, la musique de Beethoven a une résonance politique.

Il est vrai qu'en 1802, Beethoven a tout d'abord dédié sa troisième symphonie à Napoléon Bonaparte qu'il admirait énormément, il le considérait comme un Prométhée venu répandre les idéaux de la révolution. Toutefois, une fois que Beethoven apprit que Napoléon était devenu empereur, il raya de rage la dédicace pour finalement dédier son oeuvre à la mémoire d'un grand homme. Et en effet, tout est grand dans cette musique. Cette symphonie fait exploser le cadre habituel de la symphonie de la période classique pour basculer dans le romantisme. On dit souvent que Beethoven est le premier romantique et c'est vrai, les dimensions de l'orchestre, la longueur des mouvements nous fait vraiment sortir des symphonies plan plan à la Mozart et Haydn !

Le premier mouvement s'ouvre sur deux accords stridents de mi bémol majeur. Ils sont inoubliables, reconnaissables entre mille. Une entrée en matière incomparable qui laisse se développer un thème majestueux, joyeux, et même un peu martial qui fait penser à de la musique militaire. Avant de jouer le mouvement, le chef s'est bien attardé sur les premiers accords et sur l'innovation que cela représentait à l'époque. Autre sujet à débat dans le premier mouvement de l'Eroica, savoir s'il est nécessaire de jouer la reprise au début, la réponse est oui puisqu'il l'a fait avec le Philar et entendre ce début à deux reprises permet de bien entrer dans la symphonie et aussi aux oreilles inattentives des petits enfants, de ne pas trop perdre de biscuit en route !

Le deuxième mouvement est la fameuse marche funèbre. Une marche funèbre est une musique triste, généralement en deux temps et en mode mineur. Pour bien nous faire comprendre la chose, le chef a fait jouer à la contrebasse solo le thème de Frère Jacques. Moi, spontanément, j'ai pensé à Mahler puisque le troisième mouvement de sa symphonie Titan utilise le même thème. De plus, j'avais entendu le percussionniste répéter sur ses timbales des notes qui me rappelaient furieusement Mahler. Le contrebassiste, après avoir joué le thème en majeur, l'a ensuite joué en mineur à la demande du chef, accompagné des timbales et en effet, on a senti la différence et j'ai pu entendre le début du troisième mouvement de la symphonie Titan de Mahler, qui n'avait pas été joué ce jour particulier des journées du patrimoines.

Les troisième et quatrième mouvement se jouent l'un à la suite de l'autre. Le troisième mouvement, au lieu d'être l'habituel menuet de la symphonie classique (danse à trois temps un peu lente où l'on s'endort) est ici un scherzo vigoureux, tinté d'humour grâce à ce hautbois qui chante de manière si caractéristique. Enfin, le quatrième mouvement est un thème et variations qui sollicite une fois de plus le chiffre trois. Trois cors qui chantent et qui couvrent l'orchestre à la fin de toute leur majesté. Trois bémol à la clef de cette tonalité mielleuse et chaleureuse de mi bémol majeur, trois temps, troisième symphonie et j'en passe !

Une fois de plus, l'écoute en concert a été d'une valeur inestimable pour moi. Je me suis rendu compte dans cette symphonie de l'importance du hautbois et de la flûte, on n'entend presque qu'eux ! Le chef a mis l'accent sur des passages magnifiques auxquels je ne prêtais pas forcément attention, lorsque par exemple un simple quatuor à cordes joue le thème dans le dernier mouvement, où simplement le fait de signaler l'importance des trois cors dans cette symphonie là où ils sont habituellement présents en nombre pairs.

Il était amusant d'entendre ce chef nous parler avec son français mâtiné d'accent américain après ses longues années vécues la bas mais c'était utile, même s'il s'exprimait beaucoup mieux avec sa baguette. Il nous a confié qu'il espérait que c'était la première expérience en concert de beaucoup de personnes dans le public. Vu l'âge des enfants présents (et leur agitation), ça devait forcément être le cas, et je parie qu'ils s'en souviendront longtemps !

