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Le blog de andika

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L’ONF enchante Eschenbach dans la 5ème de Mahler

15 Septembre 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Maison de la radio, #ONF, #Mahler, #Mahler5, #Enesco

Jeudi 14 septembre 2017 avait lieu à l’auditorium de la maison de la radio un concert dont le programme comprenait la symphonie concertante pour orchestre et pour violoncelle d’Enesco et la 5ème symphonie de Mahler. Œuvres interprétées par l’Orchestre national de France (ONF)  dirigé pour l’occasion par Christoph Eschenbach.

 

Je retrouvais l’ONF pour la première fois depuis le concert de Paris du 14 juillet, et c’était la première fois à l’auditorium depuis Novembre 2015 et un mémorable cycle Beethoven/Bartok.

 

Il est d’ailleurs marrant de constater pour la petite histoire que Eschenbach est l’ancien directeur d’une autre phalange parisienne, à savoir l’orchestre de Paris (2000-2010). Il n’a pas laissé un souvenir impérissable dans la ville si l’on en croit Christian Merlin et pourtant, on sent que ce chef est un passionné. Ce qu’il y a d’insolite dans cette situation, c’est qu’un directeur musical de l’orchestre de Paris dirige très rarement pour ne pas dire jamais un orchestre de radio France et vice et versa avec les directeurs musicaux du Philar et de l’ONF avec l’Orchestre de Paris. Mais une fois parti, tout est possible !

 

La symphonie concertante était une belle œuvre pour introduire ce concert, avec un public assez clairsemé malheureusement et pourtant. Cette composition recèle une telle douceur et le violoncelliste soliste, Truls Mørk était vraiment excellent. Tout cela monte peu à peu en intensité, mené par un Eschenbach tout en sobriété et une flûte solo qui se distingue. A noter un glissando démentiel du violoncelle dans le finale de l’œuvre qui a tout du saut vertigineux. Voici un compositeur trop peu joué et pourtant intéressant, une très belle découverte.

 

Puis après l’entracte vient le main event,   à savoir la 5ème symphonie de Mahler. Subitement, il y a beaucoup plus de monde dans la salle…

La marche funèbre initiale est prise dans un excellent tempo qui est vraiment adapté à l’ambiance que veut instaurer le compositeur, la trompette solo semble sortir d’outre-tombe avec son appel qui semble faire écho à la 5ème de Beethoven. Puis l’ONF commence à gronder avec l’irruption des cordes dans un tutti enivré. On sent Eschenbach commencer à s’agiter et à faire des gestes insensés. A un moment, il regarde dans ma direction et lance un regard intense aux premiers violons mais qui capte également mon regard, une vision assez terrifiant mais si captivant.

 

Le chef dirige par cœur, il est vrai que Mahler est un compositeur qu’il défend depuis de très nombreuses années. Cette marche funèbre initiale était vraiment excellente, les différents pupitres assez en forme, notamment les percussions et plus précisément les timbales.

Le II commence avec un ONF furieux, mais c’est bien l’indication de Mahler qui nomme ce mouvement Stürmisch bewegt, mit grösster Vehemenz (Orageusement agité, avec une grande véhémence). Les cordes sont incandescentes, notamment les violoncelles qui jouent le thème à un moment tout en dialoguant avec les bois. Les nuances sont gérées de manières très satisfaisantes. Et les coups de triangle étaient exquis.

 

Le Scherzo en revanche est un peu plus problématique, l’imprécision des cuivres ne peut plus être occultée. Les cors, si important dans ce mouvement ont peu à peu perdu le fil et n’ont pas maintenu l’excellence qui était présente au début. Pourtant, on ressent une certaine féérie, une certaine magie à l’écoute de ce 3ème mouvement. Et le hautbois solo commence à se démarquer de manière décisive. A noter le quatuor à corde qui a enfin l’occasion de briller un peu, (notamment Sarah Nemtanu, fantastique 1er violon solo), tant cette partition est phagocytée par les cuivres tout au long de cette œuvre. (C’était bien la peine de se ré-accorder juste avant le IV)

 

L’Adagietto est la grande réussite de cette soirée (hormis ce téléphone qui sonne juste au début pendant que l’orchestre joue pianissimo !). Les bois et les cuivres se taisent enfin et laissent place à toute la puissance évocatrice des cordes, il s’agit ici d’amour, un amour déclamé de Mahler à sa femme Alma à qui est dédiée cette œuvre. La harpe solo était parfaite, les nuances à tomber par terre. Ce passage passé à la postérité grâce au film Mort à Venise est la principale raison pour laquelle cette symphonie est connue. Même s’il ne s’agit pas forcément des pages les plus intéressantes de l’œuvre de ce compositeur, force est de constater qu’elles font leur petit effet.

