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Le blog de andika

Articles récents

Fast and furious 8: Un film qui se prend trop au sérieux

16 Avril 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

Dépuis le premier opus qui était une honnête série B relatant une opération policière d'infiltration, la saga Fast and Furious est partie dans tous les sens mais n'a pas pour autant été dénuée d'intérêt et de cohérence.

Les derniers opus allaient dans le grand spectacle et le grand n'importe quoi, sans jamais trop se prendre au sérieux et en n'étant pas premier degré. Ainsi, on était passé au film policier dans le monde du tuning à des films d'action et d'espionnage qui laissent quand même une bonne part aux grosses cylindrées. L'humour étant omniprésent.

Dans ce monde, le héros Dom est un surhomme, c'est assumé. Il peut se sortir de n'importe quelle situation sans une seule égratignure et on en redemande tellement c'est grotesque. Mais ici, ça ne fonctionne pas car les enjeux sont trop sérieux. La présence de ces enjeux fait peser une ambiance lourde sur tout le film et on sort de la comédie pour entrer dans le drame et ce film n'excelle pas dans ce registre. Cela a pour conséquence d'avoir le cœur bien moins léger devant les scènes d'action qui sont d'ailleurs ici plus sobres que ce qu'on a pu connaître auparavant. Enfin, couler un sous-marin en roulant sur la glace avec un simple bolide n'est pas mal dans le genre, ou encore dévier une torpille à la main mais rien de tel que le saut de l'ange de Dom pour sauver Letty dans l'épisode 6.

Toutefois, les thèmes récurrents sont toujours là, les valeurs de la famille, l'honneur, le respect de la parole donnée, la vitesse. Et on sent que les acteurs prennent un grand plaisir. Plus les épisodes passent, plus Michele Rodriguez est convaincante. Les nouveaux venus sont également sympathiques, notamment Charlize Theron qui excelle dans son rôle de méchante.

Ce huitième opus est un petit coup de mou dans la saga, il faudra plus de légèreté et plus de fun afin de permettre au spectateur de vraiment s'évader la prochaine fois.

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Lion: Une épopée incroyable mais vraie

12 Avril 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

J'ai toujours tendance à me méfier de ces films inspirés de faits réels car ils tendent à essayer de nous émouvoir outre mesure en affirmant que cela s'est produit.

Mais cette histoire est tellement authentique et invraisemblable qu'elle dépasse clairement la fiction. Malgré tout, le film n'oublie jamais de garder de la sobriété, de la subtilité. Ainsi, le héros Saroo, vit dans le dénuement et la pauvreté en Inde mais il est entouré de tout l'amour de sa famille et avant tout de son grand frère, Gubbu. Ainsi, ce qui va marquer, ce n'est pas le fait qu'il soit pauvre mais sa solitude tout au long de l'histoire. Sa solitude à Calcutta. Sa solitude même au sein de sa famille adoptive en Australie, même avec sa fiancée (Rooney Mara est exquise). Il reste malgré tout un déraciné et Dev Patel joue cela très bien.

Comment ne pas parler de cette photographie sublime, de cette réalisation qui nous fait nous perdre dans l'écran. Cette façon de filmer l'Inde, ses paysages, ses visages, ses couleurs, sa nourriture, sa pauvreté, sa beauté malgré tout. Comment oublier aussi cette bande originale avec ces passages au piano exquis.

C'est une histoire profondément humaine qui fait relativiser beaucoup de chose. Le drame de la pauvreté en Inde qui conduit près de 80000 enfants à disparaitre chaque année. Le drame éventuel de l'adoption qui ne se passe pas toujours bien mais auquel les adoptants doivent faire face et assumer. Ainsi, dans son rôle de mère secouée, Nicole Kidman excelle. Drame humain aussi qui montre le caractère absurde de la vie qui tient à si peu de chose, une mauvaise prononciation, un accident, un hasard. Mais en contrepoint, ce film nous conte ce qu'est l'amour, ce qu'est l'espoir, ce qu'est la partage. Ce film, c'est la vie.

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L'opéra: La magie des coulisses

10 Avril 2017 , Rédigé par andika Publié dans #cinema, #opera, #opera de paris

En tant qu'ancien abonné de l'opéra de Paris lors de la dernière saison (2015/2016), je ne pouvais décemment pas manquer ce film.

