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Le blog de andika

Articles récents

Les Animaux Fantastiques: Une magie identique

4 Décembre 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Harry Potter

Les animaux fantastiques est un enchantement. Il s'agit d'un monde familier mais aussi totalement nouveau, ce paradoxe, cette synthèse font tout le charme de ce film. Ce film ravira les fans des livres mais également des adaptations cinématographiques de l'univers Harry Potter. JK.Rowling a un talent d'écriture qui fait qu'elle excelle également dans un scénario de cinéma alors que les contraintes sont toutes autres. Le fait de conserver David Yates à la réalisation est également une chose très positive.

Au niveau de l'histoire, on suit les aventures de Norbert Dragoneau qui nous arrive tout droit du Royaume Uni et qui débarque à New York avec une valise pleine de créatures magiques qui ne sous sont pas toutes étrangères, tant Hagrid nous en avais fait découvrir. Ainsi, le fan du livre reconnaîtra le Nifleur qui aime les choses qui brillent, ou encore le Botruc. Avec ce film, Rowling étend son univers de manière subtile, en changeant d'époque et en nous montrant des choses sur lesquelles les anciens films ne s'attardaient pas. Au cours de son aventure, Norbert va croiser une Auror, sa soeur et un moldu qui l'aidera dans sa quête. Voici une vraie innovation que de mettre un moldu au centre de l'intrigue. Cela crée des situations nouvelles et amène de nouveaux enjeux dramatiques qui n'étaient que esquissés auparavant.

La réalisation quant à elle est dans la continuité, on revoit beaucoup de plans qui ont déjà été utilisé auparavant, notamment l'exemple de l'introduction faite de coupures de journaux qui n'est pas sans rappeler le procédé employé par l'ordre du phoénix mais il y a également d'autres choix qui nous sont familiers et qui nous permettent de nous sentir en terrain connu. Il ne s'agit pas d'un manque d'inventivité mais d'une volonté de continuité et parfois d'hommage.

Cette continuité permet d'aiguiser la curiosité du spectateur dès qu'il entend un nom familier, notamment sur le grand méchant Grindewald dont l'ombre semble planer sur toute cette histoire. Mais plus que les personnages connus, ce film appartient aux personnages que l'on découvre ici et auxquels on s'attache. Une auror un peu gaffeuse, un sorcier humaniste attaché à la cause animale, un moldu profondément humain qui souhaite ouvrir une boulangerie, une sorcière qui cherche l'homme idéal et ce personnage de présidente de la communauté magique aux Etats Unis, femme, noire dans les années 1920 ! Un vrai plaidoyer contre l'exclusion et pour la défense des plus faibles, pour la fraternité et aussi un doigt d'honneur à la polémique sur le Hermione noire de la pièce de théâtre ! Vivement la suite ! Merci J.K Rowling !

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American Gangster, un Rise and Fall de qualité

29 Novembre 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

American Gangster est un des meilleurs films de Ridley Scott et pas forcément le plus connu malheureusement. J'associe toujours ce film au poster qui ornait la chambre d'un mec à l'internat au lycée.

Le personnage interprété par Denzel, alias Frank Lucas, est une véritable icone et Denzel a les épaules dans ce film pour faire ressortir tout ce charisme. Comme pour tous les films de mafieux, gangsters, on sait ce qui va se passer, l'ascension puis la descente, il suffit de bien gérer les deux et l'apogée. Ce film le fait parfaitement, on voit ce mec monter les échelons, on s'attache à lui, il nous en met plein les yeux avec son charisme, il fait des folies pures et on se rend compte que ça ne peut pas durer, puis il a droit à sa rédemption. Le truc génial, c'est que le film n'est ni manichéen, ni moralisateur. Le flic qui le traque, interprété par Russel Crowe, même s'il n'est pas corrompu, n'est pas exempté de tout reproche. Mais il ne fait jamais la morale. On voit toute une ribambelle de ripoux et de complices (et quels complices !) qui se gavent de sorte que, une fois de plus, on se demande si le trafic de stupéfiant est voué à disparaitre un jour...