 

Enfin le Rondo final qui renforce la féérie et la magie qu’on percevait déjà dans le scherzo. On soulignera seulement ici la qualité des clarinettes et hautbois solo qui ont été justes fantastiques. Cette œuvre se termine sur une note positive voire même naïve. C’est aussi une face de la personnalité de Mahler qui ne fait pas que dans le sarcasme. Et c’est aussi agréable de s’évader en évoquant l’amour ! Excellent concert.

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Rentrée tragique à la Philharmonie de Paris

7 Septembre 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Mahler, #Orchestre de Paris, #Philharmonie, #Daniel Harding, #Mahler6, #Purcell

C'est la rentrée ! Cela ne vaut pas que pour les écoliers ou pour les politiciens mais également pour l'orchestre de Paris. Qui dit rentrée dit concert d'ouverture de la saison, après avoir quitté l'orchestre sur une note mitigée la saison dernière.

Nous avons été gâtés pour le coup en ce mercredi 6 septembre 2017 avec au programme la musique pour les funérailles de la Reine Mary de Purcell et rien de moins que la 6ème symphonie de Mahler dite tragique.

 

L'orchestre fêtant ses 50 ans cette année, des événements privilégiés sont organisés afin de célébrer cet anniversaire. Avant le concert, nous avons eu droit à un petit moment de musique avec des musiciens de l'orchestre. La musique de Purcell qu'ils ont joué était une bonne mise en bouche. Didon et Enée puis Fantasia upon a ground de Purcell, ont permis à cette soirée de démarrer sous les meilleures auspices.

 

Mais rien de tel que l'orchestre au grand complet pour être rassasié avec son chef Daniel Harding en grande forme ainsi que le chœur qui était convoqué pour chanter en hommage à la reine Mary.

Pourtant, seuls une timbale, deux trompettes, deux trombones et un petit orgue assurent la partie instrumentale et dialoguent avec les chanteurs dans une musique intimiste, presque minimaliste. On déplorera le manque de clarté dans le chant mais toutefois, l'émotion de cet hommage funèbre est bien transmise. L'orchestre réduit à sa portion congrue jouait de manière claire et bien phrasée tandis que l'écrasante majorité des pupitres était réduite au simple rang de spectateur. Mais ce n'étaient que des prémices !

 

Tout d'un coup, le chœur s'en est allé discrètement après avoir dit Amen tandis que la musique de Purcell mourrait, puis subitement, les cordes se sont agitées et ont entamé la 6ème symphonie de Mahler attacca, sans laisser le temps au public d'applaudir la première performance. Quelle audace !

 

Mais choisir la 6ème symphonie de Mahler est déjà un pari audacieux. Ce n'est pas la plus jouée du compositeur et lui-même avait du mal à la diriger tant cette musique le bouleversait.

De l'audace également de faire dialoguer Mahler et Purcell mais au fil de l'avancée de la musique, cette audace s'est muée en évidence. Une musique funèbre dialogue en effet de manière éloquente avec la symphonie tragique, notamment dans la continuité de l'usage des cuivres et des percussions.

 

Ainsi le tempo vif, sans concession, très allant crée instantanément un choc tellurique dans les oreilles du spectateur. L'irruption de la caisse claire qui martèle le rythme fait entrer directement dans une autre dimension et nous saisit pour ne plus nous lâcher. Les attaques des différents pupitres, notamment les cordes, le phrasé ciselé par le bras d'Harding, l'intensité, les dynamiques du premier thème font de cet allegro energico le premier étage d'une fusée amenée à nous broyer.

Le thème d'Alma qui survient après n'est qu'un simple répit qui ne peut pas durer car la reprise du thème initial arrive très rapidement. Ainsi, les bassons et les hautbois s'illustrent de manière phénoménale. Les solos du cor, du violon, de la flûte et de la clarinette basse sont exquis et la battue régulière du maestro nous permet d'avancer sans encombre, sans perdre une miette (Ah ce tuba !). Dès ce premier mouvement, on se sent boxé, la violence de cette musique nous saisit et les choix radicaux du chef payent.

C'est pour cela que ce dernier opte pour l'Adante en deuxième position. Cette option avait déjà notre préférence avant le concert mais elle semblait de toutes manières s'imposer ici au vu du contexte. Il était inconcevable d'enchaîner directement avec le scherzo alors que la symphonie avait directement succédé à Purcell. Il fallait ici un repos que cet Adante nous a offert gracieusement. La tonalité initiale de mi bémol majeur vient un peu nous apaiser. Le hautbois parfaitement timbré remplit son office avec efficacité, les cordes enveloppent l'ensemble puis laissent la place aux clarinettes qui permettent à l'émotion de monter et de diffuser un sentiment de nostalgie qui tend à provoquer des larmes. Les harpes forment des ponts entre les différents pupitres toutefois, un bémol, les cloches sont un peu trop timides et ainsi ne permettent pas l'évasion. L'évocation de la solitude que ces dernières doivent susciter s'évapore quelque peu. Il faut de nouveau souligner un solo de basson absolument stupéfiant et enfin un dialogue entre les cordes et les clarinettes qui confine au sublime.