On plonge ici dans les coulisses de cette vénérable institution et on est confronté à des problématiques que l'on n'imagine même pas lorsqu'on se place dans les gradins. Un préavis de grève qui tombe, un chanteur malade au dernier moment, un chœur qui ne s'accorde pas avec un metteur en scène pour qui la musique n'est pas la priorité... La multiplication de ce genre de situation permet au spectateur de bien situer le contexte et de comprendre qu'il n'est pas aisé de gérer cela quotidiennement. Stephane Lissner est le directeur de l'opéra et le héros de cette épopée. Souvent, on ne fait qu'effleurer le noeud du problème lors d'une réunion, problème qui se résout toutefois, on sent la pression qui repose sur ses épaules.

Ainsi, un passage où il parle des tarifs de l'opéra est très éloquent. La magie quant à elle nous vient des artistes. Du directeur musical Philippe Jordan qui est totalement engagé. Benjamin Millepied, le directeur de la danse est quant à lui plus fuyant et n'existe que lorsqu'il crée, la passage sur les répétitions de son ballet La nuit s'achève était vraiment magnifique. Les autres moments, il est là sans être là ce qui fait écho avec son départ à la fin de la saison 2015/2016.

Il faut également mentionner ces enfants du programme 10 mois d'école et d'opéra qui répètent la 7ème de Beethoven. Et surtout cet apprenti chanteur russe du nom de Mikhaïl Timoshenko qui nous fait vraiment passer des moments magiques. Cette saison 2015/2016, je l'ai aimée à Garnier et à Bastille et cet amour a continué au cinéma.

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L'embarras du choix: des choix embarrassants

28 Mars 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #comédie

Je n'ai pas une grande affection pour les comédies françaises en règle générale. Je les préfère à la télévision plutôt qu'au cinéma mais sur ce coup, je n'ai pas choisi le film que j'allais voir.

Le pitch est simple, le personnage de Juliette campé par Alexandra Lamy ne sait pas choisir, et ce depuis son plus jeune âge. Elle aurait hérité de cette particularité de sa mere. Manque de pot, un jour, son cœur va tanguer entre deux mecs.

 
Le gros souci du film et de ses gags, c'est qu'ils sont récurrents. Il est construit quelques gags (ridicules) qui reviennent sans cesse. Juliette ne sait pas choisir, ça la met dans une situation cocasse. Le mec de sa pote coiffeuse veut taper dans la main de son chat, ce gag revient au moins quatre fois. Tout cela est lourd.
Autre lourdeur, les clichés qui ont pour but de faire rire. Un exemple, le mec prétendument androgyne qu'on soupçonne d'être homo... Sachant que sa première apparition est dans un salon de coiffure. C'est ridicule. Et malheureusement, ces défauts et stéréotypes ne manquent pas ce qui dénote d'un manque de finesse et de subtilité.
 
Et pourtant, cette histoire est très bien filmée. On a droit à une photo de Paris sublime ainsi que celle de l'Ecosse. Les acteurs sont loin d'être mauvais, Lamy s'en sort bien quand on ne lui fait pas dire de bêtises. Et certaines scènes sobres et un peu plus sérieuses sont étonnamment justes et touchantes. Ce film est la copie d'un bon élève qui se repose trop sur ses acquis jusqu'à rendre un travail de piètre qualité vu son potentiel.
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Logan : Le crépuscule d’une idole

22 Mars 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Xmen, #comic

Logan est le énième film de la saga X-Men, il y en a tellement que j’ai arrêté de les compter. Il n’est pourtant pas dénué d’intérêt dans la mesure où il n’essaye pas d’être la suite d’un précédent ou encore d’annoncer un suivant.

Wolwerine a vieilli, Xavier est méconnaissable, l’ensemble des autres personnages sont de sombres inconnus, le cadre est minimaliste et pourtant, ça marche ! Grâce tout d’abord à un Hugh Jackman tout en muscles mais qui pourtant boite lorsqu’il ne conduit pas son über !

Le thème de la vieillesse du héros est pourtant éculé et malgré cela, le contraste fonctionne toujours. Voir les failles béantes du personnage que l’on pensait invulnérable marque le spectateur. Ce Logan rappelle le Old Snake de la saga MGS, avec bien entendu en commun le thème de la manipulation génétique, de la fabrication de super soldats…

Le point fort réside aussi dans la composition des enfants et plus particulièrement de la petite Laura qui a une présence phénoménale à l’écran et une crédibilité dans son rôle à souligner malgré son apparence physique frêle contrastant avec la violence cathartique du film.

Paradoxalement, cette adaptation de comic book, qui se permet le luxe d’être met en montrant même le comic X-Men à l’écran, permet de s’interroger sur le sens de la vie, notamment par le biais de Xavier. (En outre, une référence aux servitudes de droit civil des biens fera frétiller les juristes). Tout cela aboutit à une émotion tout sauf artificielle. Le film le plus profond de la saga et de loin.