 

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La La Land: L'amour de l'art

20 Février 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

La La Land est une réussite car c'est un film avant tout authentique. Damien Chazelle reprend ici quelque peu le propos qu'il tenait dans Whiplash mais il le transcende. La question n'est plus comment être le meilleur artiste possible en dépit de tout mais comment être le meilleur artiste possible au vu du contexte. Et cela change tout. Ici, il faut du compromis pour avancer, on se rend rapidement compte que la quête de l'absolu est totalement vaine. Le personnage de Sebastian est assez intéressant à ce sujet, un vrai puriste du jazz qui va être obligé de mettre de l'eau dans sa blue note afin de pouvoir connaitre le succès. Il en va de même pour Mia qui se perd dans des castings pour des rôles médiocres au lieu de laisser libre cours à sa créativité. Ainsi, les deux tourteaux font des chemins inverses, grâce à l'un, l'autre ira vers l'excellence et vice et versa, l'autre fera des compromis.

L'idée de la comédie musicale pour conter cette histoire est brillante. Car sous ses aspects joyeux, elle permet d'aller plus en profondeur dans les émotions, et d'avoir le détachement nécessaire pour pouvoir paradoxalement aller dans le fond des choses. Le plan séquence du début dans l'embouteillage montre ainsi des personnes joyeuses alors que c'est complètement à l'opposé de ce qu'on ressent lorsqu'on est coincé dans les bouchons. Il en va de même pour la première rencontre des amoureux qui nous prend à contre pied. Ce décalage crée une émotion profonde car la musique, la danse, nous touchent beaucoup plus facilement que quelconque dialogue.

Ainsi, la chanson City of Light ne peut pas nous sortir de la tête en partant de la salle ainsi que les airs de piano interprétés par Sebastian.

On ne se lasse pas des histoires d'amour encore moins que l'on ne se lasse de la musique. Et quand l'amour est fort comme cela, il émeut et survit à tout, même aux rêves brisés, même aux séparations, car plus que la personne aimée, c'est l'amour de l'art qui compte pour ces artistes.

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Moonlight: L'éloge de la subtilité

16 Février 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

Moonlight est un film apparemment apprécié de la critique. Il a il est vrai, d'indéniables qualités mais pourtant, l'impact est moins élevé qu'attendu.

Nous suivons l'histoire de Chiron, lors de trois moments particuliers de sa vie dans le quartier un peu chaud de Liberty City à Miami. Cette division en trois actes est très intéressante et fait sens, elle permet une compréhension de ce personnage qu'un autre procédé aurait rendu moins subtile, moins forte.

Litle

Lors du premier acte, on suit le petit Chiron âgé de 8 ans et surnommé Little, il est malmené par ses camarades de classe car il est différent, il préfère la danse au football. Une dealer du nom de Juan le prend sous son aile pendant que la mère de Chiron consomme les produits vendus par ce même Juan. Et c'est terrible. Beaucoup de non dits, beaucoup de pudeurs mais des évidences qui ne sont pourtant pas encore explicites. Mais on sent poindre déjà la sensation d'exclusion, la quête d'identité, la douleur, l'intolérance et enfin la contradiction. Ainsi, les larmes de Juan constituent un des grands moments du film, où l'on voit les forces et les limites de ce personnage.

Chiron

On le retrouve plus tard à l'adolescence, vers l'âge de 16 ans, avec une mère toujours camée et des camarades de classe encore plus méchants. Tout devient clair, l'homosexualité de Chiron semble être de notoriété publique et cela libère toute la haine et la persécution jusqu'à un événement qui changera le personnage principal. La partie la plus terrible, la plus douloureuse mais aussi la plus explicite sur l'essence de ce personnage.

 

Black

Chiron est maintenant un homme adulte, surnommé Black, il a suivi les traces de son mentor Juan et est méconnaissable. Il a visiblement fait beaucoup de musculation et tente de masquer ce qui lui a attiré tant de tracas. Mais on ne peut pas nier qui on est et un coup de fil du passé va le lui rappeler. C'est la partie la plus mélancolique, la plus nostalgique mais aussi la plus optimiste. Il y règne un grand calme, le personnage est arrivé à maturité et est maintenant en mesure d'assumer ses choix. On en voit le cheminement et c'est, osons le dire, très beau.