 

Maintenant que cet intermède de quiétude a été évacué, plus rien ne nous sera accordé. Aucune clémence, aucune issue. Pas de solution ou de délivrance. Simplement l'engrenage de ce Scherzo macabre. L'intensité du premier mouvement est redoublée, les clarinettes grincent comme jamais. Le spectateur est saisi aux tripes. Il est même possible de frôler le malaise tant cette musique prend possession des corps et des esprits, avec notamment ce xylophone diabolique. Ce Scherzo donne parfois l'impression d'être bloqué dans le  tambour d'une machine à laver en marche.

L'ironie glaciale de ce mouvement est tout bonnement effrayante mais surtout magnifique. Ces couinements de l'orchestre s'immiscent dans les têtes aidés par des nuances impeccables, parfaitement interprétées par l'orchestre.

 

Tout cela mène à un final qui ne résout rien. Avec des percussions de plus en plus assourdissantes et un thème qui semble tourner en rond dans cette anthologie de la forme sonate. Mahler célèbre la forme sonate, en fait le tour mais en expose également les limites et Harding s'amuse avec ce texte. Tout est construit et cohérent. Cette musique qui tourne en rond dans un cycle émacié ne fait que se diriger vers la violence des coups de marteau qui semblent nous renvoyer continuellement vers la défaite. Ces deux coups de marteau dévastateurs prennent le pas sur les pupitres héroïques, notamment les violoncelles qui ne déméritent pas et qui livrent une intensité de tous les instants mais à quoi bon ? À quoi bon tous ces solos, toute cette virtuosité alors que la porte se referme inlassablement et que la défaite est inévitable ? À quoi bon résister à l'inéluctable ? L'accord final semble poser cette question et le silence de mort qui a suivi la fin de l'exécution de la symphonie semblait être une réponse appropriée.

 

À quoi tient un concert réussi ? À des choix forts, à de l'audace, à de la surprise, de l'étonnement. Le fait de susciter des émotions, de faire vivre un instant mémorable. Ce soir-là, nous avons su que nous assistions à un grand concert en voyant ce micro tomber suite au premier coup de marteau puis en contemplant un morceau de la baguette du chef voler dans le ciel de la philharmonie de Paris. Définitivement un moment pas banal. Une claque.

Edit 13/09/17: D'autres avis sur le concert ici ici et ici.

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120 batements par minute: Radical

25 Août 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Act up, #SIDA, #VIH

120 BPM est un film assez radical. Il est dans la lignée d'autres films au sujet de l'épidémie de VIH qui touche le monde depuis les années 1980. On pense spontanément à Philadelphia ou plus récemment à Dallas Buyers Club.

Dans ce genre de film, la particularité est que le virus est un personnage à part entière. Les choses tournent autour de lui et il vient prendre son tribut à la fin en règle générale. Tout est de savoir comment gérer cet aspect, notamment émotionnellement. Dans la gestion de la mort qui plane, personnifiée par le VIH, 120 BPM n'est pas aussi bon qu'il aurait pu ou du l'être. On ne prend pas le personnage de Sean suffisamment en empathie car, même s'il trône sur l'affiche, il n'est pas le sujet du film.

En revanche, le traitement de l'action d'Act up est assez passionnant, vif. Que ce soient les réunions hebdomadaires qui sont très animées, ou encore leurs missions radicales pour faire parler. Car oui, la radicalité est une nécessité lorsqu'on est malade et qu'il n'existe pas de traitement. On ressent une urgence de vivre, d'aimer, de baiser. Une urgence de secouer les pouvoirs publics, les laboratoires afin qu'ils trouvent une solution. Une urgence d'agir pour se sentir vivant. Une urgence de bouger avant que le SIDA n'apparaisse et qu'il emporte tout sur son passage.

Ainsi, le rythme du film et les choix de mise en scène retranscrivent de manière satisfaisante cette sensation d'urgence, ce besoin de vie. Des scènes d'amour à la lumière tamisée à l'explosion de couleurs de la Gay Pride, d'une sombre chambre d'hôpital à un plan sur le Seine rouge de sang, toutes ces images démontrent ce qui se passe, ce qu'il y a de beau, ce qu'il y a de laid, de bien, de difficile.

Dans une situation aussi précaire, on ne sait pas forcément comment agir au mieux, ainsi, les dissension au sein d'Act up sont des événements inévitables qui donnent lieu à de véritables joutes assez jubilatoires. Les dialogues sont prenant et il est parfois impossible de prendre parti. Comment pouvoir garder son calme dans une situation où la mort rôde ?