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Chez nous : Prenez garde à la vague brune

22 Mars 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Politique

Chez nous est un film qui a quelque peu défrayé la chronique dans certains milieux, notamment au FN car il ne dépeignait que trop bien la réalité de ce parti. Ce film est d’une justesse remarquable et d’une transparence considérable tant on reconnait facilement le FN et Marine Le Pen. On suit l’ascension politique d’une jeune infirmière, mère de deux enfants, séparée du père et elle-même fille de communiste, qui va se retrouver tête de liste pour un parti ressemblant fort au FN lors des élections municipales dans une commune du nord, et ce, sur les conseils insistants de son médecin campé par André Dussolier qui excelle en vieux facho. On voit comment le parti dans une grande hypocrisie essaye de s’acheter une image propre en feignant d’abhorrer le racisme alors que leurs sympathisants ne s’en cachent pas pour la plupart. On voit ce même parti être effrayé par la frange la plus radicale de l’extrême droite alors que les immixtions sont légions et que le cordon sanitaire est des plus superficiels. Ainsi par exemple, la séquence, lors d'une réunion de campagne où il est dit qu’il fut absolument éviter de tenir des propos racistes mais laisser les personnes démarchées les tenir, est éloquente.

Plus le film avance, plus notre infirmière prend conscience du guêpier dans lequel elle est. Elle a beau être tête de liste, ce n’est pas elle qui commande et ses fréquentations peuvent même lui porter préjudice.

Tout cela aboutit à une résolution amère et puissante qui conduit à dire que ce film est indispensable, surtout en période d’élections comme maintenant.

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Smba : Un conte moderne

22 Mars 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

Toledano et Nakache sont de retour avec Omar Sy après le grand succès d’Intouchables et la réussite de Tellement proches.

Ici, on suit Samba, un sans papiers en France qui tente de s’en sortir. Et ce film n’est pas dans le manichéisme, la victimisation, le tire larme. Au contraire, il nous montre le héros dans toutes ses facettes. Il ne commet pas que des actes admirables, bien au contraire et pourtant, on s’attache à lui devant cette histoire pas banale. Au gré de ses rencontres se nouent de nombreuses émotions pour le spectateur et cela en fait un film intéressant.

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Le bal des poètes au Théâtre Aleph

6 Mars 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Oscar Castro, #Ivry, #Théâtre

Je vous emmène aujourd'hui à Ivry au Théâtre Aleph. J'ai vécu près de dix ans dans cette ville sans fréquenter ce lieu formidable mais finalement, le destin a fait que je le découvre sur le tard. C'est un théâtre qui a été fondé par Oscar Castro, réfugié politique chilien à l'époque de la dictature de Pinochet.

La pièce de ce jour était le bal ( ou le bar, j'ai un doute) des poètes. C'est une succession de sketchs entrecoupés de moments musicaux sur le thème de l'amour. Comment naissent les histoires d'amour, comment évoluent-elles, comment finissent-elles et plein d'autres interrogations. Il s'agit d'un sujet inépuisable en réalité et la grande force de cette pièce est de dresser un grand nombre de situations de sorte que le spectateur en aura déjà vécu au moins une, de près ou de loin.

Une des caractéristiques du théâtre d'Oscar Castro et l'acidité de son humour dans l'écriture. Il ne recule devant rien pour notre plus grand plaisir. L'amour s'y prête de toute manière. Dans la légèreté, on verra un homme timide qui consulte le Dr Amour car il ne sait pas parler aux femmes. On verra également la genèse d'une relation entre voisins qui ont une manière bien particulière de s'appréhender. On apprendra la leçon que parfois, on est à la recherche de ce que l'on a sous le nez. On verra le constat qu'une relation est finie mais qu'on peut tout de même en tirer bénéfice et semer les graines pour le prochain amant de son partenaire. On envisagera aussi les problèmes de couple, notamment l'incompréhension consécutive à un manque d'écoute de l'autre. On rira souvent, on pleurera aussi un peu.

Comment ne pas fondre devant les interprétations de La javanaise de Gainsbourg ou encore d'une chanson de Piaf par les acteurs de la troupe, en effet, l'amour ça sert à quoi... Ce bal des poètes donne une pêche folle et tape juste grâce à des acteurs très enthousiastes aux multiples talents. Il permet de passer un moment de franche rigolade qui se prolonge même après la pièce autour d'une soupe chilienne. Quel endroit fantastique où la fête se prolonge en chanson et en danses jusqu'au bout de la nuit. Le théâtre Aleph est un havre de paix, hors du temps qui permet de s'évader et de se rire de tout, même de la passion amoureuse !