 

Conclusion

Oui ce film est un éloge de la subtilité, les acteurs sont tellement justes, tous autant qu'ils sont. Les qualités esthétiques de la réalisation, de la photographie sont à saluer. L'image est aussi belle que l'histoire est parfois triste. Mais sur certains plans, il y avait un peu de flou, en bas de l'écran notamment, mais globalement, ça prenait son temps, la composition des images était stylisée et permettait de montrer vraiment de belles choses. On sent vraiment tout le boulot derrière.

 

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Premier contact: Partie à somme nulle

22 Janvier 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Villeneuve, #Espace, #Alien

Premier contact (Arriving) est globalement une réussite. Denis Villeneuve commence à se faire un prénom dans le cinéma, après un Sicario très réussi et un Prisonners dont les échos sont très positifs.

Le réalisateur s'attaque ici à un nouveau genre, la science fiction, anticipation, en mettant en scène la rencontre de l'humanité avec une espèce extra terrestre après l'atterrissage de douze vaisseaux spatiaux sur la planète Terre.

Cette arrivée inopinée d'Aliens va avoir des effets divers et variés sur les personnes qui peuplent la terre. Au premier plan, l'armée, les deux scientifiques qui sont protagonistes, interprétés par Amy adams (linguiste) et Jeremy Renner (physicien) tout deux excellents. Mais au second plan, on voit également les populations réagissent et c'est il me semble une restitution fidèles. On entend par exemple que des fanatiques religieux s'immolent par le feu dans une Eglise car l'arrivée des aliens est la réalisation d'une prophétie annonçant la fin du monde, on voit s'établir sur internet des théories du complots plus farfelues les unes que les autres, on entend que les bourses s'effondrent, que les gens paniquent tout simplement. C'était une partie très interessante bien que secondaire et contextuelle.

Toutefois, ce climat influe nos protagonistes, cela se caractérise par une pression mise sur leurs épaules, la pression pour obtenir des résultats et sa voir ce que ces aliens viennent faire sur Terre et quelles sont leurs intentions.

Le film pourtant ne joue que rarement sur la tension, il se permet de garder un rythme assez contemplatif, qui donne la possibilité de progresser sereinement dans l'intrigue, sans nous livrer trop rapidement les secrets du scénario. Tout cela accompagné d'une bande originale très jolie, qui fait la part belle aux violoncelles et qui renforce l'aspect contemplatif de certains plans. Ainsi, la façon de filmer le vaisseau spatial est juste fascinante, la composition des plans, l'ampleur du bâtiment, le mystère qui l'entoure, tout cela rappelle bien évidemment le monolithe de 2001. En effet, un objet mystérieux et les singes autour qui ne parviennent pas à communiquer sereinement.

Mais ce film dépasse le simple hommage à 2001 dans la mesure où on perçoit ici le sens de toute chose et que le contact est établi avec les aliens. On entre alors dans une nouvelle dimension qui permet d'avoir une perception des événements totalement différente.On apprend que le savoir, le langage sera toujours plus fort que l'ignorance et la peur de l'inconnu. On voit que même si des choses tristes doivent nous arriver, le déni ne nous aide en rien, au contraire, affronter sereinement les événements permets d'en mieux profiter et ainsi de vivre pleinement sa vie.

Le film marque de part un artifice scénaristique qui fait qu'on ne sait plus trop où le temps commence, où le temps fini, où l'histoire commence, où l'histoire s'achève. Et pourtant, on arpente un nouveau chemin de la connaissance.