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Concerto en famille

29 Novembre 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Concert, #Concerto, #Rachmaninov, #Philharmonie

J'étais de nouveau à la Philharmonie ce dimanche 27 novembre 2016 pour un concert un peu particulier. Il s'inscrivait dans le cadre thématique du concerto pour piano n°2 de Rachmaninov présenté par Alexandre Tharaud. J'avais déjà parlé de Rachmaninov ici en relatant le concert londonien auquel j'avais assisté à l'été 2014 et où j'avais eu la chance d'entendre son concerto n°3, puis en parlant d'un article de libé à propos d'un autre concert.

J'ai toujours eu une petite préférence pour le concerto n°3 mais j'aime aussi beaucoup le n°2 car il signifie beaucoup de choses. Ce concert n'était pas un concert habituel, à savoir qu'il ne s'agissait pas uniquement de musique. J'avais pris cette date car tout d'abord, je préfère le dimanche maintenant, afin d'être sur de pouvoir y aller, de plus, ça ne coutait vraiment pas cher mais une fois les places achetées, je me suis aperçu que quelque chose clochait. En me renseignant un peu plus, j'ai constaté que ces fameux concerts en famille avaient la particularité de ne pas présenter l'oeuvre complète qui est au programme mais des extraits... Mais finalement ce n'est pas plus mal, car, on a eu droit au moins au 3/4 de l'oeuvre et aussi à autres choses, en bonus ! Tout d'abord la narration de Marc Dumont qui est enseignant d'histoire et qui nous a apporté des éclaircissements très intéressants sur le contexte de l'oeuvre, de plus, on a aussi eu l'occasion d'entendre un extrait de la musique de Tchaikowski et il y avait également des extraits vidéos qui étaient diffusés, de sorte que tout cela était très, très dynamique.

A cette occasion, l'orchestre du conservatoire à rayonnement régional de Paris était aux fourneaux, dirigé par Pierre Michel Durand et au piano, nous avion le serbe Aleksandar Madzar. On sentait bien qu'on avait affaire à des jeunes, le son manquait un peu de cohésion, d'ampleur, ils ne faisaient pas bien corps mais toutefois, ils s'en sont admirablement bien sorti.

Dans le premier mouvement, on n'entend la fameuse introduction, faite d'accords mystérieux qui représentent les cloches qui sonnent dans la Russie de Rachmaninov, il disait d'ailleurs que par ces accords, il avait l'intention de prendre possession de l'attention du public. Et c'est une chose vraiment réussite, on est captivé dès le début.

On entend par la suite des extrait du second mouvement, qui est le plus connu car il a été utilisé pour la chanson All by myself, reprise à de multiples reprises. C'est vraiment ce mouvement qui est psychanalytique. En effet, Rachmaninov écrit ce concerto dans une période de grave dépression après l'échec de la création de sa première symphonie à cause du chef d'orchestre qui était saoul. Mais sa thérapie avec Nikolaï Dahl va l'aider à surmonter ses souffrances, lors de la création de l'oeuvre, son propre médecin sera même dans l'orchestre dans le pupitre des violoncelles. On ne peut pas être insensible à cette musique.

Enfin, le troisième mouvement a été joué en entier, c'est le plus joyeux et le plus virtuose, ça tombe bien. En parlant de ça, le pianiste m'a vraiment impressionné, il a également eu à jouer le fameux prélude en Do# mineur op n°2, et c'était vraiment cool.

Au final, c'était vraiment sympa d'avoir quelque chose de différent, ce genre d'initiative permet à un vaste public de venir sans se sentir toutefois étranger, ou pas à sa place. D'ailleurs, à cette occasion, l'association cinémadifférence était présente, elle permet à des personnes qui sont soit malades, sois à mobilité réduite, d'assister à des représentations culturelles. Je pense que ce concert à du plaire à ce public.
 

 

 

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Quand je passe sur France Culture

25 Novembre 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Autre, #Radio, #Maison de la radio, #France Culture, #Classique

En fait, il n'y a que du son !