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Beethoven héroïque

27 Février 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Beethoven, #Maison de la radio, #Orchestre philarmonique de radio France, #Philar, #Classique, #Concert, #Ludovic Morlot

Dimanche 26 février 2017, j'ai enfin entendu la symphonie héroïque de Beethoven à la Maison de la Radio. Cela peut sembler être une chose banale, mais cette symphonie, ce lieu, et moi, nous nous sommes manqués un certain nombre de fois malheureusement.

La première fois, c'était le samedi 14 novembre 2015, il s'agissait du premier concert prévu dans le cycle Beethoven/Bartok dont je vous avais déjà parlé ici et ici. En effet, le concert avait été annulé pour cause d'état d'urgence suite aux attentats de la veille, ainsi que tous les spectacles prévus à Paris ce jour là.

Le deuxième rendez-vous manqué était l'année dernière, j'avais prévu d'assister à une émission au sujet de l'Eroica à la maison de la radio mais elle avait été annulée pour cause de grève... A ce moment, je pouvais légitimement penser que j'étais maudit. Mais j'ai pris mon mal en patience et j'ai retenté le coup pour le 26 février et cette fois-ci, c'était la bonne !

J'ai donc eu le plaisir de retrouvé l'orchestre philharmonique de radio France à la maison de la radio, dirigé pour cette occasion par le chef français Ludovic Morlot, qui est directeur musical de l'orchestre de Seattle. C'était ma troisième fois avec le Philar après une soirée Mozart et une orgie de cordes !

Il s'agissait ce dimanche d'un concert éducatif, principalement à destination d'un jeune public pour qui cela pourrait constituer la première expérience de concert symphonique, de sorte que le chef, nous a présenté l’œuvre et a présenté chaque mouvement avant de les jouer. Je trouve que c'est une très bonne chose car bien que les programmes des concerts soient en général très fournis et nourrissent la réflexion, rien de tel que de laisser la parole aux musiciens et principalement au chef qui parle pour le coup vraiment avec son cœur de cette œuvre. On sent dans ses mots tout l'amour qu'il a pour cette musique et c'était très agréable car moi même, j'aime tout autant cette Eroica.

En effet, cette troisième symphonie de Beethoven, j'ai l'impression que je la connais depuis toujours, comme j'ai l'impression que Beethoven m'a toujours accompagné au cours de ma vie. Elle a pris un sens symbolique encore plus fort à mes yeux suite aux événements dont je vous ai parlé. Je me souviens que lors de l'exposition Beethoven qui a eu lieu à la philharmonie de Paris fin 2016, ils étaient revenus sur le fait que l'orchestre national de France avait joué la marche funèbre de l'Eroica en hommage au victime. Bien entendu, comme l'orchestre avait répété pour le concert annulé du 14, jouer cette marche funèbre en hommage aux victimes avait tout son sens, mais au-delà de l'aspect pratique, la musique de Beethoven a une résonance politique.

Il est vrai qu'en 1802, Beethoven a tout d'abord dédié sa troisième symphonie à Napoléon Bonaparte qu'il admirait énormément, il le considérait comme un Prométhée venu répandre les idéaux de la révolution. Toutefois, une fois que Beethoven apprit que Napoléon était devenu empereur, il raya de rage la dédicace pour finalement dédier son oeuvre à la mémoire d'un grand homme. Et en effet, tout est grand dans cette musique. Cette symphonie fait exploser le cadre habituel de la symphonie de la période classique pour basculer dans le romantisme. On dit souvent que Beethoven est le premier romantique et c'est vrai, les dimensions de l'orchestre, la longueur des mouvements nous fait vraiment sortir des symphonies plan plan à la Mozart et Haydn !

Le premier mouvement s'ouvre sur deux accords stridents de mi bémol majeur. Ils sont inoubliables, reconnaissables entre mille. Une entrée en matière incomparable qui laisse se développer un thème majestueux, joyeux, et même un peu martial qui fait penser à de la musique militaire. Avant de jouer le mouvement, le chef s'est bien attardé sur les premiers accords et sur l'innovation que cela représentait à l'époque. Autre sujet à débat dans le premier mouvement de l'Eroica, savoir s'il est nécessaire de jouer la reprise au début, la réponse est oui puisqu'il l'a fait avec le Philar et entendre ce début à deux reprises permet de bien entrer dans la symphonie et aussi aux oreilles inattentives des petits enfants, de ne pas trop perdre de biscuit en route !