Néanmoins, rien de cela n'empêche nos personnages de vivre, de s'amuser, de jouir, et même si le virus rôde les soirs de fête, le combat continue, et ne s'arrêtera pas. Pour preuve, les progrès considérables réalisés depuis cette époque.

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Egon Schiele: Le miroir de l'art

19 Août 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Allemand, #Peinture

Egon Schiele est un film tourné en langue allemande et c'est l'unique raison pour laquelle je suis allé le voir. En effet, peu de films allemands sortent en France de sorte que je ne suis pas regardant. Mais comme je l'ai toujours dit, le filtre est tellement fort qu'en règle générale, les films qui nous parviennent sont vraiment bons. Schiele ne déroge pas à cette règle.

Je trouvais d'ailleurs cela excitant de ne rien savoir du film avant de le voir. J'ai juste vu l'affiche en sortant du boulot, je me suis contenté de vérifier que c'était bien joué en allemand en regardant quelques secondes de la bande annonce et basta. Je savais juste qu'il s'agissait d'un peintre autrichien du début du 20ème siècle. Spontanément, j'ai pensé à Klimt, à la sécession viennoise et il est vrai qu'on en entend parler. On voit même Klimt dans le film et certaines scènes se déroulent pendant des expositions de la fameuse sécession que j'avais découverte lors d'une exposition sur le mythe Beethoven à la philharmonie ! Étonnant n'est-ce pas ?

Il ne s'agit pas d'un biopic à proprement parler qui revient sur toute la vie de cet artiste. C'est l'adaptation d'un livre paru sur sa vie. Ainsi, ce long métrage use de flashbacks qui permettent de reconstituer les fragments et de comprendre au fur et à mesure où en est cet homme lorsqu'on le trouve alité, En 1918, en pleine première guerre mondiale, rongé par la grippe espagnole. On nous dépeint un redoutable séducteur. Il séduit naturellement les femmes qui posent pour lui mais à mesure que le film avance, la séduction de Schile s'opère aussi sur le spectateur. Sa manière de vivre son art sans concession. La nature de sa peinture, son style. Et bien entendu, le petit parfum sulfurux de subversion et de scandale dans le fait de faire poser de très jeunes femmes, voire des enfants. Tout cela crée une sorte de magnétisme et il faut dire que le comédien qui joue Egon Schiele est très charismatique et très, très séduisant. Noah Saavedra signe une composition vraiment mémorable. Car on s'intéresse ici davantage à l'homme qu'à l'art ou à ses œuvres. En effet, on se rend rapidement compte que pour appréhender sa peinture, il faut l'appréhender lui. Les innombrables scènes où on le voit peindre, dessiner ont pour conséquence que à la fin, lorsqu'on voit ses dessins, on comprend tout, on n'a besoin d'aucune explication. Ce film nous fait connaître intimement ce peintre et c'est un tour de force.

Les moyens employés par le metteur en scène Dieter Berner sont très efficaces. Je suis encore tout boulversé par la maîtrise montrée ici. La fluidité des mouvements de la caméra, qui n'hésite jamais à prendre de la hauteur, à suivre ses personnages, à s'en rapprocher. Les cuts savamment distillés, le montage intelligent. Une merveilleuse photographie. Des plans qui renvoient directement à la peinture et enfin, ces jeux incessants avec les reflets, les miroirs. Un des premiers plans du film montre le reflet de Gerti Schiele sur la vitre d'un train. Puis tout au long du film, on aura droit aux différents modèles filmés dans le reflet d'un miroir, je ne compte plus ces plans tellement ils sont nombreux. Que révèle ce jeu ? Que révèlent ces reflets ? L'art ? L'homme ? La beauté ? Toutes ces choses à la fois.

La caméra parviendra toujours à montrer quelque chose de beau, que ce soit un plan sur la nature, la forêt, sur des femmes, sur des toiles. Une poésie irrésistible se dégage de l'ensemble grâce aussi notamment à une bande originale intelligemment utilisée. Une vraie pépite. En conclusion, Egon Schiele le peintre gagne à être découvert, et l'œuvre cinématographique gagne à être vue car elle a été faite par des gens qui sont définitivement des artistes au sujet peut être de l'artiste ultime qui a vraiment peu à envier à un Picasso.

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Baby Driver: Une romance contrariée

4 Août 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

Je n'avais aucune intention d'aller voir Baby Driver au cinéma. Juste à cause du titre. Baby driver était pour moi un oxymore, un non sens qui me faisait penser à de la parodie. De plus, cette histoire me semblait bien trop similaire à celle du film Drive de Nicolas Winding Refn avec Rayan Gosling dans le rôle titre. A savoir un chauffeur taiseux qui assure la fuite avec efficacité à des braqueurs après que ces derniers aient commis leur forfait, et avec bien entendu une femme qu'il aime à un moment dans l'histoire.