Il y a près d'un mois, je suis passé sur France Culture, dans la matinale pendant la chronique Hashtag du vendredi. Je ne connaissais pas du tout et ça s'avère être un concept très ingénieux. Les journalistes recherchent des témoignages sur un sujet d'actualité, tout au long de la semaine sur les réseaux sociaux. Je suis pour ma part intervenu pour parler de la musique classique chez les jeunes. Ca a été une expérience très sympathique et ça aurait été dommage de ne pas en parler ici.

J'ai expliqué à la journaliste le pourquoi du comment j'aimais ça, depuis l'adolescence, on a du parler pendant au moins 45 minutes, elle en a retenu quatre mais ça fait une belle synthèse.

Je vous invite également à consulter les autres témoignages qui figurent dans le lien en dessous !

 

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Doctor Strange: Encore un film fast food de Marvel Studio

14 Novembre 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #comic, #Marvel, #FastFood

Doctor Strange est un énième film de l'univers étendu de Marvel. Et ces film, c'est comme McDo, bien markétés, efficaces mais on est pas forcément rassasié à la fin, ce n'est pas forcément sain mais on prend indéniablement du plaisir.

Une fois de plus, on a droit à l'origin story d'un nouveau héros qui s'avère ici le Dr Stephen Strange, neurochirurgienn de son état et doté d'un égo surdimensionné. C'est un peu comme si le Dr Mamour de Grey's anatomy devenait un super héros en fait. Parce qu'il se tape aussi une de ses collègues médecins, il a aussi un accident qui bouleverse un peu sa vie en revanche, c'est la suite qui diffère.

Toutefois, pour un Marvel film fast food, on a des ingrédients de haute qualité, à savoir le casting. Benedict Cumberbatch, Chiwetel Ejiofor, Tilda Swinton, Rachel McAdams, Mads Mikkelsen, je dis un grand oui ! Ils font vraiment le boulot, surtout Tilda Swinton en grand ancien qu'on attend pas du tout dans ce genre de rôle et qui s'en sort à merveille. Sa diction, sa voix posée, ses répliques et même ses mouvements dans les scènes d'action, elle est vraiment captivante. Mads Mikkelsen nous la refait comme Le Chiffre dans Casino Royale.

Sinon, Cumberbatch a toute sa crédibilité en médecin avec un complexe de Dieu alors que spontanément, il a plus une tête d'un mec sympa. Mais il se découvre et devient peu à peu le héros qu'on sait bien qu'il est, il campe un Doctor Strange convaincant.

Enfin, j'ai trouvé que la réalisation était un peu paresseuse, avec toutes les distorsions du temps et de l'espace que montre cette histoire, il aurait été possible d'avoir des séquences bien plus impressionnantes. Toutefois, il s'agit d'un bon divertissement. Comme un fast food, c'est une sortie sympa mais il ne faut pas s'attendre à s'enrichir culturellement devant ce spectacle.

 

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Miss Peregrine: Sympathique divertissement

31 Octobre 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma, #Tim Burton, #Eva Green

J'ai une relation particulière avec Tim Burton, soit j'adore, soit je déteste. Il n'y a pas de demi mesure. Alors qu'habituellement, j'ai tendance à apprécier l'ensemble de l'oeuvre d'un metteur en scène comme Tarantino, ou au contraire n'adhérer à aucun film d'un autre comme par exemple Jan Kounen.

Chez Tim Burton, j'ai adoré des films comme Mars Attack, Sweenay Todd ou encore Dark Shadow et même Charlie et la chocolaterie. En revanche, un truc comme Alice in wonderland, c'est non.

Miss Peregrine entre dans les films que j'apprécie chez Burton. Il s'agit de l'adaptation d'un roman qui semble avoir été écrit pour ce réalisateur, tant ce monde avec ces créatures bizarres que sont les Creux et les enfants particuliers à protéger ressemble à Tim Burton.