Le deuxième mouvement est la fameuse marche funèbre. Une marche funèbre est une musique triste, généralement en deux temps et en mode mineur. Pour bien nous faire comprendre la chose, le chef a fait jouer à la contrebasse solo le thème de Frère Jacques. Moi, spontanément, j'ai pensé à Mahler puisque le troisième mouvement de sa symphonie Titan utilise le même thème. De plus, j'avais entendu le percussionniste répéter sur ses timbales des notes qui me rappelaient furieusement Mahler. Le contrebassiste, après avoir joué le thème en majeur, l'a ensuite joué en mineur à la demande du chef, accompagné des timbales et en effet, on a senti la différence et j'ai pu entendre le début du troisième mouvement de la symphonie Titan de Mahler, qui n'avait pas été joué ce jour particulier des journées du patrimoines.

Les troisième et quatrième mouvement se jouent l'un à la suite de l'autre. Le troisième mouvement, au lieu d'être l'habituel menuet de la symphonie classique (danse à trois temps un peu lente où l'on s'endort) est ici un scherzo vigoureux, tinté d'humour grâce à ce hautbois qui chante de manière si caractéristique. Enfin, le quatrième mouvement est un thème et variations qui sollicite une fois de plus le chiffre trois. Trois cors qui chantent et qui couvrent l'orchestre à la fin de toute leur majesté. Trois bémol à la clef de cette tonalité mielleuse et chaleureuse de mi bémol majeur, trois temps, troisième symphonie et j'en passe !

Une fois de plus, l'écoute en concert a été d'une valeur inestimable pour moi. Je me suis rendu compte dans cette symphonie de l'importance du hautbois et de la flûte, on n'entend presque qu'eux ! Le chef a mis l'accent sur des passages magnifiques auxquels je ne prêtais pas forcément attention, lorsque par exemple un simple quatuor à cordes joue le thème dans le dernier mouvement, où simplement le fait de signaler l'importance des trois cors dans cette symphonie là où ils sont habituellement présents en nombre pairs.

Il était amusant d'entendre ce chef nous parler avec son français mâtiné d'accent américain après ses longues années vécues la bas mais c'était utile, même s'il s'exprimait beaucoup mieux avec sa baguette. Il nous a confié qu'il espérait que c'était la première expérience en concert de beaucoup de personnes dans le public. Vu l'âge des enfants présents (et leur agitation), ça devait forcément être le cas, et je parie qu'ils s'en souviendront longtemps !

 

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La La Land: L'amour de l'art

20 Février 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

La La Land est une réussite car c'est un film avant tout authentique. Damien Chazelle reprend ici quelque peu le propos qu'il tenait dans Whiplash mais il le transcende. La question n'est plus comment être le meilleur artiste possible en dépit de tout mais comment être le meilleur artiste possible au vu du contexte. Et cela change tout. Ici, il faut du compromis pour avancer, on se rend rapidement compte que la quête de l'absolu est totalement vaine. Le personnage de Sebastian est assez intéressant à ce sujet, un vrai puriste du jazz qui va être obligé de mettre de l'eau dans sa blue note afin de pouvoir connaitre le succès. Il en va de même pour Mia qui se perd dans des castings pour des rôles médiocres au lieu de laisser libre cours à sa créativité. Ainsi, les deux tourteaux font des chemins inverses, grâce à l'un, l'autre ira vers l'excellence et vice et versa, l'autre fera des compromis.

L'idée de la comédie musicale pour conter cette histoire est brillante. Car sous ses aspects joyeux, elle permet d'aller plus en profondeur dans les émotions, et d'avoir le détachement nécessaire pour pouvoir paradoxalement aller dans le fond des choses. Le plan séquence du début dans l'embouteillage montre ainsi des personnes joyeuses alors que c'est complètement à l'opposé de ce qu'on ressent lorsqu'on est coincé dans les bouchons. Il en va de même pour la première rencontre des amoureux qui nous prend à contre pied. Ce décalage crée une émotion profonde car la musique, la danse, nous touchent beaucoup plus facilement que quelconque dialogue.

Ainsi, la chanson City of Light ne peut pas nous sortir de la tête en partant de la salle ainsi que les airs de piano interprétés par Sebastian.

On ne se lasse pas des histoires d'amour encore moins que l'on ne se lasse de la musique. Et quand l'amour est fort comme cela, il émeut et survit à tout, même aux rêves brisés, même aux séparations, car plus que la personne aimée, c'est l'amour de l'art qui compte pour ces artistes.

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