Heureusement, un excellent bouche à oreille m'a conduit à reconsidérer ma position et je ne le regrette pas. Il s'agit ici sans doute d'un des meilleurs divertissements de cet été.

J'ai très rapidement été rassuré car ce film se distingue très nettement de Drive tout d'abord. Le pitch est simple. Baby est un chauffeur hyper efficace et il a la particularité de conduire en musique, avec une playlist très variée. Il souhaite néanmoins se ranger après être tombé amoureux de la sublime Déborah jouée par une excellente Lily James. Bien entendu, rien ne va se passer comme prévu et c'est là que le scénario du film, bien que parfois éculé, recèle tout de même de nombreuses surprises.

Le point fort de ce film, c'est son casting. Kevin Spacey excelle en gangster paternaliste mais impitoyable. Don Drapper aka Jon Hamm est très efficace en braqueur du dimanche, Eliza Gonzalez n'est pas qu'une plante dans le rôle de Darling, on ne présente plus Jamie Foxx qui sait toujours aussi bien jouer la folie et enfin, Shane (de Walking Dead), aka Jon Bernthal ne démérite pas dans son petit rôle. Mais la palme revient au héros, le fameux Baby incarné par un Ansel Elgort que je découvre et qui a une sacrée présence à l'écran. Son jeu passe beaucoup par le corps et il occupe bien l'espace, captive bien la caméra.

Dès son entrée en matière pendant le premier braquage, j'ai été séduit. Pendant qu'il attendait ses collègues, il écoutait sa musique tout en mimant les instruments et les paroles, une attitude qui est totalement concevable en plein braquage. Après cette séquence d'action introductive où l'on a droit à une course poursuite très tendue est admirablement bien réalisée, le réalisateur Edgar Wright nous offre un plan séquence de toute beauté afin de suivre Baby dans son quotidien en dehors du crime, tout en musique naturellement.

La musique est également un point fort de ce film et nourrit d'ailleurs de nombreux dialogues, notamment entre Baby et Deborah. De manière limpide, leur histoire d'amour transcende l'écran. Tout sonne tellement vrai qu'on tombe immédiatement amoureux de ces personnages comme dans toute comédie romantique qui se respecte. Mais cet amour est constamment contrarié par les événements et les autres personnages, ce qui ne le rend que plus beau. Malgré la légèreté de ce couple lorsqu'il est ensemble, on sent poindre tout de même une certaine profondeur et de la gravité dans quelques séquences. La complicité de ces deux comédiens était vraiment très agréable à suivre, et je décerne une mention très spéciale à Lily James. Je ne sais pas si c'est son air ingénu, mais je dois dire qu'elle ne m'a absolument pas laissé indifférent. Elle irradiait l'écran et donnait toute une gamme d'émotions dans plusieurs registres, avec une belle intensité.

La liste des sons utilisés dans ce film est interminable, cela va de Barry White à Queen. Et en effet, le mot Baby est souvent utilisé dans la chanson, de quoi donner plus de sens au titre de ce film qui peut faire fuir. Foncez voir Baby Driver, vous ne le regretterez pas.

Ps: En revanche, Sony s'est mangé un procès pour avoir utilisé la chanson T-Rex sans autorisation. C'est bien dommage, cette chanson était au centre d'un dialogue assez fun.

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Song To Song: Une symphonie sensorielle

30 Juillet 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Mahler, #Malick

Avant de parler du film à proprement parler, il est indispensable d'introduire cette critique par une petite présentation de la Deuxième Symphonie de Gustav Mahler intitulée Résurrection. On en entend le scherzo à deux reprises pendant Song To Song et cela a un sens.

Ce scherzo, noté sur la partition In Ruhig fliessender Bewegung (dans un mouvement tranquille et coulant) s'inspire d'un Lied dans lequel Saint Antoine fait un prêche aux poissons qui ne comprennent rien et qui le regardent avec des yeux stupides. Mahler indique lui même que ce mouvement évoque un "monde déformé." Personnellement, j'y vois une sorte de bal avec des convives qui ne savent pas danser.

Lorsqu'on connait cette musique et qu'on l'entend à deux reprises dans ce film, on ne peut que mieux comprendre ce qui se passe à l'écran. Terrence Malick est au cinéma ce que Gustav Mahler est à la musique. Mahler voulait créer tout un monde à chaque fois qu'il composait une nouvelle symphonie. L'ambition de Malick est similaire lorsqu'il réalise un nouveau film. Mais cela a parfois pour résultat l'incompréhension du public. Song To Song, soit on déteste, soit on adore. Il ne peut pas y avoir de demi mesure. Ne venez pas chercher ici un scénario, une histoire cousue de fil blanc, vous ne les trouverez pas. En revanche, vous éveillerez vos sens, presque tous hormis l'odorat qui est encore la limite du cinéma. L'ouïe bien entendu avec cette musique enivrante qui ne se limite pas à Mahler. La vue avec des images sublimes que Malick fait défiler devant nous, en filmant souvent caméra à l'épaule, parfois en cadrant en biais, en laissant ses comédiens hors champ pour mieux nous laisser contempler la nature, souvent de l'eau d'ailleurs pour en revenir au prêche aux poissons. Le toucher également est à l'honneur, cela passe par les acteurs qui se touchent constamment, avec douceur, lenteur, sensualité. Enfin le goût, ce sont encore les acteurs qui se goûtent, qui goûtent la musique, la vie, l'amour.