Au niveau esthétique, c'est admirablement bien fait, la photographie retranscrit bien les différentes ambiances, que ce soit la Floride ou le Pays de Galles (savoureux accents des comédiens d'ailleurs). Les effets visuels sont assez discrets et de bonne facture et offrent de quoi s'évader.

Les acteurs quant à eux sont vraiment bons, à commencer par Eva Green (Miss Peregrine) qui est sans cesse validée mais sans oublier Ella Purnell qui est la douceur incarnée. Bien entendu, Samuel L Jackson (Baron) est toujours aussi excellent et campe un méchant effrayant mais aussi (un peu) amusant au final.

Le scénario quant a lui manque de fluidité. On comprend bien en effet que Miss Peregrine protège les enfants particuliers (à savoir qui possèdent un don), en créant une boucle temporelle qui leur fait revivre continuellement la même journée et ainsi les met à l'abri de Baron. Mais malheureusement, à un moment, on a du mal à comprendre les manipulations spatio temporelles et ce défaut de clarté gâche un peu la fin du film. De plus, l'histoire est longue au démarrage tant et si bien qu'il faut un peu s'accrocher au début.

Mais que de richesse en sous texte. Ce flm nous parle d'amour, d'enfance, de passage à l'age adulte, de valeurs et surtout, de l'art d'être grand père...

Un film globalement très positif.

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Underworld 4: Répétitif

14 Octobre 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

Je me souviens bien lorsque je suis allé voir le premier Underworld au cinéma. C'était novateur à l'époque, on prenait les vampires et les lycans pour faire quelque chose de vraiment différent et en bonus, on avait l'opportunité de voir  Kate Beckinsale à poils ! (Qui soit dit en passant est validée mille fois depuis ce film, et Pearl Harbour aussi d'ailleurs). Ainsi que des scènes d'actions vraiment cool.

On s'est laissé convaincre par la traditionnelle suite qui continuait bien l'histoire puis le préquel se laissait également regarder.

On en arrive maintenant déjà au quatrième film et on a l'impression qu'on voit un peu de nouveauté. En effet, au lieu que les vampires et les loups garous se mettent sur la gueule mutuellement, ils sont tout deux massacrés par les gentils humains qui ont pris peur devant ces créatures surnaturelles.

Ce qui était une bonne idée de base s'avère finalement n'être qu'un subterfuge et une redite de ce que l'on voit depuis plusieurs films déjà. De plus, la nudité de Kate Beckinsale a drastiquement baissé dans cet opus, tout comme mon intérêt pour cette sage d'ailleurs.

Je ne l'avais pas vu au cinéma à l'époque et je suis heureux d'avoir économisé le prix de la place.

 

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Nuit Blanche 2016

4 Octobre 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Nuit Blanche, #Paris, #Culture, #Art, #Crazy Horse, #Philharmonie, #Petit Palais

C'était Nuit Blanche à paris entre le samedi 1er Octobre et le Dimanche 2 ! Pour ma part, c'était la première fois que j'assistais à cet événement. La Nuit Blanche est arrivée à Paris en 2002 avec les socialistes menés par Bertrand Delanoë et lors de cette fameuse première nuit blanche, le maire de Paris avait été poignardé. Cette histoire m'a tenu éloigné de la nuit blanche pendant 14 ans. J'avais un mauvais à priori quant à cet événement et j'avais tort, j'ai du passer à côté de beaucoup de bonnes choses lors de ces années.

La Nuit Blanche n'est pas un événement très populaire comme peut l'être la fête de la musique où l'on voit presque le tout Paris déferler dans les rues et s'emparer de l'événement. La nuit blanche requiert une initiation et une préparation, elle est un peu élitiste, ne se déroule pas partout. Mais lorsqu'on a les bons plans, les bonnes informations, on passe un bon moment entre toutes ces performances artistiques démentes qui seraient presque inconcevable un jour normal.

Cette année, la nuit blanche m'a mené un peu par hasard au petit palais, puis au palais de Tokyo et enfin, à la philharmonie de Paris, mais pour cette dernière, ça ne devait rien au hasard !