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Roméo et Juliette à la Comédie Française

9 Janvier 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Théâtre, #Comédie Française, #Shakespeare

J'inaugure une section théâtre sur mon blog. Après le cinéma les séries TV et la musique, je me diversifie une fois de plus. Cela fait pourtant des années que je vais plus ou moins souvent au théâtre. Je me souviens d'un beau Peer Gynt en 2012, joué par la Comédie Française au Gand Palais, un Tartuffe exceptionnel toujours au français, salle Richelieu fin 2014 et un Songe d'une nuit d'été au même endroit en 2015. Sans même parler des pièces que je suis allé voir en dehors de la troupe de la comédie française, je signale un bon souvenir au théâtre ALEP d'Ivry sur Seine, ou encore l'AZTEC théâtre de la fac de pharmacie que je suis depuis le début de mes études.

Roméo et Juliette, voici une histoire culte entre ces deux familles qui se détestent et cet amour impossible entre ces deux jeunes personnes issues justement de ces dites familles.

Eric Ruf, le metteur en scène soulignait justement qu'à force d'être reprise et d'être entrée dans la culture populaire, la pièce d'origine en était de plus en plus méconnue. Ainsi, elle n'avait pas été jouée par la troupe du français depuis 1954. Moi même, connaissant la pièce de nom, à part en raconter la fin, je n'en savais pas grand chose. Par exemple, je ne m'attendais abslolument pas à y trouver autant d'humour !

Il ne s'agit pas que d'une histoire d'amour. C'est avant tout une histoire de famille, de passions, de haine et d'urgence. L'urgence de vivre, d'avancer en dépit de tout, le refus de la fatalité d'une haine ancestrale. Mais comme dans la tragédie grecque, une fois de plus, le héros a un hubris un peu envahissant. Au début de la pièce, Roméo n'est pas amoureux de Juliette, il en aime une autre en effet. Par la suite, il ne parvient que rarement à tempérer ses pulsions, ses passions, sa colère, son amour, cela conduit nécessairement à un destin tragique.

Juliette quant à elle est jeune et naïve mais pourtant, elle prend son destin en main et se maîtrise bien davantage que Roméo, et c'est assez drôle de voir la différence dans la gestion des événements des deux protagonistes.

Les acteurs, comme d'habitude sont tous excellents. Roméo et Juliette ne sont pas aussi jeune qu'on peut l'espérer mais leurs interprètes donnent énormément. La mise en scène est sobre et inventive et parvient à faire quelque chose de neuf avec une pièce qui est somme toute assez connue. Enfin, comme d'habitude, les costumes de Christian Lacroix sont à tomber.

C'était une bien belle soirée, c'est devenu un excellent souvenir.

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Sully: Danger dans le ciel

22 Décembre 2016 , Rédigé par andika Publié dans #cinéma, #Avion, #NTSB, #Clint, #Eastwood

Ce film m'a fait penser à un épisode de la célèbre émission Air crash, ou danger dans le ciel en français. En effet, on y suit l'enquête du NTSB suite à l'amerrissage sur l'Hudson réalisé par le capitaine Sully en janvier 2009. Il s'agit d'une histoire méconnue puisque la presse l'avait immédiatement érigé en héros et pourtant... À peine l'avion posé, il a été soumis à la question et suspecté par Le NTSB quant à ses choix. Mais pas seulement, il est vraiment suspect, on le questionne aussi sur son mariage, sa consommation d'alcool. D'entrée, on a un malaise. Sully est-il vraiment un héros ? Le film répond subtilement à cette question en déroulant les faits. Avec aussi des séquences qui montrent la passion de l'aviation qu'à Sully. Plus on avance, moins on se pose de questions et plus on se rend compte que les machines, là technologie, tout cela ne détient pas la vérité et que parfois, elle est ailleurs. En effet, on devrait prendre les plus grandes précautions avant de juger une personne sur 208 petites secondes. Clint Eastwood nous dépeint ici toutefois un monde bienveillant, où tout le monde s'aime et se respecte et dans cette période, ça fait du bien. Toutefois, l'émotion a du mal à percer, peut-être parce qu'on connaît déjà cette histoire. Ici Clint est moins de gauche, il est surtout humaniste et c'est tout aussi bien. Enfin, collent ne pas faire un parallèle avec Flight de Zmeckis ? Je n'ai pas cessé d'y penser devant ce film ! Tom Hanks est aussi bon ici que Denzel dans l'autre !

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