Cette histoire n'est pas compliquée. On a un premier couple Fassbender Mara, puis survient Gosling qui séduit Mara, on entre dans une sorte de triangle amoureux un peu plus complexe. Puis Portman arrive et est séduite par Fassbender qui ne chôme pas. On voit bien comment les couples se font et se défont au milieu d'un songe élégiaque baigné de musique et de nature. Fassbender nous refait un peu le même rôle que dans Shame, il est une sorte d'ombre qui emporte les autres personnages dans le fond, un spectre néfaste. Gosling nous refait du La La Land, toujours aussi lumineux. Mara me rappelle son rôle dans Effets Secondaires. En revanche, Portman est inclassable en blonde bien que sublime dans son jeu. Impossible de douter que Malick ait vu tous ces acteurs dans certains de ces films avant de les recruter.

Dans la dissolution de ces couples, on contemple également la dissolution du cinéma qui devient réduit à sa portion congrue. Malick ne s'intéresse qu'aux sensations, qu'aux émotions. Il cadre souvent ses acteurs de près, ne les lâche pas quand il est sur eux avec des plans très serrés. Mais à contrario, il semble également les négliger, il fait venir Igy Pop pour cinq minutes, nous montre un Val Kilmer totalement fou, une Cate Blanchet distante mais chacun apporte quelque chose sans toutefois être indispensable. Il se passe quelque chose, il est parfois difficile de définir quoi mais il se passe quelque chose. Pendant deux heures, on ne s'ennuie pas, on est emporté par le flot de la poésie de Malick. Malick, Mahler, une syllabe de différence mais tellement en commun dans leur art respectif. Ma dernière expérience de Malick au cinéma était Le Nouveau Monde, titre prophétique pour ce réalisateur qui crée effectivement des mondes dans ses films.

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Buena Vista Social Club Adios: Le chant du cygne

29 Juillet 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Cuba

Buena vista social club est sans doute l'un des albums les plus importants du XXème siècle. Il est issu d'une histoire incroyable et à connu un succès non moins incroyable notamment après la sortie d'un premier documentaire à son sujet en 1998.

 
Pour ma part, j'ai l'impression d'avoir toujours connu cette musique. Dès que j'en entends un extrait, il me semble qu'il s'agit de quelque chose de familier. Mais ce que j'ignorais, c'était les hommes et les femmes qui nous avaient transmis cela. Ce film nous le montre. J'avais pris conscience du caractère hors normes de cette histoire en lisant l'extrait d'un papier des inrocks.
 
À la base, il ne s'agissait pas de faire un album de musique cubaine mais le projet initial des producteurs étant tombé à l'eau, et le studio étant toujours disponible, c'est ainsi qu'est né Buena Vista social club avec des artistes ayant l'âge d'être grands parents. Ce succès mondial tardif de personnes ayant atteint un certain âge est un symbole fort. De nos jours, on veut tout, tout de suite. On veut être célèbre juste pour être célèbre. Cette célébrité n'est souvent accolée à aucun talent. On ne se laisse pas le temps de grandir. De se construire.
 
Buena vista social club est tout l'inverse. C'est le succès qui arrive à la fin de la vie et qui se perpétue même au delà de la mort. Cela nous enseigne que l'espoir n'est jamais perdu et qu'il n'est jamais trop tard pour se réaliser, pour réaliser ses rêves, réussir.
 
Comprendre ce miracle musical c'est aussi revenir sur près de six siècles d'histoire de Cuba. De l'arrivée des espagnols, à celle des esclaves africains. De l'émergence du conga et de la musique cubaine. La révolution Castriste qui a conduit à une isolation de l'île et par conséquent, à la faible diffusion de sa musique.
 
Mais dorénavant, nul Cubain ne sera plus célèbre que Ibrahim Ferrer, Compay Secundo ou encore Ruben Gonzales. Leur succès étant tardif, naturellement la question de la disparition de ces illustres personnages s'est posée dans le film. Elle est traitée avec sobriété et émotion et surtout en musique !
Ceux qui restent, notamment Omara, continuent à perpétuer le son, et à jouer dans le monde entier, notamment à la Maison Blanche devant Barack Obama. Comme quoi, les humains passent mais l'art reste.
 
Alors, même si la fameuse bougie que ces artistes chantent est parfois sur le point de s'éteindre, rien n'empêchera jamais de la raviver.