Crazy Horse au Petit Palais

Les danseuses du Crazy n'ont pas attrapé froid !

Les danseuses du Crazy n'ont pas attrapé froid !

Je n'étais jamais entré dans le Petit Palais avant cette nuit blanche alors que je suis un habitué du grand qui est en face, notamment pour les expositions Monumenta ou même une fois, une pièce de théâtre jouée par la comédie française.

Le Petit Palais est un édifice magnifique avec une cour intérieure que je ne connaissais pas, et c'était là le lieu de la performance. Cinq danseuses du célèbre Crazy Horse sont venues nous faire une chorégraphie captivante, envoutante, hypnotisante. Il y avait un jeu de fumé et de lumières qui faisait qu'on les voyait et qu'on ne les voyait pas en même temps. Elles portaient une robe noire transparente et un string, tant et si bien que leurs formes n'avaient aucun secret pour nous. Voir ces corps se mouvoir avec une telle grâce a été une expérience fantastique et j'aurais pu passer ma nuit à contempler ce spectacle sans aucune difficulté. Cette performance a été un grand succès, la file d'attente devant le petit palais était impressionnante, il fallait attendre au moins 1h30 avant d'entrer et tout le monde n'a pas pu y aller vu que ça se terminait à 1h30 du matin. Personnellement, par chance, je n'ai attendu que dix minutes, ayant rejoint des amis qui étaient arrivé en bout de file !

Concerts fleuves à la Philharmonie

Après un bref passage par le palais de Tokyo, on s'est retrouvé à la philharmonie. Il y avait trois concerts en même temps. Dans la salle de répétitions, Urban Brahms, à savoir que l'intégrale de l’œuvre pour piano de ce compositeur était joué, pendant ce temps, la scène était occupé par des danseurs et des graphistes. Je suis resté pour une seule performance et c'était ma foi assez intéressant. Je ne suis pas certain que le pianiste n'ait joué que du Brahms d'ailleurs mais en tout cas, c'était très vivant. Il y avait également les Vexations de Satie joué à la cité de la musique mais je n'y suis pas allé, il fallait ressortir du bâtiment et se retaper la sécurité. Cette oeuvre consiste à jouer 840 fois de suite le même motif au piano, ça peut prendre de 10 à 24h. Pour le coup, plusieurs pianistes se sont relayés, ça devait être cool. Et enfin, le concert qui m'a occupé le plus longtemps, dans la grande salle de la philharmonie dans laquelle j'ai déjà de si nombreux souvenirs ! Le pianiste français Nicolas Hovarth s'était lancé dans un marathon pianistique en jouant l’œuvre complète du compositeur Philip Glass. Son concert a commencé le samedi à 19h et s'est achevé le dimanche à 7h du matin avec pas moins de 9 rappels. Le mec ne fait pas de pauses, il prend juste le temps de boire quelques gorgées de Red Bull alors que ses tourneurs de pages devaient se relayer devant l'ampleur de la tâche. En pleine nuit, il était même capable de pointer l'erreur d'un tourneur de pages qui voulait changer trop rapidement de page en lui montrant de la main où il en était dans la partition. Il s'agit d'une performance de l'artiste mais également du public. Rien n'était comme dans un concert classique usuel, nous pouvions entrer et sortir de la salle à notre guise, il y avait même des transats sur la scène. Nous avions également le loisir de somnoler dans une ambiance bien particulière. La chose la plus étonnante, c'était que le public avait des défaillances là où le pianiste n'en avait aucune, il a livré une prestation que j'ignorais possible jusqu'à présent dans une ambiance indescriptible. Lorsqu'il a fini au petit matin, les applaudissements ont été super chaleureux. Ce n'était pas un artiste avec son public, ça semblait davantage être un groupe, nous avions tous été acteur d'un moment extraordinaire. Je ressentais une véritable complicité avec ce pianiste, ainsi qu'une immense admiration, sachant que je fatigue au bout de dix minutes de piano personnellement quand je joue.