 

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Dunkerque: Un acte manqué

23 Juillet 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Nolan

D'après Jacques André, l'acte manqué en psychanalyse est le faux pas, le lapsus, la maladresse, l'erreur, l'oubli... Les actes manqués ne sont pas manqués pour tout le monde, chacun d'entre eux signe une réussite de l'inconscient.

Christopher Nolan, sous couvert de film de guerre, voulait nous raconter autre chose que l'histoire de ces soldats évacués de Dunkerque et par conséquent, il a réussi son coup dans ce sens. Toutefois, en faisant cela, ce qui aurait pu, et même dû être un grand film, n'est plus qu'un bon film, voire un film banal.

Nolan, je le pratique depuis son Insomnia au cinéma, ensuite, je n'ai manqué aucun de ses films. On l'avait quitté au firmament avec Interstallar. On le retrouve moins en forme avec son Dunkirk.

Mais voilà, prendre le nom de cette ville comme titre de film était déjà en soit un mauvais présage. Même si on avait bon souvenir de Bienvenue chez les Ch'tis qui se passait dans le nord de la France. Blague à part, cette opération Dynamo qui est contée ici, bien qu'il s'agisse d'un succès, a été menée dans un contexte de défaite en 1940. Ainsi, premier acte manqué du film, le soldat anglais qui tente tant bien que mal d'aller faire caca au début du film mais qui n'y parvient pas pour diverses raisons. Cet échec initial est l'illustration de tout ce qui sera manqué par la suite.

Le film dure 1h47 mais Nolan trouve le moyen de nous inventer trois lignes temporelles différentes. Les événements qui se déroulent sur la jetée durent une semaine, ceux qui se déroulent en mer durent un jour, ceux qui se déroulent dans les airs durent une heure. A ce titre, une théorie pour la partie d'aviation avec Tom Hardy dans le rôle du pilote héroïque.

Ces trois temporalités différentes complexifient de manière inutile voire artificielle l'histoire, le scénario, l'intrigue. Tout cela ne semble être au final qu'un gadget mal utilisé. Autant, jouer avec le temps et l'espace faisait sens dans Interstellar, Inception et même Memento, autant ici, on remarque juste que Nolan force avec son jouet habituel. Si au lieu de se perdre dans trois époques différentes, il avait fait des efforts pour caractériser ses personnages, on aurait eu un tout autre film. Car oui, aucun personnage ne se démarque malgré un casting en or avec Mark Rylance (loin, bien loin du pont des espions malgré tout son flegme et son élégance), Kenneth Branagh (très bon en officier d'ailleurs), Cillian Murphy (transparent et presque inutile), il y avait vraiment de quoi faire ! (On remarque aussi l'absence de femme mais bon, un film de guerre, ça se comprend).

Mais non, Nolan préfère créer un climat, une ambiance, une tension liée aux événements extérieurs à ces personnages. Ici, le contexte est beaucoup plus soigné que la narration, que l'écriture. Ainsi, le son de ce film est une vraie merveille. Entendre ces avions, ces torpilles, tous les bruitages sont vraiment excellents et amènent un stress assez vif. La BO de Zimmer, bien que paresseuse, participe aussi de cette ambiance. Mais tout de même, on est en droit d'en attendre davantage. Je ne ferai pas injure à Nolan en comparant Dunkirk à d'autres films de guerre en disant que c'est bien en dessous. Soldat Ryan de Spielberg, les Sentiers de la gloire, La ligne rouge, le pont de la rivière Kwai, et même Glory !

On ne peut pas appliquer une méthode uniforme au film de guerre, on ne peut pas employer les mêmes ingrédients que d'habitude pour une histoire tirée de faits réels ! Et pourtant, il y a des moments où Nolan semble se souvenir de ce qu'est la réalité, entre deux plans magique entre ciel et mer, on voit enfin ces bateaux de plaisance venir secourir les soldats, on voit enfin des humains au lieu de simples survivants, on sent enfin le patriotisme à la place d'une guerre froide et impersonnelle, on sent enfin ce qu'est cette nation qui se défend coute que coute contre ces allemands inquiétants.

Mais j'ai constaté qu'il était aujourd'hui de bon ton d'encenser Nolan, quel que soit ce qu'il fait, c'est ainsi, les gens en perdent toute objectivité comme lobotomisés. Je suis pourtant un grand fan de Nolan mais il y a des choses à redire sur Dunkirk.

En conclusion, l'absence de scénario, d'écriture solide, nous laisse sur notre faim et nous frustre un peu, beaucoup. Il y avait tant de choses à faire. La perfection visuelle n'excuse pas tout, et encore moins venant de quelqu'un dont on sait qu'il est capable de conter des histoires extraordinaires.

Je vous partage enfin mes impressions à la sorties de la salle.