J'avais déjà des souvenirs fantastiques à la Philharmonie, j'y ai découvert Mahler, Sibelius, j'y ai vécu un réquiem de Verdi grandiose, mais y passer la nuit comme si j'étais à la maison, je n'aurais jamais pu l'envisager et pourtant, je l'ai fait ! Mes prochains concerts ne seront plus pareil, j'ai maintenant un lien indéfectible avec cette salle qui m'a tant donné. Même si les sièges ne sont pas très confortables pour y dormir !

Conclusion

La nuit blanche c'est bien ! J'ai mis plusieurs tweets et plusieurs liens en dessous pour que vous puissiez lire des choses intéressantes ! (Autre que mes lignes ahahaha )

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Le Saut

1 Octobre 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Nouvelle, #Fiction

Je suis fou, enfin pas tout à fait, mais cela n’empêche pas que je sois pensionnaire d’un établissement public de santé. Il s’agit ici d’une belle dénomination officielle pour qualifier ce que l’on appelle habituellement l’asile dans le langage courant. J’y suis pour une raison simple, je sais voler. Je suis capable de fendre l’air tel un faucon, je suis né comme cela figurez-vous. Toutefois, notre société actuelle n’est pas prête à faire face à des personnes comme moi, avec des capacités particulières. C’est pour cela que je gardais ce pouvoir secret. Je ne volais jamais en public, c’était ma seule et unique règle. Néanmoins, il est parfois difficile de s’isoler totalement du monde et je tiens énormément à mon secret. Pour combler ce manque de vol, j’ai recours à plusieurs palliatifs, comme par exemple le parapente, le saut en parachute, le saut à l’élastique… Et lorsque je n’y tiens plus, je vais en forêt, j’y suis en tête à tête avec la nature. En revanche, j’ai été pris pour cible par des chasseurs négligents à plusieurs reprises et par conséquent, j’ai décidé de cesser ces petites escapades. Un accident est si vite arrivé vu que ces gens ont souvent tendance à confondre un homme avec un sanglier.

Un jour, j’ai ressenti le besoin ardent de partager mon secret avec quelqu’un. Il me fallait absolument trouver une personne qui me comprenne sans toutefois me compromettre. Je me suis tout naturellement tourné vers un psychiatre. L’avantage avec eux, c’est qu’ils sont soumis au secret professionnel. J’y allai donc sans crainte. Grave erreur…

J’ai pris rendez-vous avec le Dr Roux à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre pour une consultation, le lundi matin à neuf heures. J’y suis arrivé extrêmement confiant. Après les présentations d’usage, j’entrai directement dans le vif du sujet : «

  • Je sais voler docteur.
  • Ah bon monsieur ? Voler dans quel sens ? La lévitation comme pour un numéro de prestidigitation ? Je suis un grand amateur de ce genre de performance !
  • Non, je vole véritablement, comme un oiseau ou encore, comme Superman si vous préférez, ajoutais-je stupidement !
  • Voyons, vous savez bien que c’est impossible. »

A ce mot, impossible, mon sang ne fit qu’un tour et je me mis en tête de lui prouver sur le champ mes capacités. Ce doute insidieux, cette remise en question de ce qui faisait ma spécificité, je ne pouvais les souffrir. Alors, je me suis élancé pour prendre mon envol dans le bureau de ce médecin lorsque tout d’un coup, je rencontrai brutalement la gravité chère à Newton. Ma chute fut si ridicule que le Dr Roux s’avéra incapable de réprimer son éclat de rire. Ne pouvant tolérer cette humiliation, je décidai de retenter de m’envoler. Nouvel échec. Le Dr Roux ne s’arrêtait pas de rire. Alors, là, saisi de fureur, je me précipitai sur le pédant médecin afin de l’étrangler. Après son rire, j’entendais maintenant ses cris. Le bruit qui provenait du bureau ne passait pas inaperçu et c’est pour cela que je n’ai pas pu mener à bien mon ambition meurtrière. Rapidement, du renfort est arrivé puis le trou noir. Je me suis réveillé je ne sais combien de temps après cette consultation, attaché à un lit, comme il se devait. Mine de rien, j’ai pu passer pour un fou lors de cet épisode et pourtant, je sais bien que je ne suis pas fou. Je sais bien que je peux voler et pourtant, j’étais dans l’incapacité de le prouver. Comment était-ce possible ? Je n’avais jamais éprouvé aucune difficulté à prendre mon envol auparavant et là, subitement, dès que j’ai voulu montrer ce pouvoir à quelqu’un, j’en ai été incapable. Etait-il possible que mon pouvoir ne s’exprime que lorsque j’étais totalement seul ? C’était une éventualité à creuser, malheureusement en l’état actuel des choses, entravé comme je l’étais, il m’était impossible de le vérifier.

Bien entendu mes exploits dans le bureau du Dr Roux m’avaient valu un internement d’office, j’adaptai donc ma conduite à ce nouveau contexte. Je n’opposai aucune résistance, je coopérai avec le personnel médical, j’acceptai tous les traitements et surtout, surtout, je ne parlai en aucune façon de l’éventualité que je puisse m’envoler, je fis même du zèle en affirmant que j’en étais totalement incapable. Je pus sortir au bout de douze jours, les médecins n’ayant pas pu convaincre le juge de me garder hospitalisé. De ce séjour, je retiens l’Haldol qui a été un compagnon fidèle, en outre, par-dessus tout, je garde en mémoire ma rencontre avec Zerlina. C’était le jour de ma sortie, elle sortait également d’une hospitalisation, nous faisions la queue et elle se trouvait devant moi. Elle fit tomber sa carte vitale, je me précipitai pour la ramasser et nos regards se croisèrent. Elle me remercia puis nous poursuivîmes une conversation forte intéressante. Zerlina est grande, brune, les yeux verts, elle a des tendances suicidaires et porte des lunettes avec des montures rouges. Ce qui la déprime actuellement, c’est d’être incapable d’en finir avec sa thèse de droit, elle se sent submergée. Il est vrai qu’il s’agit ici d’une excellente raison de vouloir en finir définitivement, rien de tel pour se débarrasser d’une thèse de droit. Ce qui la rendait si spéciale à mes yeux, c’est qu’elle n’eut aucun mal à croire que je savais voler. De surcroît elle me croyait sans que je n’aie rien à lui prouver ! Ainsi, ma vie reprit un cours tout à fait normal, j’étais retourné à mon métier de metteur en scène et directeur de théâtre, je suivais mon traitement et je continuais même à consulter le cher Dr Roux, que je n’avais plus du tout envie d’estourbir. Tout allait bien dans le meilleur des mondes sauf que je ne parvenais plus du tout à voler. Même lorsque j’étais totalement seul, je n’y parvenais pas. Tant et si bien que je commençais à me demander si je n’avais pas inventé tout cela. D’ailleurs, il était clair pour mon médecin que j’étais un psychotique sujet à des hallucinations et il faut dire que je n’avais pas fait grand-chose pour aller à l’encontre de cette apparence. Et pourtant, je savais que je pouvais voler, et pourtant, je n’en étais plus capable. C’était peut-être à cause de mon traitement, à cause du traumatisme de mon hospitalisation, ou du fait que j’avais révélé mon secret. Toutefois, cela ne me faisait guère de peine, j’avais trouvé l’amour avec Zerlina et j’en étais enchanté. La seule ombre au tableau, c’est qu’elle était toujours suicidaire. J’ai beau avoir beaucoup d’admiration pour les personnes suicidaires, respecter le fait qu’elles prennent les mesures appropriées en général pour échapper à l’absurdité de la vie, l’idée que ma Zerlina puisse disparaître m’indisposait. Elle n’était pour ainsi dire jamais passée à l’acte et c’est cela qui me faisait peur. Elle n’était pas du genre à faire des tentatives pour attirer l’attention sur elle. Non, lorsqu’elle s’y mettrait sérieusement, elle ne se manquerait pas, j’en étais persuadé. Comment moi, Jean, directeur d’un obscur théâtre, ayant perdu la faculté de voler, étant officiellement fou, pouvais-je sauver cette femme ? Je l’emmenais dans mon théâtre, je lui donnais même des rôles pour sortir un peu d’elle-même, je lui écrivais des poèmes, je la couvrais de cadeaux, je l’initiais à la sextape or son mal être était toujours présent. Elle avait beau m’aimer, cette satanée thèse et le sentiment de ne pas évoluer la consumaient. J’étais de plus en plus inquiet et je me savais dans l’incapacité d’exercer une surveillance de tous les instants à même de prévenir un passage à l’acte. J’étais bien dans la merde, mine de rien.