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Spider-Man Homecoming: Un méta Spidey

16 Juillet 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Marvel, #Spiderman, #Comic

Spider-Man Homecoming est déjà le second reboot de la saga Spider-Man au cinéma. En moins de 15 ans. Autant la saga de Raimi avait le monopole de la nouveauté, et la saga de Webb celui de l'inutilité, cette nouvelle saga s'insère plutôt bien dans le MCU. Même si Sony est toujours à la manoeuvre, ils ont su s'allier à Disney pour faire affaire et surtout faire du fric et ça semble fonctionner, je n'ai jamais manqué aucun film Spider-Man en salle...

On avait déjà rencontré ce très jeune spidey incarné avec brio par Tom Holland dans Civil War, et je dois dire que c'est un plaisir de le retrouver ici. Il a vraiment une bonne bouille et joue bien de son air juvénile et innocent. Toutefois, il nous montre toute une palette d'émotions vraiment très intéressantes. De plus, il a un potentiel comique non négligeable. On retrouve également la tante May campée par Marisa Tomei, toujours aussi jeune et toujours aussi étonnamment MILF par rapport à l'idée qu'on s'en fait. Les personnages du film ne manquant jamais une occasion de plaisanter à ce sujet d'ailleurs.

C'est là que ce film devient vraiment méta. Spidey est-il un avanger ? C'est tout le sens du film, et d'ailleurs le petit film perso de son trip dans Capitain America est hilarant. Est-il dans cette histoire ou un personnage extérieur ? Les plans de spidey à côté du drapeau américains sont-ils sérieux où est-ce une dénonciation de cette tendance qu'on peut avoir tendance à prendre au premier degré ? Tony Stark est-il vraiment un exemple à suivre ?

Toutes ces questions posent un peu une satire de tout ce monde, de manière bien plus efficace et subtile que l'exemple de Deadpool  pour ne citer que lui. L'humour de ce spidey est ce qui s'est fait de mieux jusqu'à présent avec ce personnage mais ce film souffre d'un manque de souffle épique. Pourtant, le méchant est très efficace. Ce vautour est assez flippant avec un Michael Keaton en forme qui nous refait du Birdman. Mais on est bien loin de la tension de l'antique Spider-Man 2 de Raimi par exemple, même si le scénario ici est assez bien soigné et basé sur un twist qu'on ne voit vraiment pas venir et qui offre des situations vraiment intéressantes.

Mais on sent ce Spidey pas encore totalement émancipé, le cul entre deux chaises, pas vraiment avenger, pas vraiment héros, encore lycéen mais un peu plus d'un autre côté. Il s'agit toutefois de la présentation du personnage qui ma foi, est tout de même assez satisfaisante. La bande originale est assez sobre, mais un thème particulier me rappelait un peu le quatuor à cordes de Ravel, ce qui n'était pas pour me déplaire.

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The Circle: Le totalitarisme bienveillant

14 Juillet 2017 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

The Circle est un film très, très intéressant qui en dit beaucoup sur notre époque.Il s'illustre bien plus par son fond que par sa forme. De plus, le casting est excellent, Emma Watson qui joue Mae, l'héroïne. Tom Hanks, qui nous fait un mix entre Steeve Jobs et Mark Zuckerberg et enfin John Boyega, justicier de l'ombre mais toujours avec beaucoup d'humour, notamment dans les scènes où Emma Watson tente des approches pour le pêcho.

Ce film raconte l'histoire banale au début d'une jeune femme qui trouve un emploi dans une boite de la sillicon valley, spécialisée dans l'internet, à savoir The Circle. Dans notre monde, c'est une sorte de fusion entre Facebook et Google. Et on voit que ce mélange tend rapidement à se transformer en une sorte d'hybride entre la STASI, le KGB et une once de comité de salut public en matière de surveillance généralisée de la population.

Plus Mae monte, plus sa vie se déroule dans le cercle au lieu de se passer dans la réalité. On voit la quête effrénée de partages, de like, de commentaire et on assiste à une véritable injonction à la transparence totale sur les réseaux sociaux qui en devient presque totalitaire.

Ainsi, l'exemple d'une scène où des collègues de Mae l'interrogent afin de savoir pourquoi elle ne publie pas davantage de choses sur sa vie dans le cercle. Cela faisait véritablement penser à une secte. Cela la conduit au fur et à mesure à partager toute sa vie, en direct vidéo presque 24h sur 24h.

Le pire, c'est que tout cela est à peine caricatural et que cette tendance est déjà enclenchée par notre internet actuel et nos usages. Et c'est cela qui fait froid dans le dos et qui est, n'ayons pas peur des mots, absolument terrifiant. Sachant que tout cela est vendu avec le sourire bien entendu, à ce titre, une tête bienveillante comme celle de Tom Hanks fait merveille. Ce film est touche tellement juste cette question qu'on en sort en ayant envie de définitivement disparaitre de l'internet.

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