***

J’avais rendez-vous aujourd’hui avec Zerlina pour aller déjeuner. Je devais aller la retrouver dans son laboratoire où elle menait ses recherches pour son interminable thèse. Une fois sur place, rien ne se passa comme prévu. Heureusement, je n’eus aucun mal à trouver Zerlina, je n’étais visiblement pas le seul à l’avoir remarquée. En effet, une foule compacte était en dessous du laboratoire et Zerlina s’était juchée sur le toit et tout le monde la regardait. J’étais pétrifié, la connaissant, j’avais peu de doutes sur ce qu’elle avait l’intention de faire. Et dire que nous devions simplement déjeuner ensemble aujourd’hui. Bien entendu, tout le monde était en train de crier pour la dissuader de sauter et à peine ai-je eu le temps de m’associer à ces récriminations qu’elle sauta de bon cœur ! Je ne savais plus où j’étais, je ne savais plus ce que je faisais, je n’ai pas eu le temps de réfléchir que je m’envolai déjà comme une fusée pour la secourir. Ainsi, j’étais véritablement capable de voler devant témoin ! Je sentis le vent sur mes tempes et je rejoignis ma chère et tendre. Nous nous envolâmes loin du laboratoire. Pendant ce vol, plus rien ne comptait, il ne m’importait plus de savoir si j’étais fou ou non, si j’étais capable de voler ou pas, je voulais juste partir très loin. Le moment d’atterrir arriva et une fois au sol, Zerlina me dit : «

  • J’ai toujours su que tu n’étais pas fou et que tu savais voler !
  • Mine de rien, on s’en fout ! rétorquais-je. »

Fin

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Comancheria: La beauté des personnages

26 Septembre 2016 , Rédigé par andika Publié dans #Cinéma

Comancheria entre directement en tête de mon top film de 2016 ! Quel film ! Tout sonne tellement juste. C'est si bien réalisé, si bien écrit. Le scénariste est le même que pour Sicario et ça se sent. Tout fonctionne, tout est parfait.

Dans cette histoire, on suit deux frères qui s'improvisent braqueurs de banque dans le Texas. Ils sont traqués par deux rangers, dont un joué par le vétéran Jeff Bridges qui crève juste l'écran avec son accent à couper au couteau et ses vannes racistes incessantes envers sont coéquipier mi indien mi mexicain. Et malgré cela, on ne peut que aimer ce personnage, on ne peut que rire à ses blagues pourries. Comme l'auteur parvient à faire le tour de force de nous faire apprécier les deux frères losers braqueurs de leur état.

C'est là où le film est génial, c'est qu'il n'est pas manichéen. Tous les personnages ont leurs qualités et leurs défauts, leurs forces et leurs faiblesses, de la grandeur et de la vilenie. Le Némésis désigné semble être le monde de la finance et plus particulièrement les banques mais c'est plus compliqué que ça, puisque le portrait des personnages est aussi sans concession, on connait certes leurs motivations mais cela n'absout pas tous leurs actes.

Les trois quarts du films se déroulent dans une ambiance presque bon enfant dans ce Texas si particulier, avant que la violence ne prenne ses droits (ah le port d'armes généralisé), que les actes des protagonistes n'aient des conséquences terribles.

Personne ne ressort indemne de cette histoire, surtout pas le spectateur. Une grande réussite.

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